Liberté d’expression…

Les débats de ces jours-ci concourent à m’interroger sur la mienne ? Libre d’expression, mais pour quel message ? sous quelle forme ? Je ne lisais pas Charlie Hebdo hier et je ne le lirai pas demain. Leur expression me heurte souvent et n’entre pas dans mes références personnelles. La provocation n’est pas vraiment ma tasse de thé. Que de nombreuses personnes puissent être choquées ou blessées, je le comprends, mais je continuerai à batailler pour que toute forme d’expression, entrant dans les limites légales, existe. Il me semble alors qu’il nous suffit de choisir de lire autre chose et de laisser les inconditionnels du journal vivre leur vie de lecteur. Cela s’appelle la tolérance.

Cependant, se posent la question de la responsabilité de sa prise de parole et la question éthique qui engage tout auteur. Réfléchir aux conséquences de son expression, entendre les malaises suscités, écouter du lieu des autres me paraissent tout autant essentiels. Promouvoir la discussion, accepter l’échange sur nos différences, faciliter le don de nos argumentations divergentes, dans le respect et l’écoute, dans la paix et la liberté, dans les valeurs de la république, sont des actes citoyens. Cela se nomme la démocratie.

Tout appel à la violence et au meurtre me sidère. Paradoxalement, en ce qui me concerne, j’ai choisi d’écrire sur le meurtre, d’interroger l’abîme du passage à l’acte. Mon souhait d’auteur est d’approcher le plus possible du bord de cet abîme pour essayer de comprendre. Comprendre les ressorts de la violence, de la douleur, de la haine tout en condamnant les actes et non les hommes. La littérature noire et policière sonde cette énigmatique transgression, et j’aimerai y joindre ma voix. Cependant, je peux admettre qu’elle puisse mettre mal à l’aise. Là encore, que l’on se détourne de mes écrits. Seul le lectorat qui aime le genre s’y intéressera, voilà tout.

Je ne suis pas encore sûre des thématiques sur lesquelles j’aimerais m’exprimer. J’ai choisi le genre parce que j’adore cette littérature et mon expérience professionnelle d’assistante sociale au Ministère de la Justice est un questionnement sans fin. Je ne sais pas encore quels seront mes messages, je les entrevois. Quant à la forme littéraire, la nouvelle est pour l’instant ce qui me semble le plus proche. Je m’essaie au roman et je pourrai vous en dire plus dans l’après-coup de l’expérience.

Une chose dont je suis sûre : c’est que j’ai envie de susciter de l’émotion pour mes personnages et leurs failles, que si leur terrible réponse est dans le meurtre, j’aimerais qu’on en comprenne le mécanisme singulier : la vie n’est pas en noir ou blanc, la croyance est belle si elle côtoie le doute, elle devient terrible dans la certitude, la politique est une espérance possible ou un désespoir sans nom, l’amour peut être un chemin compliqué ou une aventure salvatrice, la famille peut être violence et abandon ou tendresse et pardon, le deuil est une épreuve qui peut tuer ou délivrer…

Tout est nuance, tout est paradoxe, tout n’est pas gravé dans le marbre mais s’écrit dans le sable de nos hésitations et de nos décisions. Empreintes légères qui signent son unicité.

J’aimerai écrire ces instants fragiles, ce temps présent, où justement la vie ne se comprend plus vraiment, ce temps présent où elle interroge le passé pour ouvrir l’avenir. J’aimerai écrire des mots ciselés pour éclairer de leur chaleur l’ombre des incompréhensions.

J’aimerai écrire pour rendre le monde meilleur.

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