C comme… Crime et Culture

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

La juxtaposition des deux termes vous interpelle ? Ils ont bien plus en commun que d’autres binômes de mots. J’aimerai vous le démontrer à partir de quelques statistiques.

  1. Chiffres de la justice

Objectiver la réalité, c’est lutter contre les préjugés et les mensonges, l’ignorance et l’indifférence. Que d’idées fausses, que d’idées reçues sur la prison. Savez-vous que ?

* Au 1er avril 2017, les prisons françaises comptent 81 530 détenus, dont 3,7 % de femmes. Chiffre en constante augmentation depuis des années. Alors non la justice n’est pas laxiste ! La loi sur la libération sous contrainte qui a valu à Christiane Taubira tant de malveillance et d’insultes concerne, à ce jour… 464 personnes, dont 26 en Nouvelle Aquitaine.

La densité carcérale est de 142,4 % en maisons d’arrêt et établissements pour mineurs, et de 87,4 % en établissements pour peine. La surpopulation est une atteinte grave à la dignité des personnes. J’en ai été témoin directe pendant mes 18 ans d’intervention sociale en détention.

Les prévenus représentent 20 450 personnes dont 944 femmes. Les condamnés sont 49 780 dont 1 435 femmes. Les mineurs sont au nombre de 858. Alors le cliché des banlieues qui voudrait que tous soient délinquants… !

Les personnes condamnées qui bénéficient d’un aménagement de peine (placement sous surveillance électronique, placement extérieur, semi-liberté) sont 61 080.

* La Nouvelle Aquitaine compte 4 900 détenus en détention. Densité carcérale : 118,1% et 84,6%.

Dans ma région, le centre pénitentiaire de Bordeaux-Gradignan détient le record avec 175,4 %. Compte tenu du sous-effectif chronique des personnels de surveillance, vous comprenez pourquoi la souffrance au travail est une thématique essentielle de mon activité professionnelle depuis 12 ans.

En Nouvelle Aquitaine, se trouvent 1 240 prévenus et 3 660 condamnés, dont 145 femmes. Les mineurs sont 30. Les aménagements de peine concernent 4 340 personnes.

  1. Nature des infractions pénales en 2015
Majeurs Mineurs Ensemble

Unité : condamnation et composition pénale

Crimes (homicides, viols, coups et blessures volontaires, homicides et blessures involontaires… dont les conducteurs) 1 877 504 2 381
Délits (vols, recels, destructions et dégradations, délinquance routière, stups…) 552 481 45 113 597 594
Contraventions 5ème classe 33 254 646 33 900
Toutes infractions 587 612 46 263 633 875

Je suis parfois gentiment chahutée quand j’excuse davantage le meurtre que la délinquance routière ! Mais les chiffres me donnent raison. Toutes juridictions confondues, les homicides volontaires ont fait l’objet de 402 condamnations, les homicides et blessures involontaires, de 7 710 dont par conducteur… 6 874.

Les conduites en état alcoolique représentent 95 070 condamnations et les grands excès de vitesse, 12 115.

Cet effarant déni du danger sur la route et l’hostilité récurrente contre les criminels (dont la compréhension de l’acte est possible, je persiste et signe) m’ont toujours stupéfaite.

  1. Caractéristiques des auteurs traités par les Parquets

Par convention, un auteur est une personne physique (majeur ou mineur de moins de 18 ans) ou une personne morale, à qui l’on est susceptible de reprocher une infraction (acte contraire à l’ordre social prévu et puni par la loi) qualifiée de crime, de délit ou de contravention.

4 % sont des personnes morales et 96 % des personnes physiques. Parmi ces dernières, 18 % sont des femmes et 12 % sont mineurs.

Si la part des mineurs est semblable pour les hommes et pour les femmes, celles-ci sont globalement plus âgées que les hommes : 43 % ont moins de 30 ans (contre 52 % des hommes) et 35 % ont 40 ans et plus (contre 28 % des hommes).

Ces auteurs sont principalement impliqués dans trois grandes catégories de nature d’affaires : les atteintes à la personne (30 %) les atteintes aux biens (26 %) et les infractions en matière de circulation routière et de transport (20 %). Viennent ensuite, à égalité (9 % chacune), les infractions de santé publique (avec essentiellement les infractions à la législation sur les stupéfiants) et les atteintes à l’autorité de l’état.

Les infractions impliquant des hommes ne sont pas les mêmes que celles impliquant des femmes. Les femmes traitées par les Parquets le sont près de deux fois moins souvent pour un contentieux routier ou une infraction à la législation sur les stupéfiants que les hommes, mais plus souvent pour une atteinte aux personnes et aux biens (69 % des femmes contre 54 % des hommes).

Pour les personnes morales, les atteintes à l’ordre économique, financier ou social dominent (29 %), suivies à parts égales par les infractions en matière de transports (22 %) et les atteintes aux biens (23 %).

(Les données présentées ici sont en unité de compte auteur-affaire: un auteur, concerné par plusieurs affaires sera comptabilisé autant de fois qu’il y a d’affaires).

  1. Niveau de formation de la population pénale

Le repérage systématique des personnes illettrées a commencé en 1995. En 2014, dans tous les établissements pénitentiaires, des informations ont été recueillies auprès de 51 019 personnes :

– 1,6 % n’a jamais été scolarisé,

– 4,8 % ne parlent pas le français et 5,1% le parlent de manière rudimentaire,

– 43,4 % sont sans diplôme,

– 76,2 % ne dépassent pas le niveau CAP,

– 28,5 % des personnes sont issues de cursus courts ou d’échecs du système scolaire (primaire, enseignement spécialisé, collège avant la 3e…),

– 22 % des personnes rencontrées échouent au bilan de lecture proposé (10 % sont en situation d’illettrisme au regard du test et 12 % échouent du fait de difficultés moindres).

Une recherche de l’INSEE, qui remonte à 2003, porte sur l’histoire familiale des hommes détenus (cf le site de l’observatoire des inégalités).

Un quart des détenus a quitté l’école avant d’avoir 16 ans, trois quarts avant 18 ans. Les indicateurs socio-démographiques (profession, âge de fin d’études) indiquent une sur-représentation des catégories sociales les plus démunies en prison.

La probabilité d’être incarcéré diminue très nettement avec la longueur des études poursuivies : elle est dix fois plus faible pour les hommes ayant terminé leurs études après 25 ans que pour ceux qui les ont interrompues avant 18 ans. Parmi les hommes incarcérés de moins de trente ans, la moitié a fini ses études avant 18 ans, soit trois ans plus tôt que pour la population générale.

Les professions intermédiaires et les cadres supérieurs sont nettement moins représentés en prison, à l’inverse des ouvriers et des artisans et commerçants. Les agriculteurs sont très peu nombreux en prison : 1 % contre près de 5 % dans la population ; à âge égal, leur risque d’être incarcéré, proche de celui des cadres supérieurs, est six fois plus faible que pour les artisans.

Répartition de la population en prison
Unité : %
Répartition de la population en prison Part dans la population
Age de fin d’études
moins de 16 ans 27,7 24,5
16 à 17 ans 44,3 24,6
18 à 19 ans 18,2 19,1
20 à 24 ans 8,3 25,7
25 ans et plus 1,5 6,1
Total 100 100
Catégorie socio-professionnelle
Agriculteurs 0,9 4,4
Artisans, commerçants 10,9 7,9
Cadres, professions intellectuelles supérieures 3,3 13,2
Professions intermédiaires 9,6 17,8
Employés 11,8 11,3
Ouvriers 49,8 36,4
Sans profession 13,7 9,0
Total 100 100

D’où la question de l’accès à l’éducation et à la culture. CQFD. Dès mes premiers pas en détention, j’ai clamé haut et fort et partout, que tous les efforts des politiques publiques devaient concerner la petite enfance dans sa globalité (modes de garde, santé, activités socio-culturelles et sportives…), l’accompagnement à la parentalité, et l’école primaire.

Alors encore étonné de mon titre « crime et culture » ?

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C comme… C’est vendredi soir !

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

Ah, ah, ah, vous vous attendiez à C comme… crime, je parie ! Pas cette fois. Je viens partager avec vous mon coup de cœur pour le vendredi soir. Moment que j’adore, qui s’ouvre par le rituel de l’apéritif de fin de semaine.

Toute la tension de la semaine se pose dans mon canapé. Je savoure ces minutes qui me séparent du nonchaloir du week-end. J’entre dans ma bulle et malheur à celui qui viendra me déranger.

Je suis d’une patience infinie dans ma semaine parce que mon métier d’assistante sociale est un métier de relations. Je passe mon temps à écouter les gens et Dieu sait s’ils sont malmenés en ce moment.

Mais pas touche à mon week-end ! Si je n’ai pas ma bulle de solitude hors du monde, j’étouffe. Cela m’énerve d’être appelée au téléphone ou si on sonne à la porte à l’improviste (que je n’ouvre jamais). Il est hors de question de sortir, ni pour l’alimentaire, ni pour la culture, ni pour les proches (enfin presque). Ni pour… quoi que soit (quelques exceptions, voter par exemple !).

Le vendredi soir, c’est la promesse du silence, celui qui répare de la fatigue accumulée. C’est le rêve de l’auteure, celui d’écrire enfin, alors que la semaine professionnelle brouille les idées. C’est le désir de lecture, une bulle dans ma bulle, pour respirer au-dessus des nuages, et tenter de comprendre les fureurs du monde.

L’intensité de l’espérance du vendredi soir est d’une saveur particulière. J’aime ce crépuscule qui s’annonce et rend le lundi soudain très lointain. J’aime ce moment ouvert sur tous les possibles. J’aime ma maison repliée en coquillage qui ne tolère que ma présence.

Le temps ralentit jusqu’à épouser mon souffle soudain léger. Des arômes de café ou de thé pour accompagner gentiment la main qui s’attarde sur le papier ou le clavier. Deux jours à venir pleins de désirs d’écriture et de lecture. Rejeter par les fenêtres ouvertes le bruit du travail, se ressourcer pour pouvoir panser les douleurs et les blessures à écouter plus tard.

Etre dans l’ici et le maintenant du vendredi soir… j’adore.

B comme… Brexit

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

Mais que vient faire l’irruption de la politique sur un blog littéraire ? La question de l’engagement de l’auteur traverse les siècles, Voltaire, Zola, Sartre… Leur écriture s’enracinait profondément dans les réalités de leur époque.

Des auteurs de littérature noire se sont pleinement investis dans cet engagement comme Didier Daninckx ou Thierry Jonquet, Jean-Bernard Pouy ou Frédéric Fajardie, Tonino Benacquista ou Jean-Claude Izzo. Ils choisissent d’éclairer les scènes sociales : la précarité, la violence, la stigmatisation des faibles, la dureté des puissants.

Par ma profession d’assistante sociale, je suis du côté des malmenés de la vie, des fragiles de l’économie, des blessés de l’amour, des victimes de l’injustice. Les démunis ont rarement les mots de leur souffrance. Je leur offre cet espace où se dire est déjà un premier pas vers l’agir qui les réparera.

La politique est censée les accompagner, donner des réponses et changer le monde. Elle semble devenue folle. Nous assistons à une profonde mutation. Ne cédons pas aux sirènes du pessimisme, je vous invite à l’optimisme et… au vote !

Comme auteure, j’aimerai rejoindre l’engagement des écrivains du polar noir. Mes premiers textes explorent plutôt l’intériorité des êtres et l’énigme du passage à l’acte meurtrier. J’aime explorer les failles et les douleurs singulières.

Cependant, le contexte sociétal n’est jamais très loin. J’aimerai intensifier cette orientation car le meurtre a aussi ses racines dans les blessures sociales et les difficultés du vivre ensemble. J’aime bien l’alliance des disciplines complémentaires que sont la psychologie et la sociologie pour essayer de comprendre le monde.

En tant qu’auteure, j’ai envie de partager cette exploration, tenter des réponses, susciter des émotions pour que la noirceur de mes histoires ouvre toujours sur une note d’espérance.

La question que je n’ai pas encore tranchée : s’engager ouvertement ?

Je ne suis pas persuadée que donner à voir mon vote soit important et que mes convictions politiques doivent être partagées avec des inconnus. Séparer vie citoyenne et vie littéraire me semble aujourd’hui une juste réponse.

Une chose est sûre, je me pencherai prioritairement sur cette question… en fonction de qui arrive au pouvoir !

B comme… Bibliothèque

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

B comme… bibliothèque

Du plus loin que je me souvienne, il y a toujours eu des livres à la maison. Je me rappelle des conseils de lecture de ma mère. J’avais l’impression d’un partage intime des effets de la lecture. Mon père est plus proche des quotidiens et des hebdomadaires, qu’il commente régulièrement.

Deux formes d’écriture différentes. Mais le même message : l’écrit aide à comprendre le monde. L’écrit éclaire l’énigme de la vie, de l’amour, de la mort. L’écrit interroge et s’interroge, balbutie des hypothèses, propose des réponses.

Entrer dans un livre, c’était se jeter corps et âme dans les courants du mystère de l’humanité. Epouser la destinée des gens heureux et des gens désespérés, pour comprendre que la vie n’est pas un long fleuve tranquille.

La bibliothèque de mon enfance est restée intacte quoique déménagée dans la salle de musique (pour mon frère) devenue plus tard salle de peinture (de ma mère). Les étagères égrènent la bibliothèque rose, verte, rouge et or… Ils sont là à portée de main et les voir à chaque séjour est un infini plaisir. Parcourir les titres pour retrouver les sensations de la lecture est toujours un moment d’émotion.

Je me souviens que ma tante ne trouvait pas normal que je passe l’après-midi entière dans un fauteuil un livre à la main. Mon oncle avait mieux compris, il choisissait à la bibliothèque des personnels de son usine (je doute que cela existe encore) des romans pour moi. Un rituel qui me ravissait, un partage qui ne concernait que nous.

Ma bibliothèque aujourd’hui est un mur entier, deux rangées de livres sur chaque étagère, du sol au plafond. Ils n’ont pas tous la même valeur à mes yeux. Certains auteurs sont liés à une décennie de ma vie. C’est amusant de constater à quel point certains titres ne survivent pas au temps qui passe, tandis que d’autres restent intemporellement dans le cœur. Il fut un temps où les livres me permettaient de vivre par procuration. Il fut un temps où je décidai de vivre vraiment. Et j’ai changé de livres !

Un jour, j’ai choisi de revenir « pour de vrai » vers l’écriture. Me voilà à inventer à mon tour des personnages et des situations, des contextes et des histoires. Je me découvre folle enthousiaste du format de la nouvelle. J’aime la fulgurance et l’intensité qu’elle permet.

Le corollaire surprenant, c’est que… je lis moins !

A comme… Auteure

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

Pas très original comme titre cette fois, mais plus complexe qu’il n’y paraît !

A mes débuts, jamais je ne me serai présentée ainsi. Je pensais que me nommer auteure relevait d’une certaine imposture, qu’il fallait attendre la notoriété du public, la une des magazines ou être éditée par des maisons d’édition ayant pignon sur rue.

Se légitimer auteure relève d’un certain processus. Lorsque, sur plusieurs années, j’ai vu mes nouvelles primées à des concours différents dans des régions de France différentes, je me suis dit qu’après tout… j’ai un lectorat quelque part ! J’ai peu à peu apprivoisé l’idée de le devenir « pour de vrai ».

J’ai commencé par me présenter comme « auteur amateur », au sens premier du terme amateur, « celui qui aime » l’écriture. En ce début d’année, je m’affirme auteure, parce que j’écris régulièrement, mon deuxième recueil va bientôt voir le jour et j’ai déjà des textes pour le troisième et le quatrième recueil. La régularité est un premier élément important.

Auteure car je revendique le désir de partager mes questionnements sur le monde à travers l’écriture noire. Qui mieux que l’énigme du passage à l’acte meurtrier interroge notre condition humaine ? J’aurais pu choisir A comme altérité tant celle-ci est une valeur essentielle à mes yeux, tant dans mon identité d’auteure que dans mon identité professionnelle d’assistante sociale. Le criminel nie l’Autre dans ce qu’il a de singulier, il pense exister en donnant la mort, il croit réparer sa souffrance.

Dans le contexte actuel de la primauté du même, la peur de la différence, le rejet de l’étranger, le repli identitaire de larges fractions de la société, j’aimerai affirmer que seule l’Altérité comprise comme une richesse et un partage de nos différences permet le vivre ensemble. Elle suppose l’inconditionnel accueil de l’Autre comme un mystère toujours renouvelé, comme une chance de se comprendre. Elle suppose l’inconditionnelle acceptation de sa solitude pour rencontrer les autres sans les vampiriser, sans les rendre dépendants, sans les manipuler…

Les criminels de mes nouvelles ont en commun d’ignorer que cette altérité serait la chance de leur vie s’ils en comprenaient le sens. Ils sont repliés sur leur douleur existentielle et plus rien d’autre n’existe. René Char écrit « la souffrance connaît peu de mots ». Je choisis d’explorer cet indicible dans mes nouvelles noires, d’être le porte-parole de ces sans-voix. S’ils avaient eu accès à la parole, jamais ils ne seraient devenus des criminels.

Alors oui, A comme auteure, pour porter aussi les mots des Autres.

A comme… Académie

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

A comme Académie

Un petit week-end d’auteurs nous a réuni chez Eric. Tous issus de l’Académie Anaël Verdier. Mais nous n’avons pas joué les anciens combattants, heureusement car je n’ai aucun goût pour le rabâchage des souvenirs !

Délibérément tournés vers l’avenir et nos actualités. Eric Costa sort « Harem », auto-édité sur Amazon, une saga aztèque. Nadia Bourgeois voit son guide pratique « Comment trouver un homme assorti à son sac à main », édité par La Boite à Pandore.

Brigitte Hue-Pillette sera au salon du livre de Paris pour son roman « L’enfance en bandoulière », auto édité sur bookedition.com. Emmanuelle Soulard poursuit sa belle aventure fantasy « Les invocateurs » aux éditions Hélène Jacob.

Fanny Brémond et Déborah Valrey ont envoyé leur manuscrit à des maisons d’édition et nous ont présenté leur nouveau projet. Martine saint-Clair a bien avancé sur son projet actuel. Octramus Epicron s’est lancé dans l’écriture d’un guide de voyage à travers le temps.

Nos rencontres fonctionnent comme une auberge espagnole. Certains évoquent leur projet, les questions nous poussent à préciser la caractérisation des personnages ou à enrichir leur trame narrative. D’autres demandent des retours sur certains chapitres ou passages lus sur place ou envoyés en avance. Les uns sont venus écrire, les autres passent partager un moment. Tout est possible !

Compte tenu de mes dernières semaines éloignées de mon activité d’auteur, j’ai retrouvé avec plaisir cette ambiance studieuse et rieuse à la fois. De quoi m’y remettre avec entrain. Promis, je sors mon recueil « Ta mort viendra… et elle aura mes yeux » vers avril/mai.

Si l’écriture est solitaire, elle peut devenir solidaire. Echanger entre auteurs n’a pas de prix. Pour être honnête, j’ai beaucoup de mal à lire des genres qui ne m’intéressent pas, mais je reconnais que ce travail de retour est paradoxalement efficace pour soi-même. Moins impliqué, les faiblesses ou les questionnements sont plus faciles à trouver chez les autres; et en miroir, il y a de grandes chances que ce qu’on remarque signe ses propres failles !

J’aimerai bien participer à un cercle d’auteurs uniquement dans le genre de la littérature noire. Qui sait ? Le hasard me guidera peut-être vers cette aventure un de ces jours ?

Redémarrage !

Je n’ai rien publié depuis fin octobre pour des raisons diverses et variées. Le souci :  plus on attend, plus c’est compliqué de reprendre !

En vrac, à la Prévert :

  • mon activité professionnelle est en augmentation exponentielle, j’amène du travail à la maison, (oui je sais, ce n’est pas bien).
  • j’ai rajouté l’écriture (en binôme avec une collègue de la région) d’un dossier conséquent sur les risques psychosociaux au sein du Ministère de la Justice. Vous vous souvenez ? ce sera la thématique de mon quatrième recueil de nouvelles noires, mais je vous assure que la réalité est plus forte que la fiction !
  • ma collègue et amie (depuis trente ans) mute au 1er février dans une autre région, comme j’ai un vieux contentieux avec le concept de séparation, compliqué de penser à autre chose.
  • mon activité de formatrice vacataire auprès des élèves assistants de service social me pèse de plus en plus sur les neurones (un jour je vous expliquerai pourquoi).
  • j’ai travaillé sur mon deuxième recueil de nouvelles, malheureusement par intermittences, je suis en retard sur mon planning personnel pour le publier, et n’ose plus vous redonner de date ! je peux au moins vous dire que la couverture est terminée et la quatrième de couv écrite.
  • j’ai aussi avancé par à coups sur mon recueil de haïkus noirs, j’aimerai le finaliser rapidement maintenant, pour revenir à mon projet d’écriture en cours sur la thématique du train et de la guerre de 39-45.
  • ah j’ai aussi préparé deux voyages, à Rome et à Londres. J’offre à mes neveux pour leur vingt ans une escapade avec leur tante dans une capitale européenne de leur choix.
  • … etc…

Bref, en référence à Yves Clot, et son concept de « qualité empêchée » (qui au travail entraîne de la souffrance psychique, ici, il ne faut quand même pas exagérer), je me suis sentie toutes ces dernières semaines « empêchée » dans mon identité d’auteur et dans mon écriture.

Comme je clos janvier sur une bronchite, (panne de chaudière au bureau, appareil électrique qui met 3h pour atteindre 20°, travail en manteau, bref même situation tous les hivers…), cela ne peut plus être pire.

Par conséquent, avec la douceur qui semble revenir, je vais sortir de mon hibernation !

A la semaine prochaine !!

Citations d’Octobre 2016

En ces temps de prix littéraires, je ne résiste pas à ces citations :

« Goncourt : gens qui, « à tout prix », voulaient laisser leur nom dans les Lettres »

Jacques Prévert

« La poutre qui est dans l’œil de chaque critique lui sert de longue-vue pour apercevoir la faille qui est dans l’œuvre de chaque auteur »

Eric Satie

Et trois de plus, lues sur un blog « A lire ouvert », tenu par une passionnée, que je vous invite à découvrir !

« Les prix littéraires donnent un complexe de supériorité aux jurés et un complexe d’infériorité aux élus »

Georges Perros

« Le seul prix qui intéresse vraiment un écrivain, c’est le prix du livre »

Guy Bedos

« La rentrée littéraire est une maladie française qu’il ne faut surtout pas soigner »
Frédéric Beigbeder

Invitation

J’ai le plaisir de vous inviter à venir nous voir au Salon du Livre de SAINT-ESTEPHE « Lire dans le vignoble » 2016. Dimanche 09 octobre de 9h à 18h, entrée gratuite. Nous serons 110 auteurs de bonne compagnie !

Programme

9h : ouverture au public

Invités d’honneur et marraine Mireille CALMEL, autres invités d’honneur, Claire HUYNEN et Charles DA COSTA.

11h : inauguration en présence des personnalités

12h : cocktail-dégustation des grands vins de Saint-Estèphe

12h30 : déjeuner (réservation avant le 06 octobre au 05 56 59 35 93)

Toute la journée : atelier création petites souris en pâte fimo

14h30 à 17h : atelier d’initiation à l’écriture de textes à haute voix

16h : démonstration culinaire

17h15 : remise du Prix Saint-Estèphe des Arts Plastiques

17h30 : remise du Prix Saint-Estèphe, dessins des enfants sur le thème de l’Estuaire

18h : clôture du Salon

Ce sera ma dernière séance de dédicaces lors des salons pour cette année. Rendez-vous en 2017 ! En attendant, vous me croiserez peut-être cet automne et hiver dans des librairies.

Venez nombreux !!

Pub !

Vous avez envie de retrouver le style feuilleton de votre enfance et adolescence ? Précipitez-vous sur le site book’n series d’une cop d’écriture Laure Lapègue.

Elle met en ligne chaque semaine gratuitement un polar découpé en morceaux !

 

Ce soir, elle invitait les fans à La Causerie des Chartrons, un lieu sympathique qui sert de bons vins et de la bonne cuisine. Deux auteurs présentaient leur ouvrage.

Guy Rechnmann dont le dernier opus est dans la sélection du Prix du Polar de Cognac « A la place de l’autre » et Edmondo Pires qui a reçu le Prix 2016 du Polar auto-édité pour « Ce sera notre petit secret ».

 

Je suis admirative de leur aisance à parler de leurs personnages, de leur univers, de leur activité d’auteur… Laure a invité les auteurs présents dans la salle à pitcher leur propre livre. Exercice ô combien difficile.

Deux cops de l’Académie ont tenté l’aventure, Déborah Valrey pour son recueil de nouvelles coquines « Lisa reçoit » et Martine Saint-Clair pour son recueil de nouvelles « Vampires « .

 

Prise de court, j’ai décliné sa proposition Dans mes premiers salons et dédicaces de cette année, je ne suis pas sûre d’être à la hauteur du challenge, alors devant tout un aéropage de lecteurs fans de polars…

 

Mais promis, je me lancerai une prochaine fois !