Citations de Juin 2016

« Quand la vie tient ainsi toute entière dans l’instant et qu’on parvient à oublier le reste, on atteint peut-être la plus intense forme de joie  »

« Deux siècles après la Déclaration des Droits de l’Homme, il faut encore lutter pour qu’elle s’applique à l’espèce humaine toute entière »

« Contrairement à ce qu’il est reposant de croire, la condition féminine ne va pas en s’améliorant. Ni dans le monde, on le sait, ni même en France. L’hégémonie masculine en Europe, après trente ans de victoires féminines reste impressionnante. Ne pas le voir, accepter d’enterrer le féminisme de maman au magasin des accessoires, c’est prendre le risque de voir stagner ou même régresser la place des femmes dans la société, si difficilement acquise ».

Benoîte GROULT

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Dédicace !

J’ai le plaisir de vous informer que je serai présente à la 10ième Fête du Livre à Labastide-Clairence (Pays Basque) dimanche prochain, 12 juin.

Cette manifestation se déroulera sous les arceaux (s’il fait beau) ou dans la Salle Inessa de Gaxen (s’il pleut) de 10h à 18h.

J’invite mon fan club local et mes futurs lecteurs à venir nous voir !

Résonances !

Augustin Trapenard a reçu ce matin Maxime Chattam, l’auteur, entre autres, de « La trilogie du mal ». Il sort un nouveau thriller  « Le coma des mortels ».

            – (…) J’ai envie de comprendre l’autre, et comprendre l’autre, c’est avant tout s’intéresser à ce qu’il a de pire, quelles sont les limites de l’homme dans l’horreur ? et pourquoi ? et notamment il y a le croquemitaine des temps modernes, le tueur en série. Vous savez, on dit toujours que le tueur en série, c’est quelqu’un qui a eu une enfance terrible, et du coup, c’est pourquoi il est tueur en série, mais non, c’est un raccourci complètement faux. 99,99% des gens qui ont eu des enfances terribles deviennent des gens normaux, biens même, pas nécessairement des tueurs en série, et même certains tueurs en série ont reconnu avoir eu des enfances normales. Pourquoi ? Qu’est-ce qui fait qu’on devient un tueur en série ? C’est quoi ? Le mal, si on met de côté l’aspect purement religieux, existe-t-il vraiment ? Est-ce que le tueur en série n’est pas une entrée pour essayer de le comprendre ?

            – L’incarnation du mal, c’est le tueur en série pour vous ?

            – Non, c’est une des figures du croquemitaine des temps modernes.

Je vous rassure. 18 ans d’accompagnement en détention comme assistante sociale, je n’en ai pas rencontré. Mais la question de la bascule dans l’horreur s’est posée mille fois. Qu’est-ce qui pousse l’homme à transgresser le « tu ne tueras point » ? Il me semble plus facile de comprendre le passage à l’acte meurtrier sans préméditation : un contexte, une parole, une douleur de trop… des réponses dans l’enfance souvent. Tout le monde n’accède pas à la résilience ! La préméditation est plus énigmatique. Un désir, un plan, une temporalité, une décision et rien qui n’arrête le cheminement jusqu’à la mort donnée.

– (…) Il est où le mal aujourd’hui pour vous ?

            – Le mal, il est justement dans cette façon qu’on a de distordre en permanence la vérité, au nom d’une vision quasi binaire de ce que doit être le monde, parce qu’il faut simplifier les choses en permanence, entre autres dans les medias mais pas seulement, je crois que les choses sont plus compliquées que ça. Il n’y a jamais une seule vérité, on a du mal à le dire quand on présente un journal, on va présenter des faits mais des faits… on prend le maximum de pinces, non. Il n’y a pas qu’une seule vérité… on essaie de tellement rendre les choses blanches et noires aujourd’hui, de rendre les choses facilement digérables pour tout, pour tous, on s’éloigne de plus en plus de la réalité des hommes… un homme c’est quelque chose de beaucoup plus complexe, nuancé, que simplement oui/non.

Je partage son point de vue. Je rencontre trop de gens qui fonctionnent en binaire, qui enferment l’autre dans des jugements définitifs. J’ai la chance d’avoir un métier qui s’interroge sur l’énigme de l’homme. Ma posture d’auteur est de prendre le relais. Par l’écriture, explorer les noirceurs et les inconnus de l’homme.

La littérature noire autorise cette recherche parce qu’elle touche aux limites de la douleur et de l’horreur. Mes personnages ne sont jamais noirs ou blancs, mais traversés de toutes les nuances du gris, parfois transportés aussi dans les couleurs de l’arc-en-ciel. J’aimerai dire la complexité du monde, inviter à plus de mesures, lutter contre les certitudes, elles-mêmes meurtrières à leur tour.

            – (…) Je suis obsédé par la question de la noirceur chez l’être humain, peut-être parce qu’en apparence, je n’en ai pas, j’ai juste appris… finalement on a tous une part d’ombre en soi, il faut juste savoir l’identifier, trouver la porte d’entrée, moi ça a été mon travail pendant très longtemps.

Ah ! Ma part d’ombre ? Pendant ma formation d’auteur à l’Académie d’Anaël Verdier, c’est une question qui revenait souvent. Trouver son identité d’auteur, c’est accepter d’interroger cette part d’ombre, d’aller y voir du côté de la force (de la faiblesse) obscure.

La mienne ? Joker. Je cherche encore.

            – (…) Il y a deux formes de littérature, je parle du point de vue de l’écrivain, il y a une écriture qui est une certaine forme d’autofiction permanente dans laquelle, même quand on invente des histoires, on cherche finalement à se raconter, pour peut-être… pour mieux se trouver. Et puis il y a aussi une forme d’écriture qui est celle de la création, on ne se sépare jamais complètement, on ne coupe pas le cordon ombilical avec ce qu’on est au fond, puisque c’est la matière première de l’écriture, mais malgré tout, il y a des auteurs, je pense que j’en fais partie, qui vont chercher à inventer, à créer, quitte à se glisser dans la place de l’autre, c’est pas toujours simple.

Je n’ai pas encore un grand recul sur ma posture d’auteur mais je me sens être de la seconde famille d’auteurs : celle qui crée. D’abord parce que j’estime m’être trouvée, je n’ai pas besoin d’autofiction pour aller vers qui je suis.

Créer des histoires, des personnages, des situations, j’adore. Me glisser dans la tête de l’autre est en fait assez simple, c’est l’ADN de ma profession : une posture d’empathie pour comprendre à partir du cadre de références de l’autre. Choisir la tête de meurtriers n’est pas innocent, c’est le cas de le dire, mais le parcours du crime éclaire la question du sens de la vie.

            – (…) mes livres, c’est une quête, je parle de la noirceur pour finalement faire une grande quête en fait de la lumière chez l’homme.

OUI, car paradoxalement, je suis une grande idéaliste, je rêve d’un vivre ensemble où la devise républicaine liberté, égalité, fraternité s’enracine dans les désirs de paix, de joie et d’amour. Comme assistante sociale, je choisis d’être actrice du changement : permettre à la lumière d’envahir les ténèbres pour que l’être humain respire un peu mieux au-dessus des nuages.

Alors écrire, c’est participer au même mouvement, croire en l’Autre quel que soit son chemin !