N comme… Noria de questions

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

Je relève le défi de mon amie auteure Elisa Tixen en participant, à mon tour, au sunshine blogger award. Il s’agit de répondre à 11 questions et envoyer 11 nouvelles questions à 11 bloggers.

  1. Pourquoi ce blog, pour qui ?

J’ai ouvert mon blog d’auteure pendant ma formation à l’Académie Anaël Verdier. Au début, c’était une façon de me parler à moi-même, de clarifier ce que j’avais envie d’écrire, de construire mon identité d’auteure. Aujourd’hui, c’est aussi aller à la rencontre de mes lecteurs et partager mon aventure dans l’écriture. C’est un rendez-vous régulier que j’aime beaucoup. L’idée d’écrire mes articles à partir des 26 lettres de l’alphabet m’est venue l’année dernière. La contrainte de la lettre est un amusement qui sert la créativité. Un petit regret cependant, ne pas avoir plus de commentaires, mais comme je suis la première à en laisser très peu sur les blogs…

  1. Quel est le livre qui t’a le plus marqué ?

Difficile de répondre, en général, j’oublie aussitôt lu. Je suis trop intensément dans l’ici et le maintenant de chaque lecture. Les livres qui me marquent sont ceux qui contiennent le plus d’émotions. Ce sont ceux-là que j’aimerai écrire aussi.

En poésie, l’œuvre de René Char m’accompagne au quotidien. J’adore lire (et écrire) des haïkus.

En théâtre, « Le malentendu » d’Albert Camus, et « Antigone » de Jean Anouilh ont mes préférences.

  1. Et quel est celui que tu ne liras jamais ?

Le genre fantasy, vampires et science-fiction ne m’attirent pas du tout.

  1. Quelle est la musique que tu écoutes en boucle en ce moment ?

J’écoute peu de musique. Comme écrivait André Gide, « je suis peuplée » et je finis par oublier que la musique passe, n’entendant même pas que le CD est terminé ! J’aime le jazz et la bossa nova. Je passe en boucle très régulièrement le bruit des vagues de l’océan, surtout sans musique, les bruits de la nature, seuls, ainsi qu’un CD de cloches. Non ne riez pas, j’adore le son des cloches, cela me donne une pêche d’enfer !

  1. Une soirée idéale pour toi, ça ressemble à quoi ?

Je ne vais pas être très originale : dans un ailleurs lointain, en amoureux autour d’un menu gourmet, au bord de l’eau. Et ici, seule dans mon canapé, un livre et une tasse de thé.

  1. Quel est le rêve que tu serais très malheureuse de réaliser ?

Aucune idée ! Mais j’ai plein de rêves que j’aimerai concrétiser.

  1. Écriture à l’instinct ou planifiée ?

Les deux Mon capitaine. A l’instinct : le matin ou le soir, dans un bar ou sur la plage, sur ma terrasse ou dans mon lit, à partir d’une idée de lieu ou de personnage ou d’histoire… En général j’écris alors par à coups et comme ça vient. Planifiée : synopsis rigoureux sous les yeux, mais qui ouvre l’espace à l’inconnu, une histoire qui connaît sa fin, des personnages travaillés en amont, des interactions réfléchies en avance, une écriture (quasi) quotidienne.

  1. Un ange te rend visite, il te dit quoi ?

Il m’encourage ! Il me rappelle que la procrastination est un vilain défaut !

  1. Resto gastro ou plutôt bistrot ?

J’aime les deux, je pense même que j’aime tous les lieux, du moment que je mets les pieds sous la table. Je déteste cuisiner ! Un vrai frein à la vie sociale et un malheur pour mon porte-monnaie !

  1. Ton endroit préféré pour écrire ?

Je n’en ai pas vraiment. Je peux écrire partout. Dès que je choisis de me mettre dans ma bulle d’écriture, le lieu importe peu. Je suis dans mon stylo, et le ciel peut me tomber sur la tête.

  1. Après toutes ces vérités, un petit mensonge ?

Je ne lis plus d’ouvrages sur l’écriture car le Prix du Polar de Cognac ou Lyon, c’est pour demain !

Voici à mon tour mes onze questions. Libre à 11 d’entre vous de vous en saisir !

  1. Depuis que tu tiens ton blog d’auteur(e), qu’est-ce qui a changé au fil de cette expérience ?
  2. Quels sont les livres qui t’ont donné(e) envie d’écrire ?
  3. Qu’est-ce qu’écrire pour toi ?
  4. Quel a été l’élément déclencheur de la première fois ?
  5. Qu’est-ce qui est le plus facile et le plus difficile à écrire ?
  6. As-tu des rituels autour de l’acte d’écrire ?
  7. En quoi ta vie et tes expériences sont-elles des sources d’inspiration ?
  8. Est-ce que tu effectues des recherches particulières avant d’écrire ?
  9. Quels messages désires-tu donner à tes lecteurs ?
  10. As-tu une organisation particulière ?
  11. Quelle est ta citation préférée ?

K comme… King, Stephen King

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

J’adore, lorsque les écrivains dévoilent leur rapport à l’écriture. Je vous invite à lire (ou relire) « Ecriture, mémoires d’un métier« . C’est une belle école pour tout auteur. Les propos de Stephen King me touchent car je partage bon nombre de ses convictions.

La première est qu’il faut absolument démystifier « l’inspiration ». Elle n’est pas quelque chose de magique réservé à des élus. L’écriture est une activité qui a ses règles et ses libertés. Il s’agit simplement d’oser s’y mettre. L’essentiel est de jouer avec les mots, les personnages, les situations.

La deuxième est qu’il faut écrire d’abord pour soi, et retravailler son texte pour ses lecteurs. Écrire régulièrement, en donnant une juste place à cette activité dans sa vie, pour ne pas compromettre toute sa vie personnelle et sociale.

Stephen King développe des conseils techniques.

Soigner l’introduction, car elle doit susciter l’envie de poursuivre sa lecture. Nous avons tous en tête des premières phrases qui nous ont marqué. Pas seulement, « Longtemps, je me suis couché de bonne heure”.

Écrire un mot à la fois. Une page après l’autre. En restant fidèle à son style et en ne cherchant pas à copier un autre auteur.

Éviter la forme passive. Il la juge molle. « La nouvelle le surprit » a plus de force que, « il fut surpris par la nouvelle ».

Éviter les adverbes qui souvent font redondance avec l’expression souhaitée. « L’adverbe n’est pas ton ami ».

Faire des paragraphes, « aussi importants sur le plan visuel que sur le plan significatif, ils sont les signes de l’intention ». Une idée dans la première phrase, développée dans les phrases suivantes.

Ne pas être exhaustif dans les passages descriptifs. Juste donner des éléments pour enflammer l’imagination du lecteur. L’étouffer compromettrait son désir de poursuivre l’histoire.

Laisser tomber les passages qui tiennent à cœur, parfois même un personnage qui n’apporte rien à l’histoire. « Enlevez toutes les parties ennuyeuses et tuez vos personnages préférés, même si cela brise votre égo de petit gribouilleur, tuez vos personnages préférés ». Compliqué mais efficace, il faut en convenir.

Le travail de documentation ne doit pas supplanter l’intrigue. J’ai pu expérimenter cet aspect des choses quand j’ai écrit une première version de roman pour ado, qui se passait dans un laboratoire scientifique, à mille lieux de mon quotidien ! (Mais je connais tout désormais sur les résistances des bactéries !)

Stephen King propose aussi de se créer un environnement de travail.

Écrire avec la porte fermée. Ah non pas moi, mes années d’intervention en détention… je suppose.

Aménager une salle de travail. Non plus, j’écris partout : à mon bureau, dans mon lit, sur un banc, dans un café, allongée dans l’herbe… Ma bulle est toute symbolique et possible partout !

Eteindre la télé et éviter les distractions. Pour un texte long, sans aucun doute, mais il m’arrive d’écrire des haïkus dans un environnement sonore.

Respecter des délais. 100% d’accord. C’est pourquoi j’adore les concours de nouvelles. Une date, une contrainte, et c’est parti. Pour un roman, Stephen King préconise une première version en trois mois, soit une saison. Je suis devenue une vraie fan de calendriers !

Faire une pause. Relire ses écrits après un temps d’oubli aide à progresser dans le travail sur la version 2. « Vous verrez que lire votre livre après six semaines sans y toucher sera quelque chose d’étrange et exaltant ». Prendre des notes sur une feuille à part du texte avant de le reprendre.

Creuser. « Les histoires sont des reliques, des morceaux d’un monde pré-existant et inconnu. Le travail d’un écrivain est d’utiliser l’ensemble de sa boite à outils pour exhumer le mieux possible chacun de ses mondes ».

Ecrire et lire tout le temps. Là c’est plus compliqué pour moi. Comme dit l’Ecclésiaste, « il y a un temps pour tout ». Soit l’un, soit l’autre. Je préfère l’immersion complète dans mon processus créatif sans être envahie des mots des autres.

Rendez-vous dans quelques années : à mon tour, j’écrirai un jour mes secrets d’auteur !

 

Ultime message de Stephen King : Écrire rend heureux !

 

 

K comme… Kaléidoscope

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

Le kaléidoscope est un tube de miroirs, réfléchissant à l’infini et en couleurs, la lumière extérieure. Son nom vient du grec, kalos, qui signifie beau, eider, aspect ou image, et skopein, regarder.

L’observateur regarde d’un côté du tube, la lumière entre de l’autre et se réfléchit sur les miroirs. Certains jouets contiennent des fragments mobiles de verres colorés, produisant d’infinies combinaisons de jolies images. Avec très peu d’éléments, ils autorisent un nombre incroyable de compositions.

C’est une métaphore de la littérature ! Un homme, une femme, un lieu, et vous pouvez écrire mille et une histoires différentes. Au début de notre formation d’auteur, hésitant à nous sentir légitime, tout n’a-t-il pas déjà été écrit ? Anaël verdier nous répondait à l’académie : « oui mais pas par vous ».

À partir de là, tout devenait possible ! Il suffisait de créer son propre kaléidoscope, selon ses désirs et ses intentions. Chaque auteur crée sa combinaison d’images qu’il donne à voir à ses lecteurs.

Mon kaléidoscope puise du côté obscur de l’âme, j’essaie d’éclairer les ombres qui mènent au meurtre. J’ai choisi de commencer à le construire à partir de l’écriture de nouvelles noires. J’aime beaucoup ce format car il permet la fulgurance d’une histoire et de ses émotions.

En ce moment, j’arrive à la moitié de mon troisième recueil sur la thématique du train et de la guerre. J’ai la joie de vous dire que j’ai trouvé son titre cette semaine. Ce sera : « Vertiges sur les voies ».

Chacun de mes ouvrages est un kaléidoscope à lui tout seul. Des hommes, des femmes, des lieux et des meurtres, et jamais la même histoire.

Les dictionnaires donnent au sens figuré une deuxième définition : « suite rapide d’impressions, de sensations vives et variées ».

À partir de la permanence d’éléments, j’aimerai créer des situations différentes pour vous emporter dans une palette éternelle d’émotions diverses. Je vous invite à regarder dans mon kaléidoscope pour tenter de comprendre ce qui anime mes personnages douloureux et les pousse à commettre l’irréparable.

Chacune de mes nouvelles est un morceau de miroir, pour dire l’énigme de l’amour et de la mort, interroger la bascule de la vie à l’assassinat. Tel le kaléidoscope qui autorise une infinie de combinaisons, l’auteur ne peut jamais cesser décrire.

Ce jeu de miroirs est infini !

 

I comme… Imagination

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

Elle revêt deux versants. Elle est mémoire dans la mesure où elle reproduit mentalement des formes, des sons, des odeurs croisés sur sa route. Elle réinvente le réel du passé. Elle est aussi création puisqu’elle permet de produire des images et des idées nouvelles. Pour Napoléon, « l’imagination gouverne le monde ».

L’imagination en littérature fait appel à des matériaux pris à la fois dans sa mémoire et dans son inventivité. Ceux qui écrivent créent des personnages, des situations, des lieux, des événements qui sont transformés ou créés de toute pièce.

La frontière me semble parfois bien mince. Dans mon activité créatrice, je distingue parfois ce qui vient de l’expérience : une anecdote, un trait de caractère d’un proche, un lieu connu… c’est-à-dire un élément venu de la vraie vie; et ce qui est issu d’une invention : un motif de vengeance, une personnalité, un dialogue… c’est-à-dire un élément inexistant, mais rendu vraisemblable.

Tout est dans la relation entre le vrai et le vraisemblable. Ce que permet l’écriture, c’est le jeu entre ces deux termes. J’imagine du possible à partir du réel. J’entremêle les deux.

J’entends souvent dire que nous sommes plusieurs dans la famille à « beaucoup broder » à partir de situations ou de gens. C’est dit avec tendresse et beaucoup de justesse. J’adhère complètement. C’est même un jeu. Vient peut-être de là mon désir d’écrire.

J’aime bien cette idée de broderie dans l’écriture. Un petit point de vrai, un petit point de vraisemblable, des écheveaux de fils plein la tête, des aiguillées de couleurs plein les doigts ! Mes histoires prennent forme sur le canevas de mes pensées avant de s’incarner sur la toile blanche de ma page.

J’ai une foultitude d’histoires et de personnages qui attendent dans ma boîte à ouvrage, ils s’impatientent même. Tourneboulent des idées de nouvelles, des idées de roman, j’aimerai aussi écrire un scenario pour une lecture à la radio… Je ne suis pas en peine d’imagination, seulement de temps !

J’ai pris la résolution d’en trouver : plus de formation continue, plus d’activité bénévole, plus d’intervention à l’Institut Régional du Travail Social, moins de travail ramené à la maison (parce que plus du tout, impossible, de toutes les assistantes sociales du Ministère de la Justice, j’ai le secteur de France le plus chargé !).

Privilégier l’imagination pour proposer son interrogation du monde.

Pour Baudelaire, « Imaginer, c’est hausser le réel d’un ton ».

I comme… Interruption

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

Elle arrive à sa fin. Je suis très heureuse de vous retrouver pour mes billets d’auteure. Vous m’avez manqué !

J’ai profité de mon repos forcé pour réfléchir. Je suis désormais bien installée dans mon activité d’écriture. Mais il me reste à développer la promotion de cette activité. Je ne vous cache pas que c’est compliqué pour moi ! Assurer l’aspect marketing est vraiment un autre métier.

J’ai décidé de suivre l’atelier Mastermind d’Anaël Verdier, qui est effectivement sur les deux volets : production et promotion. Nous sommes quatre auteurs qui nous rencontrons en présentiel un week end tous les trimestres et sur internet une soirée tous les quinze jours.

Côté production, je suis sur mon recueil de nouvelles noires avec la thématique dont je vous ai déjà parlé, le train et la guerre.

J’ai aussi décidé de relancer ma participation aux concours de nouvelles. J’ai écrit quatre textes pour Toulouse (thème : « prise de becs »), Lyon (thème : une photo), Mirande (« autour du 7 »), et Bergerac (« la folie »). J’en ai un cinquième en préparation, Pontaut-Combault (« faute et conséquences »).

Côté promotion, je prépare un courriel pour inviter mes fans à intégrer une liste de diffusion. J’envisage un envoi mensuel, en plus de mes articles de blog.

J’ai contacté la librairie du supermarché Leclerc de Léognan et je serai en dédicace le samedi 31 mars à partir de 10h30. Je vais contacter d’autres librairies.

Je m’inscris aussi à des salons. Pour l’instant, Grignols le 16 juin et Saint-Estèphe le 08 octobre.

Et voilà, c’est reparti !

H comme… Handicap

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

Rien de grave, seulement mes canaux carpiens. Le comble pour une auteure !

J’ai cessé de vous écrire depuis le 30 septembre car pianoter sur les touches (même glisser sur ma tablette) occasionne des douleurs.

Je suis opérée en décembre pour le poignet droit et en janvier pour le poignet gauche. Le temps médical n’est pas le même que celui des patients ! Hélas !!

Rendez-vous en février pour la reprise de mes articles.

En attendant, je vous souhaite de très belles fêtes de fin d’année !

G comme… Garazi

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

Pour mes nouveaux abonnés « estrangers » qui vivent au-dessus de l’Adour, Garazi est le nom basque de Saint-Jean-Pied-de-Port. J’y ai passé mon enfance et adolescence. Je ne sais pas encore ce qui transparaît dans mon écriture comme éléments liés au territoire et aux expériences passées.

Je pense qu’il faut plusieurs ouvrages pour lire ces empreintes.

L’année dernière, St Jean a reçu le label du « Plus beau village de France ». Ce qui est amusant, c’est qu’on l’a toujours nommé ville ! De chez mes parents, je dis que je descends en ville, je ne dis jamais village.

« La sélection des villages se déroule en quatre étapes (ainsi décrites par l’Association, cf leur site : www.les-plus-beaux-villages-de-France.org)

1- L’expertise sur dossier

Le dossier de candidature, porté par la commune elle-même ou par une structure intercommunale si elle a été mandatée à le faire, doit assurer que le bourg (ou plus rarement le hameau) faisant l’objet de la demande satisfait aux 3 critères éliminatoires suivants :

– Attester d’une dimension rurale, c’est-à-dire avoir une population agglomérée maximale de 2000 habitants.

– Posséder, sur son territoire, au minimum 2 sites ou monuments protégés (classés ou inscrits).

– Prouver d’une adhésion collective au projet de demande de classement par la fourniture d’une délibération du Conseil municipal.

La Commune peut verser au dossier tous documents qu’elle jugera utile à sa démarche. A réception du dossier au siège social de l’association, celle-ci notifie à la commune l’acceptation ou la non recevabilité de sa candidature. Aucune demande de classement n’émane d’une sollicitation d’une commune par l’association

2- L’expertise sur site

Lorsque le dossier de candidature a reçu un avis favorable, la commune fait l’objet d’une visite-expertise à une date convenue entre le Maire et le chargé de la politique Qualité de l’association.

Cette expertise est basée sur une grille de 27 critères objectifs permettant de mesurer l’importance et la valorisation du patrimoine du village, sa qualité architecturale, urbanistique et environnementale ainsi que la pertinence des actions de la commune en termes de maîtrise et de mise en valeur de son territoire (outils d’urbanisme, maîtrise des flux de fréquentation, aménagements esthétiques…).

Elle se traduit par un entretien préalable avec le Maire de la commune (entouré de toutes personnes de son choix), au cours duquel sera fourni à l’association un certain nombre de documents nécessaires à l’expertise, avant de s’achever par un reportage photographique technique.

3- La Commission Qualité

Composée d’élus membres de l’association mais aussi de personnalités qualifiées ou « experts », la Commission Qualité siège 2 fois par an. Elle décide, de manière souveraine, de la suite à donner au rapport d’expertise présenté par le chargé de la politique Qualité de l’association.

4 décisions sont possibles :

– le classement sans réserve (n’excluant pas la formulation d’observations ou conseils à des fins d’amélioration de sa qualité).

– le classement avec réserves, mentionnées dans le compte-rendu d’expertise ainsi que dans la charte qualité et que la commune devra, dans ses actions à venir, s’efforcer de lever.

– le non classement temporaire, permettant à la commune dont le potentiel a été reconnu, de renouveler sa demande de classement, à une date qu’elle jugera plus opportune en fonction de l’amélioration de sa qualité.

– le non classement définitif éliminant (sauf exception dûment motivée), toute possibilité de renouvellement de candidature.

4- La Charte de Qualité

Elle officialise l’entrée d’un nouveau village dans l’association. Sa signature par le Maire de la commune concernée (à laquelle peut s’ajouter celle du Président de la structure intercommunale mandatée pour le projet de classement) et le Président de l’association est obligatoire et doit intervenir dans un délai maximum d’un an à compter de la date à laquelle la Commission Qualité a rendu sa décision. Elle donne une première occasion au village de faire connaître et de valoriser son classement au titre des Plus Beaux Villages de France auprès des habitants, des Collectivités locales, et des media.

La Charte de Qualité implique, pour l’association tout autant que pour le village, un certain nombre d’engagements. L’association concède ainsi à la commune (ainsi qu’à ses structures satellites : Office de Tourisme…) le droit et même le devoir d’utiliser les emblèmes figuratifs de sa marque déposée (logo), la fait bénéficier des actions et services qu’elle conduit pour améliorer la qualité, la notoriété et le développement de l’ensemble des villages de son réseau.

De son côté, la commune s’engage, sous peine de déclassement, à s’impliquer, de manière active et dans le respect des principes édictés par l’association, à la mise en œuvre de sa stratégie, non seulement par le paiement d’une cotisation mais aussi par sa participation aux réunions de travail de l’association. Elle doit également poursuivre ses efforts quant à l’amélioration de sa qualité générale (patrimoine, accueil, développement…) en s’appuyant sur la valorisation de son classement.

Cette méthode de sélection, si elle est extrêmement rigoureuse (environ 1 demande de classement sur 5 seulement aboutit favorablement), s’avère néanmoins nécessaire à la crédibilité des villages et du réseau auprès du grand public quant à la promesse d’excellence qui lui est faite.

Les villages classés antérieurement à 1991, date de la mise en place de la grille d’expertise multicritères, font par ailleurs l’objet d’une vérification de leur qualité à l’appui de cette grille et peuvent voir leur classement remis en question par la Commission Qualité ».

 

Cet été, le magazine féminin Maxi, un hebdomadaire, a fêté le 25ème anniversaire de l’Association. Une journaliste a choisi de m’interviewer (orientée par l’Office de Tourisme). Elle cherchait des personnes civiles engagées pour faire connaître leur village.

Abdy Warhol écrivait en 1968, « à l’avenir, chacun aura son quart d’heure de célébrité mondiale ». Mondiale, pas encore, mais mon autre site saintjeanpieddeport.wordpress.com reçoit des visiteurs de la planète entière.

Je ne résiste pas à l’envie de vous donner à lire l’article ! Excepté la conclusion (nunuche) que je n’ai jamais prononcée, il est plutôt fidèle à ce que j’ai dit.

Espérons que cela vous attire à Garazi !

1 article maxi juillet 2017

 

F comme… Famille

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

La famille est perçue par 90% des français comme une valeur centrale de la société. Si l’on considère l’Europe, en 2014, 85% des Européens, quelque soit l’âge, considèrent la famille comme très importante.

Julien DAMON (article « La valeur famille en tendances ») rappelle que 57% des Français pensent que « la famille est le seul endroit où l’on se sente bien et détendu ».

Même si cette valeur s’érode, elle reste au premier rang du palmarès des valeurs, (le travail est en seconde position), au-delà des transformations des structures familiales, classiques, monoparentales, recomposées, homoparentales…

Alors, quel paradoxe de lier famille et crime.

Et pourtant… L’affaire Grégory vient de brutalement nous le rappeler. Dans plusieurs pays, plus du tiers (entre 30 et 40%) des homicides sont commis dans la famille. En France, en 2014, 28% des homicides sont intervenus dans le cadre conjugal et familial.

Dans mon premier recueil de nouvelles, « Eclats de rage », 3 histoires sur 7 sont intra familiales. Dans mon second recueil, « Ta mort viendra… et elle aura mes yeux », 6 sur 16 textes le sont.

Bernard Savin écrit dans son article « Le divan familial » (paru dans la Revue de Thérapie Familiale Psychanalytique, janvier 2001) : « Nombre de crimes sont perpétrés en famille, ils peuvent être passionnels ou issus de vieilles haines ou bien encore porter la marque de jalousies portées au paroxysme. (…) Mais, quelles que soient sa forme et sa victime, tout crime a un retentissement familial. Il parle à la famille et parle de la famille. (…) Le crime perpétré par un membre d’une famille provoque un traumatisme important dans son sein. D’autant que l’acte criminel vise, parfois, à tenter de remettre en travail psychique les effets d’un traumatisme familial transgénérationnel, d’un événement réel, ancien, qui n’a pu être élaboré psychiquement et intégré à l’histoire mythique familiale. Le sujet tente par son acte criminel de remplir des blancs de la généalogie, de la mythologie familiale, de l’histoire familiale ».

Dans une étude québécoise (ancienne, 2004) les plus prévalents sont l’uxoricide, (homicide conjugal) (19,2% de tous les homicides résolus), le filicide (7,4%) et le parricide (3,4%). Mots bien savants pour dire l’horreur.

Trois trajectoires de crimes différentes.

Selon une enquête de Médiapart, tous les deux jours et demi, en France, un couple est le théâtre d’un meurtre. En 2013, 118 hommes ont tué leur compagne, 2 hommes sont morts, tués par leur compagnon. 23 femmes ont tué leur conjoint (dont 5 étaient victimes de violences conjugales). Cela représente 17,40 % des homicides et des violences volontaires ayant entraîné la mort sans l’intention de la donner.

D’une manière générale, les hommes tuent plutôt pour « garder » leur femme (même morte, elle leur appartient encore), pour s’opposer à la rupture, tandis que les femmes tuent pour entériner cette rupture dont elles ont pris l’initiative ou pour se dégager d’une relation devenue insupportable.

L’infanticide concerne le meurtre d’un nouveau-né, il est proche du terme de néonaticide qui désigne le meurtre d’un enfant le premier jour de sa vie. Filicide et libericide désignent le meurtre d’un enfant plus âgé.

Le déni de grossesse est un impensable dans notre société. Même les professionnels se retrouvent dans un désarroi réel « lorsqu’ils apprennent tout à la fois la grossesse, la naissance et la mort du bébé ». Or le travail de prévention est absolument nécessaire. Daniel Zagury distingue plusieurs dénis de la conception : « déni des métamorphoses corporelles, déni d’altérité, déni du processus vital en cours, déni de signification, déni de l’inéluctabilité du terme de la grossesse ».

Dans les situations de meurtres d’enfants plus âgés, ces mères souffrent souvent de troubles psychiatriques. Elles ont connu des souffrances narcissiques graves dans l’enfance. Daniella Angueli évoque cet espace complexe « où les champs de la psychose, du meurtre altruiste du mélancolique et celui du syndrome de Münchhausen par procuration sont difficiles à démêler ».

Certains auteurs étudient la situation familiale dans son ensemble et soulignent que la présence de certains éléments favorise la parricide : « un climat familial de confrontation, la présence de moyens violents pour régler les conflits, la notion de déni souvent présente dans la famille, la présence d’une arme à feu à la maison, ainsi que la présence d’abus physique, sexuel ou émotionnel ».

Dénouer les liens entre famille et crime s’avère un travail de titan. Les études sont pléthores. Elles me donnent, dans mon travail d’auteure, un excellent terreau pour mon imagination. Elles me permettent aussi de caractériser mes personnages au plus près des réalités sociales.

Ma profession d’assistante sociale me porte naturellement vers la compréhension des situations dans une approche pluridisciplinaire. Chaque courant théorique offre une facette explicative pour approcher l’énigme de l’amour, la vie et la mort.

J’aime bien m’appuyer sur ces regards kaléidoscopes pour comprendre le monde. En tant qu’auteure, j’entends préserver cette ouverture multi-dimensionnelle. Je picore des éléments pour construire mes histoires et aider le lecteur à comprendre, voire à aimer, mes personnages quel que soit leur crime.

Parfois, (souvent ?), la littérature éclaire plus facilement l’esprit que le plus chevronné des spécialistes !

F comme… Farniente

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

Juillet est mon mois de vacances.

Je mets mes neurones en sommeil au soleil de la Toscane. Ah l’Italie et sa criminalité notoire.

Selon l’article de Wikipedia, le terme de mafia a des origines diverses. Dans les années 1860, des documents officiels évoquent le mot pour désigner une association de malfaiteurs et un comportement de la société sicilienne couramment admis à l’époque. Il  signifie beauté, bravache et audace dans la langue populaire d’un quartier de Palerme.

L’expression prise dans son sens criminel apparaît en 1863 dans une pièce de théâtre « I mafiusi di la Vicaria », où le personnage du mafioso est le « camorista » ou l’homme d’honneur, celui qui s’oppose ouvertement aux institutions gouvernementales, exhibant courage et supériorité.

Cette pièce est à l’origine du mythe de la mafia protectrice des faibles et symbole de comportement honorable de la part de ses membres.

En 1877, la mafia est décrite comme « une industrie de la violence », certains auteurs déclarent qu’il s’agit bien d’une organisation criminelle.

La Sicile est le berceau de la mafia mais le terme s’applique à toute forme de crime organisé (on parle de mafia américaine, russe, irlandaise, italienne, turque, albanaise, corse, chinoise, japonaise…).

Le terme est également lié à la notion de « parrain ». Le premier véritable « parrain » de la mafia s’appelle Vito Cascio Ferro (1862-1943). Il modernise l’organisation, impose le « pizzu » (impôt, racket), à tous les commerçants. Il raconte qu’il va « picorer » chez les commerçants comme le moineau pique son bec dans une flaque d’eau pour boire, d’où le terme « pizzu ».

Il est le parrain qui chapeaute tous les « cappo » qui eux-mêmes dirigent tous les hommes de main. Chaque « capo » a un « consigliere », un bras droit.  Il est la légende qui inspirera le personnage du film « Le Parrain ».

J’ai une tendresse inconditionnelle pour cette terre. J’aime tout, ses habitants, sa culture, ses paysages, ses pierres… Je suis comme un poisson dans l’eau ici.

J’ai emporté pour mon farniente italien un carton de polars. J’ai de la lecture à rattraper ! J’ai aussi prévu quelques travaux d’écriture. La terre italienne vibre d’histoires de mafiosi.

J’espère bien qu’elle inspirera ma plume !

 

E comme… Emotions

Dans mon identité professionnelle d’assistante sociale, elles sont au cœur de tout entretien avec les personnes en difficultés. Permettre de les vivre est déjà commencer à les apprivoiser. Mais rester dans les émotions parasite la pensée et l’action. Il s’agit de les nommer pour favoriser la compréhension de soi pour mieux envisager les choix à poser. Légitimer les émotions, les reconnaître, c’est redonner du pouvoir décisionnel à l’autre. Mettre des mots sur des ressentis ouvre alors l’espace aux mots de la raison et de la distanciation. Il devient alors possible de réfléchir et de trouver du sens aux épreuves traversées.

Mon identité d’auteure se construit à partir de mes émotions. Elles lancent mon désir d’écrire pour partager mes coups de cœur et de colère, interroger le mystère de la haine et de l’amour, sonder l’énigme du crime. Elles coulent dans mon encre car elles seules légitiment le souffle de la vie. Ecouter mes émotions, c’est apprendre à construire mon message d’auteure.

Elles sont au cœur de tous mes projets d’écriture. J’écris aussi à partir des émotions de mes personnages pour susciter celles de mes lecteurs. Il s’agit alors de mettre les siennes en sourdine pour être dans la cohérence des personnages. Il s’agit de ne pas les confondre mais de chercher ce qui appartient vraiment à mes héros. Cette injonction paradoxale de donner de l’émotion tout en ne la vivant pas soi-même est une posture d’auteure qui se travaille.

Dans la littérature noire, les quatre émotions de base, la colère, la peur, la tristesse et la joie, ne jouent pas dans la même catégorie !

Dans mon premier recueil de nouvelles, la colère est l’émotion dominante. Son titre est déjà très explicite « Eclats de rage ». Elle anime mes ados douloureux, elle les submerge jusqu’à l’irréparable. Ils n’ont pas de mots audibles pour la reconnaître. La colère, versant faiblesse, signe la défaite de la parole. Dans les parcours des détenus que j’ai accompagnés, elle était souvent au cœur de leur agir délictuel ou criminel. Dans les histoires de vie des agents que j’accompagne, elle est souvent retournée contre eux-mêmes, et le corps parle quand les lèvres peinent à s’ouvrir.

La colère, versant force, permet de s’indigner des injustices, de la précarité grandissante dans nos villes et nos campagnes, de la désespérance muette à nos frontières, des dictats des marchés financiers, des prédateurs et dictateurs qui écrasent l’humanité blessée. La colère est dans l’ADN du travail social. Chargés de mettre en œuvre les politiques publiques, nous sommes en première ligne pour en comprendre les faiblesses et les dérives. Nous devons avoir une colère constructive pour interpeler nos hiérarchies et les grands de ce monde.

La peur n’est pas forcément mauvaise conseillère. Elle signe l’alerte et le besoin de sécurité, elle permet d’anticiper un danger potentiel. Dans son versant négatif, elle est obstacle à l’action, elle paralyse pensée et décision.

La tristesse est une émotion familière mais l’aptitude au bonheur s’apprend au fil des rencontres et des expériences. Elle est la plus discrète des émotions, vive en soi, imperceptible pour une écoute inattentive. Elle se loge au bord des cils, déborde parfois en larmes silencieuses. René Char, mon poète préféré écrit, « Il faut pleurer pour grandir ».

Reconnaître la tristesse est important, la reformuler à la hauteur de son intensité est essentiel pour que l’autre la transforme. On ne peut pas désirer à la place de l’autre mais on peut donner du souffle et du désir de désir. Je me sens à l’aise avec cette émotion quand je la perçois chez l’autre, et j’espère que mon écriture sait la susciter chez mes lecteurs, quand j’ai envie qu’ils protègent et aiment mes personnages, quoiqu’ils décident.

C’est compliqué la joie. Emotion éphémère qui ne sait pas s’installer dans la durée. Savoir pratiquer la joie, pour semer de la tendresse autour de soi, est un apprentissage intime qui permet de déboulonner les statues de la tristesse et de la peur, de refuser l’auto-apitoiement et de se remettre en question.

Dans son versant négatif, la joie exaspère les blessés de la vie. Elle nie parfois la douleur de l’autre, le renvoie dans ses cordes du désespoir. La joie est une arme redoutable qui peut briser les fragiles de l’existence tant sa clarté vive agresse ceux qui tremblent.

Ecrire enfin pour susciter vos émotions de lecteurs, vous permettre de traverser toute la gamme des quatre émotions de base et leur camaïeu. J’aimerai que vous ragiez, pleuriez, frissonniez, souriez (à défaut de rire)… que mes histoires de meurtres vous bousculent, que mes personnages criminels et victimes vous emportent.

S’émouvoir pour se sentir vivant !