Une belle rencontre

Lors du dernier week-end de formation à l’Académie, Anaël a invité Laure Lapègue pour qu’elle partage avec nous son expérience.

Je vous invite à découvrir son site bookn’series où elle propose la lecture gratuite de romans, (polars et thrillers), par épisode hebdomadaire. Si vous craquez et voulez connaître la suite, vous pouvez commander les livres en numérique ou sur papier. Vous entrez dans le fan club « des serial-lecteurs » !

Elle est partie du constat que l’auto-publication en ligne a l’avantage d’être accessible à tous mais n’offre aucun conseil pour orienter les lecteurs et aucun outil de promotion pour les auteurs.

Son comité de lecture sélectionne les manuscrits reçus, découpe les romans en 10 ou 12 semaines. Son partenariat avec un éditeur de Lille garantit une qualité d’impression.

Passionnée d’écriture, son projet original vous donne rendez-vous chaque vendredi, renouant ainsi avec la grande tradition du XIXème, Eugène Sue ou Edgar Poe, Balzac ou Dumas.

Elle-même a écrit trois livres : Comme un garçon, La Bascule, Mea Culpa. Elle publie sur son site des « serial-auteurs » : Nicolas Feuz, un auteur suisse, lauréat du Prix du Meilleur Polar 2015, Lauriane Renaud, Karine Carville, Alain Orferit…

Rencontre riche entre passionnés de l’écriture ! Elle était curieuse de connaître notre aventure au sein de l’Académie. A un mois de la fin de la formation, c’était l’occasion pour chacun d’entre nous de commencer un bilan…

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De l’écrit à l’écriture…

Enfin, je peux me remettre à mon roman. Je retrouve du temps !!

Mes étudiantes assistantes sociales ont remis leur mémoire. Etre formatrice vacataire en travail social est un atout considérable dans l’exercice de mon métier d’assistante sociale au Ministère de la Justice. Fin de l’accompagnement de toute une année, (très bousculé à la fin car elles s’y mettent tard) ! J’adore cet exercice. Les sujets cette année  : « Le décrochage scolaire », « Jeunes en errance », « Accompagnement en fin de vie », « Effets de l’incarcération sur les conjointes de détenus », « Conséquences de l’alcoolisme du conjoint sur le fonctionnement du couple », « Les ateliers cuisine, outil de réinsertion sociale ». Sujets variés, très différents les uns des autres, avec comme point commun, l’intervention de l’assistant(e) social(e) dans toutes ces problématiques sociales.

Le mémoire est un outil de réflexion indispensable, alliant la recherche théorique sur des auteurs et leurs concepts, et les enquêtes de terrain à la rencontre des usagers du service social et des professionnel (le) s. Parallèlement, dans l’activité quotidienne, les écrits représentent une part essentielle de notre intervention dans tous les lieux d’exercice.

J’y vois des points communs avec l’écriture :

– donner à voir des univers : le collège et ses élèves en souffrance; la rue et son vécu brutal; l’unité en soins palliatifs et l’énigmatique question de la mort; la prison et la solitude douloureuse des familles; l’intimité du couple bouleversée par l’addiction; le service social d’un territoire et son public destructuré.

– donner à voir des personnages : le décrocheur de l’intérieur qui en silence laisse passer les cours; le jeune punk tatoué qui murmure à l’oreille de son chien; le malade alité qui n’ose même plus demander de la présence; l’épouse du détenu enfermé avec lui dans son isolement qu’elle fait sien; le couple qui s’aime et se déchire à la fois; l’exclue dans la solitude de son logement qui s’autorise à peine à sortir.

– donner à voir des conflits : le collégien et les enseignants agacés ou démunis; le jeune en errance et les habitants excédés ou compatissants; le malade en fin de vie, sa famille et l’équipe médicale alliés ou en guerre; l’épouse de détenu et les machines judiciaire et pénitentiaire, soit brutales, soit bienveillantes; l’épouse et son mari alcoolique entre disputes et réconciliations; les exclues et les autres, entre insultes de paresse et mots d’encouragement.

– donner à voir des actions : quelque soit la question sociale étudiée, il s’agit de professionnel(le) s souvent engagé(e)s et désireux(ses) de changer le monde, qui inventent un autre rapport à l’autre dans le soutien et l’inconditionnelle acceptation de l’autre, des professionnel(le)s dont l’éthique est une valeur citoyenne qui permet le vivre ensemble.  A l’écoute des faiblesses, des blessures et des manques. Les politiques sociales tissent des espérances et des solutions, mais cela devient dur et compliqué. L’action sociale n’est pas à la fête.

Ce qui change fondamentalement entre l’écrit et l’écriture, c’est le style ! Car l’énoncé d’un mémoire ou d’un rapport social n’a rien à voir avec le phrasé d’un roman. Cependant, dans mon passage entre identité professionnelle et identité d’auteur, je vois des passerelles nombreuses :  mon univers me donne des idées d’histoires, mes rencontres me permettent la création de personnages, mon observation me guide à trouver des conflits, mon intervention aide à l’émergence des émotions. J’aimerai transmettre mes valeurs et mes espérances, donner à  comprendre l’incompréhensible, éclairer les mystères de la vie, de la mort et de l’amour. Dans mes deux identités. Je n’ai pas l’impression d’être plurielle, je crois être une dans ces deux dimensions.

De l’écrit à l’écriture, c’est la même passion : quand la douleur est trop forte, aider l’autre, usager ou lecteur, à respirer un peu mieux au-dessus des nuages.

Me revoilà !

Plusieurs semaines sans vous retrouver. J’ai cessé la publication de mes billets en même temps que je mettais mes projets d’écriture en stand-by.

Des raisons objectives : mon activité professionnelle a largement débordé sur mon bureau à la maison, je suis partie en formation à Paris sur le thème « Santé et sécurité au travail », j’ai passé beaucoup de temps sur l’accompagnement de mes étudiantes assistantes sociales sur leur mémoire de fin d’année. Comme d’habitude, je termine l’année fatiguée et en apnée jusqu’en juillet !

Des sentiments subjectifs : impossible de travailler sur mon roman et sur ma série. Depuis trois ans, c’est la première fois que je m’arrête d’écrire. J’identifie plusieurs éléments :

– un certain ras-le-bol des consignes de formation ! L’envie de reprendre une écriture libérée de contraintes. Même si c’est un leurre. J’ai justement appris que s’en donner, paradoxalement, la libère.

– un doute soudain : et si le format long n’était pas pour moi ? Retrouver le format de la nouvelle, c’est retrouver ma zone de confort. J’ai écrit un texte pour un concours, histoire de vérifier que le problème n’est pas le manque d’idées. Au contraire, j’en ai treize à la douzaine et pour des années d’écriture !

– une attitude erronée : plutôt que de penser, je ferai mieux de m’y mettre. Or je pense trop : à l’intrigue et sa cohérence, aux personnages et leur logique interne, à ma thématique et son message, au format et ses codes…

Plutôt que de penser, décider !

Je suis en congés cette semaine. Je m’y remets dès demain !!

Promis !!!