E comme… Emotions

Dans mon identité professionnelle d’assistante sociale, elles sont au cœur de tout entretien avec les personnes en difficultés. Permettre de les vivre est déjà commencer à les apprivoiser. Mais rester dans les émotions parasite la pensée et l’action. Il s’agit de les nommer pour favoriser la compréhension de soi pour mieux envisager les choix à poser. Légitimer les émotions, les reconnaître, c’est redonner du pouvoir décisionnel à l’autre. Mettre des mots sur des ressentis ouvre alors l’espace aux mots de la raison et de la distanciation. Il devient alors possible de réfléchir et de trouver du sens aux épreuves traversées.

Mon identité d’auteure se construit à partir de mes émotions. Elles lancent mon désir d’écrire pour partager mes coups de cœur et de colère, interroger le mystère de la haine et de l’amour, sonder l’énigme du crime. Elles coulent dans mon encre car elles seules légitiment le souffle de la vie. Ecouter mes émotions, c’est apprendre à construire mon message d’auteure.

Elles sont au cœur de tous mes projets d’écriture. J’écris aussi à partir des émotions de mes personnages pour susciter celles de mes lecteurs. Il s’agit alors de mettre les siennes en sourdine pour être dans la cohérence des personnages. Il s’agit de ne pas les confondre mais de chercher ce qui appartient vraiment à mes héros. Cette injonction paradoxale de donner de l’émotion tout en ne la vivant pas soi-même est une posture d’auteure qui se travaille.

Dans la littérature noire, les quatre émotions de base, la colère, la peur, la tristesse et la joie, ne jouent pas dans la même catégorie !

Dans mon premier recueil de nouvelles, la colère est l’émotion dominante. Son titre est déjà très explicite « Eclats de rage ». Elle anime mes ados douloureux, elle les submerge jusqu’à l’irréparable. Ils n’ont pas de mots audibles pour la reconnaître. La colère, versant faiblesse, signe la défaite de la parole. Dans les parcours des détenus que j’ai accompagnés, elle était souvent au cœur de leur agir délictuel ou criminel. Dans les histoires de vie des agents que j’accompagne, elle est souvent retournée contre eux-mêmes, et le corps parle quand les lèvres peinent à s’ouvrir.

La colère, versant force, permet de s’indigner des injustices, de la précarité grandissante dans nos villes et nos campagnes, de la désespérance muette à nos frontières, des dictats des marchés financiers, des prédateurs et dictateurs qui écrasent l’humanité blessée. La colère est dans l’ADN du travail social. Chargés de mettre en œuvre les politiques publiques, nous sommes en première ligne pour en comprendre les faiblesses et les dérives. Nous devons avoir une colère constructive pour interpeler nos hiérarchies et les grands de ce monde.

La peur n’est pas forcément mauvaise conseillère. Elle signe l’alerte et le besoin de sécurité, elle permet d’anticiper un danger potentiel. Dans son versant négatif, elle est obstacle à l’action, elle paralyse pensée et décision.

La tristesse est une émotion familière mais l’aptitude au bonheur s’apprend au fil des rencontres et des expériences. Elle est la plus discrète des émotions, vive en soi, imperceptible pour une écoute inattentive. Elle se loge au bord des cils, déborde parfois en larmes silencieuses. René Char, mon poète préféré écrit, « Il faut pleurer pour grandir ».

Reconnaître la tristesse est important, la reformuler à la hauteur de son intensité est essentiel pour que l’autre la transforme. On ne peut pas désirer à la place de l’autre mais on peut donner du souffle et du désir de désir. Je me sens à l’aise avec cette émotion quand je la perçois chez l’autre, et j’espère que mon écriture sait la susciter chez mes lecteurs, quand j’ai envie qu’ils protègent et aiment mes personnages, quoiqu’ils décident.

C’est compliqué la joie. Emotion éphémère qui ne sait pas s’installer dans la durée. Savoir pratiquer la joie, pour semer de la tendresse autour de soi, est un apprentissage intime qui permet de déboulonner les statues de la tristesse et de la peur, de refuser l’auto-apitoiement et de se remettre en question.

Dans son versant négatif, la joie exaspère les blessés de la vie. Elle nie parfois la douleur de l’autre, le renvoie dans ses cordes du désespoir. La joie est une arme redoutable qui peut briser les fragiles de l’existence tant sa clarté vive agresse ceux qui tremblent.

Ecrire enfin pour susciter vos émotions de lecteurs, vous permettre de traverser toute la gamme des quatre émotions de base et leur camaïeu. J’aimerai que vous ragiez, pleuriez, frissonniez, souriez (à défaut de rire)… que mes histoires de meurtres vous bousculent, que mes personnages criminels et victimes vous emportent.

S’émouvoir pour se sentir vivant !

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D comme… Désir

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

Ah un des plus beaux mots du dictionnaire. L’identification de ses désirs est le premier pas vers le bonheur. Reconnaître ce qui fait sens pour soi dans les tumultes de la vie est essentiel. Se mettre en route pour les vivre est une deuxième étape.

Dans ma construction personnelle, j’ai rencontré quelques difficultés à éclairer quels désirs étaient vraiment les miens. Distinguer celui de l’Autre qui vous colle à la peau afin de s’en détacher n’est pas chose aisée. J’ai eu de la chance, j’en ai conscience tous les jours.

Etre assistante sociale était un vrai choix personnel, d’exercer en prison aussi. Aimer qui j’aime est un autre choix. Et désirer ne suffit pas, le concrétiser par des actes est incontournable.

Avoir décidé d’écrire « pour de vrai » a été une étape particulière. Le désir d’écrire était dans mes veines depuis toujours mais… Le désir s’incarne grâce à des personnes qui arrivent sur votre route à point nommé, elles sont la goutte d’eau qui vous fait chavirer vers votre désir profond, à condition d’affronter la peur et l’angoisse du présent.

Seul le regard porté sur hier vous conforte dans vos choix, vous savez alors si vous avez pris le bon chemin vers vous-même. Cependant il est toujours temps de bifurquer vers son désir singulier si on s’égare sur des chemins annexes. Heureusement, la vie n’est jamais figée. C’est sa grandeur et son vertige.

Ce qui m’interroge dans le désir, c’est lorsqu’il se transforme en pulsion. Je retiens de mon expérience en détention cette énigmatique question : comment contenir la pulsion ? comment retrouver le désir ?

Oui, j’ai une profonde empathie pour les criminels parce qu’ils n’ont pas su accéder au désir, parce qu’ils n’ont pas eu les bonnes rencontres pour les y aider ou parce qu’ils n’ont pas su saisir les opportunités pour être accompagnés.

J’ai choisi d’être à leurs côtés parce qu’ils sont effroyablement isolés dans une nuit noire. Leur épouvante est réelle.

Leur solitude face à eux-mêmes est intolérable. Personne ne les a aidés à médiatiser ce qui les a submergés à un moment T. Je repense régulièrement à R.G. un détenu que j’ai suivi sur sa fin de peine de 15 ans, violeur de femme adulte, qui peinait à comprendre ce qui le mouvait.

Il est sorti, a récidivé dans les 24 heures. Le hasard a fait que je l’ai revu à la permanence entrants. Nous avions établi une relation de confiance, il s’est effondré en entretien, soudain petit garçon en pleurs et extrêmement lucide, qui ne comprenait plus rien. Il s’est suicidé dans la nuit.

La pulsion est une aliénation insupportable, elle implique un sentiment d’urgence et d’impérativité. Elle nie l’Autre et sa liberté. Elle altère la volonté.

Le désir s’inscrit dans la temporalité et l’échange. Il est source de partage. Il reconnaît l’altérité. Il est ouverture, il s’inscrit dans l’indépendance et la liberté.

J’aimerai par mon écriture participer à cette réflexion. J’aimerai que mes lecteurs m’accompagnent dans cette quête. Mes personnages sont davantage animés par des pulsions que par des désirs. Ils peinent à identifier les tourments qui les aveuglent. Transformer la pulsion mortifère en désir vivant, tout un chemin !

Interroger le passage à l’acte criminel, c’est sonder ce mystère du désir et de la pulsion.

 

 

C comme… C’est vendredi soir !

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

Ah, ah, ah, vous vous attendiez à C comme… crime, je parie ! Pas cette fois. Je viens partager avec vous mon coup de cœur pour le vendredi soir. Moment que j’adore, qui s’ouvre par le rituel de l’apéritif de fin de semaine.

Toute la tension de la semaine se pose dans mon canapé. Je savoure ces minutes qui me séparent du nonchaloir du week-end. J’entre dans ma bulle et malheur à celui qui viendra me déranger.

Je suis d’une patience infinie dans ma semaine parce que mon métier d’assistante sociale est un métier de relations. Je passe mon temps à écouter les gens et Dieu sait s’ils sont malmenés en ce moment.

Mais pas touche à mon week-end ! Si je n’ai pas ma bulle de solitude hors du monde, j’étouffe. Cela m’énerve d’être appelée au téléphone ou si on sonne à la porte à l’improviste (que je n’ouvre jamais). Il est hors de question de sortir, ni pour l’alimentaire, ni pour la culture, ni pour les proches (enfin presque). Ni pour… quoi que soit (quelques exceptions, voter par exemple !).

Le vendredi soir, c’est la promesse du silence, celui qui répare de la fatigue accumulée. C’est le rêve de l’auteure, celui d’écrire enfin, alors que la semaine professionnelle brouille les idées. C’est le désir de lecture, une bulle dans ma bulle, pour respirer au-dessus des nuages, et tenter de comprendre les fureurs du monde.

L’intensité de l’espérance du vendredi soir est d’une saveur particulière. J’aime ce crépuscule qui s’annonce et rend le lundi soudain très lointain. J’aime ce moment ouvert sur tous les possibles. J’aime ma maison repliée en coquillage qui ne tolère que ma présence.

Le temps ralentit jusqu’à épouser mon souffle soudain léger. Des arômes de café ou de thé pour accompagner gentiment la main qui s’attarde sur le papier ou le clavier. Deux jours à venir pleins de désirs d’écriture et de lecture. Rejeter par les fenêtres ouvertes le bruit du travail, se ressourcer pour pouvoir panser les douleurs et les blessures à écouter plus tard.

Etre dans l’ici et le maintenant du vendredi soir… j’adore.

B comme… Brexit

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

Mais que vient faire l’irruption de la politique sur un blog littéraire ? La question de l’engagement de l’auteur traverse les siècles, Voltaire, Zola, Sartre… Leur écriture s’enracinait profondément dans les réalités de leur époque.

Des auteurs de littérature noire se sont pleinement investis dans cet engagement comme Didier Daninckx ou Thierry Jonquet, Jean-Bernard Pouy ou Frédéric Fajardie, Tonino Benacquista ou Jean-Claude Izzo. Ils choisissent d’éclairer les scènes sociales : la précarité, la violence, la stigmatisation des faibles, la dureté des puissants.

Par ma profession d’assistante sociale, je suis du côté des malmenés de la vie, des fragiles de l’économie, des blessés de l’amour, des victimes de l’injustice. Les démunis ont rarement les mots de leur souffrance. Je leur offre cet espace où se dire est déjà un premier pas vers l’agir qui les réparera.

La politique est censée les accompagner, donner des réponses et changer le monde. Elle semble devenue folle. Nous assistons à une profonde mutation. Ne cédons pas aux sirènes du pessimisme, je vous invite à l’optimisme et… au vote !

Comme auteure, j’aimerai rejoindre l’engagement des écrivains du polar noir. Mes premiers textes explorent plutôt l’intériorité des êtres et l’énigme du passage à l’acte meurtrier. J’aime explorer les failles et les douleurs singulières.

Cependant, le contexte sociétal n’est jamais très loin. J’aimerai intensifier cette orientation car le meurtre a aussi ses racines dans les blessures sociales et les difficultés du vivre ensemble. J’aime bien l’alliance des disciplines complémentaires que sont la psychologie et la sociologie pour essayer de comprendre le monde.

En tant qu’auteure, j’ai envie de partager cette exploration, tenter des réponses, susciter des émotions pour que la noirceur de mes histoires ouvre toujours sur une note d’espérance.

La question que je n’ai pas encore tranchée : s’engager ouvertement ?

Je ne suis pas persuadée que donner à voir mon vote soit important et que mes convictions politiques doivent être partagées avec des inconnus. Séparer vie citoyenne et vie littéraire me semble aujourd’hui une juste réponse.

Une chose est sûre, je me pencherai prioritairement sur cette question… en fonction de qui arrive au pouvoir !

B comme… Bibliothèque

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

B comme… bibliothèque

Du plus loin que je me souvienne, il y a toujours eu des livres à la maison. Je me rappelle des conseils de lecture de ma mère. J’avais l’impression d’un partage intime des effets de la lecture. Mon père est plus proche des quotidiens et des hebdomadaires, qu’il commente régulièrement.

Deux formes d’écriture différentes. Mais le même message : l’écrit aide à comprendre le monde. L’écrit éclaire l’énigme de la vie, de l’amour, de la mort. L’écrit interroge et s’interroge, balbutie des hypothèses, propose des réponses.

Entrer dans un livre, c’était se jeter corps et âme dans les courants du mystère de l’humanité. Epouser la destinée des gens heureux et des gens désespérés, pour comprendre que la vie n’est pas un long fleuve tranquille.

La bibliothèque de mon enfance est restée intacte quoique déménagée dans la salle de musique (pour mon frère) devenue plus tard salle de peinture (de ma mère). Les étagères égrènent la bibliothèque rose, verte, rouge et or… Ils sont là à portée de main et les voir à chaque séjour est un infini plaisir. Parcourir les titres pour retrouver les sensations de la lecture est toujours un moment d’émotion.

Je me souviens que ma tante ne trouvait pas normal que je passe l’après-midi entière dans un fauteuil un livre à la main. Mon oncle avait mieux compris, il choisissait à la bibliothèque des personnels de son usine (je doute que cela existe encore) des romans pour moi. Un rituel qui me ravissait, un partage qui ne concernait que nous.

Ma bibliothèque aujourd’hui est un mur entier, deux rangées de livres sur chaque étagère, du sol au plafond. Ils n’ont pas tous la même valeur à mes yeux. Certains auteurs sont liés à une décennie de ma vie. C’est amusant de constater à quel point certains titres ne survivent pas au temps qui passe, tandis que d’autres restent intemporellement dans le cœur. Il fut un temps où les livres me permettaient de vivre par procuration. Il fut un temps où je décidai de vivre vraiment. Et j’ai changé de livres !

Un jour, j’ai choisi de revenir « pour de vrai » vers l’écriture. Me voilà à inventer à mon tour des personnages et des situations, des contextes et des histoires. Je me découvre folle enthousiaste du format de la nouvelle. J’aime la fulgurance et l’intensité qu’elle permet.

Le corollaire surprenant, c’est que… je lis moins !

A comme… Auteure

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

Pas très original comme titre cette fois, mais plus complexe qu’il n’y paraît !

A mes débuts, jamais je ne me serai présentée ainsi. Je pensais que me nommer auteure relevait d’une certaine imposture, qu’il fallait attendre la notoriété du public, la une des magazines ou être éditée par des maisons d’édition ayant pignon sur rue.

Se légitimer auteure relève d’un certain processus. Lorsque, sur plusieurs années, j’ai vu mes nouvelles primées à des concours différents dans des régions de France différentes, je me suis dit qu’après tout… j’ai un lectorat quelque part ! J’ai peu à peu apprivoisé l’idée de le devenir « pour de vrai ».

J’ai commencé par me présenter comme « auteur amateur », au sens premier du terme amateur, « celui qui aime » l’écriture. En ce début d’année, je m’affirme auteure, parce que j’écris régulièrement, mon deuxième recueil va bientôt voir le jour et j’ai déjà des textes pour le troisième et le quatrième recueil. La régularité est un premier élément important.

Auteure car je revendique le désir de partager mes questionnements sur le monde à travers l’écriture noire. Qui mieux que l’énigme du passage à l’acte meurtrier interroge notre condition humaine ? J’aurais pu choisir A comme altérité tant celle-ci est une valeur essentielle à mes yeux, tant dans mon identité d’auteure que dans mon identité professionnelle d’assistante sociale. Le criminel nie l’Autre dans ce qu’il a de singulier, il pense exister en donnant la mort, il croit réparer sa souffrance.

Dans le contexte actuel de la primauté du même, la peur de la différence, le rejet de l’étranger, le repli identitaire de larges fractions de la société, j’aimerai affirmer que seule l’Altérité comprise comme une richesse et un partage de nos différences permet le vivre ensemble. Elle suppose l’inconditionnel accueil de l’Autre comme un mystère toujours renouvelé, comme une chance de se comprendre. Elle suppose l’inconditionnelle acceptation de sa solitude pour rencontrer les autres sans les vampiriser, sans les rendre dépendants, sans les manipuler…

Les criminels de mes nouvelles ont en commun d’ignorer que cette altérité serait la chance de leur vie s’ils en comprenaient le sens. Ils sont repliés sur leur douleur existentielle et plus rien d’autre n’existe. René Char écrit « la souffrance connaît peu de mots ». Je choisis d’explorer cet indicible dans mes nouvelles noires, d’être le porte-parole de ces sans-voix. S’ils avaient eu accès à la parole, jamais ils ne seraient devenus des criminels.

Alors oui, A comme auteure, pour porter aussi les mots des Autres.

Invitation

J’ai le plaisir de vous inviter à venir nous voir au Salon du Livre de SAINT-ESTEPHE « Lire dans le vignoble » 2016. Dimanche 09 octobre de 9h à 18h, entrée gratuite. Nous serons 110 auteurs de bonne compagnie !

Programme

9h : ouverture au public

Invités d’honneur et marraine Mireille CALMEL, autres invités d’honneur, Claire HUYNEN et Charles DA COSTA.

11h : inauguration en présence des personnalités

12h : cocktail-dégustation des grands vins de Saint-Estèphe

12h30 : déjeuner (réservation avant le 06 octobre au 05 56 59 35 93)

Toute la journée : atelier création petites souris en pâte fimo

14h30 à 17h : atelier d’initiation à l’écriture de textes à haute voix

16h : démonstration culinaire

17h15 : remise du Prix Saint-Estèphe des Arts Plastiques

17h30 : remise du Prix Saint-Estèphe, dessins des enfants sur le thème de l’Estuaire

18h : clôture du Salon

Ce sera ma dernière séance de dédicaces lors des salons pour cette année. Rendez-vous en 2017 ! En attendant, vous me croiserez peut-être cet automne et hiver dans des librairies.

Venez nombreux !!

Citations de Septembre 2016

« Prenons nos livres et nos stylos. Ce sont nos armes les plus puissantes. Un enfant, un enseignant, un stylo et un livre peuvent changer le monde. L’éducation est la seule solution ».

Malala (Prix Nobel de la Paix)

« La véritable Université de nos jours, est une collection de livres ».

Thomas Carlyle

« Il y a deux éducations : la première que l’on reçoit au lycée, la seconde que l’on se donne à soi-même ; la première est indispensable, mais il n’y a que la seconde qui vaille ».

Emile Faguet

« J’ouvrirai une école de vie intérieure, et j’écrirai sur la porte : école d’art ».

Max Jacob

Citation d’Août 2016

« Chacun sait que le romancier construit ses personnages, qu’il le veuille ou non, le sache ou non, à partir des éléments de sa propre vie, que ses héros sont des masques par lesquels il se raconte et se rêve, que le lecteur n’est point pure passivité, mais qu’il reconstitue, à partir des signes rassemblés sur la page, une vision ou une aventure, en se servant lui aussi du matériel qui est à sa disposition, c’est-à-dire de sa propre mémoire, et que le rêve, auquel il parvient de la sorte, illumine ce qui lui manque.
Dans le roman, ce que l’on nous raconte, c’est donc toujours aussi quelqu’un qui se raconte et nous raconte. »

Michel Butor (Essais sur le Roman)

 « Le narrateur, dans le roman, n’est pas une première personne pure. Ce n’est jamais l’auteur lui-même littéralement. Il ne faut pas confondre Robinson et Defoe, Marcel et Proust. Il est lui-même une fiction, mais parmi ce peuple de personnages fictifs, tous naturellement à la troisième personne, il est le représentant de l’auteur, sa persona. N’oublions pas qu’il est également le représentant du lecteur, très exactement le point de vue auquel l’auteur l’invite à se placer pour apprécier, pour goûter telle suite d’événements, en profiter. »

Michel Butor (Essais sur le Roman)