Rouge de honte…

Vous voulez que je vous prouve que j’ai besoin de vacances ?

Avant-hier, je réserve en ligne une place pour aller voir la pièce d’une copine de l’Académie, Nadia Bourgeois, intitulée « Bouge ton cube ». Je vous invite à aller voir son blog nadiabourgeois.wordpress.com

Après ma réunion du jour, je traîne mes guêtres (et mon stylo tout de même) dans un café jusqu’au moment de me présenter au théâtre.

Je m’installe…

Sauf que je me suis trompée de théâtre !
J’ai assisté à « Chérie, faut qu’on parle ». Rien à voir avec la pièce de Nadia dont tout le monde dit le plus grand bien ! J’ai cependant passé un bon moment heureusement.

Le problème, c’est que le jeudi, jour de mon article de blog, je comptais vous parler de SA pièce !!! Me réjouir avec vous des succès des copines. Bientôt je vous parlerai du roman d’Elisa Tixen qui a trouvé son éditeur. Je vous invite aussi à aller voir son blog elisatixen.wordpress.com

Pas le temps de chercher l’inspiration pour un autre sujet. Surtout que ma valise est prête. Je pars m’isoler dans la pinède girondine en bord de mer. Pas de courriel, pas de téléphone. Solitude absolue.

Désir de désert ! Une dune sur l’océan fera très bien l’affaire. J’emporte mes écrits en cours et mon ordi. Je vous parlerai des travaux des copines une autre fois.

Besoin de vacances, vous dis-je…

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Le plus important, avant de commencer à écrire, c’est…

C’est la question que pose le site enviedecrire.com à Pierre Lemaître.
« Pour moi, deux conditions sont indispensables. La première : je dois être capable de me résumer le livre le plus parfaitement possible en quelques phrases. Ce « pitch » doit contenir l’essentiel des enjeux concernant les personnages.
La seconde condition : « voir » les personnages. Une histoire, c’est avant tout des personnages. Quasiment rien d’autre parce que ce qui leur arrive est toujours relatif à ce qu’ils sont. Tant que les personnages ne sont pas devant moi… je continue à réfléchir ».

Harlan Coben : « Vous devez être prêt à raconter une histoire captivante, fascinante. Et vous devez écrire sur des gens dont le lecteur se soucie. L’histoire doit titiller le cerveau et les impulsions. Les personnages doivent remuer le cœur ».

Une histoire et des personnages, comme cela paraît cool ! David Morell ajoute : « Travaillez encore et encore mais sachez que le succès n’est jamais assuré. Engagez-vous pleinement dans l’écriture, tout simplement ».

Une histoire, des personnages et de l’engagement. C’est parti !!!

Les premiers 5000 mots de mon roman « A couteaux tirés » sont en place (en version 1 ! on est bien d’accord que la réécriture est une étape essentielle, je vous en reparlerai quand je serai à la V2). Je suis dans les cinq mille suivants (délai : trois semaines). J’essaie d’écrire tous les jours. Les auteurs ont oublié qu’à l’histoire, les personnages et l’engagement, il faut rajouter… le TEMPS !

Vous savez quoi ? J’y retourne !!!

Jubilatoire !

Aïe aïe aïe, je suis en retard pour notre rendez-vous du jeudi. Ce n’est pas que je manque d’idées. Mais le quotidien d’un auteur amateur est radicalement différent d’un auteur avéré ! Travail, famille, activités extra-professionnelles, sorties extra-familiales… l’écriture vient (pour l’instant, quand je serai riche, je vous le dirai) après tout le reste.

Je viens partager avec vous une expérience nouvelle : écrire… à six mains. Lors du dernier week-end de formation à l’Académie Anaël Verdier, nous avons reçu la consigne d’adapter un synopsis de nouvelle en scenario d’épisode de série, en binôme ou en trinôme. Le pitch : un groupe de policiers enquête sur les suicides pour en expliquer les raisons aux familles et aux proches. Pour notre texte, il s’agissait de la mort d’un viticulteur dépassé par la crise économique et anéanti par la maladie de son vin menaçant de lui faire perdre son appellation.

J’appréhendais cet exercice; parce que je suis une irréductible indépendante et mon univers n’est pas celui de mes camarades de jeu : Eric adore le fantastique et Martine est une fan de vampires. (Je vous invite à découvrir leur blog : costaeric.com et martinesaintclair.com). L’écriture est éminemment solitaire, je me demandais comment nous allions y arriver !

Expérience étonnante. On se serait cru revenu en cour de récréation. Jubilatoire. Et on aurait dit… et si… et si…. et si ce personnage disait… et si celui-là répondait… et si l’un faisait ça… et si l’autre… Echanges vifs de passionnés !

Chacun d’entre nous argumentait ses choix. Le résultat est que cela oblige à bien comprendre les caractérisations des personnages, à vérifier tous les éléments : leurs actions sont-elles conformes à leur personnalité, l’histoire est-elle cohérente, les indices clairs et en même temps, indirectement lisibles… du travail d’orfèvre. Puis, se mettre d’accord, oser des compromis, abandonner ses préférences, finalement choisir… bref construire un vrai collectif créateur.

Nous devons poursuivre le travail sur le week-end de mars, j’ignore absolument si notre production répondra aux attendus, mais en attendant, je me suis bien amusée.

J’ai déjà expérimenté l’animation de réunion et des actions de formation en binôme. C’est une posture que j’aime bien, à condition de préparer en amont. Il ne s’agit pas « de cohabiter » en voie parallèle, ou de se laisser « manger » par l’autre. C’est une alchimie à construire.

Plus compliqué qu’il n’y paraît.

Dans l’écriture aussi…

De l’extime…

Mon séjour sous ma couette m’aura permis, à défaut de travailler et d’écrire, de penser. Mon emploi du temps habituel est un zapping d’enfer d’actions tout azimut qui me demande de la rigueur et de l’organisation. Ca tombe bien, j’en ai, mais où trouver le temps du temps, le temps de s’arrêter ?

Ces journées désœuvrées m’ont redonné le goût de ne rien faire, de laisser les pensées naviguer à leur gré, de flotter dans un entre-deux improductif. A l’heure où il faut afficher plus-value et rentabilité, où la dictature de l’évaluation quantitative assèche les cœurs, où les objectifs chiffrés oublient (et / ou massacrent) le sens de l’action, quel bonheur d’être à contre-courant !

Du coup, j’ai réfléchi à mon aventure de blogueuse. Tentons une évaluation… qualitative, centrée sur le sens !

Commencée en octobre dernier, sur consigne de formation, pas vraiment enthousiaste, j’ai découvert peu à peu que notre rendez-vous hebdomadaire devenait un moment clef de ma semaine. Clef qui s’ouvre sur le monde, sur mes (futurs, j’espère) lecteurs. Je vous imagine, découvrant mes articles. J’attends en même temps que j’appréhende des commentaires. Saurai-je quoi en faire quand ils débarqueront ? Quelle relation possible ?

Clef qui  ouvre sur mon monde, sur mes premières écritures. Ce va-et-vient de soi à l’autre, de l’autre à soi. Par moment, j’ai l’impression d’être dans un narcissisme insupportable. Par instant, je me sens dans de l’universel. Oscillant, cherchant ma voix d’auteur, impatiente de votre voix de lecteur. Je sais ce que je ne veux pas : l’exposition de l’intime qui ne regarde personne. J’aimerai privilégier l’extime, ce mouvement vers le dehors, ce mouvement qui cherche à comprendre l’énigme de la vie, de l’amour, de la mort.

Je me voudrais blogueuse de l’extime, dans cette posture d’auteur qui choisit l’observation des êtres dans leur singularité tout en interrogeant, dans le silence, mon propre sillon d’actions et de pensées personnelles.

Je voudrais que mon écriture soit le signe de cette exigence : voir pour comprendre, réfléchir à haute voix, éclairer les méandres abyssaux du vivre ensemble, tenter des réponses, laisser ouvertes les questions.

Je voudrais partager, mais surtout pas de l’intimité, partager de l’extimité, pour privilégier les vraies rencontres où l’altérité est première. Parce que l’Autre est un autre qui peut nouer du lien, de la tendresse, tisser les fils qui nous relient sans nous enfermer. Etre dans la reliance, être avec l’autre et être avec soi, dans un double mouvement inaltérable.

Je voudrais être un passeur qui maintient haut la qualité de la confiance et l’inconditionnel de l’espérance. Notre humanitude est infinie dans ses interrogations. J’aimerai être un auteur qui pose des questions, cherche des réponses, se laisse bousculer.

Je voudrais choisir une posture d’extimité pour peut-être mieux aimer l’intimité insondable.