K comme… K2

Suite à mon premier Dictionnaire Amoureux, j’ai décidé de vous en écrire un second ! Je poursuis l’aventure afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure de polar et de poésie. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

Le K2 est le deuxième sommet le plus haut du monde, (après l’Everest), situé dans le massif de Karakoram, sur la frontière sino-pakistanaise, 8611 mètres.  Mon K2, nettement plus accessible, est un restaurant situé à Gradignan en Gironde.

CA Y EST ! Premier retour en terrasse ! Ah comme elles m’ont manqué mes terrasses préférées. Plus que le théâtre, plus que le cinéma, plus qu’une expo de peinture, je l’avoue.

LA terrasse, c’est simple, je ne peux pas m’en passer. Terrasse de restaurant ou terrasse de café, elles m’ont cruellement manqué.

Commençons par les terrasses des cafés. Capuccino le matin, expresso à la méridienne, chocolat l’hiver ou bière l’été en fin d’après-midi, mojito ou spritz en début de soirée, infusion tard le soir.

J’aime particulièrement les cafés aux baies vitrées, me glisser dans un coin derrière la vitre est un vrai plaisir. J’aime le brouhaha et le cliquetis des tasses, le son de l’enregistreuse et le ballet des serveurs, les pages du journal que les habitués se partagent, les parieurs rivés sur l’écran… J’aime leur extérieur pour profiter d’un rayon de soleil pour se réchauffer ou pour bronzer. Je peux y passer de longs moments.

Avec un carnet qui ne me quitte jamais pour griffonner des haïkus ou des idées pour mes nouvelles et romans. Parce qu’il me plaît d’imiter (car rappelez-vous je suis auteure et pas écrivain), ce lieu commun de l’écrivain au café.

Le Procope de Voltaire et Diderot, les Deux-Magots de Verlaine, Rimbaud et Mallarmé, le Ritz d’Hemingway, le Café Voltaire des Dada, le Flore de Sartre et De Beauvoir, la Closerie des Lilas de Zola, Baudelaire, puis Eluard et Beckett, la Brasserie Lipp de Camus, Gide, Semprun… tout un inventaire à la Prévert est possible par-delà les styles et les époques. Et encore je ne cite que Paris !

En fait, tous ces assidus des cafés n’écrivaient pas forcément en ces lieux. Ils parlaient littérature, débattaient idées et projets, venaient justement rompre l’exercice solitaire de l’écriture.

Moi j’aime le café pour y aller seule.

Terminons par les terrasses des restaurants. Ma sortie au K2 inaugure la longue suite des menus à venir. Près de chez moi, j’aime particulièrement la terrasse du Pavillon de Garonne dont les feuillages s’ouvrent sur le fleuve, la terrasse de la Rôtisserie des Poètes pour penser à Cyrano, ou celle du Domaine des Tentations ouverte sur l’eau et ses canards. Plus loin, en Pays Basque, la terrasse du restaurant Gamia, sur le col du même nom, domine la vallée.

Soyons honnête, je n’y vais pas seulement pour la terrasse, j’aime aussi leur cuisine ! Cette terrasse-là, elle se partage. Moi j’aime le restaurant pour y aller à plusieurs, pour fêter les évènements du quotidien, (par exemple, anniversaires, réussite aux examens…), pour le plaisir de se retrouver et d’échanger des nouvelles, pour l’envie d’une folie passagère, sans raison autre que de sortir.

Retrouver LA terrasse, TOUTES les terrasses, est d’un bonheur infini.

Qui vient avec moi la prochaine fois ?

J comme… Joie

Suite à mon premier Dictionnaire Amoureux, j’ai décidé de vous en écrire un second ! Je poursuis l’aventure afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure de polar et de poésie. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

ENFIN ! J’ai résolu mes problèmes techniques. Il serait temps me direz-vous, depuis le temps que je vous en parle… Mais les voilà !

Après « Eclats de rage » et « Ta mort viendra… et elle aura mes yeux » (sur Amazon), mes deux derniers ouvrages sont disponibles sur le site d’auto-édition de LIBRINOVA, en numérique et papier. Ils peuvent aussi être commandés dans les librairies partenaires du site.

Vertiges sur les Voies est mon troisième recueil de nouvelles noires. J’adore ce format, facilement adapté à une vie professionnelle dense. Mes deux romans sont sur ma table mais c’est plus compliqué…

Le point commun à tous mes textes : la gare et la guerre. J’ai pris cette photo de la gare de Bordeaux, un soir en sortant du service. Je vous communique ma quatrième de couverture :

Des trajectoires individuelles, faites de chagrin et d’amour, au cœur de l’Histoire.

Dans le fracas de la seconde Guerre mondiale, des femmes et des hommes se battent, en Aquitaine, au nom de leurs valeurs ou de leur promesse.

Le crime se donne à voir sous des facettes différentes. L’intime et le national s’entremêlent dans ces destins douloureux.

Agnès de Cize poursuit ses interrogations sur l’énigmatique part d’ombres de l’humanité.

Au fil des saisons. I Printemps-Eté est mon premier recueil de haïkus. J’adore cette poésie de l’éphémère et de l’émerveillement qui éclaire la fragilité du présent et signe la nécessité de vivre dans l’ici et le maintenant.

Automne-Hiver est en chemin, je vous le proposerai à la rentrée. J’ai déjà l’idée du suivant, mais, chut, je garde encore le secret.

Quelle joie de tenir ses livres dans ses mains ! Encore plus de joie de la partager avec ses lecteurs. La crise sanitaire a hélas interrompu mes pérégrinations de dédicaces dans les salons et les librairies. J’espère que la rentrée permettra de reprendre mon chemin vers vous.

Car un livre n’a de sens que s’il est lu…

I comme… Impression(s)

Suite à mon premier Dictionnaire Amoureux, j’ai décidé de vous en écrire un second ! Je poursuis l’aventure afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure de polar et de poésie. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

La première fois que je vis Impression au soleil levant, immense fut ma déception. Un si petit tableau ! Mon imaginaire, nourri aux livres d’art, agrandissait le réel.

Aujourd’hui, encore, lorsque je retourne au Musée Marmottan pour lequel j’ai une tendresse particulière, c’est cette impression qui erre encore dans la pièce. Heureusement, les Nymphéas ne cessent de me consoler…

Vivement la fin du cauchemar pour retourner dans les musées. Ils me manquent cruellement, je n’arrive pas à me réjouir des virées virtuelles, j’ai cessé de me promener sur le net et m’impatiente jusqu’à la réouverture.

La première fois que j’écoute quelqu’un, je peux aussitôt en penser quelque chose. Ne pas se fier à la première impression entend-on souvent, car elle est un jugement rapide, une idée instantanée d’une personne ou d’une situation.

Des études montrent que cette première impression façonne durablement nos relations aux autres. Elle donne une foule d’indices sur la personne et on se forme aussitôt une opinion.

Il est essentiel d’aller au-delà des apparences, pour conforter l’opinion première, pour la nuancer ou pour la renverser.

Quand je crée mes personnages, je me construis une image d’eux, les imagine en interaction avec les autres, oriente les impressions qu’ils donneront à mes lecteurs.

Lorsque la mode était aux papiers peints, j’aimais bien toucher l’impression du grain, promener mes doigts sur la surface des rouleaux, identifier les creux et les bosses, imaginer ce qu’ils donneraient sur les murs de mon appartement.

Aujourd’hui, je ne me verrai plus coller du papier peint, et pourtant, il m’arrive de repenser aux lieux de mon enfance. Les motifs des années soixante signaient terriblement leur époque…

Ma maison a des murs blancs, sauf la cuisine et la salle de bain, je déteste la couleur blanche, j’ai mis beaucoup de temps à m’y habituer. Heureusement, ils mettent en valeur les superbes tableaux de ma mère. Leurs couleurs éclatantes finiront pas les recouvrir entièrement…

C’est fou le nombre de domaines qui utilisent le mot impression. En informatique, on parlera d’impression couleur d’un document numérique. En beaux-arts, c’est une couche de colle ou d’huile appliquée avant de peindre. En photographie, on impressionne une surface sensible. Dans le textile, on reproduit des dessins et des motifs. En zoologie, c’est une empreinte gravée par les muscles sur la surface interne d’une coquille…

Et bien sûr, l’écriture ! Quand j’ai reçu de l’imprimerie mon premier ouvrage, quelle émotion ! Découvrir son texte, fruit de plusieurs mois de travail, dans un vrai livre, est une joie immense, dont je ne me lasse pas. Les suivants m’ont procuré autant de plaisir.

Aujourd’hui, j’attends avec impatience mes deux derniers. « Vertiges sur les voies » et « Au fil des saisons. I Printemps-Eté ». Il me tarde de vous les faire découvrir, de savoir… quelles impressions ils vous procureront. Librinova (site d’auto-édition) doit m’envoyer ces jours-ci un exemplaire et son bon à tirer.

Impression… qu’ils n’arriveront jamais !

H comme… Hallucinant

Suite à mon premier Dictionnaire Amoureux, j’ai décidé de vous en écrire un second ! Je poursuis l’aventure afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure de polar et de poésie. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

Mon dernier article remonte à… juin 2019. Je vous avais laissé sur une note d’optimisme, j’allais concrétiser l’auto-édition de mon premier recueil de haïkus. Heureusement, j’avais bien précisé « dès que j’aurai vaincu les problèmes techniques » !

A ce moment-là, je me suis découragée, pourquoi Amazon n’acceptait pas ma couverture ? pourquoi avoir moins de 100 pages est-il un problème ? etc… etc…

Je me suis tournée vers un site d’auto-édition, et là, rebelote, impossible de mettre mon ouvrage en ligne. Hallucinant !

J’ai stoppé net tous mes efforts. Je me suis dit que je verrai plus tard…

Je me suis recentrée sur l’écriture. Pendant l’été 2019, j’ai commencé mon premier roman, sur l’histoire d’une mère infanticide, et écrit la moitié environ.

En Novembre, mois du NANOWRIMO, j’ai hésité, je poursuivais ou j’entamais un nouveau projet ? J’ai décidé de démarrer un nouveau texte, l’histoire d’un surveillant pénitentiaire, que j’ai menée à bout. J’ai commencé la réécriture.

Et là, les premières rumeurs chinoises, le déferlement du tsumani de la pandémie début 2020. Je fais partie des privilégiés qui ont aimé le confinement, parce que les bavardages sociaux me saoulent et les rumeurs de la machine à café me fatiguent. J’aime la solitude, j’ai un jardin et une chouette maison, cela aide.

Ce qui me manque le plus : un café en terrasse ! Dès l’ouverture, je me fais la promesse d’y aller tous les jours pendant un mois !

J’aurai pu… écrire, corriger, poster des articles, lire et relire… et non. Je me suis installée dans cette drôle de période suspendue, immobile à mon tour. J’ai laissé passer l’année. Hallucinant !

Avril 2021. Je me secoue ! Je me remets en route !

Je vais vous écrire régulièrement !

Je prépare la sortie de mon troisième recueil de nouvelles noires « Vertiges sur les Voies » et je vais mettre en ligne prochainement mon premier recueil de haïkus sur le site de Librinova (j’ai réussi toutes les étapes, j’attends le bon à tirer).

Je retourne à l’histoire de mon surveillant pour la peaufiner encore et encore, et j’attends l’été pour terminer ma première histoire.

Hallucinant, vous-dis je !

G comme… Grignols

Suite à mon premier Dictionnaire Amoureux, j’ai décidé de vous en écrire un second ! Je poursuis l’aventure afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure de polar et de poésie. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

Grignols est un village du Sud-Gironde, arrosé par le Lysos, affluent de la Garonne. Il compte 1190 habitants et a la particularité de posséder six églises et deux châteaux !

L’Association Lire ensemble organise chaque année un Salon du Livre qui réunit une quarantaine d’écrivains, libraires et éditeurs.

J’ai une tendresse particulière pour Grignols car c’est le premier Salon qui m’a accueillie. L’équipe de bénévoles est particulièrement dynamique et chaleureuse.

Cette année, le Salon se tient le 15 juin de 9h à 17h et je vous souhaite nombreux à venir nous voir !

J’y vais avec quatre autres auteurs de l’Association Les Plumes Indépendantes : Loli Artesia, Isabelle Buffet, Yannick Giammona et Christophe Matocq. Allez découvrir leurs univers d’auteur sur notre site : lesplumesindependantes.fr

A Grignols, j’aurai le plaisir de vous présenter mon nouvel ouvrage, mon premier recueil de haïkus :

 

 

Bientôt disponible sur les plateformes d’auto-édition dès que… j’aurai vaincu les problèmes techniques !

F comme… Formation (3/3)

Suite à mon premier Dictionnaire Amoureux, j’ai décidé de vous en écrire un second ! Je poursuis l’aventure afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure de polar et de poésie. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

Comme annoncé, je clôture ma série de F comme… Formation avec la présentation de mes trois projets, cogités à La Rochelle.

Il y a un moment que l’idée traçait son chemin mais comme d’habitude, je déteste improviser. J’ai besoin de réfléchir, de m’outiller sur le plan théorique et pratique, de me projeter dans des situations précises.

J’ai une longue expérience maintenant des ateliers en tant que participante, mais passer de l’autre côté, c’est toute une nouvelle posture à acquérir. Me sentir légitime pour tenter cette aventure m’a pris du temps.

Je profiterai de l’été pour construire mon parcours d’intervention. Cela me donnera des récréations dans l’écriture en cours de mon roman !

Le premier projet est d’ordre personnel. J’aimerai animer un atelier pour des adultes tout public, sous mon identité d’auteure, soit à titre individuel, soit au nom de l’association Les Plumes Indépendantes.

J’ai un titre provisoire “Écouter les mots jouer”. Sans autre objectif que de s’amuser ensemble et d’encourager sa créativité.

Le deuxième projet est de créer un atelier, sur le plan professionnel, à titre d’assistante sociale. J’aimerai viser un public d’agents en longue maladie pour rompre leur isolement social et les soutenir dans leur parcours de soins. L’atelier leur permettrait aussi de garder un lien avec l’institution et faciliter leur retour. Titre provisoire : “Écouter les mots s’écrire”.

Le troisième projet est de proposer des stages de deux jours dans le cadre du plan de formation pour viser tout public des trois directions du Ministère de la Justice : administration pénitentiaire, services judiciaires et protection judiciaire de la jeunesse.

L’objectif serait d’encourager les liens sociaux inter et intra services, redonner le goût des solidarités professionnelles, partager ses textes personnels, retrouver le plaisir des créations collectives. Titre provisoire : “Ecrire et lire ensemble”.

Il me faut désormais travailler sur la présentation de l’atelier pour donner envie aux personnes d’y venir et de dépasser leurs appréhensions. Il s’agit aussi de construire un argumentaire pour convaincre les responsables et le chargé de formation de mon service.

Je suis convaincue du bien-fondé des ateliers d’écriture. Il s’agit de trouver les mots pour partager mes convictions !

Premier principe : tout le monde est capable d’écrire, un mot, une phrase, un texte court… et a des marges de progression. Deuxième principe : ce n’est ni du scolaire, ni du soin, c’est du ludique. Troisième principe : les productions étant lues à voix haute, les fautes d’orthographe passent inaperçues. Quatrième principe : les retours positifs sont seuls autorisés, pas de jugement, pas d’interprétation. Cinquième principe : … vous avez des propositions ?

Si vous avez été participant et/ou animateur, n’hésitez pas à m’envoyer vos expériences, conseils et suggestions pour enrichir ma réflexion.

F comme… Formation (2/3)

Suite à mon premier Dictionnaire Amoureux, j’ai décidé de vous en écrire un second ! Je poursuis l’aventure afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure de polar et de poésie. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

Dans mon article précédent, je vous présentais deux exercices liés à deux champs d’exploration possibles en atelier d’écriture, le jeu et la fiction.

Aujourd’hui, je vais vous parler des deux autres champs possibles : le regard sociologique et l’autobiographie que Catherine a mariée avec un cinquième champ la poésie.

  1. Le regard sociologique

Un matin, notre formatrice nous invite à arpenter le marché de La Rochelle pour « une cueillette de sensations », calepin à la main. La consigne : noter des éléments liés au goût, à l’odorat, à l’ouïe, à la vue et au toucher.

Les Halles sont un magnifique bâtiment, et les étals sont aussi dans les rues alentours. Nous avions un superbe soleil avec nous.

 

Retour dans la salle de formation. Par sous-groupe de trois, nous nous lisons nos notes. Nous choisissons deux notes de chacune de nos camarades et une parmi les siennes. Soit quinze notes, que nous écrivons sur des carrés et rectangles de papier avant de les illustrer et les coller.

Avec l’autorisation de Christelle et Nathalie, voilà le résultat ! Tout n’étant pas lisible, je vous redonne nos notes, pour le plaisir des sens !

 

  • un coin de rue, un coin d’ailleurs – poussettes et cabas se croisent dans les allées – les fraises qui sentent le poisson nous accueillent – la pomme douce et ronde comme la joue d’un enfant – l’espadon s’échappe dans la chlorophylle sirupeuse des fraises – « vous pouvez manger la peau, ce ne sera pas du plastique ».
  • cette femme qui met son pull sur son nez – « deux barquettes du Périgord, 2 pour 5 euros » – le bistrot : le Chabi des halles – odeur de vieux tabac – musicien de percussions – l’aspérité rugueuse des huîtres.
  • le jus puissant des premières cerises – le chant d’opéra du vendeur de vins – la pyramide des pamplemousses – les oignons qui se déshabillent sous mes doigts – l’odeur citronné de l’espadon – « il n’y a pas écrit pruneaux sur votre liste ? »

J’espère que vous y êtes au Marché de La Rochelle !

 

  1. Autobiographie/poésie

Convoquer l’autobiographie n’est pas aisé, car c’est une écriture qui implique davantage et réveille des émotions que l’animateur d’atelier doit contenir. Proposer de la poésie n’est pas simple non plus, cela peut « bloquer ». D’où l’importance de dédramatiser cette écriture. L’idée est toujours de s’amuser avec un rythme, des énumérations, des sons, des images, des sensations…

Dans cet exercice, il s’agit d’écrire à partir de la ritournelle « Je parle de… ». Nous sommes invités à choisir un lieu qui nous est cher et le donner à voir. Chacun a lu son texte à tour de rôle.

Voici le mien : « Je parle de … mon collège« . Soyez indulgent, nous avions très peu de temps et aucun temps pour retravailler son texte. Exercice ludique, vous dis-je !

« Je parle de mon collège, situé sur la colline de Mendigurren, au-dessus de ma ville de Garazi, regardant vers le Nord et le royaume de France, vers le Sud et les Ports de Cize, vers l’Ouest et ses brumes marines, et vers l’Est vers le Pic de Béhorléguy.

Je parle de mon collège, installé dans la Citadelle, sur l’emplacement du château fort des Rois de Navarre, transformé par le Chevalier Deville, modifié par Vauban, devenu garnison militaire puis collège dans les années 60.

Je parle de mon collège, qui s’ouvre par la Porte du Roy et le Pavillon des Gouverneurs, de ma classe de 5ème et mes premières amours, des courses autour des remparts et de nos premiers matchs de foot en équipe mixte.

Je parle de mon collège, de mon professeur de français atypique et de mon exposé sur la littérature de western, de mon prof d’histoire-géo qui avait des cousins partout pour nous expliquer le monde.

Je parle de mon collège, et d’un autre prof de français pour qui « on est un pronom canaille » et « faire un verbe interdit », de mon premier prix départemental de poésie sur le texte des « Deux pigeons qui s’aimaient d’amour tendre ».

Je parle de mon collège, qui m’a vue naître à l’écriture quand les douleurs serrent les cœurs et éteignent les espérances, qui m’a ouvert aux voyages qui éloignent de la peine et ravivent le désir, qui m’a préparé à accompagner les détresses nues et les silences assourdissants de l’enfermement carcéral« .

Je n’ai pas la place de tout vous raconter, et beaucoup de moments appartiennent au groupe ! J’espère avoir donné envie, à ceux que la plume titille, de participer à un atelier d’écriture.

Tout le monde peut écrire, un mot, une phrase, un texte court…

 

 

F comme… Formation (1/3)

Suite à mon premier Dictionnaire Amoureux, j’ai décidé de vous en écrire un second ! Je poursuis l’aventure afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure de polar et de poésie. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

Me revoilà sur mon blog ! après deux mois d’absence. Parfois la vraie vie prend le pas sur l’écriture. Je suis ravie de vous retrouver.

Je rentre (remobilisée) de La Rochelle, ville que j’adore. Une semaine de promenade en fin d’après-midi et soirée : rêver de prendre le large avec les voiliers du port, s’attarder en terrasse avec un verre de vin blanc, découvrir de nouveaux restaurants de poissons et de crustacés…

J’espère que mes haïkus du jour et du soir de toute la semaine sur facebook vous auront donné envie de la découvrir ou la revoir !

J’avais annoncé que j’allais freiner mes engagements de formation mais ce n’est pas possible. C’est dans mon ADN ! Je finirai à l’Université du temps Libre dès ma page professionnelle terminée, c’est sûr !

L’intitulé de ma formation organisée par le CERF : « Atelier d’écriture, un outil de médiation et de pratique éducative ». Sous-titre : « Mettre en place un atelier d’écriture ».

La formatrice Catherine Berthelard est une passionnée patiente et pleine de ressources, bienveillante et à l’écoute. Elle anime des ateliers d’écriture et conduit des formations au CERF, Aleph, Sofor… Un expérience qu’elle partage avec générosité.

Nous étions 12, de tout âge, venus de toute la France. Cinq hommes : Florian et Jérémie, infirmiers en psychiatrie, duo boute-en-train; Eddie, aide-soignant très engagé dans la vie de son service hospitalier; Fabrice éducateur impliqué auprès d’ados en difficultés et Gregory, éducateur soucieux de permettre l’accès à l’écriture, de son public déficient intellectuel.

Sept femmes : Béatrice, éducatrice, admirative des productions de son groupe; Christelle, engagée passionnément auprès d’élèves de SESSAD; Angélique, infirmière en centre de jour soucieuse de diversifier ses propositions d’écriture; Nathalie, infirmière en psychiatrie, très heureuse de nous montrer les productions de son groupe de patients; Anne assistante sociale dans un conseil départemental, espérant offrir un atelier d’écriture aux usagers en difficultés. Et moi avec trois projets différents (dont je vous parlerai dans un prochain article).

Dès les premières minutes, avant le tour de table traditionnel, une proposition d’écriture. Chaque stagiaire a écrit six mots sur six bouts de papier, mis dans une boite. Catherine tire au sort un premier mot et nous avons deux minutes pour commencer notre texte, puis elle tire un second mot, deux minutes pour poursuivre, et ainsi de suite. Deuxième temps : lecture des textes et retours sur ce qui nous a plu. Une manière de se connaître par la médiation du texte. Original !

J’ai aimé toute la semaine (en général, je suis plutôt exigeante!), apprécié nos échanges et nos productions. Catherine a alterné des temps différents, éléments théoriques (jamais assez denses à mes yeux, mais c’est toujours comme ça, j’irai lire) et exercices pratiques. Rien ne remplace la richesse des mises en situation. Vive la pédagogie active !

Nous avons exploré quatre champs possibles :

1. le jeu,

sans autre objectif que de s’amuser avec des mots ou expressions, tirés au sort. Pour le premier texte du premier jour : jardin, plein air, l’orage arrive, étreinte, bleu azur, autre, soigner les maux par les mots, montagne, les saisons, la promenade, la psychiatrie, rêve.  Pour le dernier texte du dernier jour : océan, macabre, sport, au temps des cathédrales, beauté, ma fille, nourriture, feu d’artifices, parsemer, croquant, aimer, saperlipopette, pleurer, orient, amis, sensibilité, rire.

Si si, je vous assure, on peut tous les intégrer dans un seul écrit. Je vous le prouve en vous donnant mon texte. Ne cherchez pas la perfection, c’est un exercice ! Juste pour vous donner envie de courir, près de chez vous, rejoindre un atelier d’écriture.

« Au temps des cathédrales, c’était du sport de rejoindre l’océan avec ses amis. Quitter l’orient tant aimé, et ses montagnes, demandait des jours et des jours. Saperlipopette. Ma fille pleurait toutes les nuits, sa sensibilité était heurtée par tout ce qu’elle voyait de brutal et de macabre sur les routes de France. Heureusement la beauté des villes et de leurs feux d’artifices, la découverte des biscuits croquants aux amandes et de la nourriture saine des campagnes traversées, lui redonnaient le sourire. Elle cessait de pleurer en parsemant de miettes sa jolie robe et se mettait à rire, rire et rire. »

2. la fiction pour explorer son imaginaire,

choisir deux photos (et/ou tableau) représentant une personne (ou un animal) et un lieu, puis à partir d’une énumération :  prénom, nom, âge, métier, de la famille ou pas, ce qu’il aime, ce qu’il déteste.

Mon personnage, « La femme au ruban » et « l’Eglise Saint-Pierre à Paris » (tableaux de Maurice Utrillo) : Albertine Delmas, 30 ans, est danseuse au Moulin-Rouge, elle est montée à la capitale après une dispute avec ses parents qui ont une ferme en Auvergne, dont s’occupe désormais son frère. Elle aime les rubans et s’apprêter, elle déteste les chevaux.

1ère consigne : il s’agit de raconter un épisode arrivé à son personnage

2ème consigne : Catherine tire au sort deux stagiaires. Il faut que chacun imagine la rencontre de leur personnage et écrive la suite. Cela donne des textes surprenants !

Mon personnage rencontre le personnage d’Eddie : Moussa, jeune homme de 18 ans, étudiant sénégalais, passionné de foot et de M’Bappé, élevé par son grand-père, ancien diplomate. Il a 8 ans lorsque son grand-père l’emmène voir le Kilimandjaro avec ses parents. Une avalanche ensevelit le guide et ses parents.

Voici mon histoire. Première consigne :

 » Albertine prit sa tasse et la porta à ses lèvres. Ses mains tremblaient. Des larmes coulaient sur ses joues creusant des sillons dans son maquillage. Elle ne cessait de penser à ses parents. Son départ brusque de la ferme familiale lui revenait en boucle et étreignait son cœur d’une douleur sans nom. Parfois, elle se disait qu’elle avait eu raison. Etre mariée au fils du voisin pour agrandir les terres eut été au-dessus de ses forces. Monter à la capitale, être devenue danseuse au Moulin-Rouge, c’était le rêve de son adolescence. A d’autres moments, elle regrettait son choix. Son frère lui manquait. L’avoir quitté était une déchirure. Elle se sentait seule, si seule. Elle était lasse de tous les hommes qi lui tournaient autour. La gaucherie de Marcel, le jeune serveur du café du village, lui manquait. Elle l’avait rencontré au bal de la saint-Jean, mais pour ses parents, il était hors de question qu’elle l’épousât. Il n’avait pas voulu la suivre à Paris. »

Deuxième consigne :

« Les yeux mouillés, Albertine entre dans l’Eglise Saint-Pierre. Elle aime se réfugier là lorsque la douleur est trop forte. Elle se sent perdue dans un quotidien qui lui pèse, et le silence de l’église, la contemplation des bougies l’apaisent. Poussant la lourde porte, elle découvre au premier rang un jeune homme, la vingtaine, d’origine africaine mais elle ne saurait pas dire d’où il vient. Il pleure sans bruit et cette douleur muette la touche. Elle s’assied à ses côtés et lui chuchote.

– Votre peine m’a l’air bien lourde à porter pour votre jeune âge ?

Moussa sursaute et se tourne vers elle. Il balbutie :

– Mes parents sont décédés et…

– Oui dites-moi, n’ayez pas peur.

– Mon grand-père m’a emmené en voyage à Paris, pour me changer les idées, m’a-t-il dit. J’ai perdu mes parents dans une avalanche alors que nous grimpions le Kilimandjaro. J’avais 8 ans. Ils me manquent, si vous saviez, comme ils me manquent.

Albertine caresse la joue du jeune homme.

– C’est une épreuve terrible que la vôtre.

Moussa hoche la tête.

– Oui… et vous, que faites-vous à Paris ?

– Je suis danseuse, danseuse au Moulin-Rouge.

– Mais vous n’êtes pas d’ici ? votre accent ne sonne pas parisien.

– Je suis née en Auvergne, mes parents ont une ferme, c’est mon frère qui s’en occupe.

– Vous les voyez souvent ?

Albertine hésite, elle ne peut pas lui dire la vérité.

– Non il faut trop de jours de calèche et je n’aime pas les chevaux. Ce qui est vrai songea-t-elle.

Moussa se lève de son banc.

– Je dois m’en aller, mon grand-père va s’inquiéter. Au revoir, prenez soin de vous.

Albertine le regarde partir. Elle remercie le Seigneur et voit dans cette rencontre comme un signe de la providence. Demain, elle rentre en Auvergne ».

Alors, convaincu que l’on peut follement s’amuser en atelier d’écriture ?

Dans l’article de la semaine prochaine, je vous révèlerai les deux autres champs d’écriture explorés en formation !

 

E comme… Espace culturel

Suite à mon premier Dictionnaire Amoureux, j’ai décidé de vous en écrire un second ! Je poursuis l’aventure afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure de polar et de poésie. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

Si certaines librairie sont frileuses à accueillir des auteurs indépendants, les espaces culturels de Leclerc nous ouvrent grand leurs portes.

J’ai le plaisir de vous annoncer que je serai en dédicace à Talence (33) le samedi 30 mars de 9h30 à 13h.

Je serai en compagnie de trois autres auteurs de notre Association Les Plumes Indépendantes. Je vous invite à découvrir notre site et tous nos auteurs !

Isabelle BUFFET pour « Le déshonneur » de 13h à 18h.

Camille DESPIN pour « Oh, la belle vie…? » de 9h30 à 18h.

Christophe MATOCQ pour « Connor O’Connor, les chroniques d’Arcadia » de 9h30 à 18h.

 

Hâte de vous rencontrer !

D comme… Don Quichotte

Suite à mon premier Dictionnaire Amoureux, j’ai décidé de vous en écrire un second ! Je poursuis l’aventure afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure de polar et de poésie. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

J’ai une tendresse particulière pour ce personnage. Le dessin de Picasso m’a accompagnée dans toutes mes chambres d’étudiante avant de jaunir désespérément et disparaître dans un tiroir.

Premièrement, il est né… en prison dans l’imaginaire de Cervantes. Collecteur d’impôts, il est incarcéré pour avoir déposé l’argent de ses clients dans une banque qui fît faillite. J’ai connu des détenus qui étaient particulièrement artistes !

Deuxièmement, Don Quichotte est un fou des livres. Moi aussi. Ah être sur une île déserte avec une bibliothèque, mon rêve !

Il vend ses terres pour acheter des livres et il décide de vivre sa vie comme un roman.

Grand collectionneur d’ouvrages sur la chevalerie, il s’identifie totalement à leurs missions. Etre chevalier, c’est vouloir changer le monde, c’est ne pas l’accepter tel qu’il est. Personnage généreux qui se pose en redresseur des torts, il se lance sur les routes protéger les opprimés, afin de gagner le cœur de sa Dulcinée.

Idéaliste, il ne renonce, ni à ses illusions, ni à ses rêves, malgré les efforts de Sancho Pança pour le retenir dans la réalité. Il part combattre le mal à travers tout le pays, s’autoproclamant justicier. Son désir est de reconstruire le monde. Le mien aussi par le choix de mon métier dans le travail social.

Sa folie transforme le monde. Sa folie ? Alors qu’il entend le monde crier au secours et réclamer justice ? Si sa folie porte sur les apparences des choses (les auberges sont des châteaux, les filles de paysans sont des princesses), il ne se trompe jamais en revanche sur les justes et les injustes.

Sa paradoxale lucidité est bien de voir le monde comme il est et vouloir le rendre juste en partant au combat.

Cette folie et lucidité mêlées s’opposent constamment à la trivialité du monde ordinaire : un plat à barbe devient un heaume, un moulin un géant, une laide paysanne une Dame… Cet enchantement en fait un homme sympathique. En semant le désordre, il sème aussi la poésie !

Ce qui rend émouvant Don Quichotte, c’est qu’il rêve sa vie au lieu de la vivre vraiment, sauf à la fin, à force de se coltiner le réel, il finit par renoncer à son délire chevaleresque. Il termine ses jours heureux et entouré des siens.

Dans mes deux identités d’auteure et d’assistante sociale, j’espère servir les rêves de Don Quichotte : justice et poésie.

Sur mon téléphone professionnel, j’ai mis… un moulin à vent !