C comme… Calepin

Suite à mon premier Dictionnaire Amoureux, j’ai décidé de vous en écrire un second ! Je poursuis l’aventure afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure de polar et de poésie. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

J’en ai de toute sorte et de tout format. Les plus grands pour de la prose, les plus petits pour de la poésie. J’ai les deux formats dans mon sac. Selon le temps que j’ai, le lieu où je suis, je sors l’un ou l’autre.

J’adore en recevoir et en acheter. Pages blanches ou pages à lignes, à spirale ou reliés, tout me va ! Je préfère écrire à la main avant de m’atteler à l’ordi.

Rousseau, pour ses Rêveries du promeneur solitaire, et Benjamin Constant, pour ses idées de discours politiques, écrivent au dos des cartes à jouer. Au XIIème siècle, c’est une pratique courante.

Nabokov privilégie aussi un petit format, des fiches cartonnées qu’il réarrange à sa guise, il s’extrait ainsi de la chronologie de son histoire.

Alexandre Dumas utilise un code de couleur : feuilles roses pour ses essais et ses non-fictions, bleues pour ses romans et jaunes pour ses poèmes.

Mark Twain achète des cahiers vierges, reliés en cuir, et fait graver son nom avant d’écrire ses romans. Hemingway tape à la machine à écrire et écrit aussi au crayon à papier. Chaque matin, il en taillait une boîte entière avant de commencer.

Pour Stephen King, c’est le stylo-plume et Amélie Nothomb, le stylo Bic à l’encre bleue.

Et avant ?

L’écriture naît en Mésopotamie et en Egypte 3300/3200 ans avant J.-C. En Extrême-Orient, l’écriture chinoise arrive vers 1400 av. J.-C. Ses premières traces apparaissent sur des os et des plastrons de tortues.

Les premiers supports sont l’argile, la pierre, l’os, le papyrus, le parchemin (issu de peau de mouton ou de chèvre), le bois (brut ou couvert de stuc ou cire), le cuir, le métal, le tissu.

Au IIème millénaire, on emploie couramment des cailloux trouvés sur place et dans le sud-est asiatique, où pousse en abondance le bambou, il est facile de couper une partie de la tige pour écrire une missive. Sont aussi utilisés des bouts de poterie cassée.

L’invention de l’imprimerie, malgré son importance future, ne peut être rattachée à une date précise. Après des premiers essais à Strasbourg, Johann Gutenberg s’installe dans la petite ville de Mayence, non loin de Francfort.

Vers 1450-1452, sortent les premiers essais certains de l’imprimerie à caractères mobiles : des placards d’indulgences, des grammaires élémentaires de Donat, des calendriers… avant le célèbre et ambitieux « premier livre imprimé » de l’histoire occidentale : la Bible à 42 lignes, dite « B 42 », tirée à 180 exemplaires en 1454-1455.

Et aujourd’hui ?

Nous sommes dans l’ère du dématérialisé. En 1976, Steve Jobs, Steve Wosniak et Ron Wayne inventent l’Apple et sont les premiers à écrire des mots sur un écran.

Le numérique, (ordinateurs, liseuses, tablettes et smartphones), réinvente l’écriture.

 

Et demain ?

 

 

 

 

(sources : sites lecthot et BnF)

 

 

 

 

 

W et X comme… Whisky et Xérès

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

L’alcool et la littérature : un vieux compagnonnage. Nombre de grands écrivains étaient de grands buveurs. Alphonse Allais, Fernando Pessoa, Joseph Roth, Francis Carco étaient membres des Hydropathes, club hostile à l’eau. Marguerite Duras devint alcoolique à 43 ans

L’alcool désinhibe mais stimule-t-il la création ? Un essai d’Alexandre Lacroix éclaire le sujet.

Beaucoup d’écrivains ne se posent plus la question tant l’alcool fait partie de leur panoplie. D’ailleurs, il arrive que cesser de boire ou de fumer conduise à ne plus écrire, Cioran après sa dernière cigarette, Blondin après son dernier verre.

C’est à La Havane, dans le bar où a été inventé le célèbre cocktail qu’Ernest Hemingway avait l’habitude de boire ses mojitos. Il a également donné son nom à une variante du mojito : le Hemingway Daïquiri.

J’adore le mojito, principalement en été !

Robert Louis Stevenson, grand écrivain écossais et francophile, se baladait dans les Cévennes avec une bouteille de Brandy. Mais ce qu’il aimait, c’est le whisky tourbé, très tourbé, celui qui a le goût des océans sur lesquels naviguaient ses pirates. Autre amateur de whisky, Dylan Thomas.

Le whisky tourbé est mon apéritif préféré, essentiellement en hiver !

Baudelaire ne cesse de vanter les mérites du vin dans ses poèmes. « Le vin rend l’œil plus clair et l’oreille plus fine ! ». Verlaine et Rimbaud délaissaient volontiers l’absinthe pour le Riesling.

James Joyce détestait le vin rouge, qu’il appelait « la viande ». Il écrivait « à l’électricité », c’est-à-dire au blanc. Son préféré : le fendant, un vin blanc genevois, qu’il prenait après deux ou trois Pernod.

Rouge et blanc sec en priorité pour moi !

Jim Harrison préfère le Bourbon, et le Pouilly-fumé. J’ai eu une période Bourbon, il y a bien longtemps !

En ces temps de fêtes… et toute l’année… champagne bien sûr !

Avec modération !

 

 

Sources : Babelio et le Nouvel Observateur

U et V comme… Urgence Vaine ?

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

Dans ma profession d’assistante sociale, nous ne cessons de réfléchir à cette notion d’urgence. Parfois, pour reconnaître qu’il n’y en a pas. Souvent nous nous mettons des pressions pour des réponses qui peuvent s’inscrire dans la durée. Cependant, certaines situations nécessitent une réactivité exigeante !

Les évènements du mois le prouvent. Il y a urgence à répondre à la détresse sociale à la hauteur des désespoirs et des situations. J’espère que nous saurons nous mettre autour d’une table pour co-construire l’avenir.

Dans mon activité d’auteure, je ressens une urgence à écrire mais le contexte professionnel (et mes douleurs aux mains) ne me sont pas favorables actuellement. Alors je me raisonne, tant pis si je n’ai pas tenu mes délais. Principe de réalité ! Vivement janvier, j’espère que ce sera mieux !

Je me trouve des arguments : que vous me lisiez aujourd’hui ou demain, quelle importance ? Mes futures histoires et les personnages de demain tournent dans ma tête, je les retrouverai sans souci quand je voudrai.

Sachez que je vous prépare plusieurs surprises. Puisque j’ai changé tous mes délais !

Mon recueil de haïkus noirs « Eclats de crimes sous la lune » est prêt. Il me reste la couverture à créer. Pour l’instant, ma lune est au point, ma rivière aussi, mais ma branche de cerisier, une fois sur deux seulement, et je rate mes dessins de nénuphars (si j’avais le talent de ma mère, cela se saurait ! au secours maman ! tu me la dessines à Noël ?).

Mon recueil de haïkus blancs « Eclats de haïkus en toute saison » (titre provisoire, il ne me convient pas vraiment) a trois saisons mises en forme, il me reste l’hiver. Et la couverture !

Avec un peu de chance, mon idée est de vous les présenter en Mars, avec l’arrivée du Printemps. J’étudie actuellement les sites d’auto-édition en ligne pour les réfractaires d’Amazon qui pourront ainsi acheter mes ouvrages ailleurs.

Mon recueil de nouvelles noires « Vertiges sur les voies » est en lecture et correction. Plutôt pour Juin prochain. Tutto va bene. J’ai des débuts de commentaires très sympas, des propositions d’amélioration intéressantes. J’attends encore des retours pour améliorer mon ouvrage.

L’écriture de mon premier roman connaît un arrêt momentané. J’en ai écrit la moitié et je crois que j’écrirai la deuxième partie aux beaux jours, ou carrément cet été sur mes vacances !

En attendant, je disparaitrai une semaine, début janvier, au fin fond de la Charente-Maritime, pour retrouver une heureuse solitude, du temps précieux, et ma plume pour de nouvelles surprises !

P comme… Possible

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

Depuis toujours, je me disais que j’écrirai un jour « pour de vrai ». Et un jour, c’est devenu possible.

J’y suis. Depuis peu, c’est devenu une vraie décision.

Bien sûr, il a fallu une première étape : me sentir légitime. Mais au fond pourquoi douter ? Chacun a sa vision du monde, pourquoi ne pas la partager ? J’ai la chance d’exercer un métier formidable (assistante sociale), dans un milieu particulier (la Justice). Chaque expérience est unique, chaque parole est singulière, tout un chacun a droit de les faire connaître. Ensuite, qui m’aime me suive. Il ne s’agit pas de conquérir tous les lecteurs mais de toucher les siens.

Une deuxième étape : me donner à lire. Les concours de nouvelles qui priment régulièrement mes textes sont un atout magnifique. C’est un encouragement permanent. Mes lecteurs existent ! Je peux poursuivre, ils m’attendent quelque part. Certains sont venus à mes dédicaces, je les ai vus ! Ils me lisent et me soutiennent par leurs commentaires. Mes histoires sont noires, elles interrogent l’indicible et l’incompréhensible du crime, mais elles parviennent à toucher.

Une troisième étape : prioriser l’écriture. Je viens de terminer mon long cycle de formatrice à l’Institut Régional du Travail Social. Une expérience que j’ai adorée. Mais je veux plus de temps pour moi. Une autre bonne nouvelle est l’arrivée d’une collègue en octobre. Comme j’avais la « médaille d’or » du secteur Justice le plus chargé de France, je vais enfin avoir moins d’effectifs. Car je ne sais toujours pas ce que c’est une semaine de travail de 35h. Je devrais être moins fatiguée, donc plus créative !

Une quatrième étape : changer de format d’écriture. J’ai écrit des recueils de nouvelles, comme si s’attaquer directement au roman était un impossible. Il me fallait cette étape d’expérience et de formation, avoir du recul sur mon écriture avant de faire le grand saut. Ca y est. J’écris tous les jours ma nouvelle histoire et espère terminer le premier jet pour fin août.

Une cinquième étape : tenter d’autres genres littéraires. J’aime la poésie, particulièrement les haïkus. Je travaille actuellement avec une photographe sur un projet d’album photos/haïkus du Bassin d’Arcachon. Je vous tiendrai au courant. J’ai aussi décidé d’écrire un 365 jours. J’adore ce format qui sort à Noël, photos, maximes… Le mien aura 365 haïkus pour dire la vie, l’amour, la nature, les mille et une observations du quotidien, loin du crime et ses noirceurs.

Une sixième étape : peut-être, sûrement, l’important est d’être en chemin !

O comme… Organisation

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

Contrairement à l’idée romantique qui domine, l’écriture n’est pas le fruit d’une inspiration quasi-divine qui vous jette soudain sur la page blanche. Ecrire est ardu, cela demande de la concentration et de la rigueur.

Tout apprenti auteur tâtonne pour trouver son organisation !

J’en connais deux qui écrivent le matin avant d’aller au travail. J’en connais une qui écrit un jour sur deux et le week-end, un autre qui vole des moments dans la journée, entre midi et deux. C’est forcément différent pour ceux qui ont une activité professionnelle et ceux qui n’en ont pas !

J’en profite pour vous dire que seuls 2 à 3% des écrivains gagnent leur vie avec leur plume. 97% ont un métier en parallèle, et tous… une vie familiale et sociale !

Flaubert ne se couchait jamais avant 3h du matin, Balzac se levait à 1h du matin pour travailler. Il consacrait 13 heures par jour à l’écriture, Voltaire 16h30. Le philosophe Emmanuel Kant n’écrivait pas plus d’une heure par jour, de 6h à 7h du matin. Amélie Nothomb écrit de 4h à 6h. Voilà qui est très encourageant !

Il y a les auteurs du matin (Victor Hugo, Charles Dickens, Hemingway), de l’après-midi (Nabokov, Styron) ou de la nuit (Kafka).

Alors que l’on imagine le plus souvent l’écrivain assis à son bureau, beaucoup aiment écrire debout tel Hemingway. Dickens, Virginia Woolf, Lewis Carroll et Philip Roth s’appuyaient sur une commode surélevée. A l’inverse, Proust, Mark Twain, Gorge Orwell, Truman Capote et Edith Wharton préféraient écrire allongés, au lit ou en travers du canapé.

Et moi me demanderez-vous ? Pendant longtemps, j’ai écrit de manière désordonnée, par à coups, le matin ou l’après-midi, trois jours de suite puis un temps sans écriture, dans mon lit le week end, ou le soir à mon bureau, dans un café, dans le tram… Cette organisation, qui n’en était pas une, était facilitée parce que j’écrivais des nouvelles et des haïkus.

Depuis que j’ai décidé d’écrire mon premier roman (en réalité c’est le deuxième, le manuscrit dort dans mon tiroir avant mon travail de réécriture), j’ai choisi une organisation plus rigoureuse.

Je me lève en semaine à 6h45, me douche et me prépare un café. J’écris à mon bureau de 1 à 2 heures, tout dépend de mon agenda professionnel. Sur page blanche et au stylo. Le soir en rentrant, je dicte mon texte sur mon ordi. Le week-end, j’écris dans mon lit et mon canapé, plusieurs heures d’affilée.

Ceux qui me connaissent bien savent que je déteste me lever tôt. J’ai encore du mal à bousculer mon horloge interne mais ça viendra. Mon désir d’écrire est plus important. La concentration est vive au lever, les idées s’enchaînent et ce temps pris me donne une pêche d’enfer pour partir au travail !

Il y a tellement de gens qui disent qu’ils vont écrire un jour et trouvent de bonnes raisons pour ne pas s’y mettre. Alors qu’il suffit de le décider, de s’installer et de commencer. Une page par jour, même une demi-page, mais tous les jours. Ni plus ni moins. Quand vous vous sentez le plus en forme, au moment possible dans votre emploi du temps, dans un temps défini.

Il s’agit de défendre ce temps de l’écriture, contre vents et marées, contre tout ce qui viendrait l’envahir (des pensées de découragement, vos enfants et conjoint, une lessive, l’envie de sortir…).

Roland Barthes écrivait : « Je me pose comme écrivain, dans toute l’ampleur, tout le sacré du rôle, pour m’aider à le devenir »,

ou encore

« Je ne me prends pas pour un écrivain mais je dois me prendre pour quelqu’un qui veut écrire ».

O comme… Ombre

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

C’est un mot de la littérature que j’aime beaucoup. Sa sonorité est douce, son mystère entier. Les définitions des dictionnaires vous amènent sur des chemins étonnants. Pas moins de 9 dans le Larousse !

J’aime les ombres des arbres quand la méridienne suffocante plombe les corps. J’aime les ombres des gens qui s’allongent dans le jour déclinant. Je n’ai pas aimé les ombres de Platon. Je n’ai pas beaucoup de goût pour les ombres chinoises, ni pour les ombres à paupières.

Je n’ai pas peur de la mienne, et hors de question de suivre quelqu’un comme son ombre. S’il peut m’arriver parfois d’être l’ombre de moi-même, je ne lui cours pas après. J’essaie aussi de ne faire de l’ombre à personne.

J’ai beaucoup de tendresse pour l’ombre de la prison, bien sûr ! Ce qui m’amène à évoquer la part d’ombre de tout un chacun.

Celle de mes personnages que j’interroge sans relâche dans mes histoires. Cette part qui se dérobe à tout entendement, qui fuit la raison et s’enlise dans l’oubli. S’en approcher, c’est essayer de comprendre ce qui peut bien mouvoir quelqu’un vers la violence ou le crime.

Celle des détenus hier ou des personnels aujourd’hui que j’essaie de nommer pour lui donner des couleurs. Aider l’autre à l’apprivoiser, c’est lui permettre de s’en libérer et d’accéder à une plus douce respiration au-dessus des nuages.

La mienne enfin qui soutient mon désir d’écriture. L’explorer, c’est tenter de s’affranchir des esclavages inconscients, éclairer les mouvements intérieurs parfois inattendus, grandir jusqu’aux décisions singulières, puis mettre cette aventure au service de ma plume.

Soyez à la fois tendre et exigeant avec votre part d’ombre  !

René Char écrit : « Enfonce-toi dans l’inconnu qui creuse. Oblige-toi à tournoyer ».

N comme… Noria de questions

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

Je relève le défi de mon amie auteure Elisa Tixen en participant, à mon tour, au sunshine blogger award. Il s’agit de répondre à 11 questions et envoyer 11 nouvelles questions à 11 bloggers.

  1. Pourquoi ce blog, pour qui ?

J’ai ouvert mon blog d’auteure pendant ma formation à l’Académie Anaël Verdier. Au début, c’était une façon de me parler à moi-même, de clarifier ce que j’avais envie d’écrire, de construire mon identité d’auteure. Aujourd’hui, c’est aussi aller à la rencontre de mes lecteurs et partager mon aventure dans l’écriture. C’est un rendez-vous régulier que j’aime beaucoup. L’idée d’écrire mes articles à partir des 26 lettres de l’alphabet m’est venue l’année dernière. La contrainte de la lettre est un amusement qui sert la créativité. Un petit regret cependant, ne pas avoir plus de commentaires, mais comme je suis la première à en laisser très peu sur les blogs…

  1. Quel est le livre qui t’a le plus marqué ?

Difficile de répondre, en général, j’oublie aussitôt lu. Je suis trop intensément dans l’ici et le maintenant de chaque lecture. Les livres qui me marquent sont ceux qui contiennent le plus d’émotions. Ce sont ceux-là que j’aimerai écrire aussi.

En poésie, l’œuvre de René Char m’accompagne au quotidien. J’adore lire (et écrire) des haïkus.

En théâtre, « Le malentendu » d’Albert Camus, et « Antigone » de Jean Anouilh ont mes préférences.

  1. Et quel est celui que tu ne liras jamais ?

Le genre fantasy, vampires et science-fiction ne m’attirent pas du tout.

  1. Quelle est la musique que tu écoutes en boucle en ce moment ?

J’écoute peu de musique. Comme écrivait André Gide, « je suis peuplée » et je finis par oublier que la musique passe, n’entendant même pas que le CD est terminé ! J’aime le jazz et la bossa nova. Je passe en boucle très régulièrement le bruit des vagues de l’océan, surtout sans musique, les bruits de la nature, seuls, ainsi qu’un CD de cloches. Non ne riez pas, j’adore le son des cloches, cela me donne une pêche d’enfer !

  1. Une soirée idéale pour toi, ça ressemble à quoi ?

Je ne vais pas être très originale : dans un ailleurs lointain, en amoureux autour d’un menu gourmet, au bord de l’eau. Et ici, seule dans mon canapé, un livre et une tasse de thé.

  1. Quel est le rêve que tu serais très malheureuse de réaliser ?

Aucune idée ! Mais j’ai plein de rêves que j’aimerai concrétiser.

  1. Écriture à l’instinct ou planifiée ?

Les deux Mon capitaine. A l’instinct : le matin ou le soir, dans un bar ou sur la plage, sur ma terrasse ou dans mon lit, à partir d’une idée de lieu ou de personnage ou d’histoire… En général j’écris alors par à coups et comme ça vient. Planifiée : synopsis rigoureux sous les yeux, mais qui ouvre l’espace à l’inconnu, une histoire qui connaît sa fin, des personnages travaillés en amont, des interactions réfléchies en avance, une écriture (quasi) quotidienne.

  1. Un ange te rend visite, il te dit quoi ?

Il m’encourage ! Il me rappelle que la procrastination est un vilain défaut !

  1. Resto gastro ou plutôt bistrot ?

J’aime les deux, je pense même que j’aime tous les lieux, du moment que je mets les pieds sous la table. Je déteste cuisiner ! Un vrai frein à la vie sociale et un malheur pour mon porte-monnaie !

  1. Ton endroit préféré pour écrire ?

Je n’en ai pas vraiment. Je peux écrire partout. Dès que je choisis de me mettre dans ma bulle d’écriture, le lieu importe peu. Je suis dans mon stylo, et le ciel peut me tomber sur la tête.

  1. Après toutes ces vérités, un petit mensonge ?

Je ne lis plus d’ouvrages sur l’écriture car le Prix du Polar de Cognac ou Lyon, c’est pour demain !

Voici à mon tour mes onze questions. Libre à 11 d’entre vous de vous en saisir !

  1. Depuis que tu tiens ton blog d’auteur(e), qu’est-ce qui a changé au fil de cette expérience ?
  2. Quels sont les livres qui t’ont donné(e) envie d’écrire ?
  3. Qu’est-ce qu’écrire pour toi ?
  4. Quel a été l’élément déclencheur de la première fois ?
  5. Qu’est-ce qui est le plus facile et le plus difficile à écrire ?
  6. As-tu des rituels autour de l’acte d’écrire ?
  7. En quoi ta vie et tes expériences sont-elles des sources d’inspiration ?
  8. Est-ce que tu effectues des recherches particulières avant d’écrire ?
  9. Quels messages désires-tu donner à tes lecteurs ?
  10. As-tu une organisation particulière ?
  11. Quelle est ta citation préférée ?

N comme… Noir

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

De toutes les littératures de roman noir, j’aimerai saluer le néo-polar[1], version française post soixante-huitarde, au moment nous commémorons le 40ème anniversaire du mouvement qui embrasa le pays tout entier.

Pour Jean-Pierre Manchette, le crime n’est pas un fait isolé relevant de la seule responsabilité de l’individu mais une conséquence inévitable de l’organisation sociale, économique et politique.

Pour cet auteur, « le bon roman noir est un roman social, un roman de critique sociale qui prend pour anecdote des histoires de crimes, mais qui essaie de donner un portrait de la société ».

Si leur écriture rend compte de la psychologie des personnages, elle s’intéresse bien davantage aux rapports sociaux. Ces auteurs mettent l’accent sur les violences institutionnelles et sociétales. Le crime devient un prétexte et l’enquête explore les failles d’une société bourgeoise considérée comme criminelle.

Les indices ne portent plus vers la recherche du comportement déviant de l’individu. Celui-ci est un simple rouage dans un vaste système dont il ne saisit ni l’ampleur, ni la réelle influence.

Ils révèlent les vérités masquées par les discours officiels de l’idéologie dominante. Ils dénoncent les ravages des inégalités et des injustices, les pouvoirs d’Etat et les dictatures financières.

Ces auteurs choisissent délibérément d’inscrire leurs intrigues dans un positionnement politique. Ils s’inspirent de faits réels. Jean-Pierre Manchette, « L’affaire N’Gustro » (1971) basé sur l’enlèvement de Medhi Ben Barka en 1965. Didier Danickx, « Meurtres pour mémoire » à partir des manifestations d’Octobre 61 et sur la déportation des Juifs pendant l’Occupation. L’auteure Dominique Manotti, dans « Lorraine Connection » s’inspire de l’affaire Daewoo.

C’est mon côté assistante sociale qui s’intéresse à cette écriture. Les personnes fragiles et en difficultés ne le sont pas seulement parce que leur histoire singulière est compliquée. Elles le sont aussi parce que la société ne leur ouvre pas toujours une place au soleil.

C’est le paradoxe de ma fonction : instrument du pouvoir en place pour appliquer les politiques publiques, il n’en demeure pas moins salutaire et essentiel de se révolter lorsqu’elles broient l’individu. Je m’y emploie au quotidien. L’impertinence est une valeur du travail social.

Côté lectrice, je suis une fan de cette littérature engagée. Côté auteure, c’est une piste que je n’ai pas encore explorée. Mes textes abordent davantage le chemin singulier de mes personnages, le contexte social n’est pas franchement travaillé même s’il en surgit parfois des éléments.

Qui sait, un jour, j’y viendrais peut-être ?

 

 

[1] Eléments de mon article in Véronique DESNAIN « Style et idéologie dans le roman noir ». Revue Itinéraires. Janvier 2015.

L comme… Ludique

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

C’est ainsi que je conçois l’écriture. Vous allez me rétorquer qu’écrire des histoires de meurtre n’a rien de très réjouissant. Détrompez-vous, je m’amuse follement. Du je au jeu !

Mes premières tentatives, toute jeune, relevaient d’un je douloureux. Quand écrire est thérapeutique, les mots tremblent au bord des lèvres. L’acte d’écrire est vital, il s’agit de respirer au-dessus des nuages pour ne pas être broyée par le chagrin. Ecrire fait mal quand la plume fouille sa part d’ombres.

Aujourd’hui, mes écrits naissent d’un je joyeux. Je suis peuplée d’une multitude d’histoires qui ne demandent qu’à envahir la feuille blanche. Quand je pense à un personnage, je l’assemble tel un puzzle : un physique, un caractère, un lieu de vie, un métier…

Je réfléchis à sa trajectoire, je décide de l’amener dans telle ou telle direction. Je change parfois si sa cohérence interne ne semble pas convenir à mon premier mouvement. Je reste ancrée dans la psychologie de mon personnage, je tente d’anticiper ce qui est vrai pour lui. Il n’est pas important que ce soit véridique, il s’agit d’être vraisemblable.

Le jeu est dans les multiples possibilités qui s’offrent à son avenir. En fonction de ce choix, l’histoire sera différente. Telle une distribution de cartes, mes héros auront des atouts pour réussir leur partie mais rencontreront aussi les obstacles du jeu de l’oie. Quitte à reculer de plusieurs cases ou repasser par la case prison sans toucher de bonus.

Le format de la Nouvelle autorise des expérimentations tout au long du recueil. Les personnages diffèrent, ce qui leur arrive a la fulgurance d’un texte court. Ce qui me permet de jongler dans plusieurs univers et destinées, au gré de ma fantaisie.

Ludique parce dans ce format, les personnages me traversent sans s’attarder. La brièveté de leur histoire permet ce jeu de saute-mouton d’un personnage à un autre, d’une histoire à une autre. C’est tellement amusant !

Dirai-je la même chose de l’écriture d’un roman ? Aucune idée !

J’aimerai penser que ce sera ludique aussi. Cependant, vivre au long cours avec ses personnages tout un trimestre (rappelez-vous Stephen King : une version 1 en une saison) engage autrement l’acte d’écrire.

Rendez-vous plus tard pour partager avec vous cette aventure forcément différente !

 

 

K comme… King, Stephen King

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

J’adore, lorsque les écrivains dévoilent leur rapport à l’écriture. Je vous invite à lire (ou relire) « Ecriture, mémoires d’un métier« . C’est une belle école pour tout auteur. Les propos de Stephen King me touchent car je partage bon nombre de ses convictions.

La première est qu’il faut absolument démystifier « l’inspiration ». Elle n’est pas quelque chose de magique réservé à des élus. L’écriture est une activité qui a ses règles et ses libertés. Il s’agit simplement d’oser s’y mettre. L’essentiel est de jouer avec les mots, les personnages, les situations.

La deuxième est qu’il faut écrire d’abord pour soi, et retravailler son texte pour ses lecteurs. Écrire régulièrement, en donnant une juste place à cette activité dans sa vie, pour ne pas compromettre toute sa vie personnelle et sociale.

Stephen King développe des conseils techniques.

Soigner l’introduction, car elle doit susciter l’envie de poursuivre sa lecture. Nous avons tous en tête des premières phrases qui nous ont marqué. Pas seulement, « Longtemps, je me suis couché de bonne heure”.

Écrire un mot à la fois. Une page après l’autre. En restant fidèle à son style et en ne cherchant pas à copier un autre auteur.

Éviter la forme passive. Il la juge molle. « La nouvelle le surprit » a plus de force que, « il fut surpris par la nouvelle ».

Éviter les adverbes qui souvent font redondance avec l’expression souhaitée. « L’adverbe n’est pas ton ami ».

Faire des paragraphes, « aussi importants sur le plan visuel que sur le plan significatif, ils sont les signes de l’intention ». Une idée dans la première phrase, développée dans les phrases suivantes.

Ne pas être exhaustif dans les passages descriptifs. Juste donner des éléments pour enflammer l’imagination du lecteur. L’étouffer compromettrait son désir de poursuivre l’histoire.

Laisser tomber les passages qui tiennent à cœur, parfois même un personnage qui n’apporte rien à l’histoire. « Enlevez toutes les parties ennuyeuses et tuez vos personnages préférés, même si cela brise votre égo de petit gribouilleur, tuez vos personnages préférés ». Compliqué mais efficace, il faut en convenir.

Le travail de documentation ne doit pas supplanter l’intrigue. J’ai pu expérimenter cet aspect des choses quand j’ai écrit une première version de roman pour ado, qui se passait dans un laboratoire scientifique, à mille lieux de mon quotidien ! (Mais je connais tout désormais sur les résistances des bactéries !)

Stephen King propose aussi de se créer un environnement de travail.

Écrire avec la porte fermée. Ah non pas moi, mes années d’intervention en détention… je suppose.

Aménager une salle de travail. Non plus, j’écris partout : à mon bureau, dans mon lit, sur un banc, dans un café, allongée dans l’herbe… Ma bulle est toute symbolique et possible partout !

Eteindre la télé et éviter les distractions. Pour un texte long, sans aucun doute, mais il m’arrive d’écrire des haïkus dans un environnement sonore.

Respecter des délais. 100% d’accord. C’est pourquoi j’adore les concours de nouvelles. Une date, une contrainte, et c’est parti. Pour un roman, Stephen King préconise une première version en trois mois, soit une saison. Je suis devenue une vraie fan de calendriers !

Faire une pause. Relire ses écrits après un temps d’oubli aide à progresser dans le travail sur la version 2. « Vous verrez que lire votre livre après six semaines sans y toucher sera quelque chose d’étrange et exaltant ». Prendre des notes sur une feuille à part du texte avant de le reprendre.

Creuser. « Les histoires sont des reliques, des morceaux d’un monde pré-existant et inconnu. Le travail d’un écrivain est d’utiliser l’ensemble de sa boite à outils pour exhumer le mieux possible chacun de ses mondes ».

Ecrire et lire tout le temps. Là c’est plus compliqué pour moi. Comme dit l’Ecclésiaste, « il y a un temps pour tout ». Soit l’un, soit l’autre. Je préfère l’immersion complète dans mon processus créatif sans être envahie des mots des autres.

Rendez-vous dans quelques années : à mon tour, j’écrirai un jour mes secrets d’auteur !

 

Ultime message de Stephen King : Écrire rend heureux !