G comme… Grignols

Suite à mon premier Dictionnaire Amoureux, j’ai décidé de vous en écrire un second ! Je poursuis l’aventure afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure de polar et de poésie. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

Grignols est un village du Sud-Gironde, arrosé par le Lysos, affluent de la Garonne. Il compte 1190 habitants et a la particularité de posséder six églises et deux châteaux !

L’Association Lire ensemble organise chaque année un Salon du Livre qui réunit une quarantaine d’écrivains, libraires et éditeurs.

J’ai une tendresse particulière pour Grignols car c’est le premier Salon qui m’a accueillie. L’équipe de bénévoles est particulièrement dynamique et chaleureuse.

Cette année, le Salon se tient le 15 juin de 9h à 17h et je vous souhaite nombreux à venir nous voir !

J’y vais avec quatre autres auteurs de l’Association Les Plumes Indépendantes : Loli Artesia, Isabelle Buffet, Yannick Giammona et Christophe Matocq. Allez découvrir leurs univers d’auteur sur notre site : lesplumesindependantes.fr

A Grignols, j’aurai le plaisir de vous présenter mon nouvel ouvrage, mon premier recueil de haïkus :

 

 

Bientôt disponible sur les plateformes d’auto-édition dès que… j’aurai vaincu les problèmes techniques !

F comme… Formation (3/3)

Suite à mon premier Dictionnaire Amoureux, j’ai décidé de vous en écrire un second ! Je poursuis l’aventure afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure de polar et de poésie. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

Comme annoncé, je clôture ma série de F comme… Formation avec la présentation de mes trois projets, cogités à La Rochelle.

Il y a un moment que l’idée traçait son chemin mais comme d’habitude, je déteste improviser. J’ai besoin de réfléchir, de m’outiller sur le plan théorique et pratique, de me projeter dans des situations précises.

J’ai une longue expérience maintenant des ateliers en tant que participante, mais passer de l’autre côté, c’est toute une nouvelle posture à acquérir. Me sentir légitime pour tenter cette aventure m’a pris du temps.

Je profiterai de l’été pour construire mon parcours d’intervention. Cela me donnera des récréations dans l’écriture en cours de mon roman !

Le premier projet est d’ordre personnel. J’aimerai animer un atelier pour des adultes tout public, sous mon identité d’auteure, soit à titre individuel, soit au nom de l’association Les Plumes Indépendantes.

J’ai un titre provisoire “Écouter les mots jouer”. Sans autre objectif que de s’amuser ensemble et d’encourager sa créativité.

Le deuxième projet est de créer un atelier, sur le plan professionnel, à titre d’assistante sociale. J’aimerai viser un public d’agents en longue maladie pour rompre leur isolement social et les soutenir dans leur parcours de soins. L’atelier leur permettrait aussi de garder un lien avec l’institution et faciliter leur retour. Titre provisoire : “Écouter les mots s’écrire”.

Le troisième projet est de proposer des stages de deux jours dans le cadre du plan de formation pour viser tout public des trois directions du Ministère de la Justice : administration pénitentiaire, services judiciaires et protection judiciaire de la jeunesse.

L’objectif serait d’encourager les liens sociaux inter et intra services, redonner le goût des solidarités professionnelles, partager ses textes personnels, retrouver le plaisir des créations collectives. Titre provisoire : “Ecrire et lire ensemble”.

Il me faut désormais travailler sur la présentation de l’atelier pour donner envie aux personnes d’y venir et de dépasser leurs appréhensions. Il s’agit aussi de construire un argumentaire pour convaincre les responsables et le chargé de formation de mon service.

Je suis convaincue du bien-fondé des ateliers d’écriture. Il s’agit de trouver les mots pour partager mes convictions !

Premier principe : tout le monde est capable d’écrire, un mot, une phrase, un texte court… et a des marges de progression. Deuxième principe : ce n’est ni du scolaire, ni du soin, c’est du ludique. Troisième principe : les productions étant lues à voix haute, les fautes d’orthographe passent inaperçues. Quatrième principe : les retours positifs sont seuls autorisés, pas de jugement, pas d’interprétation. Cinquième principe : … vous avez des propositions ?

Si vous avez été participant et/ou animateur, n’hésitez pas à m’envoyer vos expériences, conseils et suggestions pour enrichir ma réflexion.

F comme… Formation (2/3)

Suite à mon premier Dictionnaire Amoureux, j’ai décidé de vous en écrire un second ! Je poursuis l’aventure afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure de polar et de poésie. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

Dans mon article précédent, je vous présentais deux exercices liés à deux champs d’exploration possibles en atelier d’écriture, le jeu et la fiction.

Aujourd’hui, je vais vous parler des deux autres champs possibles : le regard sociologique et l’autobiographie que Catherine a mariée avec un cinquième champ la poésie.

  1. Le regard sociologique

Un matin, notre formatrice nous invite à arpenter le marché de La Rochelle pour « une cueillette de sensations », calepin à la main. La consigne : noter des éléments liés au goût, à l’odorat, à l’ouïe, à la vue et au toucher.

Les Halles sont un magnifique bâtiment, et les étals sont aussi dans les rues alentours. Nous avions un superbe soleil avec nous.

 

Retour dans la salle de formation. Par sous-groupe de trois, nous nous lisons nos notes. Nous choisissons deux notes de chacune de nos camarades et une parmi les siennes. Soit quinze notes, que nous écrivons sur des carrés et rectangles de papier avant de les illustrer et les coller.

Avec l’autorisation de Christelle et Nathalie, voilà le résultat ! Tout n’étant pas lisible, je vous redonne nos notes, pour le plaisir des sens !

 

  • un coin de rue, un coin d’ailleurs – poussettes et cabas se croisent dans les allées – les fraises qui sentent le poisson nous accueillent – la pomme douce et ronde comme la joue d’un enfant – l’espadon s’échappe dans la chlorophylle sirupeuse des fraises – « vous pouvez manger la peau, ce ne sera pas du plastique ».
  • cette femme qui met son pull sur son nez – « deux barquettes du Périgord, 2 pour 5 euros » – le bistrot : le Chabi des halles – odeur de vieux tabac – musicien de percussions – l’aspérité rugueuse des huîtres.
  • le jus puissant des premières cerises – le chant d’opéra du vendeur de vins – la pyramide des pamplemousses – les oignons qui se déshabillent sous mes doigts – l’odeur citronné de l’espadon – « il n’y a pas écrit pruneaux sur votre liste ? »

J’espère que vous y êtes au Marché de La Rochelle !

 

  1. Autobiographie/poésie

Convoquer l’autobiographie n’est pas aisé, car c’est une écriture qui implique davantage et réveille des émotions que l’animateur d’atelier doit contenir. Proposer de la poésie n’est pas simple non plus, cela peut « bloquer ». D’où l’importance de dédramatiser cette écriture. L’idée est toujours de s’amuser avec un rythme, des énumérations, des sons, des images, des sensations…

Dans cet exercice, il s’agit d’écrire à partir de la ritournelle « Je parle de… ». Nous sommes invités à choisir un lieu qui nous est cher et le donner à voir. Chacun a lu son texte à tour de rôle.

Voici le mien : « Je parle de … mon collège« . Soyez indulgent, nous avions très peu de temps et aucun temps pour retravailler son texte. Exercice ludique, vous dis-je !

« Je parle de mon collège, situé sur la colline de Mendigurren, au-dessus de ma ville de Garazi, regardant vers le Nord et le royaume de France, vers le Sud et les Ports de Cize, vers l’Ouest et ses brumes marines, et vers l’Est vers le Pic de Béhorléguy.

Je parle de mon collège, installé dans la Citadelle, sur l’emplacement du château fort des Rois de Navarre, transformé par le Chevalier Deville, modifié par Vauban, devenu garnison militaire puis collège dans les années 60.

Je parle de mon collège, qui s’ouvre par la Porte du Roy et le Pavillon des Gouverneurs, de ma classe de 5ème et mes premières amours, des courses autour des remparts et de nos premiers matchs de foot en équipe mixte.

Je parle de mon collège, de mon professeur de français atypique et de mon exposé sur la littérature de western, de mon prof d’histoire-géo qui avait des cousins partout pour nous expliquer le monde.

Je parle de mon collège, et d’un autre prof de français pour qui « on est un pronom canaille » et « faire un verbe interdit », de mon premier prix départemental de poésie sur le texte des « Deux pigeons qui s’aimaient d’amour tendre ».

Je parle de mon collège, qui m’a vue naître à l’écriture quand les douleurs serrent les cœurs et éteignent les espérances, qui m’a ouvert aux voyages qui éloignent de la peine et ravivent le désir, qui m’a préparé à accompagner les détresses nues et les silences assourdissants de l’enfermement carcéral« .

Je n’ai pas la place de tout vous raconter, et beaucoup de moments appartiennent au groupe ! J’espère avoir donné envie, à ceux que la plume titille, de participer à un atelier d’écriture.

Tout le monde peut écrire, un mot, une phrase, un texte court…

 

 

F comme… Formation (1/3)

Suite à mon premier Dictionnaire Amoureux, j’ai décidé de vous en écrire un second ! Je poursuis l’aventure afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure de polar et de poésie. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

Me revoilà sur mon blog ! après deux mois d’absence. Parfois la vraie vie prend le pas sur l’écriture. Je suis ravie de vous retrouver.

Je rentre (remobilisée) de La Rochelle, ville que j’adore. Une semaine de promenade en fin d’après-midi et soirée : rêver de prendre le large avec les voiliers du port, s’attarder en terrasse avec un verre de vin blanc, découvrir de nouveaux restaurants de poissons et de crustacés…

J’espère que mes haïkus du jour et du soir de toute la semaine sur facebook vous auront donné envie de la découvrir ou la revoir !

J’avais annoncé que j’allais freiner mes engagements de formation mais ce n’est pas possible. C’est dans mon ADN ! Je finirai à l’Université du temps Libre dès ma page professionnelle terminée, c’est sûr !

L’intitulé de ma formation organisée par le CERF : « Atelier d’écriture, un outil de médiation et de pratique éducative ». Sous-titre : « Mettre en place un atelier d’écriture ».

La formatrice Catherine Berthelard est une passionnée patiente et pleine de ressources, bienveillante et à l’écoute. Elle anime des ateliers d’écriture et conduit des formations au CERF, Aleph, Sofor… Un expérience qu’elle partage avec générosité.

Nous étions 12, de tout âge, venus de toute la France. Cinq hommes : Florian et Jérémie, infirmiers en psychiatrie, duo boute-en-train; Eddie, aide-soignant très engagé dans la vie de son service hospitalier; Fabrice éducateur impliqué auprès d’ados en difficultés et Gregory, éducateur soucieux de permettre l’accès à l’écriture, de son public déficient intellectuel.

Sept femmes : Béatrice, éducatrice, admirative des productions de son groupe; Christelle, engagée passionnément auprès d’élèves de SESSAD; Angélique, infirmière en centre de jour soucieuse de diversifier ses propositions d’écriture; Nathalie, infirmière en psychiatrie, très heureuse de nous montrer les productions de son groupe de patients; Anne assistante sociale dans un conseil départemental, espérant offrir un atelier d’écriture aux usagers en difficultés. Et moi avec trois projets différents (dont je vous parlerai dans un prochain article).

Dès les premières minutes, avant le tour de table traditionnel, une proposition d’écriture. Chaque stagiaire a écrit six mots sur six bouts de papier, mis dans une boite. Catherine tire au sort un premier mot et nous avons deux minutes pour commencer notre texte, puis elle tire un second mot, deux minutes pour poursuivre, et ainsi de suite. Deuxième temps : lecture des textes et retours sur ce qui nous a plu. Une manière de se connaître par la médiation du texte. Original !

J’ai aimé toute la semaine (en général, je suis plutôt exigeante!), apprécié nos échanges et nos productions. Catherine a alterné des temps différents, éléments théoriques (jamais assez denses à mes yeux, mais c’est toujours comme ça, j’irai lire) et exercices pratiques. Rien ne remplace la richesse des mises en situation. Vive la pédagogie active !

Nous avons exploré quatre champs possibles :

1. le jeu,

sans autre objectif que de s’amuser avec des mots ou expressions, tirés au sort. Pour le premier texte du premier jour : jardin, plein air, l’orage arrive, étreinte, bleu azur, autre, soigner les maux par les mots, montagne, les saisons, la promenade, la psychiatrie, rêve.  Pour le dernier texte du dernier jour : océan, macabre, sport, au temps des cathédrales, beauté, ma fille, nourriture, feu d’artifices, parsemer, croquant, aimer, saperlipopette, pleurer, orient, amis, sensibilité, rire.

Si si, je vous assure, on peut tous les intégrer dans un seul écrit. Je vous le prouve en vous donnant mon texte. Ne cherchez pas la perfection, c’est un exercice ! Juste pour vous donner envie de courir, près de chez vous, rejoindre un atelier d’écriture.

« Au temps des cathédrales, c’était du sport de rejoindre l’océan avec ses amis. Quitter l’orient tant aimé, et ses montagnes, demandait des jours et des jours. Saperlipopette. Ma fille pleurait toutes les nuits, sa sensibilité était heurtée par tout ce qu’elle voyait de brutal et de macabre sur les routes de France. Heureusement la beauté des villes et de leurs feux d’artifices, la découverte des biscuits croquants aux amandes et de la nourriture saine des campagnes traversées, lui redonnaient le sourire. Elle cessait de pleurer en parsemant de miettes sa jolie robe et se mettait à rire, rire et rire. »

2. la fiction pour explorer son imaginaire,

choisir deux photos (et/ou tableau) représentant une personne (ou un animal) et un lieu, puis à partir d’une énumération :  prénom, nom, âge, métier, de la famille ou pas, ce qu’il aime, ce qu’il déteste.

Mon personnage, « La femme au ruban » et « l’Eglise Saint-Pierre à Paris » (tableaux de Maurice Utrillo) : Albertine Delmas, 30 ans, est danseuse au Moulin-Rouge, elle est montée à la capitale après une dispute avec ses parents qui ont une ferme en Auvergne, dont s’occupe désormais son frère. Elle aime les rubans et s’apprêter, elle déteste les chevaux.

1ère consigne : il s’agit de raconter un épisode arrivé à son personnage

2ème consigne : Catherine tire au sort deux stagiaires. Il faut que chacun imagine la rencontre de leur personnage et écrive la suite. Cela donne des textes surprenants !

Mon personnage rencontre le personnage d’Eddie : Moussa, jeune homme de 18 ans, étudiant sénégalais, passionné de foot et de M’Bappé, élevé par son grand-père, ancien diplomate. Il a 8 ans lorsque son grand-père l’emmène voir le Kilimandjaro avec ses parents. Une avalanche ensevelit le guide et ses parents.

Voici mon histoire. Première consigne :

 » Albertine prit sa tasse et la porta à ses lèvres. Ses mains tremblaient. Des larmes coulaient sur ses joues creusant des sillons dans son maquillage. Elle ne cessait de penser à ses parents. Son départ brusque de la ferme familiale lui revenait en boucle et étreignait son cœur d’une douleur sans nom. Parfois, elle se disait qu’elle avait eu raison. Etre mariée au fils du voisin pour agrandir les terres eut été au-dessus de ses forces. Monter à la capitale, être devenue danseuse au Moulin-Rouge, c’était le rêve de son adolescence. A d’autres moments, elle regrettait son choix. Son frère lui manquait. L’avoir quitté était une déchirure. Elle se sentait seule, si seule. Elle était lasse de tous les hommes qi lui tournaient autour. La gaucherie de Marcel, le jeune serveur du café du village, lui manquait. Elle l’avait rencontré au bal de la saint-Jean, mais pour ses parents, il était hors de question qu’elle l’épousât. Il n’avait pas voulu la suivre à Paris. »

Deuxième consigne :

« Les yeux mouillés, Albertine entre dans l’Eglise Saint-Pierre. Elle aime se réfugier là lorsque la douleur est trop forte. Elle se sent perdue dans un quotidien qui lui pèse, et le silence de l’église, la contemplation des bougies l’apaisent. Poussant la lourde porte, elle découvre au premier rang un jeune homme, la vingtaine, d’origine africaine mais elle ne saurait pas dire d’où il vient. Il pleure sans bruit et cette douleur muette la touche. Elle s’assied à ses côtés et lui chuchote.

– Votre peine m’a l’air bien lourde à porter pour votre jeune âge ?

Moussa sursaute et se tourne vers elle. Il balbutie :

– Mes parents sont décédés et…

– Oui dites-moi, n’ayez pas peur.

– Mon grand-père m’a emmené en voyage à Paris, pour me changer les idées, m’a-t-il dit. J’ai perdu mes parents dans une avalanche alors que nous grimpions le Kilimandjaro. J’avais 8 ans. Ils me manquent, si vous saviez, comme ils me manquent.

Albertine caresse la joue du jeune homme.

– C’est une épreuve terrible que la vôtre.

Moussa hoche la tête.

– Oui… et vous, que faites-vous à Paris ?

– Je suis danseuse, danseuse au Moulin-Rouge.

– Mais vous n’êtes pas d’ici ? votre accent ne sonne pas parisien.

– Je suis née en Auvergne, mes parents ont une ferme, c’est mon frère qui s’en occupe.

– Vous les voyez souvent ?

Albertine hésite, elle ne peut pas lui dire la vérité.

– Non il faut trop de jours de calèche et je n’aime pas les chevaux. Ce qui est vrai songea-t-elle.

Moussa se lève de son banc.

– Je dois m’en aller, mon grand-père va s’inquiéter. Au revoir, prenez soin de vous.

Albertine le regarde partir. Elle remercie le Seigneur et voit dans cette rencontre comme un signe de la providence. Demain, elle rentre en Auvergne ».

Alors, convaincu que l’on peut follement s’amuser en atelier d’écriture ?

Dans l’article de la semaine prochaine, je vous révèlerai les deux autres champs d’écriture explorés en formation !

 

E comme… Espace culturel

Suite à mon premier Dictionnaire Amoureux, j’ai décidé de vous en écrire un second ! Je poursuis l’aventure afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure de polar et de poésie. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

Si certaines librairie sont frileuses à accueillir des auteurs indépendants, les espaces culturels de Leclerc nous ouvrent grand leurs portes.

J’ai le plaisir de vous annoncer que je serai en dédicace à Talence (33) le samedi 30 mars de 9h30 à 13h.

Je serai en compagnie de trois autres auteurs de notre Association Les Plumes Indépendantes. Je vous invite à découvrir notre site et tous nos auteurs !

Isabelle BUFFET pour « Le déshonneur » de 13h à 18h.

Camille DESPIN pour « Oh, la belle vie…? » de 9h30 à 18h.

Christophe MATOCQ pour « Connor O’Connor, les chroniques d’Arcadia » de 9h30 à 18h.

 

Hâte de vous rencontrer !

D comme… Don Quichotte

Suite à mon premier Dictionnaire Amoureux, j’ai décidé de vous en écrire un second ! Je poursuis l’aventure afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure de polar et de poésie. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

J’ai une tendresse particulière pour ce personnage. Le dessin de Picasso m’a accompagnée dans toutes mes chambres d’étudiante avant de jaunir désespérément et disparaître dans un tiroir.

Premièrement, il est né… en prison dans l’imaginaire de Cervantes. Collecteur d’impôts, il est incarcéré pour avoir déposé l’argent de ses clients dans une banque qui fît faillite. J’ai connu des détenus qui étaient particulièrement artistes !

Deuxièmement, Don Quichotte est un fou des livres. Moi aussi. Ah être sur une île déserte avec une bibliothèque, mon rêve !

Il vend ses terres pour acheter des livres et il décide de vivre sa vie comme un roman.

Grand collectionneur d’ouvrages sur la chevalerie, il s’identifie totalement à leurs missions. Etre chevalier, c’est vouloir changer le monde, c’est ne pas l’accepter tel qu’il est. Personnage généreux qui se pose en redresseur des torts, il se lance sur les routes protéger les opprimés, afin de gagner le cœur de sa Dulcinée.

Idéaliste, il ne renonce, ni à ses illusions, ni à ses rêves, malgré les efforts de Sancho Pança pour le retenir dans la réalité. Il part combattre le mal à travers tout le pays, s’autoproclamant justicier. Son désir est de reconstruire le monde. Le mien aussi par le choix de mon métier dans le travail social.

Sa folie transforme le monde. Sa folie ? Alors qu’il entend le monde crier au secours et réclamer justice ? Si sa folie porte sur les apparences des choses (les auberges sont des châteaux, les filles de paysans sont des princesses), il ne se trompe jamais en revanche sur les justes et les injustes.

Sa paradoxale lucidité est bien de voir le monde comme il est et vouloir le rendre juste en partant au combat.

Cette folie et lucidité mêlées s’opposent constamment à la trivialité du monde ordinaire : un plat à barbe devient un heaume, un moulin un géant, une laide paysanne une Dame… Cet enchantement en fait un homme sympathique. En semant le désordre, il sème aussi la poésie !

Ce qui rend émouvant Don Quichotte, c’est qu’il rêve sa vie au lieu de la vivre vraiment, sauf à la fin, à force de se coltiner le réel, il finit par renoncer à son délire chevaleresque. Il termine ses jours heureux et entouré des siens.

Dans mes deux identités d’auteure et d’assistante sociale, j’espère servir les rêves de Don Quichotte : justice et poésie.

Sur mon téléphone professionnel, j’ai mis… un moulin à vent !

 

 

 

C comme… Calepin

Suite à mon premier Dictionnaire Amoureux, j’ai décidé de vous en écrire un second ! Je poursuis l’aventure afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure de polar et de poésie. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

J’en ai de toute sorte et de tout format. Les plus grands pour de la prose, les plus petits pour de la poésie. J’ai les deux formats dans mon sac. Selon le temps que j’ai, le lieu où je suis, je sors l’un ou l’autre.

J’adore en recevoir et en acheter. Pages blanches ou pages à lignes, à spirale ou reliés, tout me va ! Je préfère écrire à la main avant de m’atteler à l’ordi.

Rousseau, pour ses Rêveries du promeneur solitaire, et Benjamin Constant, pour ses idées de discours politiques, écrivent au dos des cartes à jouer. Au XIIème siècle, c’est une pratique courante.

Nabokov privilégie aussi un petit format, des fiches cartonnées qu’il réarrange à sa guise, il s’extrait ainsi de la chronologie de son histoire.

Alexandre Dumas utilise un code de couleur : feuilles roses pour ses essais et ses non-fictions, bleues pour ses romans et jaunes pour ses poèmes.

Mark Twain achète des cahiers vierges, reliés en cuir, et fait graver son nom avant d’écrire ses romans. Hemingway tape à la machine à écrire et écrit aussi au crayon à papier. Chaque matin, il en taillait une boîte entière avant de commencer.

Pour Stephen King, c’est le stylo-plume et Amélie Nothomb, le stylo Bic à l’encre bleue.

Et avant ?

L’écriture naît en Mésopotamie et en Egypte 3300/3200 ans avant J.-C. En Extrême-Orient, l’écriture chinoise arrive vers 1400 av. J.-C. Ses premières traces apparaissent sur des os et des plastrons de tortues.

Les premiers supports sont l’argile, la pierre, l’os, le papyrus, le parchemin (issu de peau de mouton ou de chèvre), le bois (brut ou couvert de stuc ou cire), le cuir, le métal, le tissu.

Au IIème millénaire, on emploie couramment des cailloux trouvés sur place et dans le sud-est asiatique, où pousse en abondance le bambou, il est facile de couper une partie de la tige pour écrire une missive. Sont aussi utilisés des bouts de poterie cassée.

L’invention de l’imprimerie, malgré son importance future, ne peut être rattachée à une date précise. Après des premiers essais à Strasbourg, Johann Gutenberg s’installe dans la petite ville de Mayence, non loin de Francfort.

Vers 1450-1452, sortent les premiers essais certains de l’imprimerie à caractères mobiles : des placards d’indulgences, des grammaires élémentaires de Donat, des calendriers… avant le célèbre et ambitieux « premier livre imprimé » de l’histoire occidentale : la Bible à 42 lignes, dite « B 42 », tirée à 180 exemplaires en 1454-1455.

Et aujourd’hui ?

Nous sommes dans l’ère du dématérialisé. En 1976, Steve Jobs, Steve Wosniak et Ron Wayne inventent l’Apple et sont les premiers à écrire des mots sur un écran.

Le numérique, (ordinateurs, liseuses, tablettes et smartphones), réinvente l’écriture.

 

Et demain ?

 

 

 

 

(sources : sites lecthot et BnF)

 

 

 

 

 

B comme… Becarria

Suite à mon premier Dictionnaire Amoureux, j’ai décidé de vous en écrire un second ! Je poursuis l’aventure afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure de polar et de poésie. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

Travaillant comme assistante sociale au Ministère de la Justice, c’est un auteur incontournable dans ma bibliothèque.

J’ai une tendresse particulière pour Cesare Beccaria Bonesana, marquis de Gualdrasco et Villareggio (1738-1794). Il est l’auteur de « Des délits et des peines« , ouvrage commenté par Voltaire, Diderot, ou encore Michel Foucault. Admiré par Victor Hugo et Thomas Jefferson, il est régulièrement cité par Robert Badinter.

Il s’intéresse très tôt aux questions liées à l’équité du système judiciaire. Son ouvrage interroge le droit pénal. Il pose un certain nombre de principes:

– « Pas de crime, pas de punition sans loi » : c’est le principe de légalité.

– « La loi ne doit établir que des peines strictement et évidemment nécessaires, et nul ne peut être puni qu’en vertu d’une loi établie et promulguée antérieurement au délit et légalement appliquée » (Déclaration des droits de l’homme et du Citoyen du 26 août 1789, art. 8) : c’est la non rétroactivité de la loi pénale plus sévère.

– « Nul homme ne peut être accusé, arrêté ni détenu que dans les cas déterminés par la loi et selon les formes qu’elle a prescrites » (Ibid., art. 7)

– « La loi n’a le droit de proscrire que les actions nuisibles à la société » (Ibid., art. 5)

– « Tout homme étant présumé innocent jusqu’à ce qu’il soit déclaré coupable, s’il est jugé indispensable de l’arrêter, toute rigueur qui ne sera pas nécessaire pour s’assurer de sa personne doit être sévèrement réprimée par la loi » (Ibid., art. 9) : c’est la présomption d’innocence.

Becarria est aussi celui qui amorce le premier mouvement abolitionniste. Il dénonce la torture et la peine de mort. Grâce à lui, le grand-duché de (ma très chère) Toscane est le premier Etat dans le monde à totalement abolir l’une et l’autre, en 1786, (le jeune Etat italien en 1889, la France en… 1981).

Il recommande de prévenir le crime plutôt que de le réprimer. Ah ce vieux clivage entre répression et prévention, toujours brûlant d’actualité. Je penche bien sûr du côté de la prévention.

Dans mes nouvelles noires, mon écriture explore les ombres de l’âme humaine, (d’où leur pendant indispensable, mes haïkus, pour s’émerveiller des beautés de la vie).

Il s’agit d’éclairer l’énigmatique passage à l’acte meurtrier. De mes 18 années d’intervention en détention à écouter les histoires singulières d’hommes et de femmes, j’aime partager mon expérience.

Mais le meurtre n’est pas seulement une affaire privée ou un trouble psychologique, il interroge les fondements du vivre ensemble, il est aussi une affaire collective. Des auteurs comme Didier Danninckx, Thierry Jonquet, Jean-Patrick Manchette ou Frédéric Fajardie ont écrit en ce sens. Le crime s’enracine dans les failles des politiques publiques.

En ces temps troublés, il serait bon de se le rappeler.

Becarria a déjà tout dit :

« Le moyen le plus sûr mais le plus difficile de prévenir les délits est de perfectionner l’éducation ».

 

 

 

 

 

 

 

A comme… Agnès

Suite à mon premier Dictionnaire Amoureux, j’ai décidé de vous en écrire un second à compter de janvier 2019 ! Je poursuis l’aventure afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure de polar et de poésie. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

Rassurez-vous, je ne suis pas prise de mégalomanie subite. Je voudrai juste évoquer un nouveau projet qui vous impliquerait.

Le prénom a une valeur essentielle. Il est signe de la personne qui le porte. Quand je me promène, je lis (et parfois, j’achète!) les petits cartes qui tentent d’éclairer les prénoms. Il y a des constantes, même si parfois, elles sont… contradictoires !

Justement, c’est ce qui fait leur sel. Personne n’est ceci ou cela. Chacun est à la fois ceci et cela, en fonction des rencontres, des évènements, des contextes, des temporalités…

Quand je cherche un prénom pour un personnage, je le situe toujours dans un temps donné. Les sites qui répertorient les prénoms et noms par année de naissance et par département sont foison ! Je prends en général les plus représentatifs car je veux ancrer mes histoires dans l’authenticité.

La règle que je me suis donnée est de choisir un prénom que ne porte aucun de mes proches et connaissances, au moment où j’écris mon texte.

Je viens de découvrir comment Lisa Gardner procède pour certains de ses personnages. Elle organise des concours sur son blog. Les gens sont invités à proposer des noms de leurs proches pour nommer la victime ou un personnage secondaire. Les amis des bêtes ont aussi leur concours pour proposer les noms de leurs animaux. Les heureux gagnants tirés au sort apparaissent dans le roman suivant.

Si cette idée vous tente, je vous invite à m’envoyer sur ma boite d’auteure agnes.de.cize@gmail.com (avant le 15 février svp)

  • un prénom ou nom de proche pour être la victime (avec son accord bien sûr!) et/ou
  • un prénom ou nom de proche pour être le criminel (idem!) et/ou
  • un lieu qui a une résonance affective pour vous et/ou
  • un autre élément de votre choix (arme, motivation…etc… libérez votre imaginaire)

A vous de voir, et je vous concocte une nouvelle noire, rien que pour vous.

Si cette idée ne vous tente pas, n’hésitez pas à en parler autour de vous ! Qui sait ? Votre entourage peut adorer la proposition.

Si vous êtes plusieurs lecteurs à jouer le jeu, je pourrais même, avec votre autorisation, constituer un recueil.

J’ai un titre tout trouvé : « C’est vous qui l’avez voulu… » !

 

Y et Z comme… Y’a de la Zenitude dans l’air

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

Me voici enfin en congés pour quinze jours. Je pars une semaine en Charente-Maritime au bord de l’océan. C’est ma bulle d’hiver que j’adore. Mer ou campagne, océan ou montagne, tout me va, du moment que je respire en regardant des horizons lointains.

Vous n’allez jamais me croire, je vais au bord d’une falaise qui porte le nom de… Pas de l’Assassin. Je vous jure que je l’ai découvert après coup ! J’emporte mes écrits en cours et mes chaussures de marche. Je me déconnecte complètement. Je garde seulement mon téléphone portable pour les urgences.

Je vous retrouverai à mon retour, avec de nouveaux haïkus quotidiens sur ma page d’auteure et mon profil Facebook.

Sur mon blog de saintjeanpieddeport.blog, je reprendrai l’envoi régulier de photos et de haïkus.

A ce propos, j’aimerai vous solliciter. Seriez-vous d’accord pour m’envoyer vos photos personnelles sur la ville et le Pays Basque ? J’aimerai diversifier mes sources ! Je les mettrais sur mon site, en citant l’auteur de la photo bien sûr, et je l’accompagnerai d’un haïku.

Mon adresse : agnes.de.cize@gmail.com

Sur mon blog d’auteure, agnesdecize.com, aujourd’hui se termine mon dictionnaire. J’ai adoré l’exercice et je me suis bien amusée. J’espère que vous avez pris plaisir à lire mes articles.

J’ai décidé de poursuivre l’aventure. A mon retour de vacances, je débuterai un nouveau dictionnaire.

Je vous envoie mes meilleurs vœux pour 2019 !