H comme… Handicap

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

Rien de grave, seulement mes canaux carpiens. Le comble pour une auteure !

J’ai cessé de vous écrire depuis le 30 septembre car pianoter sur les touches (même glisser sur ma tablette) occasionne des douleurs.

Je suis opérée en décembre pour le poignet droit et en janvier pour le poignet gauche. Le temps médical n’est pas le même que celui des patients ! Hélas !!

Rendez-vous en février pour la reprise de mes articles.

En attendant, je vous souhaite de très belles fêtes de fin d’année !

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H comme…Histoire

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

Yves Lavandier dans son ouvrage “La dramaturgie” relate le fait suivant. Dans un camp de concentration, une détenue gardait précieusement un peu de pain et confectionnait des figurines. Puis les animant, elle racontait des histoires tous les soirs.
Le besoin d’histoires est universel. Même dans la pire des situations, elles sont convoquées pour se protéger de l’horreur.

Quand nous lisons ou entendons “ il était une fois…”, les émotions de nos lectures de contes d’enfant reviennent immédiatement à la conscience. Ces récits ont été essentiels, perdurent dans la mémoire, nous ont construits et aidés à grandir.

Dans mon écriture, je suis plus attachée dans un premier mouvement aux personnages. Qui sont-ils ? Quelles épreuves ont-ils traversé pour être ce qu’ils sont, pour expliquer ce qu’ils font ?
Je me place spontanément dans leur tête, essaie de penser et ressentir ce qui les anime. L’émotion est mon moteur.

À partir de là, je construis mes histoires. Des histoires noires pour explorer l’énigme du meurtre.

Mais qu’est qu’une bonne histoire ?
Déjà relativiser, elle ne sera bonne que pour certains lecteurs et pas pour d’autres. Écrire c’est aller à la rencontre de son lectorat propre à son univers.

Une parenthèse : aujourd’hui 30 septembre et demain, je suis au Salon du Livre de Lempzours en Dordogne !

Comme le répète souvent Anaël Verdier, “tout a déjà été écrit mais pas par vous”. Il s’agit de choisir son angle d’attaque, découvrir son originalité, trouver son style, décider de son message… De glisser son écriture personnelle parmi d’autres récits.

Pour moi, une bonne histoire est celle qui suscite des émotions, soulève des interrogations, aide à comprendre le monde. C’est, la dernière page tournée, des images qui persistent, des larmes ou des rires qui s’attardent.

Un des secrets d’une bonne histoire, c’est d’utiliser les cinq sens, écrire ce que mes personnages voient, entendent, touchent, sentent et goûtent . C’est emporter mes lecteurs dans la valse des ressentis. C’est leur permettre de vibrer à leur tour, en miroir.

C’est montrer et ne pas dire. Par exemple, ne pas écrire : “le printemps est arrivé”, mais préférer : “ »ce matin-là, la brume se dissipa découvrant les primevères fripées de froid. Le soleil étirait ses rayons d’or sur mon visage et sur la terre mouillée qui chatouillait mes narines. Mes mains autour de la tasse de café se réchauffaient lentement tandis que bruissaient les étourneaux dans le jeune tilleul”.

Une bonne histoire vous enlève, elle vous malmène dans la tourmente des personnages, vous emporte dans la spirale de leur défaite comme de leur espérance. C’est aimer et haïr avec eux, souffrir et se réconforter, rire et pleurer au gré de leurs aventures.

Et pour vous, qu’est-ce qu’une bonne histoire ?

G comme… Gratitude

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

Mon premier mouvement de gratitude va à mon petit cercle de proches qui lisent mes textes, corrigent, réagissent, s’étonnent, suggèrent… bref commentent, sans complaisance et avec bienveillance à la fois. Mention spéciale pour Elisa Tixen (découvrez son site d’auteure : elisatixen.wordpress.com) et ma mère qui sont des liseuses précises, engagées et justes !

Mon deuxième mouvement de gratitude va aux bloggeuses lectrices qui prennent le risque de lire des inconnus et partagent leurs coups de cœur comme leurs coups de blues, leurs étonnements et leurs déceptions. Je vous invite à découvrir le site de l’une d’entre elles : leslecturesdemaryline.eklablog.com

Elle m’avait offert une belle critique pour mon premier recueil de nouvelles : « Eclats de rage »

« Waouh ! Dès la première nouvelle, on se prend une belle claque ! Je suis restée sans voix… Je n’ai même pas pu continuer de suite sur la deuxième nouvelle, il m’a fallu du temps pour m’en remettre. C’est court mais intense, la fin arrive brutalement et on se la prend en plein visage.

Et la suite est encore meilleure ! Ces adolescents sont perturbés, ils vivent normalement mais une rage au fond d’eux fait que le moment venu, ils craquent, sans se poser de questions. Malheureusement, ça arrive trop souvent, les accès de colère sont humains et personne n’est à l’abri.

Le style d’écriture de l’auteur est très agréable, très aéré, facile. J’ai vraiment passé un super moment en compagnie de ces adolescents torturés. Les mots sont toujours bien choisis et ils nous permettent de voir que tous les humains sont égaux, quel que soit le niveau social, la hiérarchie, l’âge et le rang…

Merci beaucoup à l’auteur pour sa confiance, je vais parler de ce livre partout autour de moi pour qu’elle se fasse connaître du plus grand nombre de lecteurs car elle le mérite ».

 

Je vous donne sa critique sur mon deuxième recueil « Ta mort viendra… et elle aura mes yeux », paru début septembre, sur son blog :

« Son premier recueil « Éclats de rage » avait été un vrai coup de cœur pour moi! J’ai ensuite souhaité lire sa nouvelle présente dans un recueil collectif « Un trou noir c’est troublant« . Aujourd’hui, c’est un autre recueil de nouvelles, entièrement écrit par Agnès de Cize. Et là, je suis partagée…

En effet, j’ai adoré certaines qui ont été un vrai coup de cœur :

– la 4 est très noire, le suspense va crescendo et le final est au top !

– la 5 est parfaite, avoir les deux versions, le coupable et les enquêteurs, c’est fascinant !

– la 7 est machiavélique, j’adooore !

– la 11 est étouffante, angoissante, vraiment super.

– j’ai adoré la 12 qui est la meilleure avec une fin surprenante et ouverte… un vrai thriller.

– une mort et une enquête rapide font de la 13 un bon polar super rapide, j’adore !

– et la 14 a une fin… surprenante !

D’autres sont très intéressantes mais avec quelques petits défauts :

– la 6 aurait pu être vraiment sympa mais elle est vraiment trop courte et on n’a pas le temps de comprendre qui, quand, où ?

– la fin de la 10 est un peu trop brutale à mon goût, je n’ai rien vu venir…

– la 15 est vraiment très angoissante mais il manque un peu de suspense.

– et la 16 est saisissante et triste, mais finalement très belle.

Et pour finir, je vais parler de celles qui n’ont pas réussi à me transporter :

– dans la 1, je n’ai pas compris qui était qui, il y a une confusion dans les personnages.

– la 2 est bien trop vague, trop rapide, on ne sait rien…

– la 3 est inutile pour moi.

– la 8 n’est pas très crédible.

– je n’ai pas compris la 9 qui est trop irréelle.

En conclusion, je trouve que c’est plutôt un bon recueil qui regroupe de très bonnes nouvelles comme de moins bonnes. L’auteur a une écriture agréable que j’apprécie vraiment. Les mots sont simples, le film est fluide, on se prend au jeu facilement. La vengeance et la mort sont le fil conducteur de toutes les histoires comme le prouve très bien le titre qui est vraiment bien trouvé et qui colle parfaitement au recueil complet. Tout se passe vers la Garonne ».

 

Vous l’aurez deviné, la première critique est plus agréable à lire que la seconde. Elle m’a galvanisée et encouragée à poursuivre mon activité d’écriture.

Mais c’est la seconde qui permet de progresser. En amont, re-la-ti-vi-ser : elle juge un texte pas une personne. Le ciel ne s’écroule pas sur ma tête. Aucune raison de se dénigrer ou de fragiliser son estime de soi. Pas de mea culpa à n’en plus finir non plus.

Par réflexe, le « négatif » s’attarde d’abord dans la tête alors que certains textes, la bloggeuse les a adorés (7) ou trouvé intéressants, (4). Dans un premier temps, il s’agit de retenir ce qui a « marché », analyser ce qui a plu, ému, s’assurer comme en cordée avec les textes qui « fonctionnent ».

Ensuite, revenir sur les nouvelles qui ont moins de grâce à ses yeux (5), pour comprendre, envisager ce qui aurait pu être retravaillé (ou pas, car l’auteur a toujours le dernier mot).

Donner à lire ces textes est un pas important dans sa construction d’auteur. Accepter les remarques, c’est prendre de la distance avec son écriture, analyser les effets de ses textes sur autrui. Entre l’intention et la réception, un écart persiste. Il s’agit de décoder ce qui se passe entre écriture et lecture. L’essentiel est de pouvoir progresser dans la construction de ses histoires, la caractérisation de ses personnages, l’aisance de son style…

J’admire beaucoup les lecteurs qui savent parler de leur rapport aux livres. Je n’aime pas du tout cet exercice pour ma part. Je remercie chaleureusement celles et ceux qui acceptent de me proposer leurs réflexions sur mes textes.

Alors n’hésitez pas ! Sur mon blog, sur Amazon, par courriel, en direct, en différé… J’ai besoin de vous !

Car ma dernière et troisième gratitude est pour vous, mes lecteurs de toujours et mes futurs lecteurs !

 

PS Je serai à la Foire aux Livres de Saint-Jean-Pied-de-Port (64) le dimanche 17 septembre, au Salon du Livre de Lempzours (24) le samedi 30 septembre et dimanche 01 octobre et au Salon du Livre de Sainte-Hélène (33), le dimanche 22 octobre. Venez nombreux !

 

F comme… Famille

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

La famille est perçue par 90% des français comme une valeur centrale de la société. Si l’on considère l’Europe, en 2014, 85% des Européens, quelque soit l’âge, considèrent la famille comme très importante.

Julien DAMON (article « La valeur famille en tendances ») rappelle que 57% des Français pensent que « la famille est le seul endroit où l’on se sente bien et détendu ».

Même si cette valeur s’érode, elle reste au premier rang du palmarès des valeurs, (le travail est en seconde position), au-delà des transformations des structures familiales, classiques, monoparentales, recomposées, homoparentales…

Alors, quel paradoxe de lier famille et crime.

Et pourtant… L’affaire Grégory vient de brutalement nous le rappeler. Dans plusieurs pays, plus du tiers (entre 30 et 40%) des homicides sont commis dans la famille. En France, en 2014, 28% des homicides sont intervenus dans le cadre conjugal et familial.

Dans mon premier recueil de nouvelles, « Eclats de rage », 3 histoires sur 7 sont intra familiales. Dans mon second recueil, « Ta mort viendra… et elle aura mes yeux », 6 sur 16 textes le sont.

Bernard Savin écrit dans son article « Le divan familial » (paru dans la Revue de Thérapie Familiale Psychanalytique, janvier 2001) : « Nombre de crimes sont perpétrés en famille, ils peuvent être passionnels ou issus de vieilles haines ou bien encore porter la marque de jalousies portées au paroxysme. (…) Mais, quelles que soient sa forme et sa victime, tout crime a un retentissement familial. Il parle à la famille et parle de la famille. (…) Le crime perpétré par un membre d’une famille provoque un traumatisme important dans son sein. D’autant que l’acte criminel vise, parfois, à tenter de remettre en travail psychique les effets d’un traumatisme familial transgénérationnel, d’un événement réel, ancien, qui n’a pu être élaboré psychiquement et intégré à l’histoire mythique familiale. Le sujet tente par son acte criminel de remplir des blancs de la généalogie, de la mythologie familiale, de l’histoire familiale ».

Dans une étude québécoise (ancienne, 2004) les plus prévalents sont l’uxoricide, (homicide conjugal) (19,2% de tous les homicides résolus), le filicide (7,4%) et le parricide (3,4%). Mots bien savants pour dire l’horreur.

Trois trajectoires de crimes différentes.

Selon une enquête de Médiapart, tous les deux jours et demi, en France, un couple est le théâtre d’un meurtre. En 2013, 118 hommes ont tué leur compagne, 2 hommes sont morts, tués par leur compagnon. 23 femmes ont tué leur conjoint (dont 5 étaient victimes de violences conjugales). Cela représente 17,40 % des homicides et des violences volontaires ayant entraîné la mort sans l’intention de la donner.

D’une manière générale, les hommes tuent plutôt pour « garder » leur femme (même morte, elle leur appartient encore), pour s’opposer à la rupture, tandis que les femmes tuent pour entériner cette rupture dont elles ont pris l’initiative ou pour se dégager d’une relation devenue insupportable.

L’infanticide concerne le meurtre d’un nouveau-né, il est proche du terme de néonaticide qui désigne le meurtre d’un enfant le premier jour de sa vie. Filicide et libericide désignent le meurtre d’un enfant plus âgé.

Le déni de grossesse est un impensable dans notre société. Même les professionnels se retrouvent dans un désarroi réel « lorsqu’ils apprennent tout à la fois la grossesse, la naissance et la mort du bébé ». Or le travail de prévention est absolument nécessaire. Daniel Zagury distingue plusieurs dénis de la conception : « déni des métamorphoses corporelles, déni d’altérité, déni du processus vital en cours, déni de signification, déni de l’inéluctabilité du terme de la grossesse ».

Dans les situations de meurtres d’enfants plus âgés, ces mères souffrent souvent de troubles psychiatriques. Elles ont connu des souffrances narcissiques graves dans l’enfance. Daniella Angueli évoque cet espace complexe « où les champs de la psychose, du meurtre altruiste du mélancolique et celui du syndrome de Münchhausen par procuration sont difficiles à démêler ».

Certains auteurs étudient la situation familiale dans son ensemble et soulignent que la présence de certains éléments favorise la parricide : « un climat familial de confrontation, la présence de moyens violents pour régler les conflits, la notion de déni souvent présente dans la famille, la présence d’une arme à feu à la maison, ainsi que la présence d’abus physique, sexuel ou émotionnel ».

Dénouer les liens entre famille et crime s’avère un travail de titan. Les études sont pléthores. Elles me donnent, dans mon travail d’auteure, un excellent terreau pour mon imagination. Elles me permettent aussi de caractériser mes personnages au plus près des réalités sociales.

Ma profession d’assistante sociale me porte naturellement vers la compréhension des situations dans une approche pluridisciplinaire. Chaque courant théorique offre une facette explicative pour approcher l’énigme de l’amour, la vie et la mort.

J’aime bien m’appuyer sur ces regards kaléidoscopes pour comprendre le monde. En tant qu’auteure, j’entends préserver cette ouverture multi-dimensionnelle. Je picore des éléments pour construire mes histoires et aider le lecteur à comprendre, voire à aimer, mes personnages quel que soit leur crime.

Parfois, (souvent ?), la littérature éclaire plus facilement l’esprit que le plus chevronné des spécialistes !

F comme… Farniente

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

Juillet est mon mois de vacances.

Je mets mes neurones en sommeil au soleil de la Toscane. Ah l’Italie et sa criminalité notoire.

Selon l’article de Wikipedia, le terme de mafia a des origines diverses. Dans les années 1860, des documents officiels évoquent le mot pour désigner une association de malfaiteurs et un comportement de la société sicilienne couramment admis à l’époque. Il  signifie beauté, bravache et audace dans la langue populaire d’un quartier de Palerme.

L’expression prise dans son sens criminel apparaît en 1863 dans une pièce de théâtre « I mafiusi di la Vicaria », où le personnage du mafioso est le « camorista » ou l’homme d’honneur, celui qui s’oppose ouvertement aux institutions gouvernementales, exhibant courage et supériorité.

Cette pièce est à l’origine du mythe de la mafia protectrice des faibles et symbole de comportement honorable de la part de ses membres.

En 1877, la mafia est décrite comme « une industrie de la violence », certains auteurs déclarent qu’il s’agit bien d’une organisation criminelle.

La Sicile est le berceau de la mafia mais le terme s’applique à toute forme de crime organisé (on parle de mafia américaine, russe, irlandaise, italienne, turque, albanaise, corse, chinoise, japonaise…).

Le terme est également lié à la notion de « parrain ». Le premier véritable « parrain » de la mafia s’appelle Vito Cascio Ferro (1862-1943). Il modernise l’organisation, impose le « pizzu » (impôt, racket), à tous les commerçants. Il raconte qu’il va « picorer » chez les commerçants comme le moineau pique son bec dans une flaque d’eau pour boire, d’où le terme « pizzu ».

Il est le parrain qui chapeaute tous les « cappo » qui eux-mêmes dirigent tous les hommes de main. Chaque « capo » a un « consigliere », un bras droit.  Il est la légende qui inspirera le personnage du film « Le Parrain ».

J’ai une tendresse inconditionnelle pour cette terre. J’aime tout, ses habitants, sa culture, ses paysages, ses pierres… Je suis comme un poisson dans l’eau ici.

J’ai emporté pour mon farniente italien un carton de polars. J’ai de la lecture à rattraper ! J’ai aussi prévu quelques travaux d’écriture. La terre italienne vibre d’histoires de mafiosi.

J’espère bien qu’elle inspirera ma plume !

 

E comme… Enfin !

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

Depuis le temps que je vous en parle, j’ai le plaisir de vous informer de la sortie en auto-édition de mon deuxième recueil de nouvelles noires.

Vous le trouverez sur Amazon en version liseuse et en version papier. J’attends aussi un carton d’ouvrages de mon imprimerie bordelaise dans les jours qui arrivent, (prix 10 euros).

Pour les girondins, envoyez-moi un courriel avec votre numéro de téléphone, si vous souhaitez en commander. Je vous en garde un exemplaire, ou plusieurs si vous voulez faire des cadeaux, et vous appellerai pour convenir d’un RV, vous éviterez ainsi les frais de port.

 

 

Sa quatrième de couverture

Sur les bords de la Garonne. Discrète Garonne qui traverse toutes les nouvelles.

La vie bascule dans l’innommable. La mort et l’amour se mêlent et s’emmêlent.

Au nom des souffrances du passé. Au nom de l’amour blessé ou absent. Dans le passage à l’acte meurtrier, chacun croit guérir et conquérir l’espoir.

Agnès de Cize poursuit son interrogation sur l’énigmatique faille du meurtre. L’intentionnel, l’opportuniste, l’accidentel, l’étrange… une même question. Pourquoi ?

Certaines réponses vous arracheront un cri, d’autres vous laisseront sans voix. Mais non sans larmes au bord des cils.

 

Voilà

Une deuxième aventure s’achève. Mes histoires ne m’appartiennent plus et je vous les offre en espérant qu’elles susciteront des émotions vibrantes.

Je suis particulièrement fière de ma couverture que j’ai conçue toute seule sur la table de ma salle à manger. Le reflet sur le coupe-papier est un rayon de soleil couchant, je vous rassure, je n’ai tué personne !

Je vais maintenant poursuivre l’écriture des nouvelles de mon troisième recueil. Je file en Toscane avec feuilles et stylo, ordi et souris.

J’attends fébrilement vos commentaires !

E comme… Emotions

Dans mon identité professionnelle d’assistante sociale, elles sont au cœur de tout entretien avec les personnes en difficultés. Permettre de les vivre est déjà commencer à les apprivoiser. Mais rester dans les émotions parasite la pensée et l’action. Il s’agit de les nommer pour favoriser la compréhension de soi pour mieux envisager les choix à poser. Légitimer les émotions, les reconnaître, c’est redonner du pouvoir décisionnel à l’autre. Mettre des mots sur des ressentis ouvre alors l’espace aux mots de la raison et de la distanciation. Il devient alors possible de réfléchir et de trouver du sens aux épreuves traversées.

Mon identité d’auteure se construit à partir de mes émotions. Elles lancent mon désir d’écrire pour partager mes coups de cœur et de colère, interroger le mystère de la haine et de l’amour, sonder l’énigme du crime. Elles coulent dans mon encre car elles seules légitiment le souffle de la vie. Ecouter mes émotions, c’est apprendre à construire mon message d’auteure.

Elles sont au cœur de tous mes projets d’écriture. J’écris aussi à partir des émotions de mes personnages pour susciter celles de mes lecteurs. Il s’agit alors de mettre les siennes en sourdine pour être dans la cohérence des personnages. Il s’agit de ne pas les confondre mais de chercher ce qui appartient vraiment à mes héros. Cette injonction paradoxale de donner de l’émotion tout en ne la vivant pas soi-même est une posture d’auteure qui se travaille.

Dans la littérature noire, les quatre émotions de base, la colère, la peur, la tristesse et la joie, ne jouent pas dans la même catégorie !

Dans mon premier recueil de nouvelles, la colère est l’émotion dominante. Son titre est déjà très explicite « Eclats de rage ». Elle anime mes ados douloureux, elle les submerge jusqu’à l’irréparable. Ils n’ont pas de mots audibles pour la reconnaître. La colère, versant faiblesse, signe la défaite de la parole. Dans les parcours des détenus que j’ai accompagnés, elle était souvent au cœur de leur agir délictuel ou criminel. Dans les histoires de vie des agents que j’accompagne, elle est souvent retournée contre eux-mêmes, et le corps parle quand les lèvres peinent à s’ouvrir.

La colère, versant force, permet de s’indigner des injustices, de la précarité grandissante dans nos villes et nos campagnes, de la désespérance muette à nos frontières, des dictats des marchés financiers, des prédateurs et dictateurs qui écrasent l’humanité blessée. La colère est dans l’ADN du travail social. Chargés de mettre en œuvre les politiques publiques, nous sommes en première ligne pour en comprendre les faiblesses et les dérives. Nous devons avoir une colère constructive pour interpeler nos hiérarchies et les grands de ce monde.

La peur n’est pas forcément mauvaise conseillère. Elle signe l’alerte et le besoin de sécurité, elle permet d’anticiper un danger potentiel. Dans son versant négatif, elle est obstacle à l’action, elle paralyse pensée et décision.

La tristesse est une émotion familière mais l’aptitude au bonheur s’apprend au fil des rencontres et des expériences. Elle est la plus discrète des émotions, vive en soi, imperceptible pour une écoute inattentive. Elle se loge au bord des cils, déborde parfois en larmes silencieuses. René Char, mon poète préféré écrit, « Il faut pleurer pour grandir ».

Reconnaître la tristesse est important, la reformuler à la hauteur de son intensité est essentiel pour que l’autre la transforme. On ne peut pas désirer à la place de l’autre mais on peut donner du souffle et du désir de désir. Je me sens à l’aise avec cette émotion quand je la perçois chez l’autre, et j’espère que mon écriture sait la susciter chez mes lecteurs, quand j’ai envie qu’ils protègent et aiment mes personnages, quoiqu’ils décident.

C’est compliqué la joie. Emotion éphémère qui ne sait pas s’installer dans la durée. Savoir pratiquer la joie, pour semer de la tendresse autour de soi, est un apprentissage intime qui permet de déboulonner les statues de la tristesse et de la peur, de refuser l’auto-apitoiement et de se remettre en question.

Dans son versant négatif, la joie exaspère les blessés de la vie. Elle nie parfois la douleur de l’autre, le renvoie dans ses cordes du désespoir. La joie est une arme redoutable qui peut briser les fragiles de l’existence tant sa clarté vive agresse ceux qui tremblent.

Ecrire enfin pour susciter vos émotions de lecteurs, vous permettre de traverser toute la gamme des quatre émotions de base et leur camaïeu. J’aimerai que vous ragiez, pleuriez, frissonniez, souriez (à défaut de rire)… que mes histoires de meurtres vous bousculent, que mes personnages criminels et victimes vous emportent.

S’émouvoir pour se sentir vivant !

D comme… Décision et Discipline

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

Je peux d’autant plus en parler que les miennes sont primesautières et irrégulières depuis septembre dernier ! Dans la lancée de la formation à l’Académie d’Anaël Verdier, j’ai tenu une écriture régulière. Se donner des contraintes d’organisation est fondamental.

Désirer écrire n’est rien sans la décision d’écrire. J’écrivais dans mon article précédent que le désir s’incarne. Attendre que la Muse se manifeste est une erreur, attendre que la pulsion d’écrire vous pousse à votre table est une autre erreur. Tourner ses personnages et ses histoires dans le silence de sa conscience est insuffisant.

L’adage d’Anaël est vrai : tant que c’est dans votre tête, cela n’existe pas !

Le mouvement vers l’écriture est paradoxalement un mouvement extérieur : se bouger jusqu’à son ordinateur ou ses feuilles blanches, se préparer un café ou un thé, faire courir ses doigts sur le clavier ou le stylo sur son bureau… tout est mouvement.

Beaucoup d’écrivains racontent, avec plus ou moins de réticence, leur rituel. En tant qu’auteure, je n’ai pas vraiment choisi le mien. Ce qui est surprenant, je suis plutôt fan des rituels, ils sont mémoire et repère, sécurité et témoignage.

Pour l’écriture, je butine des actions diverses. D’où cette mise en route disparate ! J’écris le matin ou le soir, en semaine ou en week-end, sur un temps court ou un temps long… J’écris dans mon lit (j’adore), dans mon canapé, dans un café, sur un banc… Sur l’ordinateur maison ou le portable, dans un cahier ou sur des feuilles…

Je suis dans une indiscipline effrontée ! Surtout que l’écriture vient après mon travail, ma vie privée et mon intervention à l’Institut Régional de Travail Social. D’où une année blanche, trop de travail ramené à la maison, trop de temps pour les travaux de mes étudiants, trop de procrastination !

J’ai décidé que cela allait changer. La saison des résolutions est toujours septembre et janvier. Pour moi ce sera juin.

1. Changer mon rapport au travail : c’est compliqué, mon engagement dans mon métier est une question éthique qui ne se discute pas. Cependant, si j’abandonnais le désir d’être tout le temps à jour et de ne pas faire attendre les agents, cela me faciliterait la vie ! Les personnels peuvent comprendre, je suis seule à me mettre la pression.

2. Interrompre mes vacations de formatrice à l’IRTS : fondamentalement passionnée par l’activité pédagogique, ce n’est pas sans pincement au cœur que j’ai pris cette décision. J’arrête les suivis mémoires, les préparations à l’épreuve de politiques sociales dès maintenant. Il ne me reste que quatre élèves pour les dossiers de pratiques professionnelles à accompagner sur leur troisième année. Je vais retrouver du temps personnel.

3. Ecrire régulièrement. Je suis en congés tout le mois de juillet. En août, dès mon retour, je me donnerai des contraintes de production.

Discipline vous dis-je !

 

D comme… Désir

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

Ah un des plus beaux mots du dictionnaire. L’identification de ses désirs est le premier pas vers le bonheur. Reconnaître ce qui fait sens pour soi dans les tumultes de la vie est essentiel. Se mettre en route pour les vivre est une deuxième étape.

Dans ma construction personnelle, j’ai rencontré quelques difficultés à éclairer quels désirs étaient vraiment les miens. Distinguer celui de l’Autre qui vous colle à la peau afin de s’en détacher n’est pas chose aisée. J’ai eu de la chance, j’en ai conscience tous les jours.

Etre assistante sociale était un vrai choix personnel, d’exercer en prison aussi. Aimer qui j’aime est un autre choix. Et désirer ne suffit pas, le concrétiser par des actes est incontournable.

Avoir décidé d’écrire « pour de vrai » a été une étape particulière. Le désir d’écrire était dans mes veines depuis toujours mais… Le désir s’incarne grâce à des personnes qui arrivent sur votre route à point nommé, elles sont la goutte d’eau qui vous fait chavirer vers votre désir profond, à condition d’affronter la peur et l’angoisse du présent.

Seul le regard porté sur hier vous conforte dans vos choix, vous savez alors si vous avez pris le bon chemin vers vous-même. Cependant il est toujours temps de bifurquer vers son désir singulier si on s’égare sur des chemins annexes. Heureusement, la vie n’est jamais figée. C’est sa grandeur et son vertige.

Ce qui m’interroge dans le désir, c’est lorsqu’il se transforme en pulsion. Je retiens de mon expérience en détention cette énigmatique question : comment contenir la pulsion ? comment retrouver le désir ?

Oui, j’ai une profonde empathie pour les criminels parce qu’ils n’ont pas su accéder au désir, parce qu’ils n’ont pas eu les bonnes rencontres pour les y aider ou parce qu’ils n’ont pas su saisir les opportunités pour être accompagnés.

J’ai choisi d’être à leurs côtés parce qu’ils sont effroyablement isolés dans une nuit noire. Leur épouvante est réelle.

Leur solitude face à eux-mêmes est intolérable. Personne ne les a aidés à médiatiser ce qui les a submergés à un moment T. Je repense régulièrement à R.G. un détenu que j’ai suivi sur sa fin de peine de 15 ans, violeur de femme adulte, qui peinait à comprendre ce qui le mouvait.

Il est sorti, a récidivé dans les 24 heures. Le hasard a fait que je l’ai revu à la permanence entrants. Nous avions établi une relation de confiance, il s’est effondré en entretien, soudain petit garçon en pleurs et extrêmement lucide, qui ne comprenait plus rien. Il s’est suicidé dans la nuit.

La pulsion est une aliénation insupportable, elle implique un sentiment d’urgence et d’impérativité. Elle nie l’Autre et sa liberté. Elle altère la volonté.

Le désir s’inscrit dans la temporalité et l’échange. Il est source de partage. Il reconnaît l’altérité. Il est ouverture, il s’inscrit dans l’indépendance et la liberté.

J’aimerai par mon écriture participer à cette réflexion. J’aimerai que mes lecteurs m’accompagnent dans cette quête. Mes personnages sont davantage animés par des pulsions que par des désirs. Ils peinent à identifier les tourments qui les aveuglent. Transformer la pulsion mortifère en désir vivant, tout un chemin !

Interroger le passage à l’acte criminel, c’est sonder ce mystère du désir et de la pulsion.

 

 

C comme… Crime et Culture

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

La juxtaposition des deux termes vous interpelle ? Ils ont bien plus en commun que d’autres binômes de mots. J’aimerai vous le démontrer à partir de quelques statistiques.

  1. Chiffres de la justice

Objectiver la réalité, c’est lutter contre les préjugés et les mensonges, l’ignorance et l’indifférence. Que d’idées fausses, que d’idées reçues sur la prison. Savez-vous que ?

* Au 1er avril 2017, les prisons françaises comptent 81 530 détenus, dont 3,7 % de femmes. Chiffre en constante augmentation depuis des années. Alors non la justice n’est pas laxiste ! La loi sur la libération sous contrainte qui a valu à Christiane Taubira tant de malveillance et d’insultes concerne, à ce jour… 464 personnes, dont 26 en Nouvelle Aquitaine.

La densité carcérale est de 142,4 % en maisons d’arrêt et établissements pour mineurs, et de 87,4 % en établissements pour peine. La surpopulation est une atteinte grave à la dignité des personnes. J’en ai été témoin directe pendant mes 18 ans d’intervention sociale en détention.

Les prévenus représentent 20 450 personnes dont 944 femmes. Les condamnés sont 49 780 dont 1 435 femmes. Les mineurs sont au nombre de 858. Alors le cliché des banlieues qui voudrait que tous soient délinquants… !

Les personnes condamnées qui bénéficient d’un aménagement de peine (placement sous surveillance électronique, placement extérieur, semi-liberté) sont 61 080.

* La Nouvelle Aquitaine compte 4 900 détenus en détention. Densité carcérale : 118,1% et 84,6%.

Dans ma région, le centre pénitentiaire de Bordeaux-Gradignan détient le record avec 175,4 %. Compte tenu du sous-effectif chronique des personnels de surveillance, vous comprenez pourquoi la souffrance au travail est une thématique essentielle de mon activité professionnelle depuis 12 ans.

En Nouvelle Aquitaine, se trouvent 1 240 prévenus et 3 660 condamnés, dont 145 femmes. Les mineurs sont 30. Les aménagements de peine concernent 4 340 personnes.

  1. Nature des infractions pénales en 2015
Majeurs Mineurs Ensemble

Unité : condamnation et composition pénale

Crimes (homicides, viols, coups et blessures volontaires, homicides et blessures involontaires… dont les conducteurs) 1 877 504 2 381
Délits (vols, recels, destructions et dégradations, délinquance routière, stups…) 552 481 45 113 597 594
Contraventions 5ème classe 33 254 646 33 900
Toutes infractions 587 612 46 263 633 875

Je suis parfois gentiment chahutée quand j’excuse davantage le meurtre que la délinquance routière ! Mais les chiffres me donnent raison. Toutes juridictions confondues, les homicides volontaires ont fait l’objet de 402 condamnations, les homicides et blessures involontaires, de 7 710 dont par conducteur… 6 874.

Les conduites en état alcoolique représentent 95 070 condamnations et les grands excès de vitesse, 12 115.

Cet effarant déni du danger sur la route et l’hostilité récurrente contre les criminels (dont la compréhension de l’acte est possible, je persiste et signe) m’ont toujours stupéfaite.

  1. Caractéristiques des auteurs traités par les Parquets

Par convention, un auteur est une personne physique (majeur ou mineur de moins de 18 ans) ou une personne morale, à qui l’on est susceptible de reprocher une infraction (acte contraire à l’ordre social prévu et puni par la loi) qualifiée de crime, de délit ou de contravention.

4 % sont des personnes morales et 96 % des personnes physiques. Parmi ces dernières, 18 % sont des femmes et 12 % sont mineurs.

Si la part des mineurs est semblable pour les hommes et pour les femmes, celles-ci sont globalement plus âgées que les hommes : 43 % ont moins de 30 ans (contre 52 % des hommes) et 35 % ont 40 ans et plus (contre 28 % des hommes).

Ces auteurs sont principalement impliqués dans trois grandes catégories de nature d’affaires : les atteintes à la personne (30 %) les atteintes aux biens (26 %) et les infractions en matière de circulation routière et de transport (20 %). Viennent ensuite, à égalité (9 % chacune), les infractions de santé publique (avec essentiellement les infractions à la législation sur les stupéfiants) et les atteintes à l’autorité de l’état.

Les infractions impliquant des hommes ne sont pas les mêmes que celles impliquant des femmes. Les femmes traitées par les Parquets le sont près de deux fois moins souvent pour un contentieux routier ou une infraction à la législation sur les stupéfiants que les hommes, mais plus souvent pour une atteinte aux personnes et aux biens (69 % des femmes contre 54 % des hommes).

Pour les personnes morales, les atteintes à l’ordre économique, financier ou social dominent (29 %), suivies à parts égales par les infractions en matière de transports (22 %) et les atteintes aux biens (23 %).

(Les données présentées ici sont en unité de compte auteur-affaire: un auteur, concerné par plusieurs affaires sera comptabilisé autant de fois qu’il y a d’affaires).

  1. Niveau de formation de la population pénale

Le repérage systématique des personnes illettrées a commencé en 1995. En 2014, dans tous les établissements pénitentiaires, des informations ont été recueillies auprès de 51 019 personnes :

– 1,6 % n’a jamais été scolarisé,

– 4,8 % ne parlent pas le français et 5,1% le parlent de manière rudimentaire,

– 43,4 % sont sans diplôme,

– 76,2 % ne dépassent pas le niveau CAP,

– 28,5 % des personnes sont issues de cursus courts ou d’échecs du système scolaire (primaire, enseignement spécialisé, collège avant la 3e…),

– 22 % des personnes rencontrées échouent au bilan de lecture proposé (10 % sont en situation d’illettrisme au regard du test et 12 % échouent du fait de difficultés moindres).

Une recherche de l’INSEE, qui remonte à 2003, porte sur l’histoire familiale des hommes détenus (cf le site de l’observatoire des inégalités).

Un quart des détenus a quitté l’école avant d’avoir 16 ans, trois quarts avant 18 ans. Les indicateurs socio-démographiques (profession, âge de fin d’études) indiquent une sur-représentation des catégories sociales les plus démunies en prison.

La probabilité d’être incarcéré diminue très nettement avec la longueur des études poursuivies : elle est dix fois plus faible pour les hommes ayant terminé leurs études après 25 ans que pour ceux qui les ont interrompues avant 18 ans. Parmi les hommes incarcérés de moins de trente ans, la moitié a fini ses études avant 18 ans, soit trois ans plus tôt que pour la population générale.

Les professions intermédiaires et les cadres supérieurs sont nettement moins représentés en prison, à l’inverse des ouvriers et des artisans et commerçants. Les agriculteurs sont très peu nombreux en prison : 1 % contre près de 5 % dans la population ; à âge égal, leur risque d’être incarcéré, proche de celui des cadres supérieurs, est six fois plus faible que pour les artisans.

Répartition de la population en prison
Unité : %
Répartition de la population en prison Part dans la population
Age de fin d’études
moins de 16 ans 27,7 24,5
16 à 17 ans 44,3 24,6
18 à 19 ans 18,2 19,1
20 à 24 ans 8,3 25,7
25 ans et plus 1,5 6,1
Total 100 100
Catégorie socio-professionnelle
Agriculteurs 0,9 4,4
Artisans, commerçants 10,9 7,9
Cadres, professions intellectuelles supérieures 3,3 13,2
Professions intermédiaires 9,6 17,8
Employés 11,8 11,3
Ouvriers 49,8 36,4
Sans profession 13,7 9,0
Total 100 100

D’où la question de l’accès à l’éducation et à la culture. CQFD. Dès mes premiers pas en détention, j’ai clamé haut et fort et partout, que tous les efforts des politiques publiques devaient concerner la petite enfance dans sa globalité (modes de garde, santé, activités socio-culturelles et sportives…), l’accompagnement à la parentalité, et l’école primaire.

Alors encore étonné de mon titre « crime et culture » ?