B comme… Bibliothèque

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

B comme… bibliothèque

Du plus loin que je me souvienne, il y a toujours eu des livres à la maison. Je me rappelle des conseils de lecture de ma mère. J’avais l’impression d’un partage intime des effets de la lecture. Mon père est plus proche des quotidiens et des hebdomadaires, qu’il commente régulièrement.

Deux formes d’écriture différentes. Mais le même message : l’écrit aide à comprendre le monde. L’écrit éclaire l’énigme de la vie, de l’amour, de la mort. L’écrit interroge et s’interroge, balbutie des hypothèses, propose des réponses.

Entrer dans un livre, c’était se jeter corps et âme dans les courants du mystère de l’humanité. Epouser la destinée des gens heureux et des gens désespérés, pour comprendre que la vie n’est pas un long fleuve tranquille.

La bibliothèque de mon enfance est restée intacte quoique déménagée dans la salle de musique (pour mon frère) devenue plus tard salle de peinture (de ma mère). Les étagères égrènent la bibliothèque rose, verte, rouge et or… Ils sont là à portée de main et les voir à chaque séjour est un infini plaisir. Parcourir les titres pour retrouver les sensations de la lecture est toujours un moment d’émotion.

Je me souviens que ma tante ne trouvait pas normal que je passe l’après-midi entière dans un fauteuil un livre à la main. Mon oncle avait mieux compris, il choisissait à la bibliothèque des personnels de son usine (je doute que cela existe encore) des romans pour moi. Un rituel qui me ravissait, un partage qui ne concernait que nous.

Ma bibliothèque aujourd’hui est un mur entier, deux rangées de livres sur chaque étagère, du sol au plafond. Ils n’ont pas tous la même valeur à mes yeux. Certains auteurs sont liés à une décennie de ma vie. C’est amusant de constater à quel point certains titres ne survivent pas au temps qui passe, tandis que d’autres restent intemporellement dans le cœur. Il fut un temps où les livres me permettaient de vivre par procuration. Il fut un temps où je décidai de vivre vraiment. Et j’ai changé de livres !

Un jour, j’ai choisi de revenir « pour de vrai » vers l’écriture. Me voilà à inventer à mon tour des personnages et des situations, des contextes et des histoires. Je me découvre folle enthousiaste du format de la nouvelle. J’aime la fulgurance et l’intensité qu’elle permet.

Le corollaire surprenant, c’est que… je lis moins !

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