J comme… Justice(s)

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

Les auteurs distinguent trois niveaux. La justice au sens philosophique d’idéal, individuel ou collectif. La justice comme norme émanant d’une société ou d’un corps d’autorité. La justice comme institution faisant respecter les lois.

Je suis très attachée à cette notion de justice. Platon la plaçait au centre de son ouvrage « La République ». Il écrit : « L’homme juste établit un ordre intérieur, il harmonise les trois parties (raison, colère, désir) de son âme absolument comme les trois termes de l’échelle musicale« .

Dans Le Larousse, elle est définie « comme un principe moral qui exige le respect du droit et de l’équité« . Dans la sphère publique, elle doit être le but de toute politique et viser à établir une égalité véritable entre les êtres. Héraclite associe l’injustice à un chaos social.

Parce qu’il avait une haute idée de la justice, mon grand-père tenait régulièrement une fonction de juge de paix dans son village, pratiquant la médiation comme mode de régulation des conflits. Ses avis étaient respectés.

Dans mes histoires de vengeance, le sentiment d’injustice anime souvent mes personnages. C’est ce qui les meut vers l’irréparable du crime. Je ne les juge pas, j’essaie de comprendre le pourquoi de la bascule vers l’horreur.

Pour tendre vers cet idéal de justice, basée sur un consensus sur les notions de bien et de mal, les sociétés se sont dotées de textes et de normes. Le Droit vient dire l’échelle des infractions et des sanctions.

Mes personnages pratiquent une justice privée en fonction de ce qu’ils croient juste pour eux, en dehors de toute norme. Je pense que j’adore les westerns pour cet aspect privé de la gestion des conflits entre individus. Cependant, cela ne signifie pas que je cautionne ce choix. Ce serait le comble pour quelqu’un qui a choisi de travailler au Ministère de la Justice.

Je crois en l’institution même quand elle me désespère ou me met en colère. Avoir une organisation judiciaire est gage de respect des lois, elle punit et répare. Cependant, la manière peut (et doit) être discutée. La regarder fonctionner est essentiel. Conserver un esprit critique me paraît important.

La littérature est là pour bousculer le monde, rappeler que la justice est essentielle pour le vivre ensemble. Par mon activité d’auteure, je souhaite participer à cette observation et cette bousculade !