A comme… Auteure

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

Pas très original comme titre cette fois, mais plus complexe qu’il n’y paraît !

A mes débuts, jamais je ne me serai présentée ainsi. Je pensais que me nommer auteure relevait d’une certaine imposture, qu’il fallait attendre la notoriété du public, la une des magazines ou être éditée par des maisons d’édition ayant pignon sur rue.

Se légitimer auteure relève d’un certain processus. Lorsque, sur plusieurs années, j’ai vu mes nouvelles primées à des concours différents dans des régions de France différentes, je me suis dit qu’après tout… j’ai un lectorat quelque part ! J’ai peu à peu apprivoisé l’idée de le devenir « pour de vrai ».

J’ai commencé par me présenter comme « auteur amateur », au sens premier du terme amateur, « celui qui aime » l’écriture. En ce début d’année, je m’affirme auteure, parce que j’écris régulièrement, mon deuxième recueil va bientôt voir le jour et j’ai déjà des textes pour le troisième et le quatrième recueil. La régularité est un premier élément important.

Auteure car je revendique le désir de partager mes questionnements sur le monde à travers l’écriture noire. Qui mieux que l’énigme du passage à l’acte meurtrier interroge notre condition humaine ? J’aurais pu choisir A comme altérité tant celle-ci est une valeur essentielle à mes yeux, tant dans mon identité d’auteure que dans mon identité professionnelle d’assistante sociale. Le criminel nie l’Autre dans ce qu’il a de singulier, il pense exister en donnant la mort, il croit réparer sa souffrance.

Dans le contexte actuel de la primauté du même, la peur de la différence, le rejet de l’étranger, le repli identitaire de larges fractions de la société, j’aimerai affirmer que seule l’Altérité comprise comme une richesse et un partage de nos différences permet le vivre ensemble. Elle suppose l’inconditionnel accueil de l’Autre comme un mystère toujours renouvelé, comme une chance de se comprendre. Elle suppose l’inconditionnelle acceptation de sa solitude pour rencontrer les autres sans les vampiriser, sans les rendre dépendants, sans les manipuler…

Les criminels de mes nouvelles ont en commun d’ignorer que cette altérité serait la chance de leur vie s’ils en comprenaient le sens. Ils sont repliés sur leur douleur existentielle et plus rien d’autre n’existe. René Char écrit « la souffrance connaît peu de mots ». Je choisis d’explorer cet indicible dans mes nouvelles noires, d’être le porte-parole de ces sans-voix. S’ils avaient eu accès à la parole, jamais ils ne seraient devenus des criminels.

Alors oui, A comme auteure, pour porter aussi les mots des Autres.

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A comme… Académie

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

A comme Académie

Un petit week-end d’auteurs nous a réuni chez Eric. Tous issus de l’Académie Anaël Verdier. Mais nous n’avons pas joué les anciens combattants, heureusement car je n’ai aucun goût pour le rabâchage des souvenirs !

Délibérément tournés vers l’avenir et nos actualités. Eric Costa sort « Harem », auto-édité sur Amazon, une saga aztèque. Nadia Bourgeois voit son guide pratique « Comment trouver un homme assorti à son sac à main », édité par La Boite à Pandore.

Brigitte Hue-Pillette sera au salon du livre de Paris pour son roman « L’enfance en bandoulière », auto édité sur bookedition.com. Emmanuelle Soulard poursuit sa belle aventure fantasy « Les invocateurs » aux éditions Hélène Jacob.

Fanny Brémond et Déborah Valrey ont envoyé leur manuscrit à des maisons d’édition et nous ont présenté leur nouveau projet. Martine saint-Clair a bien avancé sur son projet actuel. Octramus Epicron s’est lancé dans l’écriture d’un guide de voyage à travers le temps.

Nos rencontres fonctionnent comme une auberge espagnole. Certains évoquent leur projet, les questions nous poussent à préciser la caractérisation des personnages ou à enrichir leur trame narrative. D’autres demandent des retours sur certains chapitres ou passages lus sur place ou envoyés en avance. Les uns sont venus écrire, les autres passent partager un moment. Tout est possible !

Compte tenu de mes dernières semaines éloignées de mon activité d’auteur, j’ai retrouvé avec plaisir cette ambiance studieuse et rieuse à la fois. De quoi m’y remettre avec entrain. Promis, je sors mon recueil « Ta mort viendra… et elle aura mes yeux » vers avril/mai.

Si l’écriture est solitaire, elle peut devenir solidaire. Echanger entre auteurs n’a pas de prix. Pour être honnête, j’ai beaucoup de mal à lire des genres qui ne m’intéressent pas, mais je reconnais que ce travail de retour est paradoxalement efficace pour soi-même. Moins impliqué, les faiblesses ou les questionnements sont plus faciles à trouver chez les autres; et en miroir, il y a de grandes chances que ce qu’on remarque signe ses propres failles !

J’aimerai bien participer à un cercle d’auteurs uniquement dans le genre de la littérature noire. Qui sait ? Le hasard me guidera peut-être vers cette aventure un de ces jours ?