Citation d’Octobre 2015

« L’accès au livre, plus que tout, réclame des passeurs : on vient au livre parce que quelqu’un vous y conduit. Et cela durant toute la vie.. Combien de fois avons-nous lu, et souvent aimé, un livre parce qu’il nous venait de quelqu’un que nous aimions, en qui nous avions confiance ? Mieux : qui nous avait fait, dans tous les sens, le don de ce livre ».

Danielle Sallenave

« Nous, on n’aime pas lire » (2009)

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Promenons-nous dans les livres…

Un dimanche de lectrice au milieu des auteurs et des livres.

En matinée. Le Salon de St Estèphe accueille chaleureusement ses invités. Je suis allée soutenir le premier salon de mon amie Elisa Tixen qui a publié aux Editions de La Rémanence « Sans traces apparentes ». Formidable moment de joie partagée.

Mais j’ai trouvé l’exercice compliqué quand j’ai déambulé dans les travées. J’hésitais à feuilleter des livres devant les auteurs eux-mêmes. Comment reposer sans rougir le livre parce qu’on ne l’achètera pas ? Comment s’approcher sans forcément entretenir une conversation ? Je crois que je n’aimerai jamais les salons !

Dans l’après-midi. Lire en poche à Gradignan brasse une quantité de promeneurs. Les auteurs alignés en rang d’oignon devant leur pile d’ouvrages, les lecteurs dans l’attente des dédicaces, beaucoup de bruit et de mouvements. L’avantage a été de m’attarder devant les stands de librairie, feuilleter à loisir les livres, sans croiser les regards des auteurs.

Même si cette abondance me laisse toujours un profond désarroi. Tous ces livres que je n’ai pas le temps de lire !

Finalement, j’ai choisi un auteur de polar, que je ne connaissais pas. Je me suis pliée à l’exercice de la dédicace, « pour voir ». Une première ! Mais c’était plus facile d’aller faire signer mes achats à un auteur pas encore lu  ! Pas de conversation à tenir sur son écriture. Honnêtement, je n’ai aucun goût pour jouer les fans ! La rencontre avec le livre reste pour moi de l’ordre de l’intime et du silence.

Décidément, l’exercice des salons n’est pas pour moi, en tant que lectrice. Je n’ose imaginer le jour où je serai de l’autre côté ! Quel auteur de salon pourrais-je devenir ?

Sûr, je mets déjà une pancarte : « Ne s’obliger à rien ! vous pouvez lire la quatrième de couverture sans acheter et sans parler avec l’auteur !!! »

C’est bon à savoir !

Abonnée à la lettre de monbestseller.com, je partage avec vous leur dernière interview.

« Les critères d’un jury de nouvelles, on en apprend de(s) belles !

Emmanuelle Alibert (Lattès) et Olivia Phelip (Viabooks) sont les jurés du concours « Longtemps, je me suis couché de bonne heure ». Nous nous sommes amusés à les interroger sur la manière dont elles exercent ces fonctions. 

Emmanuelle Allibert (Lattès) est pragmatique

« Tout d’abord il faut éliminer !

Dans un premier temps j’ai lu rapidement toutes les nouvelles de façon à établir trois catégories. Les « bien », les « moyennes », les « pas bonnes ».

Une fois ces trois piles constituées, j’ai relu attentivement chaque nouvelle, en les annotant de façon à m’en souvenir plus facilement, et j’ai rectifié les colonnes (en en permutant certaines). Quelques nouvelles ont changé de colonnes. Les « pas bonnes » sont toutes restées à leur place.

Enfin, définir les critères : impératif, une écriture fluide sur laquelle l’œil n’accroche pas ; la structure ; sa temporalité, son unité de ton, de lieu et d’action. Et enfin, cela est plus subjectif, il fallait que le sujet m’intéresse et m’emporte. A valeur d’écriture égale, certaines nouvelles m’ont enchantée et d’autres ennuyée.  Et on choisit. C’est la dure loi de la sélection ».

Olivia Phelip, se laisse d’abord porter par son intuition

« Annotant, mettant de côté, reprenant, indulgente avec les maladresses si elles donnent place à des idées, intransigeante s’il n’y en a pas, attentive au style mais pas que…;
Certains arrivent bien à construire une cohérence, d’autres ont du mal à ne pas juxtaposer des étapes. Ecriture serrée mais souffle obligatoire. C’est la loi de la nouvelle ».

On le sait, dans la vie, comme en littérature, l’impulsion et l’émotion ont toujours le dernier mot ».

Qu’on se le dise !!!