F comme… Formation (1/3)

Suite à mon premier Dictionnaire Amoureux, j’ai décidé de vous en écrire un second ! Je poursuis l’aventure afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure de polar et de poésie. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

Me revoilà sur mon blog ! après deux mois d’absence. Parfois la vraie vie prend le pas sur l’écriture. Je suis ravie de vous retrouver.

Je rentre (remobilisée) de La Rochelle, ville que j’adore. Une semaine de promenade en fin d’après-midi et soirée : rêver de prendre le large avec les voiliers du port, s’attarder en terrasse avec un verre de vin blanc, découvrir de nouveaux restaurants de poissons et de crustacés…

J’espère que mes haïkus du jour et du soir de toute la semaine sur facebook vous auront donné envie de la découvrir ou la revoir !

J’avais annoncé que j’allais freiner mes engagements de formation mais ce n’est pas possible. C’est dans mon ADN ! Je finirai à l’Université du temps Libre dès ma page professionnelle terminée, c’est sûr !

L’intitulé de ma formation organisée par le CERF : « Atelier d’écriture, un outil de médiation et de pratique éducative ». Sous-titre : « Mettre en place un atelier d’écriture ».

La formatrice Catherine Berthelard est une passionnée patiente et pleine de ressources, bienveillante et à l’écoute. Elle anime des ateliers d’écriture et conduit des formations au CERF, Aleph, Sofor… Un expérience qu’elle partage avec générosité.

Nous étions 12, de tout âge, venus de toute la France. Cinq hommes : Florian et Jérémie, infirmiers en psychiatrie, duo boute-en-train; Eddie, aide-soignant très engagé dans la vie de son service hospitalier; Fabrice éducateur impliqué auprès d’ados en difficultés et Gregory, éducateur soucieux de permettre l’accès à l’écriture, de son public déficient intellectuel.

Sept femmes : Béatrice, éducatrice, admirative des productions de son groupe; Christelle, engagée passionnément auprès d’élèves de SESSAD; Angélique, infirmière en centre de jour soucieuse de diversifier ses propositions d’écriture; Nathalie, infirmière en psychiatrie, très heureuse de nous montrer les productions de son groupe de patients; Anne assistante sociale dans un conseil départemental, espérant offrir un atelier d’écriture aux usagers en difficultés. Et moi avec trois projets différents (dont je vous parlerai dans un prochain article).

Dès les premières minutes, avant le tour de table traditionnel, une proposition d’écriture. Chaque stagiaire a écrit six mots sur six bouts de papier, mis dans une boite. Catherine tire au sort un premier mot et nous avons deux minutes pour commencer notre texte, puis elle tire un second mot, deux minutes pour poursuivre, et ainsi de suite. Deuxième temps : lecture des textes et retours sur ce qui nous a plu. Une manière de se connaître par la médiation du texte. Original !

J’ai aimé toute la semaine (en général, je suis plutôt exigeante!), apprécié nos échanges et nos productions. Catherine a alterné des temps différents, éléments théoriques (jamais assez denses à mes yeux, mais c’est toujours comme ça, j’irai lire) et exercices pratiques. Rien ne remplace la richesse des mises en situation. Vive la pédagogie active !

Nous avons exploré quatre champs possibles :

1. le jeu,

sans autre objectif que de s’amuser avec des mots ou expressions, tirés au sort. Pour le premier texte du premier jour : jardin, plein air, l’orage arrive, étreinte, bleu azur, autre, soigner les maux par les mots, montagne, les saisons, la promenade, la psychiatrie, rêve.  Pour le dernier texte du dernier jour : océan, macabre, sport, au temps des cathédrales, beauté, ma fille, nourriture, feu d’artifices, parsemer, croquant, aimer, saperlipopette, pleurer, orient, amis, sensibilité, rire.

Si si, je vous assure, on peut tous les intégrer dans un seul écrit. Je vous le prouve en vous donnant mon texte. Ne cherchez pas la perfection, c’est un exercice ! Juste pour vous donner envie de courir, près de chez vous, rejoindre un atelier d’écriture.

« Au temps des cathédrales, c’était du sport de rejoindre l’océan avec ses amis. Quitter l’orient tant aimé, et ses montagnes, demandait des jours et des jours. Saperlipopette. Ma fille pleurait toutes les nuits, sa sensibilité était heurtée par tout ce qu’elle voyait de brutal et de macabre sur les routes de France. Heureusement la beauté des villes et de leurs feux d’artifices, la découverte des biscuits croquants aux amandes et de la nourriture saine des campagnes traversées, lui redonnaient le sourire. Elle cessait de pleurer en parsemant de miettes sa jolie robe et se mettait à rire, rire et rire. »

2. la fiction pour explorer son imaginaire,

choisir deux photos (et/ou tableau) représentant une personne (ou un animal) et un lieu, puis à partir d’une énumération :  prénom, nom, âge, métier, de la famille ou pas, ce qu’il aime, ce qu’il déteste.

Mon personnage, « La femme au ruban » et « l’Eglise Saint-Pierre à Paris » (tableaux de Maurice Utrillo) : Albertine Delmas, 30 ans, est danseuse au Moulin-Rouge, elle est montée à la capitale après une dispute avec ses parents qui ont une ferme en Auvergne, dont s’occupe désormais son frère. Elle aime les rubans et s’apprêter, elle déteste les chevaux.

1ère consigne : il s’agit de raconter un épisode arrivé à son personnage

2ème consigne : Catherine tire au sort deux stagiaires. Il faut que chacun imagine la rencontre de leur personnage et écrive la suite. Cela donne des textes surprenants !

Mon personnage rencontre le personnage d’Eddie : Moussa, jeune homme de 18 ans, étudiant sénégalais, passionné de foot et de M’Bappé, élevé par son grand-père, ancien diplomate. Il a 8 ans lorsque son grand-père l’emmène voir le Kilimandjaro avec ses parents. Une avalanche ensevelit le guide et ses parents.

Voici mon histoire. Première consigne :

 » Albertine prit sa tasse et la porta à ses lèvres. Ses mains tremblaient. Des larmes coulaient sur ses joues creusant des sillons dans son maquillage. Elle ne cessait de penser à ses parents. Son départ brusque de la ferme familiale lui revenait en boucle et étreignait son cœur d’une douleur sans nom. Parfois, elle se disait qu’elle avait eu raison. Etre mariée au fils du voisin pour agrandir les terres eut été au-dessus de ses forces. Monter à la capitale, être devenue danseuse au Moulin-Rouge, c’était le rêve de son adolescence. A d’autres moments, elle regrettait son choix. Son frère lui manquait. L’avoir quitté était une déchirure. Elle se sentait seule, si seule. Elle était lasse de tous les hommes qi lui tournaient autour. La gaucherie de Marcel, le jeune serveur du café du village, lui manquait. Elle l’avait rencontré au bal de la saint-Jean, mais pour ses parents, il était hors de question qu’elle l’épousât. Il n’avait pas voulu la suivre à Paris. »

Deuxième consigne :

« Les yeux mouillés, Albertine entre dans l’Eglise Saint-Pierre. Elle aime se réfugier là lorsque la douleur est trop forte. Elle se sent perdue dans un quotidien qui lui pèse, et le silence de l’église, la contemplation des bougies l’apaisent. Poussant la lourde porte, elle découvre au premier rang un jeune homme, la vingtaine, d’origine africaine mais elle ne saurait pas dire d’où il vient. Il pleure sans bruit et cette douleur muette la touche. Elle s’assied à ses côtés et lui chuchote.

– Votre peine m’a l’air bien lourde à porter pour votre jeune âge ?

Moussa sursaute et se tourne vers elle. Il balbutie :

– Mes parents sont décédés et…

– Oui dites-moi, n’ayez pas peur.

– Mon grand-père m’a emmené en voyage à Paris, pour me changer les idées, m’a-t-il dit. J’ai perdu mes parents dans une avalanche alors que nous grimpions le Kilimandjaro. J’avais 8 ans. Ils me manquent, si vous saviez, comme ils me manquent.

Albertine caresse la joue du jeune homme.

– C’est une épreuve terrible que la vôtre.

Moussa hoche la tête.

– Oui… et vous, que faites-vous à Paris ?

– Je suis danseuse, danseuse au Moulin-Rouge.

– Mais vous n’êtes pas d’ici ? votre accent ne sonne pas parisien.

– Je suis née en Auvergne, mes parents ont une ferme, c’est mon frère qui s’en occupe.

– Vous les voyez souvent ?

Albertine hésite, elle ne peut pas lui dire la vérité.

– Non il faut trop de jours de calèche et je n’aime pas les chevaux. Ce qui est vrai songea-t-elle.

Moussa se lève de son banc.

– Je dois m’en aller, mon grand-père va s’inquiéter. Au revoir, prenez soin de vous.

Albertine le regarde partir. Elle remercie le Seigneur et voit dans cette rencontre comme un signe de la providence. Demain, elle rentre en Auvergne ».

Alors, convaincu que l’on peut follement s’amuser en atelier d’écriture ?

Dans l’article de la semaine prochaine, je vous révèlerai les deux autres champs d’écriture explorés en formation !

 

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