J comme… Justice(s)

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

Les auteurs distinguent trois niveaux. La justice au sens philosophique d’idéal, individuel ou collectif. La justice comme norme émanant d’une société ou d’un corps d’autorité. La justice comme institution faisant respecter les lois.

Je suis très attachée à cette notion de justice. Platon la plaçait au centre de son ouvrage « La République ». Il écrit : « L’homme juste établit un ordre intérieur, il harmonise les trois parties (raison, colère, désir) de son âme absolument comme les trois termes de l’échelle musicale« .

Dans Le Larousse, elle est définie « comme un principe moral qui exige le respect du droit et de l’équité« . Dans la sphère publique, elle doit être le but de toute politique et viser à établir une égalité véritable entre les êtres. Héraclite associe l’injustice à un chaos social.

Parce qu’il avait une haute idée de la justice, mon grand-père tenait régulièrement une fonction de juge de paix dans son village, pratiquant la médiation comme mode de régulation des conflits. Ses avis étaient respectés.

Dans mes histoires de vengeance, le sentiment d’injustice anime souvent mes personnages. C’est ce qui les meut vers l’irréparable du crime. Je ne les juge pas, j’essaie de comprendre le pourquoi de la bascule vers l’horreur.

Pour tendre vers cet idéal de justice, basée sur un consensus sur les notions de bien et de mal, les sociétés se sont dotées de textes et de normes. Le Droit vient dire l’échelle des infractions et des sanctions.

Mes personnages pratiquent une justice privée en fonction de ce qu’ils croient juste pour eux, en dehors de toute norme. Je pense que j’adore les westerns pour cet aspect privé de la gestion des conflits entre individus. Cependant, cela ne signifie pas que je cautionne ce choix. Ce serait le comble pour quelqu’un qui a choisi de travailler au Ministère de la Justice.

Je crois en l’institution même quand elle me désespère ou me met en colère. Avoir une organisation judiciaire est gage de respect des lois, elle punit et répare. Cependant, la manière peut (et doit) être discutée. La regarder fonctionner est essentiel. Conserver un esprit critique me paraît important.

La littérature est là pour bousculer le monde, rappeler que la justice est essentielle pour le vivre ensemble. Par mon activité d’auteure, je souhaite participer à cette observation et cette bousculade !

J comme… Jalousie

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

Le lendemain de la Saint-Valentin, je ne résiste pas à l’envie de vous ramener sur terre. Situation dramatique largement évoquée dans la littérature, la jalousie est un puissant ressort thématique pour qui aime l’écriture noire. « Ce monstre aux yeux verts » comme la nomme Shakespeare.

Le Larousse la définit comme « un sentiment d’inquiétude douloureuse chez quelqu’un qui éprouve un désir de possession exclusive envers la personne aimée et qui craint son éventuelle infidélité« .

Le mot jaloux apparaît au XIIè siècle, en ancien provençal, gelos ou gilos, qui vient du grec zêlos ou du latin zélosus, le zèle, fort attachement. Le sentiment douloureux qu’engendre la jalousie est attesté au tout début du XVIè siècle, alors associé à la personne aimée.

Gorge Sand écrivait : « Il n’y a pas d’amour sans jalousie« . Elle est un sentiment naturel. L’éprouver quand on est amoureux, c’est craindre perdre l’objet de son amour.

Le souci, c’est lorsqu’elle devient pathologique. Pour Montaigne, c’est « la plus vaine et tempétueuse maladie qui afflige les âmes humaines« . Pour Cervantès, « la jalousie est le tyran du royaume de l’amour » et pour André Comte-Sponville, « qu’on se le dise, la jalousie est un zèle égoïste et malheureux« .

Les media nous rappellent régulièrement que tous les deux jours et demi, le couple est le théâtre d’un meurtre. En 2017, en France, 157 personnes, (123 femmes et 34 hommes) sont mortes, victimes de leur conjoint, compagne, amant ou ex. (2016 : 144 soit 13 de plus).

La jalousie est l’un des trois principaux motifs d’homicides volontaires, avec l’emportement au cours d’une querelle et l’exécution d’un meurtre commandité.

Willy Pasini (psychiatre) distingue quatre stades. « Le premier est celui de la jalousie « normale », celle qui fait émerger le désir de garder pour soi celui qu’on aime.

Le deuxième stade, un peu plus grave, implique des contrôles continus de la vie de l’autre.

Le troisième est la jalousie obsessionnelle, provoquée par la projection sur l’autre de notre manque d’assurance ou de notre désir inconscient d’infidélité (voire de notre propre infidélité).

Enfin, au quatrième stade, il y a la jalousie délirante, née de l’imagination, où toute explication rationnelle est inutile, car le jaloux n’écoute que son délire ».

Othello ou Médée sont de belles figures tragiques de la jalousie.

Je rêve de créer, dans mes futures histoires, un personnage aussi puissant !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

I comme… Imagination

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

Elle revêt deux versants. Elle est mémoire dans la mesure où elle reproduit mentalement des formes, des sons, des odeurs croisés sur sa route. Elle réinvente le réel du passé. Elle est aussi création puisqu’elle permet de produire des images et des idées nouvelles. Pour Napoléon, « l’imagination gouverne le monde ».

L’imagination en littérature fait appel à des matériaux pris à la fois dans sa mémoire et dans son inventivité. Ceux qui écrivent créent des personnages, des situations, des lieux, des événements qui sont transformés ou créés de toute pièce.

La frontière me semble parfois bien mince. Dans mon activité créatrice, je distingue parfois ce qui vient de l’expérience : une anecdote, un trait de caractère d’un proche, un lieu connu… c’est-à-dire un élément venu de la vraie vie; et ce qui est issu d’une invention : un motif de vengeance, une personnalité, un dialogue… c’est-à-dire un élément inexistant, mais rendu vraisemblable.

Tout est dans la relation entre le vrai et le vraisemblable. Ce que permet l’écriture, c’est le jeu entre ces deux termes. J’imagine du possible à partir du réel. J’entremêle les deux.

J’entends souvent dire que nous sommes plusieurs dans la famille à « beaucoup broder » à partir de situations ou de gens. C’est dit avec tendresse et beaucoup de justesse. J’adhère complètement. C’est même un jeu. Vient peut-être de là mon désir d’écrire.

J’aime bien cette idée de broderie dans l’écriture. Un petit point de vrai, un petit point de vraisemblable, des écheveaux de fils plein la tête, des aiguillées de couleurs plein les doigts ! Mes histoires prennent forme sur le canevas de mes pensées avant de s’incarner sur la toile blanche de ma page.

J’ai une foultitude d’histoires et de personnages qui attendent dans ma boîte à ouvrage, ils s’impatientent même. Tourneboulent des idées de nouvelles, des idées de roman, j’aimerai aussi écrire un scenario pour une lecture à la radio… Je ne suis pas en peine d’imagination, seulement de temps !

J’ai pris la résolution d’en trouver : plus de formation continue, plus d’activité bénévole, plus d’intervention à l’Institut Régional du Travail Social, moins de travail ramené à la maison (parce que plus du tout, impossible, de toutes les assistantes sociales du Ministère de la Justice, j’ai le secteur de France le plus chargé !).

Privilégier l’imagination pour proposer son interrogation du monde.

Pour Baudelaire, « Imaginer, c’est hausser le réel d’un ton ».

I comme… Interruption

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

Elle arrive à sa fin. Je suis très heureuse de vous retrouver pour mes billets d’auteure. Vous m’avez manqué !

J’ai profité de mon repos forcé pour réfléchir. Je suis désormais bien installée dans mon activité d’écriture. Mais il me reste à développer la promotion de cette activité. Je ne vous cache pas que c’est compliqué pour moi ! Assurer l’aspect marketing est vraiment un autre métier.

J’ai décidé de suivre l’atelier Mastermind d’Anaël Verdier, qui est effectivement sur les deux volets : production et promotion. Nous sommes quatre auteurs qui nous rencontrons en présentiel un week end tous les trimestres et sur internet une soirée tous les quinze jours.

Côté production, je suis sur mon recueil de nouvelles noires avec la thématique dont je vous ai déjà parlé, le train et la guerre.

J’ai aussi décidé de relancer ma participation aux concours de nouvelles. J’ai écrit quatre textes pour Toulouse (thème : « prise de becs »), Lyon (thème : une photo), Mirande (« autour du 7 »), et Bergerac (« la folie »). J’en ai un cinquième en préparation, Pontaut-Combault (« faute et conséquences »).

Côté promotion, je prépare un courriel pour inviter mes fans à intégrer une liste de diffusion. J’envisage un envoi mensuel, en plus de mes articles de blog.

J’ai contacté la librairie du supermarché Leclerc de Léognan et je serai en dédicace le samedi 31 mars à partir de 10h30. Je vais contacter d’autres librairies.

Je m’inscris aussi à des salons. Pour l’instant, Grignols le 16 juin et Saint-Estèphe le 08 octobre.

Et voilà, c’est reparti !

H comme… Handicap

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

Rien de grave, seulement mes canaux carpiens. Le comble pour une auteure !

J’ai cessé de vous écrire depuis le 30 septembre car pianoter sur les touches (même glisser sur ma tablette) occasionne des douleurs.

Je suis opérée en décembre pour le poignet droit et en janvier pour le poignet gauche. Le temps médical n’est pas le même que celui des patients ! Hélas !!

Rendez-vous en février pour la reprise de mes articles.

En attendant, je vous souhaite de très belles fêtes de fin d’année !

H comme…Histoire

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

Yves Lavandier dans son ouvrage “La dramaturgie” relate le fait suivant. Dans un camp de concentration, une détenue gardait précieusement un peu de pain et confectionnait des figurines. Puis les animant, elle racontait des histoires tous les soirs.
Le besoin d’histoires est universel. Même dans la pire des situations, elles sont convoquées pour se protéger de l’horreur.

Quand nous lisons ou entendons “ il était une fois…”, les émotions de nos lectures de contes d’enfant reviennent immédiatement à la conscience. Ces récits ont été essentiels, perdurent dans la mémoire, nous ont construits et aidés à grandir.

Dans mon écriture, je suis plus attachée dans un premier mouvement aux personnages. Qui sont-ils ? Quelles épreuves ont-ils traversé pour être ce qu’ils sont, pour expliquer ce qu’ils font ?
Je me place spontanément dans leur tête, essaie de penser et ressentir ce qui les anime. L’émotion est mon moteur.

À partir de là, je construis mes histoires. Des histoires noires pour explorer l’énigme du meurtre.

Mais qu’est qu’une bonne histoire ?
Déjà relativiser, elle ne sera bonne que pour certains lecteurs et pas pour d’autres. Écrire c’est aller à la rencontre de son lectorat propre à son univers.

Une parenthèse : aujourd’hui 30 septembre et demain, je suis au Salon du Livre de Lempzours en Dordogne !

Comme le répète souvent Anaël Verdier, “tout a déjà été écrit mais pas par vous”. Il s’agit de choisir son angle d’attaque, découvrir son originalité, trouver son style, décider de son message… De glisser son écriture personnelle parmi d’autres récits.

Pour moi, une bonne histoire est celle qui suscite des émotions, soulève des interrogations, aide à comprendre le monde. C’est, la dernière page tournée, des images qui persistent, des larmes ou des rires qui s’attardent.

Un des secrets d’une bonne histoire, c’est d’utiliser les cinq sens, écrire ce que mes personnages voient, entendent, touchent, sentent et goûtent . C’est emporter mes lecteurs dans la valse des ressentis. C’est leur permettre de vibrer à leur tour, en miroir.

C’est montrer et ne pas dire. Par exemple, ne pas écrire : “le printemps est arrivé”, mais préférer : “ »ce matin-là, la brume se dissipa découvrant les primevères fripées de froid. Le soleil étirait ses rayons d’or sur mon visage et sur la terre mouillée qui chatouillait mes narines. Mes mains autour de la tasse de café se réchauffaient lentement tandis que bruissaient les étourneaux dans le jeune tilleul”.

Une bonne histoire vous enlève, elle vous malmène dans la tourmente des personnages, vous emporte dans la spirale de leur défaite comme de leur espérance. C’est aimer et haïr avec eux, souffrir et se réconforter, rire et pleurer au gré de leurs aventures.

Et pour vous, qu’est-ce qu’une bonne histoire ?

G comme… Gratitude

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

Mon premier mouvement de gratitude va à mon petit cercle de proches qui lisent mes textes, corrigent, réagissent, s’étonnent, suggèrent… bref commentent, sans complaisance et avec bienveillance à la fois. Mention spéciale pour Elisa Tixen (découvrez son site d’auteure : elisatixen.wordpress.com) et ma mère qui sont des liseuses précises, engagées et justes !

Mon deuxième mouvement de gratitude va aux bloggeuses lectrices qui prennent le risque de lire des inconnus et partagent leurs coups de cœur comme leurs coups de blues, leurs étonnements et leurs déceptions. Je vous invite à découvrir le site de l’une d’entre elles : leslecturesdemaryline.eklablog.com

Elle m’avait offert une belle critique pour mon premier recueil de nouvelles : « Eclats de rage »

« Waouh ! Dès la première nouvelle, on se prend une belle claque ! Je suis restée sans voix… Je n’ai même pas pu continuer de suite sur la deuxième nouvelle, il m’a fallu du temps pour m’en remettre. C’est court mais intense, la fin arrive brutalement et on se la prend en plein visage.

Et la suite est encore meilleure ! Ces adolescents sont perturbés, ils vivent normalement mais une rage au fond d’eux fait que le moment venu, ils craquent, sans se poser de questions. Malheureusement, ça arrive trop souvent, les accès de colère sont humains et personne n’est à l’abri.

Le style d’écriture de l’auteur est très agréable, très aéré, facile. J’ai vraiment passé un super moment en compagnie de ces adolescents torturés. Les mots sont toujours bien choisis et ils nous permettent de voir que tous les humains sont égaux, quel que soit le niveau social, la hiérarchie, l’âge et le rang…

Merci beaucoup à l’auteur pour sa confiance, je vais parler de ce livre partout autour de moi pour qu’elle se fasse connaître du plus grand nombre de lecteurs car elle le mérite ».

 

Je vous donne sa critique sur mon deuxième recueil « Ta mort viendra… et elle aura mes yeux », paru début septembre, sur son blog :

« Son premier recueil « Éclats de rage » avait été un vrai coup de cœur pour moi! J’ai ensuite souhaité lire sa nouvelle présente dans un recueil collectif « Un trou noir c’est troublant« . Aujourd’hui, c’est un autre recueil de nouvelles, entièrement écrit par Agnès de Cize. Et là, je suis partagée…

En effet, j’ai adoré certaines qui ont été un vrai coup de cœur :

– la 4 est très noire, le suspense va crescendo et le final est au top !

– la 5 est parfaite, avoir les deux versions, le coupable et les enquêteurs, c’est fascinant !

– la 7 est machiavélique, j’adooore !

– la 11 est étouffante, angoissante, vraiment super.

– j’ai adoré la 12 qui est la meilleure avec une fin surprenante et ouverte… un vrai thriller.

– une mort et une enquête rapide font de la 13 un bon polar super rapide, j’adore !

– et la 14 a une fin… surprenante !

D’autres sont très intéressantes mais avec quelques petits défauts :

– la 6 aurait pu être vraiment sympa mais elle est vraiment trop courte et on n’a pas le temps de comprendre qui, quand, où ?

– la fin de la 10 est un peu trop brutale à mon goût, je n’ai rien vu venir…

– la 15 est vraiment très angoissante mais il manque un peu de suspense.

– et la 16 est saisissante et triste, mais finalement très belle.

Et pour finir, je vais parler de celles qui n’ont pas réussi à me transporter :

– dans la 1, je n’ai pas compris qui était qui, il y a une confusion dans les personnages.

– la 2 est bien trop vague, trop rapide, on ne sait rien…

– la 3 est inutile pour moi.

– la 8 n’est pas très crédible.

– je n’ai pas compris la 9 qui est trop irréelle.

En conclusion, je trouve que c’est plutôt un bon recueil qui regroupe de très bonnes nouvelles comme de moins bonnes. L’auteur a une écriture agréable que j’apprécie vraiment. Les mots sont simples, le film est fluide, on se prend au jeu facilement. La vengeance et la mort sont le fil conducteur de toutes les histoires comme le prouve très bien le titre qui est vraiment bien trouvé et qui colle parfaitement au recueil complet. Tout se passe vers la Garonne ».

 

Vous l’aurez deviné, la première critique est plus agréable à lire que la seconde. Elle m’a galvanisée et encouragée à poursuivre mon activité d’écriture.

Mais c’est la seconde qui permet de progresser. En amont, re-la-ti-vi-ser : elle juge un texte pas une personne. Le ciel ne s’écroule pas sur ma tête. Aucune raison de se dénigrer ou de fragiliser son estime de soi. Pas de mea culpa à n’en plus finir non plus.

Par réflexe, le « négatif » s’attarde d’abord dans la tête alors que certains textes, la bloggeuse les a adorés (7) ou trouvé intéressants, (4). Dans un premier temps, il s’agit de retenir ce qui a « marché », analyser ce qui a plu, ému, s’assurer comme en cordée avec les textes qui « fonctionnent ».

Ensuite, revenir sur les nouvelles qui ont moins de grâce à ses yeux (5), pour comprendre, envisager ce qui aurait pu être retravaillé (ou pas, car l’auteur a toujours le dernier mot).

Donner à lire ces textes est un pas important dans sa construction d’auteur. Accepter les remarques, c’est prendre de la distance avec son écriture, analyser les effets de ses textes sur autrui. Entre l’intention et la réception, un écart persiste. Il s’agit de décoder ce qui se passe entre écriture et lecture. L’essentiel est de pouvoir progresser dans la construction de ses histoires, la caractérisation de ses personnages, l’aisance de son style…

J’admire beaucoup les lecteurs qui savent parler de leur rapport aux livres. Je n’aime pas du tout cet exercice pour ma part. Je remercie chaleureusement celles et ceux qui acceptent de me proposer leurs réflexions sur mes textes.

Alors n’hésitez pas ! Sur mon blog, sur Amazon, par courriel, en direct, en différé… J’ai besoin de vous !

Car ma dernière et troisième gratitude est pour vous, mes lecteurs de toujours et mes futurs lecteurs !

 

PS Je serai à la Foire aux Livres de Saint-Jean-Pied-de-Port (64) le dimanche 17 septembre, au Salon du Livre de Lempzours (24) le samedi 30 septembre et dimanche 01 octobre et au Salon du Livre de Sainte-Hélène (33), le dimanche 22 octobre. Venez nombreux !

 

G comme… Garazi

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

Pour mes nouveaux abonnés « estrangers » qui vivent au-dessus de l’Adour, Garazi est le nom basque de Saint-Jean-Pied-de-Port. J’y ai passé mon enfance et adolescence. Je ne sais pas encore ce qui transparaît dans mon écriture comme éléments liés au territoire et aux expériences passées.

Je pense qu’il faut plusieurs ouvrages pour lire ces empreintes.

L’année dernière, St Jean a reçu le label du « Plus beau village de France ». Ce qui est amusant, c’est qu’on l’a toujours nommé ville ! De chez mes parents, je dis que je descends en ville, je ne dis jamais village.

« La sélection des villages se déroule en quatre étapes (ainsi décrites par l’Association, cf leur site : www.les-plus-beaux-villages-de-France.org)

1- L’expertise sur dossier

Le dossier de candidature, porté par la commune elle-même ou par une structure intercommunale si elle a été mandatée à le faire, doit assurer que le bourg (ou plus rarement le hameau) faisant l’objet de la demande satisfait aux 3 critères éliminatoires suivants :

– Attester d’une dimension rurale, c’est-à-dire avoir une population agglomérée maximale de 2000 habitants.

– Posséder, sur son territoire, au minimum 2 sites ou monuments protégés (classés ou inscrits).

– Prouver d’une adhésion collective au projet de demande de classement par la fourniture d’une délibération du Conseil municipal.

La Commune peut verser au dossier tous documents qu’elle jugera utile à sa démarche. A réception du dossier au siège social de l’association, celle-ci notifie à la commune l’acceptation ou la non recevabilité de sa candidature. Aucune demande de classement n’émane d’une sollicitation d’une commune par l’association

2- L’expertise sur site

Lorsque le dossier de candidature a reçu un avis favorable, la commune fait l’objet d’une visite-expertise à une date convenue entre le Maire et le chargé de la politique Qualité de l’association.

Cette expertise est basée sur une grille de 27 critères objectifs permettant de mesurer l’importance et la valorisation du patrimoine du village, sa qualité architecturale, urbanistique et environnementale ainsi que la pertinence des actions de la commune en termes de maîtrise et de mise en valeur de son territoire (outils d’urbanisme, maîtrise des flux de fréquentation, aménagements esthétiques…).

Elle se traduit par un entretien préalable avec le Maire de la commune (entouré de toutes personnes de son choix), au cours duquel sera fourni à l’association un certain nombre de documents nécessaires à l’expertise, avant de s’achever par un reportage photographique technique.

3- La Commission Qualité

Composée d’élus membres de l’association mais aussi de personnalités qualifiées ou « experts », la Commission Qualité siège 2 fois par an. Elle décide, de manière souveraine, de la suite à donner au rapport d’expertise présenté par le chargé de la politique Qualité de l’association.

4 décisions sont possibles :

– le classement sans réserve (n’excluant pas la formulation d’observations ou conseils à des fins d’amélioration de sa qualité).

– le classement avec réserves, mentionnées dans le compte-rendu d’expertise ainsi que dans la charte qualité et que la commune devra, dans ses actions à venir, s’efforcer de lever.

– le non classement temporaire, permettant à la commune dont le potentiel a été reconnu, de renouveler sa demande de classement, à une date qu’elle jugera plus opportune en fonction de l’amélioration de sa qualité.

– le non classement définitif éliminant (sauf exception dûment motivée), toute possibilité de renouvellement de candidature.

4- La Charte de Qualité

Elle officialise l’entrée d’un nouveau village dans l’association. Sa signature par le Maire de la commune concernée (à laquelle peut s’ajouter celle du Président de la structure intercommunale mandatée pour le projet de classement) et le Président de l’association est obligatoire et doit intervenir dans un délai maximum d’un an à compter de la date à laquelle la Commission Qualité a rendu sa décision. Elle donne une première occasion au village de faire connaître et de valoriser son classement au titre des Plus Beaux Villages de France auprès des habitants, des Collectivités locales, et des media.

La Charte de Qualité implique, pour l’association tout autant que pour le village, un certain nombre d’engagements. L’association concède ainsi à la commune (ainsi qu’à ses structures satellites : Office de Tourisme…) le droit et même le devoir d’utiliser les emblèmes figuratifs de sa marque déposée (logo), la fait bénéficier des actions et services qu’elle conduit pour améliorer la qualité, la notoriété et le développement de l’ensemble des villages de son réseau.

De son côté, la commune s’engage, sous peine de déclassement, à s’impliquer, de manière active et dans le respect des principes édictés par l’association, à la mise en œuvre de sa stratégie, non seulement par le paiement d’une cotisation mais aussi par sa participation aux réunions de travail de l’association. Elle doit également poursuivre ses efforts quant à l’amélioration de sa qualité générale (patrimoine, accueil, développement…) en s’appuyant sur la valorisation de son classement.

Cette méthode de sélection, si elle est extrêmement rigoureuse (environ 1 demande de classement sur 5 seulement aboutit favorablement), s’avère néanmoins nécessaire à la crédibilité des villages et du réseau auprès du grand public quant à la promesse d’excellence qui lui est faite.

Les villages classés antérieurement à 1991, date de la mise en place de la grille d’expertise multicritères, font par ailleurs l’objet d’une vérification de leur qualité à l’appui de cette grille et peuvent voir leur classement remis en question par la Commission Qualité ».

 

Cet été, le magazine féminin Maxi, un hebdomadaire, a fêté le 25ème anniversaire de l’Association. Une journaliste a choisi de m’interviewer (orientée par l’Office de Tourisme). Elle cherchait des personnes civiles engagées pour faire connaître leur village.

Abdy Warhol écrivait en 1968, « à l’avenir, chacun aura son quart d’heure de célébrité mondiale ». Mondiale, pas encore, mais mon autre site saintjeanpieddeport.wordpress.com reçoit des visiteurs de la planète entière.

Je ne résiste pas à l’envie de vous donner à lire l’article ! Excepté la conclusion (nunuche) que je n’ai jamais prononcée, il est plutôt fidèle à ce que j’ai dit.

Espérons que cela vous attire à Garazi !

1 article maxi juillet 2017

 

F comme… Famille

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

La famille est perçue par 90% des français comme une valeur centrale de la société. Si l’on considère l’Europe, en 2014, 85% des Européens, quelque soit l’âge, considèrent la famille comme très importante.

Julien DAMON (article « La valeur famille en tendances ») rappelle que 57% des Français pensent que « la famille est le seul endroit où l’on se sente bien et détendu ».

Même si cette valeur s’érode, elle reste au premier rang du palmarès des valeurs, (le travail est en seconde position), au-delà des transformations des structures familiales, classiques, monoparentales, recomposées, homoparentales…

Alors, quel paradoxe de lier famille et crime.

Et pourtant… L’affaire Grégory vient de brutalement nous le rappeler. Dans plusieurs pays, plus du tiers (entre 30 et 40%) des homicides sont commis dans la famille. En France, en 2014, 28% des homicides sont intervenus dans le cadre conjugal et familial.

Dans mon premier recueil de nouvelles, « Eclats de rage », 3 histoires sur 7 sont intra familiales. Dans mon second recueil, « Ta mort viendra… et elle aura mes yeux », 6 sur 16 textes le sont.

Bernard Savin écrit dans son article « Le divan familial » (paru dans la Revue de Thérapie Familiale Psychanalytique, janvier 2001) : « Nombre de crimes sont perpétrés en famille, ils peuvent être passionnels ou issus de vieilles haines ou bien encore porter la marque de jalousies portées au paroxysme. (…) Mais, quelles que soient sa forme et sa victime, tout crime a un retentissement familial. Il parle à la famille et parle de la famille. (…) Le crime perpétré par un membre d’une famille provoque un traumatisme important dans son sein. D’autant que l’acte criminel vise, parfois, à tenter de remettre en travail psychique les effets d’un traumatisme familial transgénérationnel, d’un événement réel, ancien, qui n’a pu être élaboré psychiquement et intégré à l’histoire mythique familiale. Le sujet tente par son acte criminel de remplir des blancs de la généalogie, de la mythologie familiale, de l’histoire familiale ».

Dans une étude québécoise (ancienne, 2004) les plus prévalents sont l’uxoricide, (homicide conjugal) (19,2% de tous les homicides résolus), le filicide (7,4%) et le parricide (3,4%). Mots bien savants pour dire l’horreur.

Trois trajectoires de crimes différentes.

Selon une enquête de Médiapart, tous les deux jours et demi, en France, un couple est le théâtre d’un meurtre. En 2013, 118 hommes ont tué leur compagne, 2 hommes sont morts, tués par leur compagnon. 23 femmes ont tué leur conjoint (dont 5 étaient victimes de violences conjugales). Cela représente 17,40 % des homicides et des violences volontaires ayant entraîné la mort sans l’intention de la donner.

D’une manière générale, les hommes tuent plutôt pour « garder » leur femme (même morte, elle leur appartient encore), pour s’opposer à la rupture, tandis que les femmes tuent pour entériner cette rupture dont elles ont pris l’initiative ou pour se dégager d’une relation devenue insupportable.

L’infanticide concerne le meurtre d’un nouveau-né, il est proche du terme de néonaticide qui désigne le meurtre d’un enfant le premier jour de sa vie. Filicide et libericide désignent le meurtre d’un enfant plus âgé.

Le déni de grossesse est un impensable dans notre société. Même les professionnels se retrouvent dans un désarroi réel « lorsqu’ils apprennent tout à la fois la grossesse, la naissance et la mort du bébé ». Or le travail de prévention est absolument nécessaire. Daniel Zagury distingue plusieurs dénis de la conception : « déni des métamorphoses corporelles, déni d’altérité, déni du processus vital en cours, déni de signification, déni de l’inéluctabilité du terme de la grossesse ».

Dans les situations de meurtres d’enfants plus âgés, ces mères souffrent souvent de troubles psychiatriques. Elles ont connu des souffrances narcissiques graves dans l’enfance. Daniella Angueli évoque cet espace complexe « où les champs de la psychose, du meurtre altruiste du mélancolique et celui du syndrome de Münchhausen par procuration sont difficiles à démêler ».

Certains auteurs étudient la situation familiale dans son ensemble et soulignent que la présence de certains éléments favorise la parricide : « un climat familial de confrontation, la présence de moyens violents pour régler les conflits, la notion de déni souvent présente dans la famille, la présence d’une arme à feu à la maison, ainsi que la présence d’abus physique, sexuel ou émotionnel ».

Dénouer les liens entre famille et crime s’avère un travail de titan. Les études sont pléthores. Elles me donnent, dans mon travail d’auteure, un excellent terreau pour mon imagination. Elles me permettent aussi de caractériser mes personnages au plus près des réalités sociales.

Ma profession d’assistante sociale me porte naturellement vers la compréhension des situations dans une approche pluridisciplinaire. Chaque courant théorique offre une facette explicative pour approcher l’énigme de l’amour, la vie et la mort.

J’aime bien m’appuyer sur ces regards kaléidoscopes pour comprendre le monde. En tant qu’auteure, j’entends préserver cette ouverture multi-dimensionnelle. Je picore des éléments pour construire mes histoires et aider le lecteur à comprendre, voire à aimer, mes personnages quel que soit leur crime.

Parfois, (souvent ?), la littérature éclaire plus facilement l’esprit que le plus chevronné des spécialistes !

F comme… Farniente

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

Juillet est mon mois de vacances.

Je mets mes neurones en sommeil au soleil de la Toscane. Ah l’Italie et sa criminalité notoire.

Selon l’article de Wikipedia, le terme de mafia a des origines diverses. Dans les années 1860, des documents officiels évoquent le mot pour désigner une association de malfaiteurs et un comportement de la société sicilienne couramment admis à l’époque. Il  signifie beauté, bravache et audace dans la langue populaire d’un quartier de Palerme.

L’expression prise dans son sens criminel apparaît en 1863 dans une pièce de théâtre « I mafiusi di la Vicaria », où le personnage du mafioso est le « camorista » ou l’homme d’honneur, celui qui s’oppose ouvertement aux institutions gouvernementales, exhibant courage et supériorité.

Cette pièce est à l’origine du mythe de la mafia protectrice des faibles et symbole de comportement honorable de la part de ses membres.

En 1877, la mafia est décrite comme « une industrie de la violence », certains auteurs déclarent qu’il s’agit bien d’une organisation criminelle.

La Sicile est le berceau de la mafia mais le terme s’applique à toute forme de crime organisé (on parle de mafia américaine, russe, irlandaise, italienne, turque, albanaise, corse, chinoise, japonaise…).

Le terme est également lié à la notion de « parrain ». Le premier véritable « parrain » de la mafia s’appelle Vito Cascio Ferro (1862-1943). Il modernise l’organisation, impose le « pizzu » (impôt, racket), à tous les commerçants. Il raconte qu’il va « picorer » chez les commerçants comme le moineau pique son bec dans une flaque d’eau pour boire, d’où le terme « pizzu ».

Il est le parrain qui chapeaute tous les « cappo » qui eux-mêmes dirigent tous les hommes de main. Chaque « capo » a un « consigliere », un bras droit.  Il est la légende qui inspirera le personnage du film « Le Parrain ».

J’ai une tendresse inconditionnelle pour cette terre. J’aime tout, ses habitants, sa culture, ses paysages, ses pierres… Je suis comme un poisson dans l’eau ici.

J’ai emporté pour mon farniente italien un carton de polars. J’ai de la lecture à rattraper ! J’ai aussi prévu quelques travaux d’écriture. La terre italienne vibre d’histoires de mafiosi.

J’espère bien qu’elle inspirera ma plume !