I comme… Interruption

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

Elle arrive à sa fin. Je suis très heureuse de vous retrouver pour mes billets d’auteure. Vous m’avez manqué !

J’ai profité de mon repos forcé pour réfléchir. Je suis désormais bien installée dans mon activité d’écriture. Mais il me reste à développer la promotion de cette activité. Je ne vous cache pas que c’est compliqué pour moi ! Assurer l’aspect marketing est vraiment un autre métier.

J’ai décidé de suivre l’atelier Mastermind d’Anaël Verdier, qui est effectivement sur les deux volets : production et promotion. Nous sommes quatre auteurs qui nous rencontrons en présentiel un week end tous les trimestres et sur internet une soirée tous les quinze jours.

Côté production, je suis sur mon recueil de nouvelles noires avec la thématique dont je vous ai déjà parlé, le train et la guerre.

J’ai aussi décidé de relancer ma participation aux concours de nouvelles. J’ai écrit quatre textes pour Toulouse (thème : « prise de becs »), Lyon (thème : une photo), Mirande (« autour du 7 »), et Bergerac (« la folie »). J’en ai un cinquième en préparation, Pontaut-Combault (« faute et conséquences »).

Côté promotion, je prépare un courriel pour inviter mes fans à intégrer une liste de diffusion. J’envisage un envoi mensuel, en plus de mes articles de blog.

J’ai contacté la librairie du supermarché Leclerc de Léognan et je serai en dédicace le samedi 31 mars à partir de 10h30. Je vais contacter d’autres librairies.

Je m’inscris aussi à des salons. Pour l’instant, Grignols le 16 juin et Saint-Estèphe le 08 octobre.

Et voilà, c’est reparti !

« Cadavres exquis »

Texte lauréat au Concours de Nouvelles du Festival du Polar de Mauves en Noir d’avril 2016. Consigne : « Un trou noir, c’est troublant ». Retrouvez le recueil (dont mon texte) sur leur site.

« Trou noir inquiétant

Pour solde de tout compte

Parfums entêtants »

Mardi, très tôt le matin.

Lucilia étira son corps dans la fraîcheur de l’aube. Fière de sa première nuit hors du nid douillet parental, elle s’attardait sous le feuillage. Oh ! pas la forêt sombre et lugubre des contes de fées. Ses parents y avaient veillé. Ils l’avaient déposée, avec son couchage, dans le parc bon enfant de la Villa Sicilia.

Ils aimaient beaucoup batifoler au bord de l’étang, les propriétaires travaillaient durement à leurs affaires, ils étaient rarement là de bonne heure. Hier soir, cependant, ils étaient entrés avec deux invités mais les parents de Lucilia, loin de s’en soucier, s’étaient réjouis à l’idée de leur tenir compagnie.

La Villa italienne aux volets clos était encore endormie malgré le réveil de scie des cigales. Les jets d’eau donnaient un son de flûte enrouée sous les frondaisons. La Ferrari garée devant la tonnelle n’avait pas bougé une roue depuis un moment.

Lucilia devina les traces d’un autre véhicule parti en mordant les cailloux de l’allée. Elle en aurait des choses à raconter au retour ! Elle déroula son corps engourdi pour s’aventurer au dehors.

La rosée illuminait les pétales de fleurs et les herbes courtes. Les arabesques filaires des araignées resplendissaient. Les coloris des plantes étaient un enchantement, tout l’arc-en-ciel et ses nuances habillaient le parc. Peu de noir et blanc, Lucilia s’en réjouit, le rouge était sa couleur préférée.

 

La veille, lundi, en début de soirée.

Dans la bibliothèque, Fabio, le front moite, n’osait plus bouger une pièce de l’échiquier. Il s’épongeait régulièrement malgré l’air frisquet qui s’avançait avec les ombres, essayant d’ignorer le vieux téléphone en bakélite posé sur la table basse.

Le regard fiévreux fixait les cases noires et blanches du damier. Il eut un spasme d’angoisse à l’idée de chavirer. Il se vit soudain aspiré dans un carré noir.

Face à lui, goguenard, Giovanni jouait du barillet en attendant le coup suivant. Ses lèvres grasses mâchouillaient un cigare cubain qui devait valoir une fortune. Son gros corps débordait de la chemise rose. Des relents de sueur froide émanaient parfois d’un mouvement d’épaule.

L’épouse de Fabio, Alina, se tenait assise sur la terrasse de la Villa. Raide dans le fauteuil en rotin, ignorant la descente du soleil, elle baissait ses yeux humides d’inquiétude. Elle ne pipait mot. Trop d’enjeux. Elle serrait ses mains tremblantes, à peine si elle entendait les cascades chevrotantes des fontaines du parc.

Un appel. Avant minuit. Il ne leur fallait qu’un appel pour sauver leur peau. Si Vito, fidèle parmi les fidèles, parvenait à rassembler l’argent, ils pourraient continuer à tenir leur restaurant.

 

Mardi, tôt le matin.

Les éclats de l’été griffaient le ciel qui enfin s’asséchait. Il avait plu une partie de la nuit mais Lucilia, bien à l’abri, avait écouté avec délices le martèlement sourd des gouttes sur les feuilles et les pierres.

Leur mélopée l’avait bercée jusqu’au réveil. Elle retardait le moment de s’éloigner, savourant la chaleur confortable qui s’accrochait sur son corps mince. Elle admira longuement, avec envie, les formes callipyges de la statue voisine.

La terre sentait bon. Elle huma avec délectation les arômes qui se réchauffaient aux premiers rayons. Il lui semblait deviner le sucré des roses et l’amer des pivoines. Elle se décida, franchit le seuil pour capter les parfums alentours.

 

Lundi, dans la soirée.

Alina soupira. Son regard se perdit dans le jardin. Elle aimait son charme désuet, les statues antiques dans leur fixité étrange. Les arbustes délaissés s’échevelaient sur les pierres. Les herbes hautes accueillaient libellules et papillons dans leur désordre fou.

La Villa agonisait au grand désespoir d’Alina, qui l’avait héritée de son père, mort dans son lit, le chanceux. Elle tourna la tête. Fabio, immobile, perdait partie sur partie. Vito n’appelait toujours pas.

Jamais ils n’auraient dû ouvrir ce restaurant sans l’aval de Giovanni. Son mari avait présumé de ses pouvoirs. Le racket ne cesserait pas. Ils n’avaient plus d’argent. Elle se demandait comment Vito réunirait la somme.

 

Mardi, tard le matin.

Lucilia ralentit. Elle dominait l’étang, elle sentit la vase stagnante libérer une carpe en manque d’oxygène. L’entretien abandonné rendait le lieu triste à mourir.

Soudain, elle se tétanisa. Son cœur fit un bond qui la désarçonna. Un trou noir lançait sa béance vers les sommets des arbres. Les bords déchiquetés dessinaient une dentelle de toute beauté. De fines rigoles grenat s’attardaient au ralenti dans les plis des vallons.

Elle admira l’artiste qui avait façonné ce sidérant spectacle. Elle hésita. Elle leva les yeux tout autour d’elle, pas âme qui vive. Elle fit quelques pas, attirée par les fragrances qui lentement montaient dans les airs.

Le trou noir sentait délicieusement bon. Mais y aller ou pas ? Lucilia hésitait. Elle n’était plus aussi sûre tout à coup de son désir d’aventurière.

 

Lundi, tard dans la soirée.

Fabio se mit à remuer sur son fauteuil. La pluie saccadée sur les vitres le mettait à bout de nerfs. Mais que faisait Vito ? Giovanni impassible ne desserrait pas les dents. Ses iris mauves dardaient Fabio d’une insoutenable menace.

Alina était rentrée aux premières étincelles de pluie. Frissonnante, elle ramena son châle sur ses épaules. Le nervi de Giovanni ne la quittait pas d’un cil. Son flingue non plus, trou noir immobile, qui ne la troublait pas, en digne fille de son père.

Elle suivit un moment la sarabande endiablée d’un couple de mouches au reflet vert doré fascinant. Leurs ailes émettaient un froissement doux tandis que leurs yeux rouges fouaillaient la nuit du parc. La lampe du bureau les captait un instant dans ses rais pour les relâcher aussitôt dans la pénombre, dans une danse lente et perverse.

Elle enviait leur libre farandole. Ah si elle avait le pouvoir de s’envoler. Elle se souvenait des avertissements de son père, plusieurs fois réitérés. Elle n’avait pas voulu écouter, amoureuse inconsciente de son bel italien. Trop tendre, le Fabio, pour résister au capo de la famille Rino.

 

Mardi, à midi.

Lucilia s’enhardit, frôla le trou noir troublant et tentant à la fois. Elle progressait. Elle passa sans encombre les dénivelés rougeâtres de l’entrée. L’odeur entêtante surgit d’un coup. Elle manqua défaillir de bonheur. Elle tâta les parois humides, frissonnant de convoitise.

Elle s’avançait, impériale, pensant à ses parents. Elle se détendit tout à fait, s’apaisa dans la flaque moutonnante. Elle prit conscience qu’elle était arrivée au bout de son voyage.

Elle avait l’intime conviction d’être enfin à sa place. Resplendissante de confiance, elle s’étira dans le chenal pourpré. L’avenir s’annonçait rutilant, folles agapes, enivrants nectars.

 

Lundi, à minuit.

Fabio livide entendit les douze coups de la comtoise française. Il vit la main de Giovanni renverser avec douceur le roi blanc sur le carré noir.

Pris de vertige, il se perdit dans le damier, balbutia quelques mots inaudibles que le mafieux n’essaya même pas de déchiffrer. Le barillet cliqueta avec agilité dans la grosse main de Giovanni. Il lui intima l’ordre de se lever en lui indiquant le parc.

Le nervi, l’arme toujours braquée sur Alina, fit de même. Tous les quatre descendirent les marches de la terrasse. Le couple de mouches suivit le mouvement, ne perdant pas une miette de ce qui se tramait. Aux premières loges du drame.

Alina glissa dans l’herbe lorsque la balle l’atteignit en plein cœur. Fabio eut le temps de poser sa main sur la statue avant de s’effondrer sur le côté.

 

Toute à son bonheur, elle ne vit pas s’approcher les hommes en blanc. Masque sur le visage, gants en latex, tubes de verre… la police scientifique approchait du cadavre de Fabio. Le Beretta avait dessiné une jolie grotte dans sa tempe.

Le policier facétieux se pencha, prit la larve entre ses pinces et s’écria avec gourmandise :

« Lucilia Caesar » !

Fin

Citation d’Avril 2016

En attendant les résultats du Concours de Nouvelles de Mauves en Noir !

 

« Un écrivain qui reçoit un prix littéraire est déshonoré »

Paul Léautaud

 

« Goncourt : Gens qui, « à tout prix », voulaient laisser leur nom dans les Lettres ».

Jacques Prévert

La tête dans les nuages…

Une semaine est passée depuis ma première dédicace dans les librairies de Saint-Jean-Pied-de-Port ! Il me fallait bien ça pour m’en remettre et vous retrouver aujourd’hui.

J’ai été accueillie divinement. Quand j’ai vu la table installée, la chaise, mon guide sur le présentoir, j’ai cru rêver. C’est une drôle de sensation de passer de l’autre côté. J’y étais, après plusieurs mois d’écriture solitaire (et solidaire, à l’Académie d’Anaël Verdier). J’allais enfin rencontrer mes lecteurs, parler de mes écrits et partager d’heureux moments.

La première étape était bien de me reconnaître une légitimité d’auteur. Ce week-end me conforte dans mes désirs d’écriture. 18 personnes sont venues et ont acheté mon guide touristique. 18 ! Plusieurs ont aussi acheté mon recueil de nouvelles et vont découvrir mes ados douloureux.

Je n’en reviens toujours pas. Le plus drôle, c’est que j’avais anticipé la venue des touristes, préparé quelques dédicaces en avance et ce sont d’abord des Saint-Jeannais qui se sont présentés. Des camarades de collège, des mères de camarades de classe, des commerçants, des habitants de la ville mais aussi des alentours, informés par un superbe article dans le Sud-Ouest de la veille, et un… touriste breton !

Tous bienveillants, heureux de me revoir pour certains, de me rencontrer pour d’autres. Comme écouter est encore ce que je sais faire de mieux, j’étais ravie. Cette expérience m’a aussi permis de progresser dans la présentation de mes ouvrages.

Honnêtement, pour le guide, c’est facile ! Pour le recueil, je me sens plus maladroite, j’espère avoir su susciter le désir d’aimer mes personnages malgré leur passage à l’acte meurtrier. Cela dit, ayant travaillé en prison, j’ai des réflexes anciens.

Redescendue de mon petit nuage, je suis prête à y remonter. Le week-end prochain, je serai à Mauves-en-noir, le Festival du Polar (à côté de Nantes) où ma nouvelle « Cadavres exquis » est dans les six finalistes du Prix des Lycéens.

Le recueil est sorti, « Un trou noir, c’est troublant« , je vous invite à aller sur leur site. Vous pouvez le commander. Outre les six nouvelles retenues, ils ont demandé un texte à des auteurs de polar présents au Festival.

Je suis en excellente compagnie ! Je vais retrouver Daniele Thiery que j’ai rencontrée au Concours de Nouvelles de Bessancourt où le jury qu’elle présidait m’avait offert le 3ème Prix pour « E pericoloso sporgersi » et Elena Piacentini qui présidait celui d’Anzin-Saint-Aubin et avait retenu mon texte « Visée à haute tension » dans le recueil final. Mais aussi Sylvie Granotier, Jean-Bernard Pouy…

Je vous raconte au retour !

 

 

2016…

Amis visiteurs, je vous souhaite une belle année 2016 et espère que nous poursuivrons notre petit bonhomme de chemin au fil de mes articles et de vos commentaires.

La mienne commence bien. Je vous ai souvent parlé des concours de nouvelles. J’adore ! Une contrainte, une date limite, et l’imagination au pouvoir.

« Cadavres exquis » est retenu dans les six textes du Concours du Festival du Polar MAUVES-en-NOIR. Le thème : « Un trou noir, c’est troublant ». Ma nouvelle sera dans le recueil édité pour le Festival, avec les autres écrits et des nouvelles d’auteurs confirmés.

Proclamation des résultats le samedi 23 avril, à MAUVES-sur-LOIRE en Loire-Atlantique (44). Prix de la Ville et Prix des Lycéens. Etre dans les six est déjà une immense récompense. Je suis ravie ! Des lecteurs qui aiment mes textes existent.

C’est un encouragement à poursuivre l’aventure et un engagement à prendre : grandir dans un positionnement d’auteur et aller vers de nouvelles expériences : participation à des salons, organisation de signature de mes ouvrages…

Mais avant tout, c’est l’occasion d’aller me promener, aux beaux jours, sur les bords de la Loire et dans les allées du Festival.

Je vous raconterai !

Promis !

C’est bon à savoir !

Abonnée à la lettre de monbestseller.com, je partage avec vous leur dernière interview.

« Les critères d’un jury de nouvelles, on en apprend de(s) belles !

Emmanuelle Alibert (Lattès) et Olivia Phelip (Viabooks) sont les jurés du concours « Longtemps, je me suis couché de bonne heure ». Nous nous sommes amusés à les interroger sur la manière dont elles exercent ces fonctions. 

Emmanuelle Allibert (Lattès) est pragmatique

« Tout d’abord il faut éliminer !

Dans un premier temps j’ai lu rapidement toutes les nouvelles de façon à établir trois catégories. Les « bien », les « moyennes », les « pas bonnes ».

Une fois ces trois piles constituées, j’ai relu attentivement chaque nouvelle, en les annotant de façon à m’en souvenir plus facilement, et j’ai rectifié les colonnes (en en permutant certaines). Quelques nouvelles ont changé de colonnes. Les « pas bonnes » sont toutes restées à leur place.

Enfin, définir les critères : impératif, une écriture fluide sur laquelle l’œil n’accroche pas ; la structure ; sa temporalité, son unité de ton, de lieu et d’action. Et enfin, cela est plus subjectif, il fallait que le sujet m’intéresse et m’emporte. A valeur d’écriture égale, certaines nouvelles m’ont enchantée et d’autres ennuyée.  Et on choisit. C’est la dure loi de la sélection ».

Olivia Phelip, se laisse d’abord porter par son intuition

« Annotant, mettant de côté, reprenant, indulgente avec les maladresses si elles donnent place à des idées, intransigeante s’il n’y en a pas, attentive au style mais pas que…;
Certains arrivent bien à construire une cohérence, d’autres ont du mal à ne pas juxtaposer des étapes. Ecriture serrée mais souffle obligatoire. C’est la loi de la nouvelle ».

On le sait, dans la vie, comme en littérature, l’impulsion et l’émotion ont toujours le dernier mot ».

Qu’on se le dise !!!

Vacance(s), vous dis-je !

Mon amie auteur Elisa, sur son blog : http://elisatixen.wordpress.com est déroutée de se retrouver en « vacance de mots » après la sortie de son livre « Sans traces apparentes » aux Editions de la Rémanance. Nul doute qu’elle retrouvera bien vite le chemin créatif de sa plume.

J’ai connu cette période un peu plus tôt dans l’année. Etrange sentiment effectivement de vacuité tristounette. Mais comme j’ai aussi l’espérance chevillée au corps, j’ai attendu sans stress que l’encre veuille bien s’épancher ! Amis auteurs, patience !

Aujourd’hui, pour ma part, j’ai choisi volontairement de mettre de côté mes projets pour l’école buissonnière des concours de nouvelles. Août est le seul mois de l’année où je peux avoir plusieurs heures de libre qui se suivent sans interruption. Un enchantement ! Dommage que cela ne se renouvelle pas plus souvent.

J’en ai profité pour parcourir la liste du site  http://bonnesnouvelles.com

J’ai envoyé trois textes.

La médiathèque de Saint-Palais (64) propose la consigne suivante : « La nouvelle doit comporter les dix mots suivants : fouet – douille – recette – beurrer – sablé – tarte – macaron – crêpe – crème – chou, mais sortis de leur contexte culinaire ». J’ai écrit une histoire de vengeance qui on le sait, est un plat qui se mange froid. Elle se passe dans… une cuisine.

La mairie de Thouaré-sur-Loire (44) invite les auteurs à plancher sur le thème « Nuit blanche ». Mon histoire se passe dans un train. Mais chut ! je ne vous en dis pas plus. Vous la découvrirez dans mon prochain recueil, sortie prévue en juin prochain.

Verrières-le-Buisson (92), qui fête cette année le bicentenaire Vilmorin, a choisi le thème « Jardins secrets ». Je leur ai envoyé ma nouvelle « Rouge cerise » qui est dans mon premier recueil, « Eclats de rage ». Pas sûr que le côté noir de mon texte corresponde à leur esprit de fête !

J’espère avoir le temps avant la rentrée d’un petit quatrième.  Riantec (56) : Commencer par « Dès le départ du train, je réussis à me calmer. Je ne tremblais plus » et finir par « Maintenant je crains la rechute ». Vienne (69) : commencer par « Pierre, il y a quelque chose qui déraille dans le jardin dit Sophia » et finir par « De quoi seront-ils capables la prochaine fois ? ».  Rennes : « Une histoire de plat et de vin ». Mauves (44) : « Un trou noir, c’est troublant »…. Le choix est large. J’adore butiner sur ce site.

Allez, je m’y remets !

De l’émotion… (3)

Je poursuis aujourd’hui sur la tristesse.

Emotion familière, de l’ordre du compagnonnage un peu ancien désormais, car l’aptitude au bonheur s’apprend au fil des rencontres et des expériences. Elle est la plus discrète des émotions, vive en soi, imperceptible pour une écoute inattentive. Elle se loge au bord des cils, déborde parfois en larmes silencieuses. René Char, mon poète préféré écrit, « Il faut pleurer pour grandir ».

Dans son versant positif, elle est signe d’humanité, d’attention inconditionnelle au sort de l’autre quand on partage ses douleurs et ses doutes. Etre triste avec l’autre, c’est respecter le dur cheminement de sa vie, vivre en empathie avec lui dans ses épreuves.

Emotion familière qui caractérise bon nombre de mes personnages et j’aimerai que mes lecteurs la ressentent d’emblée pour accueillir leur mal-être.

Dans son versant négatif, elle enlise la personne et tue en elle toute velléité de sursaut. Elle peut paralyser jusqu’à l’asphyxie. Le danger est de s’y complaire, ah l’épineuse question des bénéfices secondaires ! L’inertie qu’elle entraîne peut agacer jusqu’à la rupture mais secouer une personne triste ne la rendra pas forcément plus heureuse et agissante. Il s’agit de comprendre avec l’autre ses ressorts pour mieux les démonter.

Reconnaître la tristesse est important, la reformuler à la hauteur de son intensité est essentiel pour que l’autre la transforme. On ne peut pas désirer à la place de l’autre mais on peut donner du souffle et du désir de désir. Je me sens à l’aise avec cette émotion quand je la perçois chez l’autre, et j’espère que mon écriture sait la susciter chez mes lecteurs, quand j’ai envie qu’ils protègent et aiment mes personnages, quoiqu’ils décident.

Ecrire parce que pleurer avec l’autre s’apprivoise.

Info…

Je viens de découvrir que Gallimard Jeunesse propose un concours du premier roman, en partenariat avec RTL et Télérama. Article 3 du règlement :

Le concours est accessible sur internet, à l’adresse www.gallimard-jeunesse.fr/premierroman
Les participants au concours pourront déposer leur manuscrit sur internet uniquement, du 3 juin au 30 septembre 2015, selon les critères de soumission suivants :
– Le manuscrit doit être un roman, rédigé en langue française, destiné à un public de lecteurs entre 9 et 18 ans, de 120 000 signes minimum (environ 80 pages A4, dans une mise en pages standard).
– Le manuscrit doit être une création originale de l’auteur, jamais publiée ni distribuée (les manuscrits auto publiés sont autorisés).
– Les participants ne doivent pas avoir publié ni commercialisé de romans pour la jeunesse auparavant, dans n’importe quel pays.
– Les albums et bandes dessinées ne sont pas acceptés et les illustrations ne seront pas prises en compte.
– Le manuscrit complet doit être déposé sur la page concours du site Gallimard Jeunesse uniquement, en suivant les modalités d’inscription détaillées sur la page :

  • sous la forme d’un fichier soit au format Microsoft Word (avec l’extension .doc ou .rtf), soit au format PDF d’Adobe Acrobat (avec l’extension .pdf)
  • avec un résumé du roman et une présentation de l’auteur
    Il ne sera accepté qu’un seul manuscrit par participant (même nom, même prénom, même adresse e- mail).

Et voilà, si vous avez des projets dans vos tiroirs…