De l’extime…

Mon séjour sous ma couette m’aura permis, à défaut de travailler et d’écrire, de penser. Mon emploi du temps habituel est un zapping d’enfer d’actions tout azimut qui me demande de la rigueur et de l’organisation. Ca tombe bien, j’en ai, mais où trouver le temps du temps, le temps de s’arrêter ?

Ces journées désœuvrées m’ont redonné le goût de ne rien faire, de laisser les pensées naviguer à leur gré, de flotter dans un entre-deux improductif. A l’heure où il faut afficher plus-value et rentabilité, où la dictature de l’évaluation quantitative assèche les cœurs, où les objectifs chiffrés oublient (et / ou massacrent) le sens de l’action, quel bonheur d’être à contre-courant !

Du coup, j’ai réfléchi à mon aventure de blogueuse. Tentons une évaluation… qualitative, centrée sur le sens !

Commencée en octobre dernier, sur consigne de formation, pas vraiment enthousiaste, j’ai découvert peu à peu que notre rendez-vous hebdomadaire devenait un moment clef de ma semaine. Clef qui s’ouvre sur le monde, sur mes (futurs, j’espère) lecteurs. Je vous imagine, découvrant mes articles. J’attends en même temps que j’appréhende des commentaires. Saurai-je quoi en faire quand ils débarqueront ? Quelle relation possible ?

Clef qui  ouvre sur mon monde, sur mes premières écritures. Ce va-et-vient de soi à l’autre, de l’autre à soi. Par moment, j’ai l’impression d’être dans un narcissisme insupportable. Par instant, je me sens dans de l’universel. Oscillant, cherchant ma voix d’auteur, impatiente de votre voix de lecteur. Je sais ce que je ne veux pas : l’exposition de l’intime qui ne regarde personne. J’aimerai privilégier l’extime, ce mouvement vers le dehors, ce mouvement qui cherche à comprendre l’énigme de la vie, de l’amour, de la mort.

Je me voudrais blogueuse de l’extime, dans cette posture d’auteur qui choisit l’observation des êtres dans leur singularité tout en interrogeant, dans le silence, mon propre sillon d’actions et de pensées personnelles.

Je voudrais que mon écriture soit le signe de cette exigence : voir pour comprendre, réfléchir à haute voix, éclairer les méandres abyssaux du vivre ensemble, tenter des réponses, laisser ouvertes les questions.

Je voudrais partager, mais surtout pas de l’intimité, partager de l’extimité, pour privilégier les vraies rencontres où l’altérité est première. Parce que l’Autre est un autre qui peut nouer du lien, de la tendresse, tisser les fils qui nous relient sans nous enfermer. Etre dans la reliance, être avec l’autre et être avec soi, dans un double mouvement inaltérable.

Je voudrais être un passeur qui maintient haut la qualité de la confiance et l’inconditionnel de l’espérance. Notre humanitude est infinie dans ses interrogations. J’aimerai être un auteur qui pose des questions, cherche des réponses, se laisse bousculer.

Je voudrais choisir une posture d’extimité pour peut-être mieux aimer l’intimité insondable.

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