Retour à l’Académie (3/3)

Anaël Verdier, qui a créé l’Académie d’Ecriture m’accueillant dans la première promotion de formation d’auteur, 2013-2015, m’a invitée une soirée pour évoquer mon parcours auprès des auteurs actuels en formation. Voici le texte de base de mon exposé (de base parce que je ne peux pas m’empêcher de compléter !).

En trois articles sur le mois de juillet.

… suite et fin

Chapitre 7. Publier

Le passage à la publication est pour moi très facile. Les concours de nouvelles m’ont confortée dans l’idée que j’ai un lectorat possible. Et c’est aussi un message que donne Anaël. Il s’agit de le trouver, et pour le trouver, il faut donner ses textes à lire. J’ai la chance que cela ne soit pas un problème pour moi.

Mon premier recueil est sorti en juin 2014. L’aspect technique a été une vraie galère, heureusement Anaël m’a aidée pour la mise en page, mais j’ai réussi toute seule à apprivoiser CreateSpace sur Amazon.

Le deuxième est pour la fin de l’année, soit un écart de 18 mois. J’ai décidé de garder ce rythme régulier. L’idéal serait un par an, mais l’écriture vient en 4ième position, après ma vie privée, mon travail d’AS et mon activité de formation.

Pour l’instant, je reste sur le format de la nouvelle car c’est plus facile tout en travaillant. Écrire un roman me semble plus compliqué. En plus, je me sens moins douée pour cet exercice. Je me dis aussi que je continue de me former, et je passerai au roman quand je me sentirai davantage prête.

La encore, je sais que ce sera une simple question de décision. Donc je ne m’affole pas.

J’ai constitué un dossier de presse, en suivant les conseils du site de bookelis. J’ai communiqué sur mon activité d’auteur dans la revue de la Mutuelle de la Justice qui a une rubrique : « nos adhérents ont du talent ». Je me suis aussi constituée un press-book pour garder la mémoire de mon activité.

Pour la publication, il faut demander un numéro ISBN à l’AFNIL et faire une déclaration de dépôt légal à la Bibliothèque nationale de France (cf. imprimés).

Parallèlement à Amazon, j’ai un imprimeur sur Bordeaux qui a sorti mon guide et mon premier recueil. Le prix de revient est lié au nombre d’exemplaires commandés. Pour 100 exemplaires, un livre de 150 pages revient à 3,77 l’unité, si vous en commandez 200, il revient à 2,85 euros. Il faut aussi savoir que les libraires prennent 30% du prix de vente au public.

On ne devient pas riche de suite !

Sur l’année 2015, j’ai gagné 16 euros par mois. Sur 2016, de janvier à mai, j’en suis à 50 euros parce que j’ai mis en place deux stratégies. Premièrement, proposer mes ouvrages en dépôt vente dans plusieurs librairies : ils ne prennent pas de risque et franchement, je les ai trouvés très bienveillants. Sur mes ouvrages qui coutent 10 euros, ils prennent 3 euros, donc j’en garde 7, c’est plus avantageux qu’Amazon. Il faut prévoir un bon de dépôt et un facturier. Deuxièmement, je me suis inscrite à des salons : nouvelle étape.

Chapitre 8. Rencontrer ses futurs lecteurs

Comme lectrice, je ne suis pas fan des salons. Je ne voyais pas l’intérêt d’aller faire signer les ouvrages aux auteurs. Parler de leurs livres avec eux encore moins. Pour moi, la lecture est un moment d’intimité, j’ai du mal à parler de ce que je lis. Sur mon site, je ne mets jamais de critique de mes lectures. (Expérience de Gradignan, de St Estèphe et Mauves sur Loire).

Ça a été très difficile au début de l’académie de faire des retours sur les écrits des autres. C’est un exercice que je trouve complexe, encore plus complexe quand il s’agit de réagir sur des genres qui me sont étrangers. Pourtant, je sais que c’est essentiel pour progresser. On voit chez les autres ce qu’on ne sait pas toujours voir chez soi. En s’inscrivant dans la durée, on repère mieux les atouts et les faiblesses pour soi et pour l’autre. Là encore, je pense que c’est aussi une question de légitimité, qui suis-je pour m’autoriser à commenter ? Ça vient avec le temps.

Donc les salons.

J’ai commencé par organiser une séance de dédicace sur mon territoire, histoire de me rassurer. En avril dernier, sur un we de vacances, c’est tout neuf, je suis allée dans les deux librairies de St Jean proposer mon guide et mon premier recueil. Je m’étais entraînée à trouver des dédicaces. Ce que je n’avais pas prévu, c’est que ce sont les Saint Jeannais qui sont venus en majorité, pas des touristes ! J’ai aussi compris que les gens ont envie de parler, il suffit de les écouter, et ça, c’est mon métier, je sais faire !

En mai, je me suis inscrite au salon du livre de Grignols, village perdu dans la campagne. Pour moi, c’est aussi de l’ordre de l’apprentissage ! Jouer à être auteur pour de vrai est quand même très jouissif, je le reconnais. Je me suis prise au jeu. Il suffit d’un peu de distance avec soi-même et ça marche.

Demain, je suis à Bazas, et le 12, à Labastide Clairence en pays basque. En septembre, Romagne. En octobre, St Estèphe. Je vais essayer de choisir un salon par mois. Et c’est fou le nombre d’opportunités ! Beaucoup acceptent des auteurs en auto-édiction, parfois c’est gratuit, ou on vous demande le paiement du repas de midi, ou un chèque d’inscription à la journée.

Chapitre 9. Le cap des maisons d’édition

C’est pour bientôt ! Jusqu’à présent, j’ai engrangé de la confiance. Je continue de progresser, je me considère encore apprenti auteur. Je continue les concours, car j’adore écrire à partir d’une contrainte et c’est toujours des moments sympas à partager au moment des résultats.

Je vais envoyer mon troisième recueil sur la thématique du train aux éditions La vie du Rail et mon recueil de haïkus, aux éditions Rivages, parce que cela sort de l’ordinaire. Cela attirera peut-être leur attention. Je ne sais pas si ça peut plaire, en tout cas, je me régale à l’écrire.

Longtemps, j’ai appréhendé cette étape. Je ne me sentais pas prête à recevoir des lettres de refus. Je sais que cela me touchera. Mais quand je vois le nombre d’envois et le peu d’élus, cela relativise les choses. Je me dis que l’essentiel est de toutes les façons le plaisir d’écrire et si cela doit rester de l’ordre du confidentiel, et ne pas sortir de la région, il faudra bien assumer !

Chapitre 10. Et demain ?

Ce que j’aimerai, c’est animer un atelier d’écriture. C’est mon futur projet.

Pour l’instant, je crois que c’est un peu tôt mais j’adore l’idée, dans le cadre d’une médiathèque par exemple. L’an dernier, je suis allée à plusieurs ateliers à Carbon-Blanc. L’animation inégale, c’est fonction des intervenants, me fait penser que je pourrai tenter l’expérience. Aleph a une formation en ce sens, peut-être que je la suivrai.

J’adore la posture de formatrice et je suis sûre que cela va me plaire. Mais, je dois encore travailler sur ma légitimité à mener ce style d’activité.

Conclusion

J’espère que mon parcours vous éclaire sur les enseignements d’Anaël : une page après l’autre, une étape après l’autre. L’écriture est un chemin, elle demande du temps. De la patience, de la persévérance. Du désir et de la décision. Je terminerai mon propos par un aphorisme de René Char : « Va vers ton risque, à te regarder, ils s’habitueront ».

Je vous remercie de m’avoir écoutée ».

 

Et vous de m’avoir lue ! à la semaine prochaine pour la poursuite de l’aventure.

2 réflexions sur “Retour à l’Académie (3/3)

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