H comme…Histoire

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

Yves Lavandier dans son ouvrage “La dramaturgie” relate le fait suivant. Dans un camp de concentration, une détenue gardait précieusement un peu de pain et confectionnait des figurines. Puis les animant, elle racontait des histoires tous les soirs.
Le besoin d’histoires est universel. Même dans la pire des situations, elles sont convoquées pour se protéger de l’horreur.

Quand nous lisons ou entendons “ il était une fois…”, les émotions de nos lectures de contes d’enfant reviennent immédiatement à la conscience. Ces récits ont été essentiels, perdurent dans la mémoire, nous ont construits et aidés à grandir.

Dans mon écriture, je suis plus attachée dans un premier mouvement aux personnages. Qui sont-ils ? Quelles épreuves ont-ils traversé pour être ce qu’ils sont, pour expliquer ce qu’ils font ?
Je me place spontanément dans leur tête, essaie de penser et ressentir ce qui les anime. L’émotion est mon moteur.

À partir de là, je construis mes histoires. Des histoires noires pour explorer l’énigme du meurtre.

Mais qu’est qu’une bonne histoire ?
Déjà relativiser, elle ne sera bonne que pour certains lecteurs et pas pour d’autres. Écrire c’est aller à la rencontre de son lectorat propre à son univers.

Une parenthèse : aujourd’hui 30 septembre et demain, je suis au Salon du Livre de Lempzours en Dordogne !

Comme le répète souvent Anaël Verdier, “tout a déjà été écrit mais pas par vous”. Il s’agit de choisir son angle d’attaque, découvrir son originalité, trouver son style, décider de son message… De glisser son écriture personnelle parmi d’autres récits.

Pour moi, une bonne histoire est celle qui suscite des émotions, soulève des interrogations, aide à comprendre le monde. C’est, la dernière page tournée, des images qui persistent, des larmes ou des rires qui s’attardent.

Un des secrets d’une bonne histoire, c’est d’utiliser les cinq sens, écrire ce que mes personnages voient, entendent, touchent, sentent et goûtent . C’est emporter mes lecteurs dans la valse des ressentis. C’est leur permettre de vibrer à leur tour, en miroir.

C’est montrer et ne pas dire. Par exemple, ne pas écrire : “le printemps est arrivé”, mais préférer : “ »ce matin-là, la brume se dissipa découvrant les primevères fripées de froid. Le soleil étirait ses rayons d’or sur mon visage et sur la terre mouillée qui chatouillait mes narines. Mes mains autour de la tasse de café se réchauffaient lentement tandis que bruissaient les étourneaux dans le jeune tilleul”.

Une bonne histoire vous enlève, elle vous malmène dans la tourmente des personnages, vous emporte dans la spirale de leur défaite comme de leur espérance. C’est aimer et haïr avec eux, souffrir et se réconforter, rire et pleurer au gré de leurs aventures.

Et pour vous, qu’est-ce qu’une bonne histoire ?

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E comme… Emotions

Dans mon identité professionnelle d’assistante sociale, elles sont au cœur de tout entretien avec les personnes en difficultés. Permettre de les vivre est déjà commencer à les apprivoiser. Mais rester dans les émotions parasite la pensée et l’action. Il s’agit de les nommer pour favoriser la compréhension de soi pour mieux envisager les choix à poser. Légitimer les émotions, les reconnaître, c’est redonner du pouvoir décisionnel à l’autre. Mettre des mots sur des ressentis ouvre alors l’espace aux mots de la raison et de la distanciation. Il devient alors possible de réfléchir et de trouver du sens aux épreuves traversées.

Mon identité d’auteure se construit à partir de mes émotions. Elles lancent mon désir d’écrire pour partager mes coups de cœur et de colère, interroger le mystère de la haine et de l’amour, sonder l’énigme du crime. Elles coulent dans mon encre car elles seules légitiment le souffle de la vie. Ecouter mes émotions, c’est apprendre à construire mon message d’auteure.

Elles sont au cœur de tous mes projets d’écriture. J’écris aussi à partir des émotions de mes personnages pour susciter celles de mes lecteurs. Il s’agit alors de mettre les siennes en sourdine pour être dans la cohérence des personnages. Il s’agit de ne pas les confondre mais de chercher ce qui appartient vraiment à mes héros. Cette injonction paradoxale de donner de l’émotion tout en ne la vivant pas soi-même est une posture d’auteure qui se travaille.

Dans la littérature noire, les quatre émotions de base, la colère, la peur, la tristesse et la joie, ne jouent pas dans la même catégorie !

Dans mon premier recueil de nouvelles, la colère est l’émotion dominante. Son titre est déjà très explicite « Eclats de rage ». Elle anime mes ados douloureux, elle les submerge jusqu’à l’irréparable. Ils n’ont pas de mots audibles pour la reconnaître. La colère, versant faiblesse, signe la défaite de la parole. Dans les parcours des détenus que j’ai accompagnés, elle était souvent au cœur de leur agir délictuel ou criminel. Dans les histoires de vie des agents que j’accompagne, elle est souvent retournée contre eux-mêmes, et le corps parle quand les lèvres peinent à s’ouvrir.

La colère, versant force, permet de s’indigner des injustices, de la précarité grandissante dans nos villes et nos campagnes, de la désespérance muette à nos frontières, des dictats des marchés financiers, des prédateurs et dictateurs qui écrasent l’humanité blessée. La colère est dans l’ADN du travail social. Chargés de mettre en œuvre les politiques publiques, nous sommes en première ligne pour en comprendre les faiblesses et les dérives. Nous devons avoir une colère constructive pour interpeler nos hiérarchies et les grands de ce monde.

La peur n’est pas forcément mauvaise conseillère. Elle signe l’alerte et le besoin de sécurité, elle permet d’anticiper un danger potentiel. Dans son versant négatif, elle est obstacle à l’action, elle paralyse pensée et décision.

La tristesse est une émotion familière mais l’aptitude au bonheur s’apprend au fil des rencontres et des expériences. Elle est la plus discrète des émotions, vive en soi, imperceptible pour une écoute inattentive. Elle se loge au bord des cils, déborde parfois en larmes silencieuses. René Char, mon poète préféré écrit, « Il faut pleurer pour grandir ».

Reconnaître la tristesse est important, la reformuler à la hauteur de son intensité est essentiel pour que l’autre la transforme. On ne peut pas désirer à la place de l’autre mais on peut donner du souffle et du désir de désir. Je me sens à l’aise avec cette émotion quand je la perçois chez l’autre, et j’espère que mon écriture sait la susciter chez mes lecteurs, quand j’ai envie qu’ils protègent et aiment mes personnages, quoiqu’ils décident.

C’est compliqué la joie. Emotion éphémère qui ne sait pas s’installer dans la durée. Savoir pratiquer la joie, pour semer de la tendresse autour de soi, est un apprentissage intime qui permet de déboulonner les statues de la tristesse et de la peur, de refuser l’auto-apitoiement et de se remettre en question.

Dans son versant négatif, la joie exaspère les blessés de la vie. Elle nie parfois la douleur de l’autre, le renvoie dans ses cordes du désespoir. La joie est une arme redoutable qui peut briser les fragiles de l’existence tant sa clarté vive agresse ceux qui tremblent.

Ecrire enfin pour susciter vos émotions de lecteurs, vous permettre de traverser toute la gamme des quatre émotions de base et leur camaïeu. J’aimerai que vous ragiez, pleuriez, frissonniez, souriez (à défaut de rire)… que mes histoires de meurtres vous bousculent, que mes personnages criminels et victimes vous emportent.

S’émouvoir pour se sentir vivant !

D comme… Décision et Discipline

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

Je peux d’autant plus en parler que les miennes sont primesautières et irrégulières depuis septembre dernier ! Dans la lancée de la formation à l’Académie d’Anaël Verdier, j’ai tenu une écriture régulière. Se donner des contraintes d’organisation est fondamental.

Désirer écrire n’est rien sans la décision d’écrire. J’écrivais dans mon article précédent que le désir s’incarne. Attendre que la Muse se manifeste est une erreur, attendre que la pulsion d’écrire vous pousse à votre table est une autre erreur. Tourner ses personnages et ses histoires dans le silence de sa conscience est insuffisant.

L’adage d’Anaël est vrai : tant que c’est dans votre tête, cela n’existe pas !

Le mouvement vers l’écriture est paradoxalement un mouvement extérieur : se bouger jusqu’à son ordinateur ou ses feuilles blanches, se préparer un café ou un thé, faire courir ses doigts sur le clavier ou le stylo sur son bureau… tout est mouvement.

Beaucoup d’écrivains racontent, avec plus ou moins de réticence, leur rituel. En tant qu’auteure, je n’ai pas vraiment choisi le mien. Ce qui est surprenant, je suis plutôt fan des rituels, ils sont mémoire et repère, sécurité et témoignage.

Pour l’écriture, je butine des actions diverses. D’où cette mise en route disparate ! J’écris le matin ou le soir, en semaine ou en week-end, sur un temps court ou un temps long… J’écris dans mon lit (j’adore), dans mon canapé, dans un café, sur un banc… Sur l’ordinateur maison ou le portable, dans un cahier ou sur des feuilles…

Je suis dans une indiscipline effrontée ! Surtout que l’écriture vient après mon travail, ma vie privée et mon intervention à l’Institut Régional de Travail Social. D’où une année blanche, trop de travail ramené à la maison, trop de temps pour les travaux de mes étudiants, trop de procrastination !

J’ai décidé que cela allait changer. La saison des résolutions est toujours septembre et janvier. Pour moi ce sera juin.

1. Changer mon rapport au travail : c’est compliqué, mon engagement dans mon métier est une question éthique qui ne se discute pas. Cependant, si j’abandonnais le désir d’être tout le temps à jour et de ne pas faire attendre les agents, cela me faciliterait la vie ! Les personnels peuvent comprendre, je suis seule à me mettre la pression.

2. Interrompre mes vacations de formatrice à l’IRTS : fondamentalement passionnée par l’activité pédagogique, ce n’est pas sans pincement au cœur que j’ai pris cette décision. J’arrête les suivis mémoires, les préparations à l’épreuve de politiques sociales dès maintenant. Il ne me reste que quatre élèves pour les dossiers de pratiques professionnelles à accompagner sur leur troisième année. Je vais retrouver du temps personnel.

3. Ecrire régulièrement. Je suis en congés tout le mois de juillet. En août, dès mon retour, je me donnerai des contraintes de production.

Discipline vous dis-je !

 

D comme… Désir

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

Ah un des plus beaux mots du dictionnaire. L’identification de ses désirs est le premier pas vers le bonheur. Reconnaître ce qui fait sens pour soi dans les tumultes de la vie est essentiel. Se mettre en route pour les vivre est une deuxième étape.

Dans ma construction personnelle, j’ai rencontré quelques difficultés à éclairer quels désirs étaient vraiment les miens. Distinguer celui de l’Autre qui vous colle à la peau afin de s’en détacher n’est pas chose aisée. J’ai eu de la chance, j’en ai conscience tous les jours.

Etre assistante sociale était un vrai choix personnel, d’exercer en prison aussi. Aimer qui j’aime est un autre choix. Et désirer ne suffit pas, le concrétiser par des actes est incontournable.

Avoir décidé d’écrire « pour de vrai » a été une étape particulière. Le désir d’écrire était dans mes veines depuis toujours mais… Le désir s’incarne grâce à des personnes qui arrivent sur votre route à point nommé, elles sont la goutte d’eau qui vous fait chavirer vers votre désir profond, à condition d’affronter la peur et l’angoisse du présent.

Seul le regard porté sur hier vous conforte dans vos choix, vous savez alors si vous avez pris le bon chemin vers vous-même. Cependant il est toujours temps de bifurquer vers son désir singulier si on s’égare sur des chemins annexes. Heureusement, la vie n’est jamais figée. C’est sa grandeur et son vertige.

Ce qui m’interroge dans le désir, c’est lorsqu’il se transforme en pulsion. Je retiens de mon expérience en détention cette énigmatique question : comment contenir la pulsion ? comment retrouver le désir ?

Oui, j’ai une profonde empathie pour les criminels parce qu’ils n’ont pas su accéder au désir, parce qu’ils n’ont pas eu les bonnes rencontres pour les y aider ou parce qu’ils n’ont pas su saisir les opportunités pour être accompagnés.

J’ai choisi d’être à leurs côtés parce qu’ils sont effroyablement isolés dans une nuit noire. Leur épouvante est réelle.

Leur solitude face à eux-mêmes est intolérable. Personne ne les a aidés à médiatiser ce qui les a submergés à un moment T. Je repense régulièrement à R.G. un détenu que j’ai suivi sur sa fin de peine de 15 ans, violeur de femme adulte, qui peinait à comprendre ce qui le mouvait.

Il est sorti, a récidivé dans les 24 heures. Le hasard a fait que je l’ai revu à la permanence entrants. Nous avions établi une relation de confiance, il s’est effondré en entretien, soudain petit garçon en pleurs et extrêmement lucide, qui ne comprenait plus rien. Il s’est suicidé dans la nuit.

La pulsion est une aliénation insupportable, elle implique un sentiment d’urgence et d’impérativité. Elle nie l’Autre et sa liberté. Elle altère la volonté.

Le désir s’inscrit dans la temporalité et l’échange. Il est source de partage. Il reconnaît l’altérité. Il est ouverture, il s’inscrit dans l’indépendance et la liberté.

J’aimerai par mon écriture participer à cette réflexion. J’aimerai que mes lecteurs m’accompagnent dans cette quête. Mes personnages sont davantage animés par des pulsions que par des désirs. Ils peinent à identifier les tourments qui les aveuglent. Transformer la pulsion mortifère en désir vivant, tout un chemin !

Interroger le passage à l’acte criminel, c’est sonder ce mystère du désir et de la pulsion.

 

 

C comme… C’est vendredi soir !

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

Ah, ah, ah, vous vous attendiez à C comme… crime, je parie ! Pas cette fois. Je viens partager avec vous mon coup de cœur pour le vendredi soir. Moment que j’adore, qui s’ouvre par le rituel de l’apéritif de fin de semaine.

Toute la tension de la semaine se pose dans mon canapé. Je savoure ces minutes qui me séparent du nonchaloir du week-end. J’entre dans ma bulle et malheur à celui qui viendra me déranger.

Je suis d’une patience infinie dans ma semaine parce que mon métier d’assistante sociale est un métier de relations. Je passe mon temps à écouter les gens et Dieu sait s’ils sont malmenés en ce moment.

Mais pas touche à mon week-end ! Si je n’ai pas ma bulle de solitude hors du monde, j’étouffe. Cela m’énerve d’être appelée au téléphone ou si on sonne à la porte à l’improviste (que je n’ouvre jamais). Il est hors de question de sortir, ni pour l’alimentaire, ni pour la culture, ni pour les proches (enfin presque). Ni pour… quoi que soit (quelques exceptions, voter par exemple !).

Le vendredi soir, c’est la promesse du silence, celui qui répare de la fatigue accumulée. C’est le rêve de l’auteure, celui d’écrire enfin, alors que la semaine professionnelle brouille les idées. C’est le désir de lecture, une bulle dans ma bulle, pour respirer au-dessus des nuages, et tenter de comprendre les fureurs du monde.

L’intensité de l’espérance du vendredi soir est d’une saveur particulière. J’aime ce crépuscule qui s’annonce et rend le lundi soudain très lointain. J’aime ce moment ouvert sur tous les possibles. J’aime ma maison repliée en coquillage qui ne tolère que ma présence.

Le temps ralentit jusqu’à épouser mon souffle soudain léger. Des arômes de café ou de thé pour accompagner gentiment la main qui s’attarde sur le papier ou le clavier. Deux jours à venir pleins de désirs d’écriture et de lecture. Rejeter par les fenêtres ouvertes le bruit du travail, se ressourcer pour pouvoir panser les douleurs et les blessures à écouter plus tard.

Etre dans l’ici et le maintenant du vendredi soir… j’adore.

B comme… Brexit

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

Mais que vient faire l’irruption de la politique sur un blog littéraire ? La question de l’engagement de l’auteur traverse les siècles, Voltaire, Zola, Sartre… Leur écriture s’enracinait profondément dans les réalités de leur époque.

Des auteurs de littérature noire se sont pleinement investis dans cet engagement comme Didier Daninckx ou Thierry Jonquet, Jean-Bernard Pouy ou Frédéric Fajardie, Tonino Benacquista ou Jean-Claude Izzo. Ils choisissent d’éclairer les scènes sociales : la précarité, la violence, la stigmatisation des faibles, la dureté des puissants.

Par ma profession d’assistante sociale, je suis du côté des malmenés de la vie, des fragiles de l’économie, des blessés de l’amour, des victimes de l’injustice. Les démunis ont rarement les mots de leur souffrance. Je leur offre cet espace où se dire est déjà un premier pas vers l’agir qui les réparera.

La politique est censée les accompagner, donner des réponses et changer le monde. Elle semble devenue folle. Nous assistons à une profonde mutation. Ne cédons pas aux sirènes du pessimisme, je vous invite à l’optimisme et… au vote !

Comme auteure, j’aimerai rejoindre l’engagement des écrivains du polar noir. Mes premiers textes explorent plutôt l’intériorité des êtres et l’énigme du passage à l’acte meurtrier. J’aime explorer les failles et les douleurs singulières.

Cependant, le contexte sociétal n’est jamais très loin. J’aimerai intensifier cette orientation car le meurtre a aussi ses racines dans les blessures sociales et les difficultés du vivre ensemble. J’aime bien l’alliance des disciplines complémentaires que sont la psychologie et la sociologie pour essayer de comprendre le monde.

En tant qu’auteure, j’ai envie de partager cette exploration, tenter des réponses, susciter des émotions pour que la noirceur de mes histoires ouvre toujours sur une note d’espérance.

La question que je n’ai pas encore tranchée : s’engager ouvertement ?

Je ne suis pas persuadée que donner à voir mon vote soit important et que mes convictions politiques doivent être partagées avec des inconnus. Séparer vie citoyenne et vie littéraire me semble aujourd’hui une juste réponse.

Une chose est sûre, je me pencherai prioritairement sur cette question… en fonction de qui arrive au pouvoir !

A comme… Auteure

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

Pas très original comme titre cette fois, mais plus complexe qu’il n’y paraît !

A mes débuts, jamais je ne me serai présentée ainsi. Je pensais que me nommer auteure relevait d’une certaine imposture, qu’il fallait attendre la notoriété du public, la une des magazines ou être éditée par des maisons d’édition ayant pignon sur rue.

Se légitimer auteure relève d’un certain processus. Lorsque, sur plusieurs années, j’ai vu mes nouvelles primées à des concours différents dans des régions de France différentes, je me suis dit qu’après tout… j’ai un lectorat quelque part ! J’ai peu à peu apprivoisé l’idée de le devenir « pour de vrai ».

J’ai commencé par me présenter comme « auteur amateur », au sens premier du terme amateur, « celui qui aime » l’écriture. En ce début d’année, je m’affirme auteure, parce que j’écris régulièrement, mon deuxième recueil va bientôt voir le jour et j’ai déjà des textes pour le troisième et le quatrième recueil. La régularité est un premier élément important.

Auteure car je revendique le désir de partager mes questionnements sur le monde à travers l’écriture noire. Qui mieux que l’énigme du passage à l’acte meurtrier interroge notre condition humaine ? J’aurais pu choisir A comme altérité tant celle-ci est une valeur essentielle à mes yeux, tant dans mon identité d’auteure que dans mon identité professionnelle d’assistante sociale. Le criminel nie l’Autre dans ce qu’il a de singulier, il pense exister en donnant la mort, il croit réparer sa souffrance.

Dans le contexte actuel de la primauté du même, la peur de la différence, le rejet de l’étranger, le repli identitaire de larges fractions de la société, j’aimerai affirmer que seule l’Altérité comprise comme une richesse et un partage de nos différences permet le vivre ensemble. Elle suppose l’inconditionnel accueil de l’Autre comme un mystère toujours renouvelé, comme une chance de se comprendre. Elle suppose l’inconditionnelle acceptation de sa solitude pour rencontrer les autres sans les vampiriser, sans les rendre dépendants, sans les manipuler…

Les criminels de mes nouvelles ont en commun d’ignorer que cette altérité serait la chance de leur vie s’ils en comprenaient le sens. Ils sont repliés sur leur douleur existentielle et plus rien d’autre n’existe. René Char écrit « la souffrance connaît peu de mots ». Je choisis d’explorer cet indicible dans mes nouvelles noires, d’être le porte-parole de ces sans-voix. S’ils avaient eu accès à la parole, jamais ils ne seraient devenus des criminels.

Alors oui, A comme auteure, pour porter aussi les mots des Autres.

A comme… Académie

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

A comme Académie

Un petit week-end d’auteurs nous a réuni chez Eric. Tous issus de l’Académie Anaël Verdier. Mais nous n’avons pas joué les anciens combattants, heureusement car je n’ai aucun goût pour le rabâchage des souvenirs !

Délibérément tournés vers l’avenir et nos actualités. Eric Costa sort « Harem », auto-édité sur Amazon, une saga aztèque. Nadia Bourgeois voit son guide pratique « Comment trouver un homme assorti à son sac à main », édité par La Boite à Pandore.

Brigitte Hue-Pillette sera au salon du livre de Paris pour son roman « L’enfance en bandoulière », auto édité sur bookedition.com. Emmanuelle Soulard poursuit sa belle aventure fantasy « Les invocateurs » aux éditions Hélène Jacob.

Fanny Brémond et Déborah Valrey ont envoyé leur manuscrit à des maisons d’édition et nous ont présenté leur nouveau projet. Martine saint-Clair a bien avancé sur son projet actuel. Octramus Epicron s’est lancé dans l’écriture d’un guide de voyage à travers le temps.

Nos rencontres fonctionnent comme une auberge espagnole. Certains évoquent leur projet, les questions nous poussent à préciser la caractérisation des personnages ou à enrichir leur trame narrative. D’autres demandent des retours sur certains chapitres ou passages lus sur place ou envoyés en avance. Les uns sont venus écrire, les autres passent partager un moment. Tout est possible !

Compte tenu de mes dernières semaines éloignées de mon activité d’auteur, j’ai retrouvé avec plaisir cette ambiance studieuse et rieuse à la fois. De quoi m’y remettre avec entrain. Promis, je sors mon recueil « Ta mort viendra… et elle aura mes yeux » vers avril/mai.

Si l’écriture est solitaire, elle peut devenir solidaire. Echanger entre auteurs n’a pas de prix. Pour être honnête, j’ai beaucoup de mal à lire des genres qui ne m’intéressent pas, mais je reconnais que ce travail de retour est paradoxalement efficace pour soi-même. Moins impliqué, les faiblesses ou les questionnements sont plus faciles à trouver chez les autres; et en miroir, il y a de grandes chances que ce qu’on remarque signe ses propres failles !

J’aimerai bien participer à un cercle d’auteurs uniquement dans le genre de la littérature noire. Qui sait ? Le hasard me guidera peut-être vers cette aventure un de ces jours ?

Redémarrage !

Je n’ai rien publié depuis fin octobre pour des raisons diverses et variées. Le souci :  plus on attend, plus c’est compliqué de reprendre !

En vrac, à la Prévert :

  • mon activité professionnelle est en augmentation exponentielle, j’amène du travail à la maison, (oui je sais, ce n’est pas bien).
  • j’ai rajouté l’écriture (en binôme avec une collègue de la région) d’un dossier conséquent sur les risques psychosociaux au sein du Ministère de la Justice. Vous vous souvenez ? ce sera la thématique de mon quatrième recueil de nouvelles noires, mais je vous assure que la réalité est plus forte que la fiction !
  • ma collègue et amie (depuis trente ans) mute au 1er février dans une autre région, comme j’ai un vieux contentieux avec le concept de séparation, compliqué de penser à autre chose.
  • mon activité de formatrice vacataire auprès des élèves assistants de service social me pèse de plus en plus sur les neurones (un jour je vous expliquerai pourquoi).
  • j’ai travaillé sur mon deuxième recueil de nouvelles, malheureusement par intermittences, je suis en retard sur mon planning personnel pour le publier, et n’ose plus vous redonner de date ! je peux au moins vous dire que la couverture est terminée et la quatrième de couv écrite.
  • j’ai aussi avancé par à coups sur mon recueil de haïkus noirs, j’aimerai le finaliser rapidement maintenant, pour revenir à mon projet d’écriture en cours sur la thématique du train et de la guerre de 39-45.
  • ah j’ai aussi préparé deux voyages, à Rome et à Londres. J’offre à mes neveux pour leur vingt ans une escapade avec leur tante dans une capitale européenne de leur choix.
  • … etc…

Bref, en référence à Yves Clot, et son concept de « qualité empêchée » (qui au travail entraîne de la souffrance psychique, ici, il ne faut quand même pas exagérer), je me suis sentie toutes ces dernières semaines « empêchée » dans mon identité d’auteur et dans mon écriture.

Comme je clos janvier sur une bronchite, (panne de chaudière au bureau, appareil électrique qui met 3h pour atteindre 20°, travail en manteau, bref même situation tous les hivers…), cela ne peut plus être pire.

Par conséquent, avec la douceur qui semble revenir, je vais sortir de mon hibernation !

A la semaine prochaine !!

Citations d’Octobre 2016

En ces temps de prix littéraires, je ne résiste pas à ces citations :

« Goncourt : gens qui, « à tout prix », voulaient laisser leur nom dans les Lettres »

Jacques Prévert

« La poutre qui est dans l’œil de chaque critique lui sert de longue-vue pour apercevoir la faille qui est dans l’œuvre de chaque auteur »

Eric Satie

Et trois de plus, lues sur un blog « A lire ouvert », tenu par une passionnée, que je vous invite à découvrir !

« Les prix littéraires donnent un complexe de supériorité aux jurés et un complexe d’infériorité aux élus »

Georges Perros

« Le seul prix qui intéresse vraiment un écrivain, c’est le prix du livre »

Guy Bedos

« La rentrée littéraire est une maladie française qu’il ne faut surtout pas soigner »
Frédéric Beigbeder