H comme… Handicap

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

Rien de grave, seulement mes canaux carpiens. Le comble pour une auteure !

J’ai cessé de vous écrire depuis le 30 septembre car pianoter sur les touches (même glisser sur ma tablette) occasionne des douleurs.

Je suis opérée en décembre pour le poignet droit et en janvier pour le poignet gauche. Le temps médical n’est pas le même que celui des patients ! Hélas !!

Rendez-vous en février pour la reprise de mes articles.

En attendant, je vous souhaite de très belles fêtes de fin d’année !

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H comme…Histoire

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

Yves Lavandier dans son ouvrage “La dramaturgie” relate le fait suivant. Dans un camp de concentration, une détenue gardait précieusement un peu de pain et confectionnait des figurines. Puis les animant, elle racontait des histoires tous les soirs.
Le besoin d’histoires est universel. Même dans la pire des situations, elles sont convoquées pour se protéger de l’horreur.

Quand nous lisons ou entendons “ il était une fois…”, les émotions de nos lectures de contes d’enfant reviennent immédiatement à la conscience. Ces récits ont été essentiels, perdurent dans la mémoire, nous ont construits et aidés à grandir.

Dans mon écriture, je suis plus attachée dans un premier mouvement aux personnages. Qui sont-ils ? Quelles épreuves ont-ils traversé pour être ce qu’ils sont, pour expliquer ce qu’ils font ?
Je me place spontanément dans leur tête, essaie de penser et ressentir ce qui les anime. L’émotion est mon moteur.

À partir de là, je construis mes histoires. Des histoires noires pour explorer l’énigme du meurtre.

Mais qu’est qu’une bonne histoire ?
Déjà relativiser, elle ne sera bonne que pour certains lecteurs et pas pour d’autres. Écrire c’est aller à la rencontre de son lectorat propre à son univers.

Une parenthèse : aujourd’hui 30 septembre et demain, je suis au Salon du Livre de Lempzours en Dordogne !

Comme le répète souvent Anaël Verdier, “tout a déjà été écrit mais pas par vous”. Il s’agit de choisir son angle d’attaque, découvrir son originalité, trouver son style, décider de son message… De glisser son écriture personnelle parmi d’autres récits.

Pour moi, une bonne histoire est celle qui suscite des émotions, soulève des interrogations, aide à comprendre le monde. C’est, la dernière page tournée, des images qui persistent, des larmes ou des rires qui s’attardent.

Un des secrets d’une bonne histoire, c’est d’utiliser les cinq sens, écrire ce que mes personnages voient, entendent, touchent, sentent et goûtent . C’est emporter mes lecteurs dans la valse des ressentis. C’est leur permettre de vibrer à leur tour, en miroir.

C’est montrer et ne pas dire. Par exemple, ne pas écrire : “le printemps est arrivé”, mais préférer : “ »ce matin-là, la brume se dissipa découvrant les primevères fripées de froid. Le soleil étirait ses rayons d’or sur mon visage et sur la terre mouillée qui chatouillait mes narines. Mes mains autour de la tasse de café se réchauffaient lentement tandis que bruissaient les étourneaux dans le jeune tilleul”.

Une bonne histoire vous enlève, elle vous malmène dans la tourmente des personnages, vous emporte dans la spirale de leur défaite comme de leur espérance. C’est aimer et haïr avec eux, souffrir et se réconforter, rire et pleurer au gré de leurs aventures.

Et pour vous, qu’est-ce qu’une bonne histoire ?

G comme… Gratitude

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

Mon premier mouvement de gratitude va à mon petit cercle de proches qui lisent mes textes, corrigent, réagissent, s’étonnent, suggèrent… bref commentent, sans complaisance et avec bienveillance à la fois. Mention spéciale pour Elisa Tixen (découvrez son site d’auteure : elisatixen.wordpress.com) et ma mère qui sont des liseuses précises, engagées et justes !

Mon deuxième mouvement de gratitude va aux bloggeuses lectrices qui prennent le risque de lire des inconnus et partagent leurs coups de cœur comme leurs coups de blues, leurs étonnements et leurs déceptions. Je vous invite à découvrir le site de l’une d’entre elles : leslecturesdemaryline.eklablog.com

Elle m’avait offert une belle critique pour mon premier recueil de nouvelles : « Eclats de rage »

« Waouh ! Dès la première nouvelle, on se prend une belle claque ! Je suis restée sans voix… Je n’ai même pas pu continuer de suite sur la deuxième nouvelle, il m’a fallu du temps pour m’en remettre. C’est court mais intense, la fin arrive brutalement et on se la prend en plein visage.

Et la suite est encore meilleure ! Ces adolescents sont perturbés, ils vivent normalement mais une rage au fond d’eux fait que le moment venu, ils craquent, sans se poser de questions. Malheureusement, ça arrive trop souvent, les accès de colère sont humains et personne n’est à l’abri.

Le style d’écriture de l’auteur est très agréable, très aéré, facile. J’ai vraiment passé un super moment en compagnie de ces adolescents torturés. Les mots sont toujours bien choisis et ils nous permettent de voir que tous les humains sont égaux, quel que soit le niveau social, la hiérarchie, l’âge et le rang…

Merci beaucoup à l’auteur pour sa confiance, je vais parler de ce livre partout autour de moi pour qu’elle se fasse connaître du plus grand nombre de lecteurs car elle le mérite ».

 

Je vous donne sa critique sur mon deuxième recueil « Ta mort viendra… et elle aura mes yeux », paru début septembre, sur son blog :

« Son premier recueil « Éclats de rage » avait été un vrai coup de cœur pour moi! J’ai ensuite souhaité lire sa nouvelle présente dans un recueil collectif « Un trou noir c’est troublant« . Aujourd’hui, c’est un autre recueil de nouvelles, entièrement écrit par Agnès de Cize. Et là, je suis partagée…

En effet, j’ai adoré certaines qui ont été un vrai coup de cœur :

– la 4 est très noire, le suspense va crescendo et le final est au top !

– la 5 est parfaite, avoir les deux versions, le coupable et les enquêteurs, c’est fascinant !

– la 7 est machiavélique, j’adooore !

– la 11 est étouffante, angoissante, vraiment super.

– j’ai adoré la 12 qui est la meilleure avec une fin surprenante et ouverte… un vrai thriller.

– une mort et une enquête rapide font de la 13 un bon polar super rapide, j’adore !

– et la 14 a une fin… surprenante !

D’autres sont très intéressantes mais avec quelques petits défauts :

– la 6 aurait pu être vraiment sympa mais elle est vraiment trop courte et on n’a pas le temps de comprendre qui, quand, où ?

– la fin de la 10 est un peu trop brutale à mon goût, je n’ai rien vu venir…

– la 15 est vraiment très angoissante mais il manque un peu de suspense.

– et la 16 est saisissante et triste, mais finalement très belle.

Et pour finir, je vais parler de celles qui n’ont pas réussi à me transporter :

– dans la 1, je n’ai pas compris qui était qui, il y a une confusion dans les personnages.

– la 2 est bien trop vague, trop rapide, on ne sait rien…

– la 3 est inutile pour moi.

– la 8 n’est pas très crédible.

– je n’ai pas compris la 9 qui est trop irréelle.

En conclusion, je trouve que c’est plutôt un bon recueil qui regroupe de très bonnes nouvelles comme de moins bonnes. L’auteur a une écriture agréable que j’apprécie vraiment. Les mots sont simples, le film est fluide, on se prend au jeu facilement. La vengeance et la mort sont le fil conducteur de toutes les histoires comme le prouve très bien le titre qui est vraiment bien trouvé et qui colle parfaitement au recueil complet. Tout se passe vers la Garonne ».

 

Vous l’aurez deviné, la première critique est plus agréable à lire que la seconde. Elle m’a galvanisée et encouragée à poursuivre mon activité d’écriture.

Mais c’est la seconde qui permet de progresser. En amont, re-la-ti-vi-ser : elle juge un texte pas une personne. Le ciel ne s’écroule pas sur ma tête. Aucune raison de se dénigrer ou de fragiliser son estime de soi. Pas de mea culpa à n’en plus finir non plus.

Par réflexe, le « négatif » s’attarde d’abord dans la tête alors que certains textes, la bloggeuse les a adorés (7) ou trouvé intéressants, (4). Dans un premier temps, il s’agit de retenir ce qui a « marché », analyser ce qui a plu, ému, s’assurer comme en cordée avec les textes qui « fonctionnent ».

Ensuite, revenir sur les nouvelles qui ont moins de grâce à ses yeux (5), pour comprendre, envisager ce qui aurait pu être retravaillé (ou pas, car l’auteur a toujours le dernier mot).

Donner à lire ces textes est un pas important dans sa construction d’auteur. Accepter les remarques, c’est prendre de la distance avec son écriture, analyser les effets de ses textes sur autrui. Entre l’intention et la réception, un écart persiste. Il s’agit de décoder ce qui se passe entre écriture et lecture. L’essentiel est de pouvoir progresser dans la construction de ses histoires, la caractérisation de ses personnages, l’aisance de son style…

J’admire beaucoup les lecteurs qui savent parler de leur rapport aux livres. Je n’aime pas du tout cet exercice pour ma part. Je remercie chaleureusement celles et ceux qui acceptent de me proposer leurs réflexions sur mes textes.

Alors n’hésitez pas ! Sur mon blog, sur Amazon, par courriel, en direct, en différé… J’ai besoin de vous !

Car ma dernière et troisième gratitude est pour vous, mes lecteurs de toujours et mes futurs lecteurs !

 

PS Je serai à la Foire aux Livres de Saint-Jean-Pied-de-Port (64) le dimanche 17 septembre, au Salon du Livre de Lempzours (24) le samedi 30 septembre et dimanche 01 octobre et au Salon du Livre de Sainte-Hélène (33), le dimanche 22 octobre. Venez nombreux !

 

G comme… Garazi

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

Pour mes nouveaux abonnés « estrangers » qui vivent au-dessus de l’Adour, Garazi est le nom basque de Saint-Jean-Pied-de-Port. J’y ai passé mon enfance et adolescence. Je ne sais pas encore ce qui transparaît dans mon écriture comme éléments liés au territoire et aux expériences passées.

Je pense qu’il faut plusieurs ouvrages pour lire ces empreintes.

L’année dernière, St Jean a reçu le label du « Plus beau village de France ». Ce qui est amusant, c’est qu’on l’a toujours nommé ville ! De chez mes parents, je dis que je descends en ville, je ne dis jamais village.

« La sélection des villages se déroule en quatre étapes (ainsi décrites par l’Association, cf leur site : www.les-plus-beaux-villages-de-France.org)

1- L’expertise sur dossier

Le dossier de candidature, porté par la commune elle-même ou par une structure intercommunale si elle a été mandatée à le faire, doit assurer que le bourg (ou plus rarement le hameau) faisant l’objet de la demande satisfait aux 3 critères éliminatoires suivants :

– Attester d’une dimension rurale, c’est-à-dire avoir une population agglomérée maximale de 2000 habitants.

– Posséder, sur son territoire, au minimum 2 sites ou monuments protégés (classés ou inscrits).

– Prouver d’une adhésion collective au projet de demande de classement par la fourniture d’une délibération du Conseil municipal.

La Commune peut verser au dossier tous documents qu’elle jugera utile à sa démarche. A réception du dossier au siège social de l’association, celle-ci notifie à la commune l’acceptation ou la non recevabilité de sa candidature. Aucune demande de classement n’émane d’une sollicitation d’une commune par l’association

2- L’expertise sur site

Lorsque le dossier de candidature a reçu un avis favorable, la commune fait l’objet d’une visite-expertise à une date convenue entre le Maire et le chargé de la politique Qualité de l’association.

Cette expertise est basée sur une grille de 27 critères objectifs permettant de mesurer l’importance et la valorisation du patrimoine du village, sa qualité architecturale, urbanistique et environnementale ainsi que la pertinence des actions de la commune en termes de maîtrise et de mise en valeur de son territoire (outils d’urbanisme, maîtrise des flux de fréquentation, aménagements esthétiques…).

Elle se traduit par un entretien préalable avec le Maire de la commune (entouré de toutes personnes de son choix), au cours duquel sera fourni à l’association un certain nombre de documents nécessaires à l’expertise, avant de s’achever par un reportage photographique technique.

3- La Commission Qualité

Composée d’élus membres de l’association mais aussi de personnalités qualifiées ou « experts », la Commission Qualité siège 2 fois par an. Elle décide, de manière souveraine, de la suite à donner au rapport d’expertise présenté par le chargé de la politique Qualité de l’association.

4 décisions sont possibles :

– le classement sans réserve (n’excluant pas la formulation d’observations ou conseils à des fins d’amélioration de sa qualité).

– le classement avec réserves, mentionnées dans le compte-rendu d’expertise ainsi que dans la charte qualité et que la commune devra, dans ses actions à venir, s’efforcer de lever.

– le non classement temporaire, permettant à la commune dont le potentiel a été reconnu, de renouveler sa demande de classement, à une date qu’elle jugera plus opportune en fonction de l’amélioration de sa qualité.

– le non classement définitif éliminant (sauf exception dûment motivée), toute possibilité de renouvellement de candidature.

4- La Charte de Qualité

Elle officialise l’entrée d’un nouveau village dans l’association. Sa signature par le Maire de la commune concernée (à laquelle peut s’ajouter celle du Président de la structure intercommunale mandatée pour le projet de classement) et le Président de l’association est obligatoire et doit intervenir dans un délai maximum d’un an à compter de la date à laquelle la Commission Qualité a rendu sa décision. Elle donne une première occasion au village de faire connaître et de valoriser son classement au titre des Plus Beaux Villages de France auprès des habitants, des Collectivités locales, et des media.

La Charte de Qualité implique, pour l’association tout autant que pour le village, un certain nombre d’engagements. L’association concède ainsi à la commune (ainsi qu’à ses structures satellites : Office de Tourisme…) le droit et même le devoir d’utiliser les emblèmes figuratifs de sa marque déposée (logo), la fait bénéficier des actions et services qu’elle conduit pour améliorer la qualité, la notoriété et le développement de l’ensemble des villages de son réseau.

De son côté, la commune s’engage, sous peine de déclassement, à s’impliquer, de manière active et dans le respect des principes édictés par l’association, à la mise en œuvre de sa stratégie, non seulement par le paiement d’une cotisation mais aussi par sa participation aux réunions de travail de l’association. Elle doit également poursuivre ses efforts quant à l’amélioration de sa qualité générale (patrimoine, accueil, développement…) en s’appuyant sur la valorisation de son classement.

Cette méthode de sélection, si elle est extrêmement rigoureuse (environ 1 demande de classement sur 5 seulement aboutit favorablement), s’avère néanmoins nécessaire à la crédibilité des villages et du réseau auprès du grand public quant à la promesse d’excellence qui lui est faite.

Les villages classés antérieurement à 1991, date de la mise en place de la grille d’expertise multicritères, font par ailleurs l’objet d’une vérification de leur qualité à l’appui de cette grille et peuvent voir leur classement remis en question par la Commission Qualité ».

 

Cet été, le magazine féminin Maxi, un hebdomadaire, a fêté le 25ème anniversaire de l’Association. Une journaliste a choisi de m’interviewer (orientée par l’Office de Tourisme). Elle cherchait des personnes civiles engagées pour faire connaître leur village.

Abdy Warhol écrivait en 1968, « à l’avenir, chacun aura son quart d’heure de célébrité mondiale ». Mondiale, pas encore, mais mon autre site saintjeanpieddeport.wordpress.com reçoit des visiteurs de la planète entière.

Je ne résiste pas à l’envie de vous donner à lire l’article ! Excepté la conclusion (nunuche) que je n’ai jamais prononcée, il est plutôt fidèle à ce que j’ai dit.

Espérons que cela vous attire à Garazi !

1 article maxi juillet 2017

 

F comme… Famille

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

La famille est perçue par 90% des français comme une valeur centrale de la société. Si l’on considère l’Europe, en 2014, 85% des Européens, quelque soit l’âge, considèrent la famille comme très importante.

Julien DAMON (article « La valeur famille en tendances ») rappelle que 57% des Français pensent que « la famille est le seul endroit où l’on se sente bien et détendu ».

Même si cette valeur s’érode, elle reste au premier rang du palmarès des valeurs, (le travail est en seconde position), au-delà des transformations des structures familiales, classiques, monoparentales, recomposées, homoparentales…

Alors, quel paradoxe de lier famille et crime.

Et pourtant… L’affaire Grégory vient de brutalement nous le rappeler. Dans plusieurs pays, plus du tiers (entre 30 et 40%) des homicides sont commis dans la famille. En France, en 2014, 28% des homicides sont intervenus dans le cadre conjugal et familial.

Dans mon premier recueil de nouvelles, « Eclats de rage », 3 histoires sur 7 sont intra familiales. Dans mon second recueil, « Ta mort viendra… et elle aura mes yeux », 6 sur 16 textes le sont.

Bernard Savin écrit dans son article « Le divan familial » (paru dans la Revue de Thérapie Familiale Psychanalytique, janvier 2001) : « Nombre de crimes sont perpétrés en famille, ils peuvent être passionnels ou issus de vieilles haines ou bien encore porter la marque de jalousies portées au paroxysme. (…) Mais, quelles que soient sa forme et sa victime, tout crime a un retentissement familial. Il parle à la famille et parle de la famille. (…) Le crime perpétré par un membre d’une famille provoque un traumatisme important dans son sein. D’autant que l’acte criminel vise, parfois, à tenter de remettre en travail psychique les effets d’un traumatisme familial transgénérationnel, d’un événement réel, ancien, qui n’a pu être élaboré psychiquement et intégré à l’histoire mythique familiale. Le sujet tente par son acte criminel de remplir des blancs de la généalogie, de la mythologie familiale, de l’histoire familiale ».

Dans une étude québécoise (ancienne, 2004) les plus prévalents sont l’uxoricide, (homicide conjugal) (19,2% de tous les homicides résolus), le filicide (7,4%) et le parricide (3,4%). Mots bien savants pour dire l’horreur.

Trois trajectoires de crimes différentes.

Selon une enquête de Médiapart, tous les deux jours et demi, en France, un couple est le théâtre d’un meurtre. En 2013, 118 hommes ont tué leur compagne, 2 hommes sont morts, tués par leur compagnon. 23 femmes ont tué leur conjoint (dont 5 étaient victimes de violences conjugales). Cela représente 17,40 % des homicides et des violences volontaires ayant entraîné la mort sans l’intention de la donner.

D’une manière générale, les hommes tuent plutôt pour « garder » leur femme (même morte, elle leur appartient encore), pour s’opposer à la rupture, tandis que les femmes tuent pour entériner cette rupture dont elles ont pris l’initiative ou pour se dégager d’une relation devenue insupportable.

L’infanticide concerne le meurtre d’un nouveau-né, il est proche du terme de néonaticide qui désigne le meurtre d’un enfant le premier jour de sa vie. Filicide et libericide désignent le meurtre d’un enfant plus âgé.

Le déni de grossesse est un impensable dans notre société. Même les professionnels se retrouvent dans un désarroi réel « lorsqu’ils apprennent tout à la fois la grossesse, la naissance et la mort du bébé ». Or le travail de prévention est absolument nécessaire. Daniel Zagury distingue plusieurs dénis de la conception : « déni des métamorphoses corporelles, déni d’altérité, déni du processus vital en cours, déni de signification, déni de l’inéluctabilité du terme de la grossesse ».

Dans les situations de meurtres d’enfants plus âgés, ces mères souffrent souvent de troubles psychiatriques. Elles ont connu des souffrances narcissiques graves dans l’enfance. Daniella Angueli évoque cet espace complexe « où les champs de la psychose, du meurtre altruiste du mélancolique et celui du syndrome de Münchhausen par procuration sont difficiles à démêler ».

Certains auteurs étudient la situation familiale dans son ensemble et soulignent que la présence de certains éléments favorise la parricide : « un climat familial de confrontation, la présence de moyens violents pour régler les conflits, la notion de déni souvent présente dans la famille, la présence d’une arme à feu à la maison, ainsi que la présence d’abus physique, sexuel ou émotionnel ».

Dénouer les liens entre famille et crime s’avère un travail de titan. Les études sont pléthores. Elles me donnent, dans mon travail d’auteure, un excellent terreau pour mon imagination. Elles me permettent aussi de caractériser mes personnages au plus près des réalités sociales.

Ma profession d’assistante sociale me porte naturellement vers la compréhension des situations dans une approche pluridisciplinaire. Chaque courant théorique offre une facette explicative pour approcher l’énigme de l’amour, la vie et la mort.

J’aime bien m’appuyer sur ces regards kaléidoscopes pour comprendre le monde. En tant qu’auteure, j’entends préserver cette ouverture multi-dimensionnelle. Je picore des éléments pour construire mes histoires et aider le lecteur à comprendre, voire à aimer, mes personnages quel que soit leur crime.

Parfois, (souvent ?), la littérature éclaire plus facilement l’esprit que le plus chevronné des spécialistes !

F comme… Farniente

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

Juillet est mon mois de vacances.

Je mets mes neurones en sommeil au soleil de la Toscane. Ah l’Italie et sa criminalité notoire.

Selon l’article de Wikipedia, le terme de mafia a des origines diverses. Dans les années 1860, des documents officiels évoquent le mot pour désigner une association de malfaiteurs et un comportement de la société sicilienne couramment admis à l’époque. Il  signifie beauté, bravache et audace dans la langue populaire d’un quartier de Palerme.

L’expression prise dans son sens criminel apparaît en 1863 dans une pièce de théâtre « I mafiusi di la Vicaria », où le personnage du mafioso est le « camorista » ou l’homme d’honneur, celui qui s’oppose ouvertement aux institutions gouvernementales, exhibant courage et supériorité.

Cette pièce est à l’origine du mythe de la mafia protectrice des faibles et symbole de comportement honorable de la part de ses membres.

En 1877, la mafia est décrite comme « une industrie de la violence », certains auteurs déclarent qu’il s’agit bien d’une organisation criminelle.

La Sicile est le berceau de la mafia mais le terme s’applique à toute forme de crime organisé (on parle de mafia américaine, russe, irlandaise, italienne, turque, albanaise, corse, chinoise, japonaise…).

Le terme est également lié à la notion de « parrain ». Le premier véritable « parrain » de la mafia s’appelle Vito Cascio Ferro (1862-1943). Il modernise l’organisation, impose le « pizzu » (impôt, racket), à tous les commerçants. Il raconte qu’il va « picorer » chez les commerçants comme le moineau pique son bec dans une flaque d’eau pour boire, d’où le terme « pizzu ».

Il est le parrain qui chapeaute tous les « cappo » qui eux-mêmes dirigent tous les hommes de main. Chaque « capo » a un « consigliere », un bras droit.  Il est la légende qui inspirera le personnage du film « Le Parrain ».

J’ai une tendresse inconditionnelle pour cette terre. J’aime tout, ses habitants, sa culture, ses paysages, ses pierres… Je suis comme un poisson dans l’eau ici.

J’ai emporté pour mon farniente italien un carton de polars. J’ai de la lecture à rattraper ! J’ai aussi prévu quelques travaux d’écriture. La terre italienne vibre d’histoires de mafiosi.

J’espère bien qu’elle inspirera ma plume !

 

E comme… Enfin !

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

Depuis le temps que je vous en parle, j’ai le plaisir de vous informer de la sortie en auto-édition de mon deuxième recueil de nouvelles noires.

Vous le trouverez sur Amazon en version liseuse et en version papier. J’attends aussi un carton d’ouvrages de mon imprimerie bordelaise dans les jours qui arrivent, (prix 10 euros).

Pour les girondins, envoyez-moi un courriel avec votre numéro de téléphone, si vous souhaitez en commander. Je vous en garde un exemplaire, ou plusieurs si vous voulez faire des cadeaux, et vous appellerai pour convenir d’un RV, vous éviterez ainsi les frais de port.

 

 

Sa quatrième de couverture

Sur les bords de la Garonne. Discrète Garonne qui traverse toutes les nouvelles.

La vie bascule dans l’innommable. La mort et l’amour se mêlent et s’emmêlent.

Au nom des souffrances du passé. Au nom de l’amour blessé ou absent. Dans le passage à l’acte meurtrier, chacun croit guérir et conquérir l’espoir.

Agnès de Cize poursuit son interrogation sur l’énigmatique faille du meurtre. L’intentionnel, l’opportuniste, l’accidentel, l’étrange… une même question. Pourquoi ?

Certaines réponses vous arracheront un cri, d’autres vous laisseront sans voix. Mais non sans larmes au bord des cils.

 

Voilà

Une deuxième aventure s’achève. Mes histoires ne m’appartiennent plus et je vous les offre en espérant qu’elles susciteront des émotions vibrantes.

Je suis particulièrement fière de ma couverture que j’ai conçue toute seule sur la table de ma salle à manger. Le reflet sur le coupe-papier est un rayon de soleil couchant, je vous rassure, je n’ai tué personne !

Je vais maintenant poursuivre l’écriture des nouvelles de mon troisième recueil. Je file en Toscane avec feuilles et stylo, ordi et souris.

J’attends fébrilement vos commentaires !

E comme… Emotions

Dans mon identité professionnelle d’assistante sociale, elles sont au cœur de tout entretien avec les personnes en difficultés. Permettre de les vivre est déjà commencer à les apprivoiser. Mais rester dans les émotions parasite la pensée et l’action. Il s’agit de les nommer pour favoriser la compréhension de soi pour mieux envisager les choix à poser. Légitimer les émotions, les reconnaître, c’est redonner du pouvoir décisionnel à l’autre. Mettre des mots sur des ressentis ouvre alors l’espace aux mots de la raison et de la distanciation. Il devient alors possible de réfléchir et de trouver du sens aux épreuves traversées.

Mon identité d’auteure se construit à partir de mes émotions. Elles lancent mon désir d’écrire pour partager mes coups de cœur et de colère, interroger le mystère de la haine et de l’amour, sonder l’énigme du crime. Elles coulent dans mon encre car elles seules légitiment le souffle de la vie. Ecouter mes émotions, c’est apprendre à construire mon message d’auteure.

Elles sont au cœur de tous mes projets d’écriture. J’écris aussi à partir des émotions de mes personnages pour susciter celles de mes lecteurs. Il s’agit alors de mettre les siennes en sourdine pour être dans la cohérence des personnages. Il s’agit de ne pas les confondre mais de chercher ce qui appartient vraiment à mes héros. Cette injonction paradoxale de donner de l’émotion tout en ne la vivant pas soi-même est une posture d’auteure qui se travaille.

Dans la littérature noire, les quatre émotions de base, la colère, la peur, la tristesse et la joie, ne jouent pas dans la même catégorie !

Dans mon premier recueil de nouvelles, la colère est l’émotion dominante. Son titre est déjà très explicite « Eclats de rage ». Elle anime mes ados douloureux, elle les submerge jusqu’à l’irréparable. Ils n’ont pas de mots audibles pour la reconnaître. La colère, versant faiblesse, signe la défaite de la parole. Dans les parcours des détenus que j’ai accompagnés, elle était souvent au cœur de leur agir délictuel ou criminel. Dans les histoires de vie des agents que j’accompagne, elle est souvent retournée contre eux-mêmes, et le corps parle quand les lèvres peinent à s’ouvrir.

La colère, versant force, permet de s’indigner des injustices, de la précarité grandissante dans nos villes et nos campagnes, de la désespérance muette à nos frontières, des dictats des marchés financiers, des prédateurs et dictateurs qui écrasent l’humanité blessée. La colère est dans l’ADN du travail social. Chargés de mettre en œuvre les politiques publiques, nous sommes en première ligne pour en comprendre les faiblesses et les dérives. Nous devons avoir une colère constructive pour interpeler nos hiérarchies et les grands de ce monde.

La peur n’est pas forcément mauvaise conseillère. Elle signe l’alerte et le besoin de sécurité, elle permet d’anticiper un danger potentiel. Dans son versant négatif, elle est obstacle à l’action, elle paralyse pensée et décision.

La tristesse est une émotion familière mais l’aptitude au bonheur s’apprend au fil des rencontres et des expériences. Elle est la plus discrète des émotions, vive en soi, imperceptible pour une écoute inattentive. Elle se loge au bord des cils, déborde parfois en larmes silencieuses. René Char, mon poète préféré écrit, « Il faut pleurer pour grandir ».

Reconnaître la tristesse est important, la reformuler à la hauteur de son intensité est essentiel pour que l’autre la transforme. On ne peut pas désirer à la place de l’autre mais on peut donner du souffle et du désir de désir. Je me sens à l’aise avec cette émotion quand je la perçois chez l’autre, et j’espère que mon écriture sait la susciter chez mes lecteurs, quand j’ai envie qu’ils protègent et aiment mes personnages, quoiqu’ils décident.

C’est compliqué la joie. Emotion éphémère qui ne sait pas s’installer dans la durée. Savoir pratiquer la joie, pour semer de la tendresse autour de soi, est un apprentissage intime qui permet de déboulonner les statues de la tristesse et de la peur, de refuser l’auto-apitoiement et de se remettre en question.

Dans son versant négatif, la joie exaspère les blessés de la vie. Elle nie parfois la douleur de l’autre, le renvoie dans ses cordes du désespoir. La joie est une arme redoutable qui peut briser les fragiles de l’existence tant sa clarté vive agresse ceux qui tremblent.

Ecrire enfin pour susciter vos émotions de lecteurs, vous permettre de traverser toute la gamme des quatre émotions de base et leur camaïeu. J’aimerai que vous ragiez, pleuriez, frissonniez, souriez (à défaut de rire)… que mes histoires de meurtres vous bousculent, que mes personnages criminels et victimes vous emportent.

S’émouvoir pour se sentir vivant !

D comme… Décision et Discipline

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

Je peux d’autant plus en parler que les miennes sont primesautières et irrégulières depuis septembre dernier ! Dans la lancée de la formation à l’Académie d’Anaël Verdier, j’ai tenu une écriture régulière. Se donner des contraintes d’organisation est fondamental.

Désirer écrire n’est rien sans la décision d’écrire. J’écrivais dans mon article précédent que le désir s’incarne. Attendre que la Muse se manifeste est une erreur, attendre que la pulsion d’écrire vous pousse à votre table est une autre erreur. Tourner ses personnages et ses histoires dans le silence de sa conscience est insuffisant.

L’adage d’Anaël est vrai : tant que c’est dans votre tête, cela n’existe pas !

Le mouvement vers l’écriture est paradoxalement un mouvement extérieur : se bouger jusqu’à son ordinateur ou ses feuilles blanches, se préparer un café ou un thé, faire courir ses doigts sur le clavier ou le stylo sur son bureau… tout est mouvement.

Beaucoup d’écrivains racontent, avec plus ou moins de réticence, leur rituel. En tant qu’auteure, je n’ai pas vraiment choisi le mien. Ce qui est surprenant, je suis plutôt fan des rituels, ils sont mémoire et repère, sécurité et témoignage.

Pour l’écriture, je butine des actions diverses. D’où cette mise en route disparate ! J’écris le matin ou le soir, en semaine ou en week-end, sur un temps court ou un temps long… J’écris dans mon lit (j’adore), dans mon canapé, dans un café, sur un banc… Sur l’ordinateur maison ou le portable, dans un cahier ou sur des feuilles…

Je suis dans une indiscipline effrontée ! Surtout que l’écriture vient après mon travail, ma vie privée et mon intervention à l’Institut Régional de Travail Social. D’où une année blanche, trop de travail ramené à la maison, trop de temps pour les travaux de mes étudiants, trop de procrastination !

J’ai décidé que cela allait changer. La saison des résolutions est toujours septembre et janvier. Pour moi ce sera juin.

1. Changer mon rapport au travail : c’est compliqué, mon engagement dans mon métier est une question éthique qui ne se discute pas. Cependant, si j’abandonnais le désir d’être tout le temps à jour et de ne pas faire attendre les agents, cela me faciliterait la vie ! Les personnels peuvent comprendre, je suis seule à me mettre la pression.

2. Interrompre mes vacations de formatrice à l’IRTS : fondamentalement passionnée par l’activité pédagogique, ce n’est pas sans pincement au cœur que j’ai pris cette décision. J’arrête les suivis mémoires, les préparations à l’épreuve de politiques sociales dès maintenant. Il ne me reste que quatre élèves pour les dossiers de pratiques professionnelles à accompagner sur leur troisième année. Je vais retrouver du temps personnel.

3. Ecrire régulièrement. Je suis en congés tout le mois de juillet. En août, dès mon retour, je me donnerai des contraintes de production.

Discipline vous dis-je !

 

D comme… Désir

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

Ah un des plus beaux mots du dictionnaire. L’identification de ses désirs est le premier pas vers le bonheur. Reconnaître ce qui fait sens pour soi dans les tumultes de la vie est essentiel. Se mettre en route pour les vivre est une deuxième étape.

Dans ma construction personnelle, j’ai rencontré quelques difficultés à éclairer quels désirs étaient vraiment les miens. Distinguer celui de l’Autre qui vous colle à la peau afin de s’en détacher n’est pas chose aisée. J’ai eu de la chance, j’en ai conscience tous les jours.

Etre assistante sociale était un vrai choix personnel, d’exercer en prison aussi. Aimer qui j’aime est un autre choix. Et désirer ne suffit pas, le concrétiser par des actes est incontournable.

Avoir décidé d’écrire « pour de vrai » a été une étape particulière. Le désir d’écrire était dans mes veines depuis toujours mais… Le désir s’incarne grâce à des personnes qui arrivent sur votre route à point nommé, elles sont la goutte d’eau qui vous fait chavirer vers votre désir profond, à condition d’affronter la peur et l’angoisse du présent.

Seul le regard porté sur hier vous conforte dans vos choix, vous savez alors si vous avez pris le bon chemin vers vous-même. Cependant il est toujours temps de bifurquer vers son désir singulier si on s’égare sur des chemins annexes. Heureusement, la vie n’est jamais figée. C’est sa grandeur et son vertige.

Ce qui m’interroge dans le désir, c’est lorsqu’il se transforme en pulsion. Je retiens de mon expérience en détention cette énigmatique question : comment contenir la pulsion ? comment retrouver le désir ?

Oui, j’ai une profonde empathie pour les criminels parce qu’ils n’ont pas su accéder au désir, parce qu’ils n’ont pas eu les bonnes rencontres pour les y aider ou parce qu’ils n’ont pas su saisir les opportunités pour être accompagnés.

J’ai choisi d’être à leurs côtés parce qu’ils sont effroyablement isolés dans une nuit noire. Leur épouvante est réelle.

Leur solitude face à eux-mêmes est intolérable. Personne ne les a aidés à médiatiser ce qui les a submergés à un moment T. Je repense régulièrement à R.G. un détenu que j’ai suivi sur sa fin de peine de 15 ans, violeur de femme adulte, qui peinait à comprendre ce qui le mouvait.

Il est sorti, a récidivé dans les 24 heures. Le hasard a fait que je l’ai revu à la permanence entrants. Nous avions établi une relation de confiance, il s’est effondré en entretien, soudain petit garçon en pleurs et extrêmement lucide, qui ne comprenait plus rien. Il s’est suicidé dans la nuit.

La pulsion est une aliénation insupportable, elle implique un sentiment d’urgence et d’impérativité. Elle nie l’Autre et sa liberté. Elle altère la volonté.

Le désir s’inscrit dans la temporalité et l’échange. Il est source de partage. Il reconnaît l’altérité. Il est ouverture, il s’inscrit dans l’indépendance et la liberté.

J’aimerai par mon écriture participer à cette réflexion. J’aimerai que mes lecteurs m’accompagnent dans cette quête. Mes personnages sont davantage animés par des pulsions que par des désirs. Ils peinent à identifier les tourments qui les aveuglent. Transformer la pulsion mortifère en désir vivant, tout un chemin !

Interroger le passage à l’acte criminel, c’est sonder ce mystère du désir et de la pulsion.