N comme… Noria de questions

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

Je relève le défi de mon amie auteure Elisa Tixen en participant, à mon tour, au sunshine blogger award. Il s’agit de répondre à 11 questions et envoyer 11 nouvelles questions à 11 bloggers.

  1. Pourquoi ce blog, pour qui ?

J’ai ouvert mon blog d’auteure pendant ma formation à l’Académie Anaël Verdier. Au début, c’était une façon de me parler à moi-même, de clarifier ce que j’avais envie d’écrire, de construire mon identité d’auteure. Aujourd’hui, c’est aussi aller à la rencontre de mes lecteurs et partager mon aventure dans l’écriture. C’est un rendez-vous régulier que j’aime beaucoup. L’idée d’écrire mes articles à partir des 26 lettres de l’alphabet m’est venue l’année dernière. La contrainte de la lettre est un amusement qui sert la créativité. Un petit regret cependant, ne pas avoir plus de commentaires, mais comme je suis la première à en laisser très peu sur les blogs…

  1. Quel est le livre qui t’a le plus marqué ?

Difficile de répondre, en général, j’oublie aussitôt lu. Je suis trop intensément dans l’ici et le maintenant de chaque lecture. Les livres qui me marquent sont ceux qui contiennent le plus d’émotions. Ce sont ceux-là que j’aimerai écrire aussi.

En poésie, l’œuvre de René Char m’accompagne au quotidien. J’adore lire (et écrire) des haïkus.

En théâtre, « Le malentendu » d’Albert Camus, et « Antigone » de Jean Anouilh ont mes préférences.

  1. Et quel est celui que tu ne liras jamais ?

Le genre fantasy, vampires et science-fiction ne m’attirent pas du tout.

  1. Quelle est la musique que tu écoutes en boucle en ce moment ?

J’écoute peu de musique. Comme écrivait André Gide, « je suis peuplée » et je finis par oublier que la musique passe, n’entendant même pas que le CD est terminé ! J’aime le jazz et la bossa nova. Je passe en boucle très régulièrement le bruit des vagues de l’océan, surtout sans musique, les bruits de la nature, seuls, ainsi qu’un CD de cloches. Non ne riez pas, j’adore le son des cloches, cela me donne une pêche d’enfer !

  1. Une soirée idéale pour toi, ça ressemble à quoi ?

Je ne vais pas être très originale : dans un ailleurs lointain, en amoureux autour d’un menu gourmet, au bord de l’eau. Et ici, seule dans mon canapé, un livre et une tasse de thé.

  1. Quel est le rêve que tu serais très malheureuse de réaliser ?

Aucune idée ! Mais j’ai plein de rêves que j’aimerai concrétiser.

  1. Écriture à l’instinct ou planifiée ?

Les deux Mon capitaine. A l’instinct : le matin ou le soir, dans un bar ou sur la plage, sur ma terrasse ou dans mon lit, à partir d’une idée de lieu ou de personnage ou d’histoire… En général j’écris alors par à coups et comme ça vient. Planifiée : synopsis rigoureux sous les yeux, mais qui ouvre l’espace à l’inconnu, une histoire qui connaît sa fin, des personnages travaillés en amont, des interactions réfléchies en avance, une écriture (quasi) quotidienne.

  1. Un ange te rend visite, il te dit quoi ?

Il m’encourage ! Il me rappelle que la procrastination est un vilain défaut !

  1. Resto gastro ou plutôt bistrot ?

J’aime les deux, je pense même que j’aime tous les lieux, du moment que je mets les pieds sous la table. Je déteste cuisiner ! Un vrai frein à la vie sociale et un malheur pour mon porte-monnaie !

  1. Ton endroit préféré pour écrire ?

Je n’en ai pas vraiment. Je peux écrire partout. Dès que je choisis de me mettre dans ma bulle d’écriture, le lieu importe peu. Je suis dans mon stylo, et le ciel peut me tomber sur la tête.

  1. Après toutes ces vérités, un petit mensonge ?

Je ne lis plus d’ouvrages sur l’écriture car le Prix du Polar de Cognac ou Lyon, c’est pour demain !

Voici à mon tour mes onze questions. Libre à 11 d’entre vous de vous en saisir !

  1. Depuis que tu tiens ton blog d’auteur(e), qu’est-ce qui a changé au fil de cette expérience ?
  2. Quels sont les livres qui t’ont donné(e) envie d’écrire ?
  3. Qu’est-ce qu’écrire pour toi ?
  4. Quel a été l’élément déclencheur de la première fois ?
  5. Qu’est-ce qui est le plus facile et le plus difficile à écrire ?
  6. As-tu des rituels autour de l’acte d’écrire ?
  7. En quoi ta vie et tes expériences sont-elles des sources d’inspiration ?
  8. Est-ce que tu effectues des recherches particulières avant d’écrire ?
  9. Quels messages désires-tu donner à tes lecteurs ?
  10. As-tu une organisation particulière ?
  11. Quelle est ta citation préférée ?

N comme… Noir

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

De toutes les littératures de roman noir, j’aimerai saluer le néo-polar[1], version française post soixante-huitarde, au moment nous commémorons le 40ème anniversaire du mouvement qui embrasa le pays tout entier.

Pour Jean-Pierre Manchette, le crime n’est pas un fait isolé relevant de la seule responsabilité de l’individu mais une conséquence inévitable de l’organisation sociale, économique et politique.

Pour cet auteur, « le bon roman noir est un roman social, un roman de critique sociale qui prend pour anecdote des histoires de crimes, mais qui essaie de donner un portrait de la société ».

Si leur écriture rend compte de la psychologie des personnages, elle s’intéresse bien davantage aux rapports sociaux. Ces auteurs mettent l’accent sur les violences institutionnelles et sociétales. Le crime devient un prétexte et l’enquête explore les failles d’une société bourgeoise considérée comme criminelle.

Les indices ne portent plus vers la recherche du comportement déviant de l’individu. Celui-ci est un simple rouage dans un vaste système dont il ne saisit ni l’ampleur, ni la réelle influence.

Ils révèlent les vérités masquées par les discours officiels de l’idéologie dominante. Ils dénoncent les ravages des inégalités et des injustices, les pouvoirs d’Etat et les dictatures financières.

Ces auteurs choisissent délibérément d’inscrire leurs intrigues dans un positionnement politique. Ils s’inspirent de faits réels. Jean-Pierre Manchette, « L’affaire N’Gustro » (1971) basé sur l’enlèvement de Medhi Ben Barka en 1965. Didier Danickx, « Meurtres pour mémoire » à partir des manifestations d’Octobre 61 et sur la déportation des Juifs pendant l’Occupation. L’auteure Dominique Manotti, dans « Lorraine Connection » s’inspire de l’affaire Daewoo.

C’est mon côté assistante sociale qui s’intéresse à cette écriture. Les personnes fragiles et en difficultés ne le sont pas seulement parce que leur histoire singulière est compliquée. Elles le sont aussi parce que la société ne leur ouvre pas toujours une place au soleil.

C’est le paradoxe de ma fonction : instrument du pouvoir en place pour appliquer les politiques publiques, il n’en demeure pas moins salutaire et essentiel de se révolter lorsqu’elles broient l’individu. Je m’y emploie au quotidien. L’impertinence est une valeur du travail social.

Côté lectrice, je suis une fan de cette littérature engagée. Côté auteure, c’est une piste que je n’ai pas encore explorée. Mes textes abordent davantage le chemin singulier de mes personnages, le contexte social n’est pas franchement travaillé même s’il en surgit parfois des éléments.

Qui sait, un jour, j’y viendrais peut-être ?

 

 

[1] Eléments de mon article in Véronique DESNAIN « Style et idéologie dans le roman noir ». Revue Itinéraires. Janvier 2015.