Retour à l’Académie (3/3)

Anaël Verdier, qui a créé l’Académie d’Ecriture m’accueillant dans la première promotion de formation d’auteur, 2013-2015, m’a invitée une soirée pour évoquer mon parcours auprès des auteurs actuels en formation. Voici le texte de base de mon exposé (de base parce que je ne peux pas m’empêcher de compléter !).

En trois articles sur le mois de juillet.

… suite et fin

Chapitre 7. Publier

Le passage à la publication est pour moi très facile. Les concours de nouvelles m’ont confortée dans l’idée que j’ai un lectorat possible. Et c’est aussi un message que donne Anaël. Il s’agit de le trouver, et pour le trouver, il faut donner ses textes à lire. J’ai la chance que cela ne soit pas un problème pour moi.

Mon premier recueil est sorti en juin 2014. L’aspect technique a été une vraie galère, heureusement Anaël m’a aidée pour la mise en page, mais j’ai réussi toute seule à apprivoiser CreateSpace sur Amazon.

Le deuxième est pour la fin de l’année, soit un écart de 18 mois. J’ai décidé de garder ce rythme régulier. L’idéal serait un par an, mais l’écriture vient en 4ième position, après ma vie privée, mon travail d’AS et mon activité de formation.

Pour l’instant, je reste sur le format de la nouvelle car c’est plus facile tout en travaillant. Écrire un roman me semble plus compliqué. En plus, je me sens moins douée pour cet exercice. Je me dis aussi que je continue de me former, et je passerai au roman quand je me sentirai davantage prête.

La encore, je sais que ce sera une simple question de décision. Donc je ne m’affole pas.

J’ai constitué un dossier de presse, en suivant les conseils du site de bookelis. J’ai communiqué sur mon activité d’auteur dans la revue de la Mutuelle de la Justice qui a une rubrique : « nos adhérents ont du talent ». Je me suis aussi constituée un press-book pour garder la mémoire de mon activité.

Pour la publication, il faut demander un numéro ISBN à l’AFNIL et faire une déclaration de dépôt légal à la Bibliothèque nationale de France (cf. imprimés).

Parallèlement à Amazon, j’ai un imprimeur sur Bordeaux qui a sorti mon guide et mon premier recueil. Le prix de revient est lié au nombre d’exemplaires commandés. Pour 100 exemplaires, un livre de 150 pages revient à 3,77 l’unité, si vous en commandez 200, il revient à 2,85 euros. Il faut aussi savoir que les libraires prennent 30% du prix de vente au public.

On ne devient pas riche de suite !

Sur l’année 2015, j’ai gagné 16 euros par mois. Sur 2016, de janvier à mai, j’en suis à 50 euros parce que j’ai mis en place deux stratégies. Premièrement, proposer mes ouvrages en dépôt vente dans plusieurs librairies : ils ne prennent pas de risque et franchement, je les ai trouvés très bienveillants. Sur mes ouvrages qui coutent 10 euros, ils prennent 3 euros, donc j’en garde 7, c’est plus avantageux qu’Amazon. Il faut prévoir un bon de dépôt et un facturier. Deuxièmement, je me suis inscrite à des salons : nouvelle étape.

Chapitre 8. Rencontrer ses futurs lecteurs

Comme lectrice, je ne suis pas fan des salons. Je ne voyais pas l’intérêt d’aller faire signer les ouvrages aux auteurs. Parler de leurs livres avec eux encore moins. Pour moi, la lecture est un moment d’intimité, j’ai du mal à parler de ce que je lis. Sur mon site, je ne mets jamais de critique de mes lectures. (Expérience de Gradignan, de St Estèphe et Mauves sur Loire).

Ça a été très difficile au début de l’académie de faire des retours sur les écrits des autres. C’est un exercice que je trouve complexe, encore plus complexe quand il s’agit de réagir sur des genres qui me sont étrangers. Pourtant, je sais que c’est essentiel pour progresser. On voit chez les autres ce qu’on ne sait pas toujours voir chez soi. En s’inscrivant dans la durée, on repère mieux les atouts et les faiblesses pour soi et pour l’autre. Là encore, je pense que c’est aussi une question de légitimité, qui suis-je pour m’autoriser à commenter ? Ça vient avec le temps.

Donc les salons.

J’ai commencé par organiser une séance de dédicace sur mon territoire, histoire de me rassurer. En avril dernier, sur un we de vacances, c’est tout neuf, je suis allée dans les deux librairies de St Jean proposer mon guide et mon premier recueil. Je m’étais entraînée à trouver des dédicaces. Ce que je n’avais pas prévu, c’est que ce sont les Saint Jeannais qui sont venus en majorité, pas des touristes ! J’ai aussi compris que les gens ont envie de parler, il suffit de les écouter, et ça, c’est mon métier, je sais faire !

En mai, je me suis inscrite au salon du livre de Grignols, village perdu dans la campagne. Pour moi, c’est aussi de l’ordre de l’apprentissage ! Jouer à être auteur pour de vrai est quand même très jouissif, je le reconnais. Je me suis prise au jeu. Il suffit d’un peu de distance avec soi-même et ça marche.

Demain, je suis à Bazas, et le 12, à Labastide Clairence en pays basque. En septembre, Romagne. En octobre, St Estèphe. Je vais essayer de choisir un salon par mois. Et c’est fou le nombre d’opportunités ! Beaucoup acceptent des auteurs en auto-édiction, parfois c’est gratuit, ou on vous demande le paiement du repas de midi, ou un chèque d’inscription à la journée.

Chapitre 9. Le cap des maisons d’édition

C’est pour bientôt ! Jusqu’à présent, j’ai engrangé de la confiance. Je continue de progresser, je me considère encore apprenti auteur. Je continue les concours, car j’adore écrire à partir d’une contrainte et c’est toujours des moments sympas à partager au moment des résultats.

Je vais envoyer mon troisième recueil sur la thématique du train aux éditions La vie du Rail et mon recueil de haïkus, aux éditions Rivages, parce que cela sort de l’ordinaire. Cela attirera peut-être leur attention. Je ne sais pas si ça peut plaire, en tout cas, je me régale à l’écrire.

Longtemps, j’ai appréhendé cette étape. Je ne me sentais pas prête à recevoir des lettres de refus. Je sais que cela me touchera. Mais quand je vois le nombre d’envois et le peu d’élus, cela relativise les choses. Je me dis que l’essentiel est de toutes les façons le plaisir d’écrire et si cela doit rester de l’ordre du confidentiel, et ne pas sortir de la région, il faudra bien assumer !

Chapitre 10. Et demain ?

Ce que j’aimerai, c’est animer un atelier d’écriture. C’est mon futur projet.

Pour l’instant, je crois que c’est un peu tôt mais j’adore l’idée, dans le cadre d’une médiathèque par exemple. L’an dernier, je suis allée à plusieurs ateliers à Carbon-Blanc. L’animation inégale, c’est fonction des intervenants, me fait penser que je pourrai tenter l’expérience. Aleph a une formation en ce sens, peut-être que je la suivrai.

J’adore la posture de formatrice et je suis sûre que cela va me plaire. Mais, je dois encore travailler sur ma légitimité à mener ce style d’activité.

Conclusion

J’espère que mon parcours vous éclaire sur les enseignements d’Anaël : une page après l’autre, une étape après l’autre. L’écriture est un chemin, elle demande du temps. De la patience, de la persévérance. Du désir et de la décision. Je terminerai mon propos par un aphorisme de René Char : « Va vers ton risque, à te regarder, ils s’habitueront ».

Je vous remercie de m’avoir écoutée ».

 

Et vous de m’avoir lue ! à la semaine prochaine pour la poursuite de l’aventure.

Retour à l’Académie (2/3)

Anaël Verdier, qui a créé l’Académie d’Ecriture m’accueillant dans la première promotion de formation d’auteur, 2013-2015, m’a invitée une soirée pour évoquer mon parcours auprès des auteurs actuels en formation. Voici le texte de base de mon exposé (de base parce que je ne peux pas m’empêcher de compléter !).

En trois articles sur le mois de juillet.

…suite…

Chapitre 4. Se dire auteur

C’est une troisième étape. Communiquer sur son activité. Là, c’était pas gagné malgré l’insistance d’Anaël dont c’est le leitmotiv inébranlable. J’ai fait partie des réfractaires à ouvrir un blog. Et si j’y suis arrivée, vous y arriverez !

Au départ, cela me paraissait l’Anapurna à gravir. D’abord, parce que je suis de nature sauvage. Je tiens à ma solitude et j’avais l’impression que tenir un blog était une vrai effraction pour moi. Cela m’a pris un an de rumination intense.

Là encore, c’est une question de décision. Si je l’ai prise au début, c’était pour respecter le deal de la formation. Je suis moi-même formatrice, je donne des consignes et j’entends qu’elles soient respectées. Il fallait donc que je respecte aussi mon engagement dans l’Académie, si non j’étais en dissonance cognitive et je déteste ça.

J’ai aujourd’hui 20 mois d’expérience. Quel bilan puis-je en faire ? En premier lieu, ça m’amuse, c’est déjà ça, j’aime bien ce rendez-vous hebdomadaire, chercher dans la semaine un sujet, prendre le temps d’écrire un article. Mais franchement, je ne vois pas ce qu’on peut y trouver. Sûrement parce que je ne suis toujours pas très au clair sur la ligne éditoriale.

Je crois que c’est un simple témoignage de mon cheminement d’auteur. Je pense que je me parle d’abord à moi-même à travers mon blog, comme si je réfléchissais à haute voix. Il y a des articles que j’aime bien, que je suis plutôt contente d’avoir écrit et d’autres que je trouve d’une banalité sans fond. Ce n’est pas grave. Je crois aussi que c’est l’expérience, l’analyse de l’expérience qui éclairera à un moment donné les choses. J’ai l’immense avantage d’être quelqu’un de patient, on verra bien.

J’ai ouvert en même temps un blog de photos sur St Jean Pied de Port qui complète mon guide. Pour l’instant, je n’écris pas d’article, je me contente de communiquer sur les fêtes et les manifestations, en prenant les infos sur l’office de tourisme. A la retraite, je pense que je l’animerai, j’ai quelques idées mais pas le temps !

Là encore, il s’agit d’être patient.

Blog d’auteur Blog du guide
Septembre 2014 à Décembre 2014 143 visiteurs 163 visiteurs
Année 2015 265 visiteurs 908 visiteurs
Janvier à Mai 2016 143 visiteurs 420 visiteurs
Abonnés 22 15

J’ai ouvert une page Facebook, ce qui était également dans les attendus de la formation. Honnêtement, ce n’est pas ma tasse de thé. Je fais peu de messages mais je partage volontiers des infos qui concernent l’écriture.

Chapitre 5. Pour quel projets ?

Se dire auteur, ok mais sur quoi. Dans les attendus de la première année, il y avait l’écriture d’un recueil de nouvelles. Ça tombait bien parce que j’adore ce format. J’en ai écrit sept, ce qui m’a permis de dédicacer un texte pour chacun des membres de l’Académie. Cette idée m’a bien plu. Son titre : « Éclats de rage », sept destins d’adolescents douloureux qui passent à l’acte meurtrier, donnant la mort en croyant sauver leur vie.

L’expérience de ses premiers textes, c’est prendre conscience de ses lignes thématiques, j’ai écrit essentiellement sur la vengeance née des douleurs de l’enfance ou de l’âge adulte. L’écueil que j’ai identifié, ou plutôt qu’Anaël a identifié, rendons à César ce qui appartient à César, c’est que mes personnage sont enfermés dans leur tête et leur désespoir et ils tuent. Entre les deux, il ne se passait pas grand-chose !

Et surtout pas de conflit. Ben oui, je déteste le conflit dans la vie de tous les jours. Écrire, c’est aussi découvrir des choses sur soi. Ce qui me facilite la vie, c’est d’avoir vécu une analyse plusieurs années quand j’avais 20 ans, donc j’identifie assez vite mes nœuds et les mystères de mon inconscient ne me sont pas étrangers ! Franchement, je trouve que ça m’aide dans l’écriture. Cependant, le naturel revient au galop, et il me faut rester vigilante. La réécriture sert à ça. Reprendre mes textes, enlever, ajouter, ne me pose aucun problème dès l’instant que j’arrive à identifier ce qui ne va pas.

Ce travail de réécriture est essentiel, l’Académie m’a permis de progresser en ce sens. Accepter qu’un personnage disparaisse alors qu’on l’aime bien, couper un paragraphe entier parce qu’il ne sert pas l’intrigue, au début c’est compliqué. On reste émotionnellement lié à son texte, après tout on le sort de ses tripes, or la réécriture demande une distanciation et une lecture lucide. Cette injonction paradoxale de donner de l’émotion tout en ne la vivant pas soi-même, est une posture qui prend du temps à se construire.

Mon deuxième recueil dont le titre est « Ta mort viendra… et elle aura mes yeux », est constitué de textes pour la plupart écrits avant l’Académie mais que j’ai retravaillé par la suite. Il est actuellement à Angers car je l’ai envoyé au concours de recueil de nouvelles. Je ne pense pas qu’il sera retenu parce que c’est un concours généraliste et non de littérature noire.

Quand je l’ai retravaillé cet hiver, j’ai trouvé l’exercice difficile car certains textes étaient très anciens. En fait, trop de temps entre l’écriture et la réécriture est une expérience que je ne renouvellerai pas. Cela me semble plus fructueux de rester dans une même temporalité.

Actuellement, je suis sur le troisième recueil, titre provisoire « La mort est au bout du tunnel ». Unité de temps : la guerre de 39-45, unité de lieu : la gare et le train alternant Pays Basque et Provence, unité d’action : le meurtre bien sûr. J’ai une version 1 pour plusieurs nouvelles et un synopsis pour les suivantes.

Travailler à partir d’un synopsis, je l’ai découvert ici. Avant, j’écrivais au fil de l’eau, cela m’arrive encore sur des textes courts. Mais sur des formats longs, et sachant que mes personnages pensent plus qu’ils n’agissent, l’avantage du synopsis est d’anticiper les actions, choisir les conflits, décider où je mène mes personnages. C’est un outil confortable. Surtout qu’avec l’expérience, on comprend que le synopsis n’est pas un carcan auquel il faut coller, mais un espace de liberté et de facilitation de l’écriture. Au début, j’avais tendance à m’y enfermer et à étouffer forcément ! La encore, il faut du temps pour maîtriser les choses, il s’agit de ne pas hésiter à le prendre. La question de la temporalité est essentielle dans l’acte d’écrire. Elle se réfléchit aussi.

Pour le recueil suivant, j’hésite encore. Soit un recueil sur la thématique de la souffrance au travail au sein du ministère de la justice. Soit je reprends mon recueil commencé sur la prison que tout le monde me réclame à corps et à cris.

Chapitre 6. Le temps de l’écriture

Les contraintes de date à l’Académie ont été pour moi un vrai plus. Il fallait produire et respecter la temporalité de la formation. On en sort exténuée, je ne vous le cache pas ! Une fois seule, il faut se donner ses propres contraintes. Il faut aussi trouver son rythme.

J’ai essayé un peu de tout, le matin, le soir, un moment court, un temps long, tous les jours, le week-end. En fait, j’écris par à coup et sur des moments longs, plutôt sur papier d’abord. J’adore écrire dans mon lit, et il me faut du thé. J’adore aussi écrire dans les cafés, je n’ai aucune difficulté à me construire une bulle. Le train, c’est idéal aussi.

En tapant ensuite mon texte, cela me permet déjà de le retravailler. Avec pour axiome : montrer et ne pas dire. Autre élément : j’écris davantage au présent maintenant que lorsque j’ai commencé. Je surveille aussi le cholestérol des phrases (l’image est de Pascal Perrat, une autre formateur en écriture). Pas d’adverbes, un adjectif à la rigueur mais pas plusieurs. Il s’agit de viser à susciter l’émotion chez le lecteur. Mon rêve : avoir une écriture aussi diamantaire que celle de René Char en poésie. Pas un mot de trop ! C’est pour cela que j’aime énormément les haïkus : une image, une émotion.

Pour l’instant, je ne connais pas l’angoisse de la page blanche. Je fourmille d’idées, j’ai d’ailleurs ouvert le journal d’idées que conseille Anaël. Pas le journal de bord par contre parce que cette introspection quotidienne ne me sert pas et m’ennuie plutôt.

Du moment que je décide d’écrire, j’écris. C’est une chance, je le reconnais.

J’ai aussi choisi de suivre le conseil d’Anaël d’être sur deux projets en même temps. Cette alternance me plait. En ce moment, je suis sur mon troisième recueil de nouvelles noires et sur mon recueil de haïkus. On peut écrire un meurtre en trois vers (haïku classique : 5 syllabes, 7 syllabes, 5 syllabes). Je vous en ai sélectionné trois pour ce soir :

trois coquelicots

sur la chemise blanche

dansent sur le cœur

doux perce-neige

douce la chute du corps

qui les écrasent

elle lui dit chiche

le cou lové dans ses mains

et il a serré

 

à suivre…

 

Citations de Juin 2016

« Quand la vie tient ainsi toute entière dans l’instant et qu’on parvient à oublier le reste, on atteint peut-être la plus intense forme de joie  »

« Deux siècles après la Déclaration des Droits de l’Homme, il faut encore lutter pour qu’elle s’applique à l’espèce humaine toute entière »

« Contrairement à ce qu’il est reposant de croire, la condition féminine ne va pas en s’améliorant. Ni dans le monde, on le sait, ni même en France. L’hégémonie masculine en Europe, après trente ans de victoires féminines reste impressionnante. Ne pas le voir, accepter d’enterrer le féminisme de maman au magasin des accessoires, c’est prendre le risque de voir stagner ou même régresser la place des femmes dans la société, si difficilement acquise ».

Benoîte GROULT

D’auteur à… vendeur !

Le principe de l’auto-édition est d’être tout à la fois auteur, correcteur, éditeur, co-imprimeur, publicitaire… et j’en passe ! Me voici désormais dans la peau nouvelle d’un VRP : Voyageur, Représentant, Placier.

Voyageur parce que je prends mon bâton de pèlerin pour rencontrer des libraires, leur proposer une séance de dédicace et un dépôt-vente avec intéressement aux bénéfices. Je commence par Saint-Jean-Pied-de-Port bien sûr le week-end prochain. En descendant, je m’arrêterai à Cambo-les-Bains pour leur proposer la même aventure car les curistes seront peut-être intéressés par mon guide touristique. Je vais réfléchir à d’autres villes et construire tout un parcours. Je dois aussi voir en Gironde qui je peux contacter.

Représentant parce que je commente mes écrits. Ce n’est pas donné d’emblée de savoir parler de son écriture, de son parcours d’auteur, d’aviver la curiosité sur les contenus de mon guide « Agnès de Cize présente Saint-Jean-Pied-de-Port » et de mon recueil de nouvelles noires  « Eclats de rage » . Il s’agit aussi d’éviter des automatismes de présentation qui nuiraient à la démarche. Mes premières fois ont été un peu timides. L’assurance viendra avec l’expérience.

Placier parce que la finalité est bien de me constituer un lectorat et vendre mes ouvrages. Pour l’instant, mon activité d’auteur me coûte plus que cela me rapporte. Mais je suppose que tout commercial m’expliquerait qu’il faut une mise de départ, un investissement pour cueillir des dividendes. Comme ce vocabulaire m’est étranger ! Je baigne dans le social toute la journée, me transformer en financier nécessite tout un apprentissage. J’essaie de me consoler en me disant que toute formation prolonge la jeunesse.

En attendant, je suis ravie de vous inviter à mes premières dédicaces. Je suis à la fois dans l’appréhension et l’enthousiasme. Serez-vous là ? Aimerez-vous mon guide ? Entrerez-vous avec émotion dans mon univers d’auteur de nouvelles noires ? Vais-je maîtriser l’art de la dédicace ?

Passer de l’ombre de son écriture à la lumière des rencontres est une étape nouvelle. J’ai l’habitude que mes textes soient lus et commentés par « mes cops » des deux cercles d’auteurs que je fréquente à Bordeaux. J’ai eu la chance de voir plusieurs de mes nouvelles primées dans des concours, ce qui m’a permis d’apprivoiser la rencontre de mes premiers lecteurs inconnus.

Mais là, c’est autre chose, une aventure inédite, une autre page à écrire…

Rendez-vous à Saint-Jean-Pied-de-Port !

Samedi 09 avril à la Maison de la Presse de 10h à 12h30, 23 place Charles de Gaulle.

Dimanche 10 avril à la librairie Kukuxka de 11h à 12h30 et de 14h30 à 17h, 3 rue de la Citadelle.

Pour ceux qui ne pourront pas venir ce week-end, je serai présente au Salon du Livre de Labastide-Clairence au Pays Basque, le dimanche 12 juin. Pour les girondins, je serai au Salon du Livre de Grignols le dimanche 08 mai 2016.

Que de choses à vous raconter au retour !

2016…

Amis visiteurs, je vous souhaite une belle année 2016 et espère que nous poursuivrons notre petit bonhomme de chemin au fil de mes articles et de vos commentaires.

La mienne commence bien. Je vous ai souvent parlé des concours de nouvelles. J’adore ! Une contrainte, une date limite, et l’imagination au pouvoir.

« Cadavres exquis » est retenu dans les six textes du Concours du Festival du Polar MAUVES-en-NOIR. Le thème : « Un trou noir, c’est troublant ». Ma nouvelle sera dans le recueil édité pour le Festival, avec les autres écrits et des nouvelles d’auteurs confirmés.

Proclamation des résultats le samedi 23 avril, à MAUVES-sur-LOIRE en Loire-Atlantique (44). Prix de la Ville et Prix des Lycéens. Etre dans les six est déjà une immense récompense. Je suis ravie ! Des lecteurs qui aiment mes textes existent.

C’est un encouragement à poursuivre l’aventure et un engagement à prendre : grandir dans un positionnement d’auteur et aller vers de nouvelles expériences : participation à des salons, organisation de signature de mes ouvrages…

Mais avant tout, c’est l’occasion d’aller me promener, aux beaux jours, sur les bords de la Loire et dans les allées du Festival.

Je vous raconterai !

Promis !

Ecrire et s’engager

De par ma fonction d’assistante sociale, je suis sensible aux mouvements du monde.

Je suis une observatrice privilégiée des souffrances et impuissances de mes semblables. J’ai vu depuis plusieurs années monter le désespoir. Missionnée pour appliquer les politiques publiques en matière d’action sociale, j’ai vu grandir la peur, la colère et la haine. Lanceur d’alerte, aux premières loges, je n’ai eu de cesse, avec mes collègues, de témoigner sans relâche de l’effilochement du tissu social.

Le travail social est un engagement.

A l’écoute des douleurs et des rages, nous illustrons cet aphorisme de René Char (écrit pour les poètes) : «  »Nous sommes des passants appliqués à passer, donc à jeter le trouble, à infliger notre chaleur, à dire notre exubérance. Voilà pourquoi nous intervenons ! Voilà pourquoi nous sommes intempestifs et insolites ! »

Dimanche, j’ai connu un grand moment de solitude et de découragement. J’écrivais dans mon dernier billet que nous serons toujours plus nombreux à nous aimer qu’à nous détester. J’aimerai ne pas être démentie ! Je me demande comment renverser la tendance, redonner de l’espérance et de l’avenir, autant aux jeunes perdus de l’islam radical qu’aux électeurs des extrêmes de droite et de gauche. Comment redonner le goût de la nuance ? l’envie de connaître l’inconnu ? l’adhésion aux différences plurielles ? le désir d’ouverture et de confiance ?

La passerelle entre les deux positionnements d’auteur et d’assistante sociale n’a jamais été aussi étroite pour moi. Il s’agit de se situer délibérément du côté de l’empathie, comprendre les mouvements de l’âme, entendre la peur et la haine comme des messages de douleur et d’absence de sens, accueillir et décrypter pour espérer susciter du changement.

Ecrire pour sonder inlassablement l’énigme de la condition humaine, éveiller les possibles pour contenir les positionnements de rejet de l’autre, semer le courage et la tendresse pour ébranler les arguments de haine.

L’écriture aussi est un engagement.

Une belle surprise !

Il y a quelques semaines, je découvrais le site de Maryline et Emeline. Deux jeunes femmes passionnées de lecture, qui le disent, l’écrivent et partagent leurs coups de cœur et leurs déceptions. Libres et authentiques. Je vous invite à les découvrir : Univers livresques

Elles proposent aux jeunes auteurs de leur envoyer leur travail. J’ai tenté l’aventure avec mon recueil de nouvelles « Eclats de rage ». Je partage avec vous la chronique de Maryline http://univers-livresques.eklablog.com/eclats-de-rage-a118736098 :

« Waouh! Dès la première nouvelle, on se prend une belle claque! Je suis restée sans voix…Je n’ai même pas pu continuer de suite sur la deuxième nouvelle, il m’a fallu du temps pour m’en remettre. C’est court mais intense, la fin arrive brutalement et on se la prend en plein visage.

Et la suite est encore meilleure! Ces adolescents sont perturbés, ils vivent normalement mais une rage au fond d’eux fait que le moment venu, ils craquent, sans se poser de questions. Malheureusement, ça arrive trop souvent, les accès de colère sont humains et personne n’est à l’abri.

Le style d’écriture de l’auteur est très agréable, très aéré, facile. J’ai vraiment passé un super moment en compagnie de ces adolescents torturés. Les mots sont toujours bien choisis et ils nous permettent de voir que tous les humains sont égaux, quelque soit le niveau social, la hiérarchie, l’âge et le rang…

Merci beaucoup à l’auteur pour sa confiance, je vais parler de ce livre partout autour de moi pour qu’elle se fasse connaître du plus grand nombre de lecteurs car elle le mérite ».

Je suis toute chamboulée. C’est le premier commentaire d’une lectrice inconnue. Même si vos proches aiment ce que vous faites, c’est tout à fait différent de découvrir l’avis d’une personne qui ne vous connaît pas. C’est un sentiment étrange de « se »lire dans les mots, de voir l’effet de vos personnages, de recevoir comment votre écriture est perçue. C’est tout nouveau, diablement emballant ! Peut-être qu’Anaël avait raison quand il nous répétait en formation, « votre lectorat potentiel existe, il faut le trouver, aller à sa rencontre » et il rajoutait « tout a déjà été écrit, certes, mais pas par vous ».

Je dois dire aussi pour être honnête que l’effet narcissisant d’un compliment est toujours bien agréable ! Cependant, je le reçois aussi comme un encouragement et un gage de confiance.

Merci Maryline !