Citation de Novembre 2015

 » Au milieu de  l’hiver, j’ai découvert en moi un invincible été ».

Albert Camus

 

« Tirons notre courage de notre désespoir même ».

Sénèque

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Ma petite goutte d’eau…

Difficile de partager quelques mots encore, tant les témoignages affluent.

Jeudi dernier, j’avais prévu un article de blog, plein de joie et d’avenir. Je venais de vivre un week-end d’écriture dans le Tarn-et-Garonne avec mes « cops » de l’Académie. Avec la promesse de nous retrouver chaque trimestre pour poursuivre l’aventure collective.

Je n’en ai pas eu le temps, tout à mon empressement à faire ma valise pour Paris. J’ai une vraie passion pour la Capitale. J’adore y aller, j’adore ses monuments, ses brasseries, ses jardins, ses avenues, ses théâtres… j’aime tout à Paris.

J’étais dans le métro quand les nouvelles sont tombées les unes après les autres au fur et à mesure des fusillades. Puis devant la télé. Effarement, désarroi, l’émotion suspendue entre deux informations. L’impensable. L’indicible. Un partage impossible.

Dans le chaos du monde, les attentats sur la planète ont fini par s’égrener au fil des JT comme un RV incontournable et hélas quotidien. Ces images-là parce qu’elles nous touchent de tout près ont soudain un relief différent. Chacun sait qu’il aurait pu être au stade, au Bataclan, sur les terrasses, dans les restaurants. Au même moment, au même endroit.

Chacun, avec toute sa singularité, ses différences, parce que la France est plurielle. C’est ce qui fait sa richesse. Nous serons toujours plus nombreux à nous aimer qu’à nous détester. C’est mon espérance. Ne laissons pas la haine et la violence lancer leurs graines mortifères. Combattons les fanatismes avec les douceurs de la foi, la vraie, celle qui ne kidnappe pas le Sacré pour lui faire dire n’importe quoi. Combattons les idéologies avec les doutes de la réflexion, la vraie, celle qui n’impose pas sa vérité pour étouffer n’importe qui.

L’unité nationale a duré quelques heures à peine, hélas. Déjà des voix s’élèvent, des insultes fusent, des imprécations se libèrent. Non. Chantons, dansons, buvons, approchons-nous les uns des autres, faisons l’amour, partageons nos différences et nos désaccords dans la libre acceptation de la parole singulière de l’Autre.

Le radicalisme, en tout domaine, est un refus de toute relation et de tout échange, une négation de l’Autre. Un rejet absolu de ce que représente l’Autre dans sa singularité. Imposer sa vision de la vie par la force, la menace et la mort est une insulte à la liberté, à la fraternité, à l’égalité. Je ne comprends pas cet enfermement qui mène à la haine et à la tuerie.

Ecrire de la littérature noire dans un tel contexte peut paraître déplacé. Je ferai mieux d’écrire des comédies romantiques ! On a tant besoin d’amour. Mais j’ai bien réfléchi ces jours-ci en choisissant le silence depuis vendredi soir. Je veux continuer à interroger cette étrangeté de l’âme humaine qui la fait verser dans l’horreur.

Moins je comprends, plus j’écris. Pour essayer d’approcher cette énigme.