De la volonté…

Je suis en retard sur les consignes ! Impossible de m’y mettre. Je philosophe sur la procrastination en tournant ma cuillère dans mon café. Je témoigne pour La Grande Librairie sur le livre qui a changé ma vie. Je lézarde au soleil. Je gémis sur mon travail qui m’enlève du temps et me plombe de fatigue parfois. C’est fou comme de remplir le vide de l’écriture est bien tentant et trop facile.

Heureusement, je ne panique pas, je ne mets pas dans tous mes états, je ne culpabilise même pas. Je sais qu’à un moment donné, cela va s’enclencher et là, rien ni personne ne peut m’arrêter. J’ai quand même cette chance-là ! Je n’ai, pour l’instant, pas de souci de page blanche, c’est déjà ça. Je démarre sans souci. Le hic, c’est de le décider.

L’image qui voudrait que l’écrivain attende sagement l’inspiration de sa muse est un mirage sans nom. Non, pour que ça marche, il faut devenir aussi pro-actif que ses personnages. Décider.

Décider de s’installer. Pour ma part, n’importe où. Tous les lieux me vont. Chez moi, j’ai un petit faible pour mon lit (le meilleur endroit de la maison), ou le canapé, ou la table de salon, bizarrement jamais mon bureau. Dehors, j’adore les cafés et surtout leur terrasse. Un banc dans un parc ou un bord d’eau (ou dans Bordeaux aussi) me va. Le soleil d’arrière-saison nous est profitable.

Décider d’être accompagnée. De n’importe quoi. Du café, du thé, du chocolat en tablette. J’alterne en fonction des heures du jour et de la nuit. Bruits de rivage, en fond sonore. A la rigueur, du jazz et de la bossa nova. Tout le reste est pour moi du bruit. Désolée pour les mélomanes.

Décider d’écrire. Un mot après l’autre. Un paragraphe, une scène, une séquence, un chapitre et hop, voilà un tome ! Il nous en faut quatre de 20 pages pour juin prochain, je vous le rappelle, et ME le rappelle. Je suis toujours sur la construction de ma trame narrative des quatre écrits, dont le titre général provisoire est « Vivre libre ou mourir » . Je n’ai pas vraiment de souci de contenu, c’est peut-être ce qui me ralentit ! Il me semble avoir déjà beaucoup de matière, trop peut-être.

Je pars de la vraie vie, l’histoire dans les années 80, du mouvement d’Iparretarak, mais je veux rester dans la fiction. Je travaille actuellement à choisir ce que je garde des vrais évènements afin d’y confronter mon héroïne Alice Comte et son équipe. Vous demandez-vous pourquoi ce choix de contexte ? J’y reviendrai une autre fois. Suspense !

Pour le roman, titre provisoire « A couteaux tirés », j’ai arbitrairement décidé que mes séquences auraient quatre scènes. Je me laisse la liberté d’en ôter ou en rajouter lorsque je passerai à l’écriture de la première version. Pour le 07 décembre, je dois avoir terminé de construire les résumés des scènes des actes 2 et 3. Il va falloir que je rallonge les foulées pour arriver dans les temps !

J’ai expérimenté cette semaine de donner le pitch de mon histoire à quelqu’un que je rencontrais pour la première fois. Ben, faut dire que pour l’instant, je suis restée plutôt dans le secret. Mais j’ai décidé de vraiment commencer à parler de ma place d’auteur ! Auteur amateur, je le rappelle. Ne pas se méprendre. Je pratique l’écriture comme mon voisin sa guitare, ma voisine son jogging. Amateur sérieux mais amateur tout de même.

Drôle d’impression. Je me regardais faire comme si j’étais au-dessus de moi. Finalement, je crois que je ne m’en suis pas trop mal sortie, mais la frontière me semble mince entre le désir de simplicité et le risque de forfanterie. Mais je suppose qu’on s’habitue à se poser « moi auteur… ».

Là encore : le décider !

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