S comme… Slimani Leïla

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

J’aime les livres qui évoquent l’acte d’écrire.

Prix Goncourt 2016, avec « Chanson douce « , Leïla Slimani a accepté de s’entretenir avec Eric Fottorino. Ce qui donne, « Comment j’écris », paru aux Editions de l’Aube cette année.

Morceaux choisis, parce que je m’y retrouve !

« Lorsque je me mets à ma table de travail, je ne suis plus vraiment moi. Je ne suis plus une femme, je ne suis plus marocaine ou française, je ne suis même plus à Paris ni quelque part, je suis affranchie de tout (…) Quand on s’engage en littérature, on est obligé de s’engager totalement »

« Si les romans ne changent pas le monde, ils modifient substantiellement la vision que l’on en a. Ils la questionnent, l’affinent, ils interrogent ce que l’homme sait du fait d’être (…) j’ai vécu moi-même le fait que la littérature m’a changée, et je suis totalement consciente que si je n’avais pas été la lectrice que je suis, je ne serais pas la personne que je suis »

« On a souvent, en France, une vision de la création littéraire, comme quelque chose de quasi inné, c’est-à-dire on est écrivain dès le berceau ou on ne l’est pas. Il y a sans doute des génies qui sont appelés à n’avoir que ce destin-là, mais je crois qu’il y a beaucoup de gens pour qui il suffit parfois de travail, d’une bonne rencontre, ou de saisir au bon moment l’idée dans laquelle on croit »

« Souvent, ce que les gens ne mesurent pas, et je ne le mesurais pas avant d’écrire, c’est l’état de concentration que demande l’écriture. Je trouve que c’est la chose la plus fascinante quand on en sort, cet état intense et si particulier de concentration. On se rend compte à quel point on y était, à quel point on était dedans, à quel point on était totalement centré, dirigé vers l’écriture »

Sur ce, j’y retourne !

S comme… Septembre

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

Parmi mes mois préférés, il est en tête de liste, pas seulement parce que c’est celui de mon anniversaire. Les gondoles de fournitures scolaires, j’adore ! Le petit matin frais qui se réchauffe, j’adore ! L’été s’attarde à mon plus grand plaisir. Je suis une fille du soleil. J’adore aussi, les foires aux vins, le retour des étudiants en ville et des écoliers sur les trottoirs, la campagne qui se couvre d’or et d’ambre…

Mes activités de rentrée sont nombreuses. Côté privé, j’ai des volets à repeindre pour rafraîchir ma maison, le dernier orage de grêle les a bien malmenés. Côté professionnel, je prépare l’arrivée d’une nouvelle collègue au 1er octobre, qui va grandement soulager mon activité d’assistante sociale !

Côté auteure.

J’ai terminé cet été mon troisième recueil de nouvelles noires « Vertiges sur les voies ». Il est désormais entre les mains de mes 6 bêta-lecteurs qui ont bien voulu travailler sur mon texte. Ils ont un rôle essentiel. A force d’être sur ses pages d’écriture, on ne voit plus rien. Ils traquent les fautes d’orthographe, de syntaxe, de concordance des temps… mais aussi veillent à la cohérence de l’intrigue, relèvent les faiblesses de la caractérisation des personnages, donnent des indications d’amélioration… Il me tarde leur retour pour finaliser mon recueil.

Je poursuis l’écriture de mon roman mais ne vous en révèle pas plus pour l’instant. En même temps, je continue mon calendrier de haïkus. Je souhaite être prête, courant novembre, pour vous le proposer comme cadeau de Noël à offrir à vos proches.

Je vous invite aussi à venir me voir sur mes trois prochains salons.

Dimanche 16 septembre, à SAINT-JEAN-PIED-DE-PORT, en Pays Basque. La Foire aux Livres se tient sous le Marché Couvert de 10h à 18h.

Dimanche 07 octobre, à SAINT-ESTEPHE, dans le Nord-Gironde. Le salon « Lire dans le vignoble » se tient de 10h à 18h.

Dimanche 30 septembre, à CAPTIEUX, dans le Sud-Gironde. Notre premier Salon des Plumes Indépendantes, est au Centre Culturel de 10h à 18h. Si vous n’avez pas encore acquis notre recueil « Il était une plume… », vous l’y trouverez.

Voici le programme :

10h Ouverture du Salon

10h30 Table ronde autour de la liberté d’écriture (30mn)

11h Atelier de création de marque-pages (1h)

13h30 Sieste littéraire (lecture de poèmes) (30mn)

14h15 Conférence de Bookelis (45mn)

15h Atelier jeu « Ecrire une histoire avec Story Pitchers » (1h)

16h Table ronde autour du récit régional (30mn) (auquel je participerai)

17h Lecture théâtralisée (30mn)

18h Fermeture du salon

Tout au long de la journée

– Stands de dédicaces

– Exposition « Délires en noir et blanc » de l’artiste G !

– « Un air de Baudelaire » : arbre à poèmes

– « Arrêt aux pages » : bibliothèque de livres d’auteurs du salon, pour les consulter tranquillement

– « Découvrez votre auteur » : un test organigramme pour découvrir quel auteur du salon est fait pour vous

 

J’espère qu’il vous donne envie de venir nous voir !

 

 

 

 

 

 

R comme… Recherche

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

Avant tout commencement d’un projet d’écriture, se poser la question : documentation ou imagination ?

Je suis adepte de la documentation pour étayer mon travail d’auteure. Ayant choisi, dans mon roman en cours d’écriture, un personnage italien que j’envoie à Florence promouvoir les vins de Bordeaux, j’ai choisi de ne pas inventer un nom de restaurant. J’ai pris un des très connus avec une cave prestigieuse, l’Enoteca Pinchiorri.

Cet été, je suis passée devant. Hélas je ne suis pas rentrée, mon salaire ne paierait même pas une minute de l’air respiré ! Mais j’ai imaginé Lucca remonter la rue, entrer dans ce Palais, présenter ses vins, bref sa vie de personnage.

Ludique à souhait, même si tout à coup, j’étais deux dans la rue. Ce sentiment de dédoublement est une sensation parfois bizarre. Mais de passer de ma tête à celle de mes personnages est une expérience plutôt agréable.

Je choisis des lieux réels pour promener mes personnages. Il me semble les suivre plus facilement, les incarner davantage dans une géographie définie. J’aime aussi l’idée de donner à voir ces mêmes lieux à mes lecteurs pour qu’à leur tour, ils s’y promènent.

Je suis en train de réfléchir à cette question, car au Salon du Livre de Captieux organisé par notre Association « Les Plumes Indépendantes », le dimanche 30 septembre, (j’espère que vous viendrez, ne serait-ce que pour me souhaiter mon anniversaire!), je serai sur une table ronde abordant cette thématique du territoire dans son écriture.

Je crois aussi que je ne sais pas inventer à partir de rien tout simplement. Inscrire mon écriture dans le réel me convient mieux.

Pour mon recueil de nouvelles sur la thématique du train et de la guerre, j’ai beaucoup lu d’articles sur le net. Ils donnaient à voir et comprendre une époque. Ce travail de recherche enrichit sa créativité. Il permet aussi d’éviter les erreurs et les anachronismes, par exemple, placer les kommandantur au bon endroit et les plasticages de trains dans les bonnes villes.

Cela dit, le vraisemblable est toujours possible. Inutile d’être un ayatollah de la réalité. C’est comme tout, de la modération !

Si la recherche prend le pas sur la structure, le risque est de noyer les lecteurs sous un amas de détails, d’oublier son intrigue en cours de route et de perdre ses personnages.

Le risque est de dire et de ne plus montrer, de bavasser et de ne plus éprouver. L’objectif est que la recherche soit au service de l’histoire et des personnages.

L’émotion doit être première !

 

 

 

 

R comme… Recueil de nouvelles

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

« Il était une plume… » est un recueil de nouvelles à découvrir dès maintenant, écrit par des auteurs réunis au sein de l’Association des Plumes Indépendantes, créée en novembre 2017 par Erika Boyer et Loli Artésia. J’ai rejoint le groupe en février dernier. Nous sommes à ce jour 22 auteurs de tout genre littéraire, et nous grandissons !

L’Association a « pour objet de réunir, soutenir et promouvoir les auteur indépendants et les activités y afférant (correction, illustration, graphisme…) du Sud-Ouest et d’ailleurs, ainsi que leur production littéraire et artistique, par la mise en place d’évènements à caractère culturel afin de sensibiliser un large public à la littérature indépendante« .

Sorti le 16 août 2018, notre recueil de nouvelles porte sur le symbole de la plume et le site de l’Association le présente ainsi : « La plume et ses multiples facettes… Couverture de l’oiseau, outil de l’écrivain, symbole de la légèreté. Pour chacun, elle a une évocation particulière. Toujours, elle nous fascine. Souvent, elle nous échappe.

Quatorze auteurs indépendants ont pris le pari de la prendre pour totem et de lui rendre hommage à travers ce recueil singulier, aux multiples voix.

Laissez-vous happer par ce déluge de plumes, entrouvrez le temps d’une lecture la porte qui mène à leur monde« .

Le recueil est disponible sur Amazon aux formats broché et ebook.

Ont participé : Loli Artésia, Erika Boyer, G!, Attila Valpinson, Flore Avelin, Chris Red, Antoine Delouhans, Hilda Alonso, Pierre Thiry, Tia Wolff, Lou B Simone, Frany Jane Cavalier, Audrey Martinez, et…moi.

Sur le site, Les Plumes Indépendantes découvrez les auteurs et leurs ouvrages ! Abonnez-vous sur Facebook, découvrez les blogs des auteurs. Il y en a pour tous les goûts !

Actuellement, Les Plumes Indépendantes préparent leur Premier Salon à Captieux, dans le Sud-Gironde.

Il aura lieu le dimanche 30 septembre de 10h à 18h au Centre Culturel. Des surprises vous y attendent !

Venez nombreux !

 

Q comme… Quintilien

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

Quintilien, (en latin Marcus Fabius Quintilianus) est un rhéteur et pédagogue latin du 1er siècle apr. J.-C. Il est l’auteur d’un important manuel de rhétorique, Institution oratoire, dont l’influence se prolongea pendant des siècles.

Il est né près de l’actuelle Logroño, dans la province romaine de Tarraconaise en Espagne. Il exerce comme avocat à Rome, revient chez lui comme professeur d’éloquence et avocat. Il regagne Rome après l’assassinat de Néron.

Lorsque Vespasien accède au pouvoir en l’an 69, il décide de promouvoir un enseignement public et son choix se porte sur Quintilien. Il est le premier professeur officiellement rémunéré par l’administration romaine. Son école de rhétorique devient célèbre, il a comme élève Pline le Jeune, peut-être même Tacite.

Je vous devine froncer les sourcils ! Mais que vient faire Quintilien sur un blog d’auteure de littérature noire ?

Un vers célèbre lui est attribué : « Quis, quid, ubi, quibus auxiliis, cur, quomodo, quando = Qui, quoi, où, avec quels moyens, pourquoi, comment, quand ?

Vous me voyez venir ?

Ce principe renferme, ce qu’on appelle en rhétorique, les circonstances d’une situation : la personne, le fait, le lieu, les moyens, les motifs, la manière et le temps. Il peut s’appliquer dans des domaines extrêmement variés. C’est une méthode empirique de questionnement. Sa simplicité, son caractère logique et systématique permet de structurer aisément la restitution des résultats d’une analyse.

Je l’ai utilisé en formation pour aider mes élèves assistants de service social à construire leur intervention collective auprès des usagers du service social. C’est un élément indispensable dans toute méthodologie de projet pour être sûr de n’oublier aucune étape. Nous l’utilisons aussi en matière de résolution de problème.

Le journalisme utilise le même principe. En anglais, il se traduit en Five W’s = cinq W, pour who, what, where, when, why. Ce qui permet un découpage de l’information par priorité. Les cinq W sont assimilés aux règles fondamentales du reportage, à partir du XXème siècle, pour mettre ainsi en évidence un style journalistique différent du style littéraire, à une époque où la professionnalisation des journalistes s’accentue.

Boèce, philosophe et homme politique latin au 1er siècle apr. J.-C., introduit l’usage des circonstances dans l’instruction criminelle : qui est le coupable ? quel est le crime ? où a t’il été commis ? par quels moyens et avec quels complices ? de quelle manière ? à quel moment ?

Vous voyez où je veux en venir ! Pour écrire mes histoires, j’utilise le même principe !

 

 

Q comme… Quiétude

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

C’est mon état d’esprit actuel ! Je viens de vivre trois semaines de faux farniente sous les acacias et les cyprès italiens et je vous retrouve avec plaisir.

Farniente parce que j’étais en vacances. Le vrai nonchaloir consiste à décider activement de… se reposer. Il n’a rien avoir avec la paresse et l’oisiveté. Mot d’ancien français que j’adore, c’est un verbe dynamique pour ceux qui enfin lâchent prise en congés.

Vivre au fil de l’eau, prendre des décisions de l’instant, ne plus se préoccuper d’hier et de demain est une joie infinie. Ce qui défatigue vraiment, c’est ne plus « s’en faire », refouler les soucis familiaux, professionnels, sociaux…

La seule question, en vacances, est le choix de la grillade ou du fruit du soir. La deuxième question est le choix de l’activité du jour, plage, repos ou visite. Et il n’y a pas d’autres questions ! Dommage de ne pas avoir un temps d’hiver sur le même principe !

Faux farniente parce que j’ai écrit tous les jours ou presque. Le plaisir d’écrire un roman est différent de celui d’écrire un recueil de nouvelles.

Les personnages sont en vous tout le temps, ils vous « parlent », vous suggèrent de rajouter telle ou telle scène, parce que la cohérence de l’histoire le réclame. J’ai construit un plan mais je choisis de faire le synopsis buissonnier !

C’est plus fécond ainsi, je ne suis pas enfermée ( vous pensez bien que l’enfermement, ça me parle, donc impossible ! ). Je m’autorise des rajouts ou des enlèvements de scènes, j’ai laissé surgir un nouveau personnage, j’en ai mélangé deux en une…etc…

Me voici arrivée tout doucement à la moitié de mon roman. Depuis que je suis rentrée, je poursuis mon temps d’écriture quotidienne. En même temps, je n’oublie pas que je vous ai promis un 365 jours de haïkus, et j’en écris tous les jours.

Etre sur deux projets d’écriture à la fois, j’aime beaucoup !

 

P comme… Possible

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

Depuis toujours, je me disais que j’écrirai un jour « pour de vrai ». Et un jour, c’est devenu possible.

J’y suis. Depuis peu, c’est devenu une vraie décision.

Bien sûr, il a fallu une première étape : me sentir légitime. Mais au fond pourquoi douter ? Chacun a sa vision du monde, pourquoi ne pas la partager ? J’ai la chance d’exercer un métier formidable (assistante sociale), dans un milieu particulier (la Justice). Chaque expérience est unique, chaque parole est singulière, tout un chacun a droit de les faire connaître. Ensuite, qui m’aime me suive. Il ne s’agit pas de conquérir tous les lecteurs mais de toucher les siens.

Une deuxième étape : me donner à lire. Les concours de nouvelles qui priment régulièrement mes textes sont un atout magnifique. C’est un encouragement permanent. Mes lecteurs existent ! Je peux poursuivre, ils m’attendent quelque part. Certains sont venus à mes dédicaces, je les ai vus ! Ils me lisent et me soutiennent par leurs commentaires. Mes histoires sont noires, elles interrogent l’indicible et l’incompréhensible du crime, mais elles parviennent à toucher.

Une troisième étape : prioriser l’écriture. Je viens de terminer mon long cycle de formatrice à l’Institut Régional du Travail Social. Une expérience que j’ai adorée. Mais je veux plus de temps pour moi. Une autre bonne nouvelle est l’arrivée d’une collègue en octobre. Comme j’avais la « médaille d’or » du secteur Justice le plus chargé de France, je vais enfin avoir moins d’effectifs. Car je ne sais toujours pas ce que c’est une semaine de travail de 35h. Je devrais être moins fatiguée, donc plus créative !

Une quatrième étape : changer de format d’écriture. J’ai écrit des recueils de nouvelles, comme si s’attaquer directement au roman était un impossible. Il me fallait cette étape d’expérience et de formation, avoir du recul sur mon écriture avant de faire le grand saut. Ca y est. J’écris tous les jours ma nouvelle histoire et espère terminer le premier jet pour fin août.

Une cinquième étape : tenter d’autres genres littéraires. J’aime la poésie, particulièrement les haïkus. Je travaille actuellement avec une photographe sur un projet d’album photos/haïkus du Bassin d’Arcachon. Je vous tiendrai au courant. J’ai aussi décidé d’écrire un 365 jours. J’adore ce format qui sort à Noël, photos, maximes… Le mien aura 365 haïkus pour dire la vie, l’amour, la nature, les mille et une observations du quotidien, loin du crime et ses noirceurs.

Une sixième étape : peut-être, sûrement, l’important est d’être en chemin !

P comme… Parricide

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

En ces temps de fête des pères, je ne peux pas m’en empêcher ! Avant tout, je rassure mes lecteurs, j’ai d’excellentes relations avec le mien !

Dans les pays catholiques, on célèbre les pères de famille dès le Moyen-Age, le 19 mars, jour de la Saint-Joseph. Selon la tradition antique, ce culte s’est développé vers le Vè siècle dans certains monastères égyptiens. Cette date est conservée au Portugal, en Espagne, en Italie et les pays d’Amérique latine ayant subi l’influence hispanique.

La première fête non religieuse est créée aux Etats-Unis. Après plusieurs tentatives, c’est la fête instituée le 19 juin 1910 par Sonora Smart Dodd qui connaît un certain succès. L’institutrice regrette qu’il n’existe aucun jour dédié aux pères, contrairement à la Fête des mères. Elle a le désir de rendre hommage à son père qui avait élevé seul ses six enfants après la mort de sa mère. Son choix initial était de célébrer cette fête le 5 juin, jour anniversaire de son père. Le pasteur l’avertit qu’il n’aurait pas le temps de préparer son sermon. Une autre date fut choisie, le troisième dimanche de juin.

En France, c’est le fabricant de briquets Flaminaire qui a l’idée de créer une fête des pères pour des raisons commerciales. Son directeur, Marcel Quercia, pour aider au lancement de son briquet au gaz dans l’hexagone, lance la fête des pères en 1950, le troisième dimanche de juin, sur le modèle américain. Son slogan : « Nos papas nous l’ont dit, pour la fête des pères, ils désirent tous un Flaminaire« . Elle est officialisée par un décret de 1952 qui conserve la règle du troisième dimanche de juin.

Tous les pères ne sont pas à la fête.

Le désir de tuer le père est un fait reconnu depuis longtemps par la mythologie et la littérature : Œdipe-Roi de Sophocle, les Euménides d’Eschyle, Hamlet de Shakespeare, les Frères Karamazov de Dostoïeski…

Parricide vient du latin parricida. Parri signifie parent et cida, qui tue. Pour Jean-Pierre Bouchard, psychologue et criminologue, « le parricide est un crime émotionnel basé sur la rancœur« . Le conflit n’apparaît pas du jour au lendemain, il peut mûrir des mois, voire des années.

Dans l’histoire, le parricide existe depuis longtemps. A Rome, au deuxième siècle avant Jésus-Christ, le parricide est sanctionné pour la première fois ; Lucius Ostius avait tué ses père et mère.

Aujourd’hui, on en compte 30 à 40 chaque année en France. Au XIXè, la moyenne annuelle était de 12. Il touche toutes les classes sociales, des plus huppées aux plus pauvres. Le niveau culturel ou intellectuel n’entre pas en ligne de compte. Cela se passe presque toujours au domicile du ou des parents.

Les auteurs sont très majoritairement des hommes. Ils sont en moyenne âgés de moins de 40 ans, parfois mineurs mais très rarement âgés de moins de 15 ans. Plus l’âge augmente, plus la proportion de maladies mentales est importante. Chez les adolescents, il est commis dans un contexte de vengeance suite à de la violence subie.

Mon premier accompagnement en détention, alors que je commençais tout juste mon stage de 3ème année d’assistante sociale à la Maison d’Arrêt de Pau, était un jeune homme de 19 ans qui avait tué son père. Je ne me souviens plus du contexte familial. Il me reste son visage, sa silhouette fluette, son incapacité à verbaliser, et son regard planté sur moi pendant tout son procès.

C’est cette émotion de l’indicible et de l’incompréhensible que je voudrais donner à mes histoires et mes personnages. Tenter d’approcher cette part de douleur qui mène au passage à l’acte. Essayer de donner des mots à ceux qui n’en ont pas ou plus. Eclairer les tourments et les blessures de ceux qui vacillent et croient qu’en donnant la mort, ils vont se guérir ou se réparer.

J’aimerai qu’on les aime, malgré tout !

 

 

PS qui n’a rien à voir

Haïku du jour

 

l’été enfin là

sur les bords de la Garonne

les orteils en rient

O comme… Organisation

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

Contrairement à l’idée romantique qui domine, l’écriture n’est pas le fruit d’une inspiration quasi-divine qui vous jette soudain sur la page blanche. Ecrire est ardu, cela demande de la concentration et de la rigueur.

Tout apprenti auteur tâtonne pour trouver son organisation !

J’en connais deux qui écrivent le matin avant d’aller au travail. J’en connais une qui écrit un jour sur deux et le week-end, un autre qui vole des moments dans la journée, entre midi et deux. C’est forcément différent pour ceux qui ont une activité professionnelle et ceux qui n’en ont pas !

J’en profite pour vous dire que seuls 2 à 3% des écrivains gagnent leur vie avec leur plume. 97% ont un métier en parallèle, et tous… une vie familiale et sociale !

Flaubert ne se couchait jamais avant 3h du matin, Balzac se levait à 1h du matin pour travailler. Il consacrait 13 heures par jour à l’écriture, Voltaire 16h30. Le philosophe Emmanuel Kant n’écrivait pas plus d’une heure par jour, de 6h à 7h du matin. Amélie Nothomb écrit de 4h à 6h. Voilà qui est très encourageant !

Il y a les auteurs du matin (Victor Hugo, Charles Dickens, Hemingway), de l’après-midi (Nabokov, Styron) ou de la nuit (Kafka).

Alors que l’on imagine le plus souvent l’écrivain assis à son bureau, beaucoup aiment écrire debout tel Hemingway. Dickens, Virginia Woolf, Lewis Carroll et Philip Roth s’appuyaient sur une commode surélevée. A l’inverse, Proust, Mark Twain, Gorge Orwell, Truman Capote et Edith Wharton préféraient écrire allongés, au lit ou en travers du canapé.

Et moi me demanderez-vous ? Pendant longtemps, j’ai écrit de manière désordonnée, par à coups, le matin ou l’après-midi, trois jours de suite puis un temps sans écriture, dans mon lit le week end, ou le soir à mon bureau, dans un café, dans le tram… Cette organisation, qui n’en était pas une, était facilitée parce que j’écrivais des nouvelles et des haïkus.

Depuis que j’ai décidé d’écrire mon premier roman (en réalité c’est le deuxième, le manuscrit dort dans mon tiroir avant mon travail de réécriture), j’ai choisi une organisation plus rigoureuse.

Je me lève en semaine à 6h45, me douche et me prépare un café. J’écris à mon bureau de 1 à 2 heures, tout dépend de mon agenda professionnel. Sur page blanche et au stylo. Le soir en rentrant, je dicte mon texte sur mon ordi. Le week-end, j’écris dans mon lit et mon canapé, plusieurs heures d’affilée.

Ceux qui me connaissent bien savent que je déteste me lever tôt. J’ai encore du mal à bousculer mon horloge interne mais ça viendra. Mon désir d’écrire est plus important. La concentration est vive au lever, les idées s’enchaînent et ce temps pris me donne une pêche d’enfer pour partir au travail !

Il y a tellement de gens qui disent qu’ils vont écrire un jour et trouvent de bonnes raisons pour ne pas s’y mettre. Alors qu’il suffit de le décider, de s’installer et de commencer. Une page par jour, même une demi-page, mais tous les jours. Ni plus ni moins. Quand vous vous sentez le plus en forme, au moment possible dans votre emploi du temps, dans un temps défini.

Il s’agit de défendre ce temps de l’écriture, contre vents et marées, contre tout ce qui viendrait l’envahir (des pensées de découragement, vos enfants et conjoint, une lessive, l’envie de sortir…).

Roland Barthes écrivait : « Je me pose comme écrivain, dans toute l’ampleur, tout le sacré du rôle, pour m’aider à le devenir »,

ou encore

« Je ne me prends pas pour un écrivain mais je dois me prendre pour quelqu’un qui veut écrire ».

O comme… Ombre

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

C’est un mot de la littérature que j’aime beaucoup. Sa sonorité est douce, son mystère entier. Les définitions des dictionnaires vous amènent sur des chemins étonnants. Pas moins de 9 dans le Larousse !

J’aime les ombres des arbres quand la méridienne suffocante plombe les corps. J’aime les ombres des gens qui s’allongent dans le jour déclinant. Je n’ai pas aimé les ombres de Platon. Je n’ai pas beaucoup de goût pour les ombres chinoises, ni pour les ombres à paupières.

Je n’ai pas peur de la mienne, et hors de question de suivre quelqu’un comme son ombre. S’il peut m’arriver parfois d’être l’ombre de moi-même, je ne lui cours pas après. J’essaie aussi de ne faire de l’ombre à personne.

J’ai beaucoup de tendresse pour l’ombre de la prison, bien sûr ! Ce qui m’amène à évoquer la part d’ombre de tout un chacun.

Celle de mes personnages que j’interroge sans relâche dans mes histoires. Cette part qui se dérobe à tout entendement, qui fuit la raison et s’enlise dans l’oubli. S’en approcher, c’est essayer de comprendre ce qui peut bien mouvoir quelqu’un vers la violence ou le crime.

Celle des détenus hier ou des personnels aujourd’hui que j’essaie de nommer pour lui donner des couleurs. Aider l’autre à l’apprivoiser, c’est lui permettre de s’en libérer et d’accéder à une plus douce respiration au-dessus des nuages.

La mienne enfin qui soutient mon désir d’écriture. L’explorer, c’est tenter de s’affranchir des esclavages inconscients, éclairer les mouvements intérieurs parfois inattendus, grandir jusqu’aux décisions singulières, puis mettre cette aventure au service de ma plume.

Soyez à la fois tendre et exigeant avec votre part d’ombre  !

René Char écrit : « Enfonce-toi dans l’inconnu qui creuse. Oblige-toi à tournoyer ».