F comme… Formation (2/3)

Suite à mon premier Dictionnaire Amoureux, j’ai décidé de vous en écrire un second ! Je poursuis l’aventure afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure de polar et de poésie. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

Dans mon article précédent, je vous présentais deux exercices liés à deux champs d’exploration possibles en atelier d’écriture, le jeu et la fiction.

Aujourd’hui, je vais vous parler des deux autres champs possibles : le regard sociologique et l’autobiographie que Catherine a mariée avec un cinquième champ la poésie.

  1. Le regard sociologique

Un matin, notre formatrice nous invite à arpenter le marché de La Rochelle pour « une cueillette de sensations », calepin à la main. La consigne : noter des éléments liés au goût, à l’odorat, à l’ouïe, à la vue et au toucher.

Les Halles sont un magnifique bâtiment, et les étals sont aussi dans les rues alentours. Nous avions un superbe soleil avec nous.

 

Retour dans la salle de formation. Par sous-groupe de trois, nous nous lisons nos notes. Nous choisissons deux notes de chacune de nos camarades et une parmi les siennes. Soit quinze notes, que nous écrivons sur des carrés et rectangles de papier avant de les illustrer et les coller.

Avec l’autorisation de Christelle et Nathalie, voilà le résultat ! Tout n’étant pas lisible, je vous redonne nos notes, pour le plaisir des sens !

 

  • un coin de rue, un coin d’ailleurs – poussettes et cabas se croisent dans les allées – les fraises qui sentent le poisson nous accueillent – la pomme douce et ronde comme la joue d’un enfant – l’espadon s’échappe dans la chlorophylle sirupeuse des fraises – « vous pouvez manger la peau, ce ne sera pas du plastique ».
  • cette femme qui met son pull sur son nez – « deux barquettes du Périgord, 2 pour 5 euros » – le bistrot : le Chabi des halles – odeur de vieux tabac – musicien de percussions – l’aspérité rugueuse des huîtres.
  • le jus puissant des premières cerises – le chant d’opéra du vendeur de vins – la pyramide des pamplemousses – les oignons qui se déshabillent sous mes doigts – l’odeur citronné de l’espadon – « il n’y a pas écrit pruneaux sur votre liste ? »

J’espère que vous y êtes au Marché de La Rochelle !

 

  1. Autobiographie/poésie

Convoquer l’autobiographie n’est pas aisé, car c’est une écriture qui implique davantage et réveille des émotions que l’animateur d’atelier doit contenir. Proposer de la poésie n’est pas simple non plus, cela peut « bloquer ». D’où l’importance de dédramatiser cette écriture. L’idée est toujours de s’amuser avec un rythme, des énumérations, des sons, des images, des sensations…

Dans cet exercice, il s’agit d’écrire à partir de la ritournelle « Je parle de… ». Nous sommes invités à choisir un lieu qui nous est cher et le donner à voir. Chacun a lu son texte à tour de rôle.

Voici le mien : « Je parle de … mon collège« . Soyez indulgent, nous avions très peu de temps et aucun temps pour retravailler son texte. Exercice ludique, vous dis-je !

« Je parle de mon collège, situé sur la colline de Mendigurren, au-dessus de ma ville de Garazi, regardant vers le Nord et le royaume de France, vers le Sud et les Ports de Cize, vers l’Ouest et ses brumes marines, et vers l’Est vers le Pic de Béhorléguy.

Je parle de mon collège, installé dans la Citadelle, sur l’emplacement du château fort des Rois de Navarre, transformé par le Chevalier Deville, modifié par Vauban, devenu garnison militaire puis collège dans les années 60.

Je parle de mon collège, qui s’ouvre par la Porte du Roy et le Pavillon des Gouverneurs, de ma classe de 5ème et mes premières amours, des courses autour des remparts et de nos premiers matchs de foot en équipe mixte.

Je parle de mon collège, de mon professeur de français atypique et de mon exposé sur la littérature de western, de mon prof d’histoire-géo qui avait des cousins partout pour nous expliquer le monde.

Je parle de mon collège, et d’un autre prof de français pour qui « on est un pronom canaille » et « faire un verbe interdit », de mon premier prix départemental de poésie sur le texte des « Deux pigeons qui s’aimaient d’amour tendre ».

Je parle de mon collège, qui m’a vue naître à l’écriture quand les douleurs serrent les cœurs et éteignent les espérances, qui m’a ouvert aux voyages qui éloignent de la peine et ravivent le désir, qui m’a préparé à accompagner les détresses nues et les silences assourdissants de l’enfermement carcéral« .

Je n’ai pas la place de tout vous raconter, et beaucoup de moments appartiennent au groupe ! J’espère avoir donné envie, à ceux que la plume titille, de participer à un atelier d’écriture.

Tout le monde peut écrire, un mot, une phrase, un texte court…