Q comme… Quintilien

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

Quintilien, (en latin Marcus Fabius Quintilianus) est un rhéteur et pédagogue latin du 1er siècle apr. J.-C. Il est l’auteur d’un important manuel de rhétorique, Institution oratoire, dont l’influence se prolongea pendant des siècles.

Il est né près de l’actuelle Logroño, dans la province romaine de Tarraconaise en Espagne. Il exerce comme avocat à Rome, revient chez lui comme professeur d’éloquence et avocat. Il regagne Rome après l’assassinat de Néron.

Lorsque Vespasien accède au pouvoir en l’an 69, il décide de promouvoir un enseignement public et son choix se porte sur Quintilien. Il est le premier professeur officiellement rémunéré par l’administration romaine. Son école de rhétorique devient célèbre, il a comme élève Pline le Jeune, peut-être même Tacite.

Je vous devine froncer les sourcils ! Mais que vient faire Quintilien sur un blog d’auteure de littérature noire ?

Un vers célèbre lui est attribué : « Quis, quid, ubi, quibus auxiliis, cur, quomodo, quando = Qui, quoi, où, avec quels moyens, pourquoi, comment, quand ?

Vous me voyez venir ?

Ce principe renferme, ce qu’on appelle en rhétorique, les circonstances d’une situation : la personne, le fait, le lieu, les moyens, les motifs, la manière et le temps. Il peut s’appliquer dans des domaines extrêmement variés. C’est une méthode empirique de questionnement. Sa simplicité, son caractère logique et systématique permet de structurer aisément la restitution des résultats d’une analyse.

Je l’ai utilisé en formation pour aider mes élèves assistants de service social à construire leur intervention collective auprès des usagers du service social. C’est un élément indispensable dans toute méthodologie de projet pour être sûr de n’oublier aucune étape. Nous l’utilisons aussi en matière de résolution de problème.

Le journalisme utilise le même principe. En anglais, il se traduit en Five W’s = cinq W, pour who, what, where, when, why. Ce qui permet un découpage de l’information par priorité. Les cinq W sont assimilés aux règles fondamentales du reportage, à partir du XXème siècle, pour mettre ainsi en évidence un style journalistique différent du style littéraire, à une époque où la professionnalisation des journalistes s’accentue.

Boèce, philosophe et homme politique latin au 1er siècle apr. J.-C., introduit l’usage des circonstances dans l’instruction criminelle : qui est le coupable ? quel est le crime ? où a t’il été commis ? par quels moyens et avec quels complices ? de quelle manière ? à quel moment ?

Vous voyez où je veux en venir ! Pour écrire mes histoires, j’utilise le même principe !

 

 

Q comme… Quiétude

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

C’est mon état d’esprit actuel ! Je viens de vivre trois semaines de faux farniente sous les acacias et les cyprès italiens et je vous retrouve avec plaisir.

Farniente parce que j’étais en vacances. Le vrai nonchaloir consiste à décider activement de… se reposer. Il n’a rien avoir avec la paresse et l’oisiveté. Mot d’ancien français que j’adore, c’est un verbe dynamique pour ceux qui enfin lâchent prise en congés.

Vivre au fil de l’eau, prendre des décisions de l’instant, ne plus se préoccuper d’hier et de demain est une joie infinie. Ce qui défatigue vraiment, c’est ne plus « s’en faire », refouler les soucis familiaux, professionnels, sociaux…

La seule question, en vacances, est le choix de la grillade ou du fruit du soir. La deuxième question est le choix de l’activité du jour, plage, repos ou visite. Et il n’y a pas d’autres questions ! Dommage de ne pas avoir un temps d’hiver sur le même principe !

Faux farniente parce que j’ai écrit tous les jours ou presque. Le plaisir d’écrire un roman est différent de celui d’écrire un recueil de nouvelles.

Les personnages sont en vous tout le temps, ils vous « parlent », vous suggèrent de rajouter telle ou telle scène, parce que la cohérence de l’histoire le réclame. J’ai construit un plan mais je choisis de faire le synopsis buissonnier !

C’est plus fécond ainsi, je ne suis pas enfermée ( vous pensez bien que l’enfermement, ça me parle, donc impossible ! ). Je m’autorise des rajouts ou des enlèvements de scènes, j’ai laissé surgir un nouveau personnage, j’en ai mélangé deux en une…etc…

Me voici arrivée tout doucement à la moitié de mon roman. Depuis que je suis rentrée, je poursuis mon temps d’écriture quotidienne. En même temps, je n’oublie pas que je vous ai promis un 365 jours de haïkus, et j’en écris tous les jours.

Etre sur deux projets d’écriture à la fois, j’aime beaucoup !

 

P comme… Possible

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

Depuis toujours, je me disais que j’écrirai un jour « pour de vrai ». Et un jour, c’est devenu possible.

J’y suis. Depuis peu, c’est devenu une vraie décision.

Bien sûr, il a fallu une première étape : me sentir légitime. Mais au fond pourquoi douter ? Chacun a sa vision du monde, pourquoi ne pas la partager ? J’ai la chance d’exercer un métier formidable (assistante sociale), dans un milieu particulier (la Justice). Chaque expérience est unique, chaque parole est singulière, tout un chacun a droit de les faire connaître. Ensuite, qui m’aime me suive. Il ne s’agit pas de conquérir tous les lecteurs mais de toucher les siens.

Une deuxième étape : me donner à lire. Les concours de nouvelles qui priment régulièrement mes textes sont un atout magnifique. C’est un encouragement permanent. Mes lecteurs existent ! Je peux poursuivre, ils m’attendent quelque part. Certains sont venus à mes dédicaces, je les ai vus ! Ils me lisent et me soutiennent par leurs commentaires. Mes histoires sont noires, elles interrogent l’indicible et l’incompréhensible du crime, mais elles parviennent à toucher.

Une troisième étape : prioriser l’écriture. Je viens de terminer mon long cycle de formatrice à l’Institut Régional du Travail Social. Une expérience que j’ai adorée. Mais je veux plus de temps pour moi. Une autre bonne nouvelle est l’arrivée d’une collègue en octobre. Comme j’avais la « médaille d’or » du secteur Justice le plus chargé de France, je vais enfin avoir moins d’effectifs. Car je ne sais toujours pas ce que c’est une semaine de travail de 35h. Je devrais être moins fatiguée, donc plus créative !

Une quatrième étape : changer de format d’écriture. J’ai écrit des recueils de nouvelles, comme si s’attaquer directement au roman était un impossible. Il me fallait cette étape d’expérience et de formation, avoir du recul sur mon écriture avant de faire le grand saut. Ca y est. J’écris tous les jours ma nouvelle histoire et espère terminer le premier jet pour fin août.

Une cinquième étape : tenter d’autres genres littéraires. J’aime la poésie, particulièrement les haïkus. Je travaille actuellement avec une photographe sur un projet d’album photos/haïkus du Bassin d’Arcachon. Je vous tiendrai au courant. J’ai aussi décidé d’écrire un 365 jours. J’adore ce format qui sort à Noël, photos, maximes… Le mien aura 365 haïkus pour dire la vie, l’amour, la nature, les mille et une observations du quotidien, loin du crime et ses noirceurs.

Une sixième étape : peut-être, sûrement, l’important est d’être en chemin !

P comme… Parricide

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

En ces temps de fête des pères, je ne peux pas m’en empêcher ! Avant tout, je rassure mes lecteurs, j’ai d’excellentes relations avec le mien !

Dans les pays catholiques, on célèbre les pères de famille dès le Moyen-Age, le 19 mars, jour de la Saint-Joseph. Selon la tradition antique, ce culte s’est développé vers le Vè siècle dans certains monastères égyptiens. Cette date est conservée au Portugal, en Espagne, en Italie et les pays d’Amérique latine ayant subi l’influence hispanique.

La première fête non religieuse est créée aux Etats-Unis. Après plusieurs tentatives, c’est la fête instituée le 19 juin 1910 par Sonora Smart Dodd qui connaît un certain succès. L’institutrice regrette qu’il n’existe aucun jour dédié aux pères, contrairement à la Fête des mères. Elle a le désir de rendre hommage à son père qui avait élevé seul ses six enfants après la mort de sa mère. Son choix initial était de célébrer cette fête le 5 juin, jour anniversaire de son père. Le pasteur l’avertit qu’il n’aurait pas le temps de préparer son sermon. Une autre date fut choisie, le troisième dimanche de juin.

En France, c’est le fabricant de briquets Flaminaire qui a l’idée de créer une fête des pères pour des raisons commerciales. Son directeur, Marcel Quercia, pour aider au lancement de son briquet au gaz dans l’hexagone, lance la fête des pères en 1950, le troisième dimanche de juin, sur le modèle américain. Son slogan : « Nos papas nous l’ont dit, pour la fête des pères, ils désirent tous un Flaminaire« . Elle est officialisée par un décret de 1952 qui conserve la règle du troisième dimanche de juin.

Tous les pères ne sont pas à la fête.

Le désir de tuer le père est un fait reconnu depuis longtemps par la mythologie et la littérature : Œdipe-Roi de Sophocle, les Euménides d’Eschyle, Hamlet de Shakespeare, les Frères Karamazov de Dostoïeski…

Parricide vient du latin parricida. Parri signifie parent et cida, qui tue. Pour Jean-Pierre Bouchard, psychologue et criminologue, « le parricide est un crime émotionnel basé sur la rancœur« . Le conflit n’apparaît pas du jour au lendemain, il peut mûrir des mois, voire des années.

Dans l’histoire, le parricide existe depuis longtemps. A Rome, au deuxième siècle avant Jésus-Christ, le parricide est sanctionné pour la première fois ; Lucius Ostius avait tué ses père et mère.

Aujourd’hui, on en compte 30 à 40 chaque année en France. Au XIXè, la moyenne annuelle était de 12. Il touche toutes les classes sociales, des plus huppées aux plus pauvres. Le niveau culturel ou intellectuel n’entre pas en ligne de compte. Cela se passe presque toujours au domicile du ou des parents.

Les auteurs sont très majoritairement des hommes. Ils sont en moyenne âgés de moins de 40 ans, parfois mineurs mais très rarement âgés de moins de 15 ans. Plus l’âge augmente, plus la proportion de maladies mentales est importante. Chez les adolescents, il est commis dans un contexte de vengeance suite à de la violence subie.

Mon premier accompagnement en détention, alors que je commençais tout juste mon stage de 3ème année d’assistante sociale à la Maison d’Arrêt de Pau, était un jeune homme de 19 ans qui avait tué son père. Je ne me souviens plus du contexte familial. Il me reste son visage, sa silhouette fluette, son incapacité à verbaliser, et son regard planté sur moi pendant tout son procès.

C’est cette émotion de l’indicible et de l’incompréhensible que je voudrais donner à mes histoires et mes personnages. Tenter d’approcher cette part de douleur qui mène au passage à l’acte. Essayer de donner des mots à ceux qui n’en ont pas ou plus. Eclairer les tourments et les blessures de ceux qui vacillent et croient qu’en donnant la mort, ils vont se guérir ou se réparer.

J’aimerai qu’on les aime, malgré tout !

 

 

PS qui n’a rien à voir

Haïku du jour

 

l’été enfin là

sur les bords de la Garonne

les orteils en rient

O comme… Organisation

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

Contrairement à l’idée romantique qui domine, l’écriture n’est pas le fruit d’une inspiration quasi-divine qui vous jette soudain sur la page blanche. Ecrire est ardu, cela demande de la concentration et de la rigueur.

Tout apprenti auteur tâtonne pour trouver son organisation !

J’en connais deux qui écrivent le matin avant d’aller au travail. J’en connais une qui écrit un jour sur deux et le week-end, un autre qui vole des moments dans la journée, entre midi et deux. C’est forcément différent pour ceux qui ont une activité professionnelle et ceux qui n’en ont pas !

J’en profite pour vous dire que seuls 2 à 3% des écrivains gagnent leur vie avec leur plume. 97% ont un métier en parallèle, et tous… une vie familiale et sociale !

Flaubert ne se couchait jamais avant 3h du matin, Balzac se levait à 1h du matin pour travailler. Il consacrait 13 heures par jour à l’écriture, Voltaire 16h30. Le philosophe Emmanuel Kant n’écrivait pas plus d’une heure par jour, de 6h à 7h du matin. Amélie Nothomb écrit de 4h à 6h. Voilà qui est très encourageant !

Il y a les auteurs du matin (Victor Hugo, Charles Dickens, Hemingway), de l’après-midi (Nabokov, Styron) ou de la nuit (Kafka).

Alors que l’on imagine le plus souvent l’écrivain assis à son bureau, beaucoup aiment écrire debout tel Hemingway. Dickens, Virginia Woolf, Lewis Carroll et Philip Roth s’appuyaient sur une commode surélevée. A l’inverse, Proust, Mark Twain, Gorge Orwell, Truman Capote et Edith Wharton préféraient écrire allongés, au lit ou en travers du canapé.

Et moi me demanderez-vous ? Pendant longtemps, j’ai écrit de manière désordonnée, par à coups, le matin ou l’après-midi, trois jours de suite puis un temps sans écriture, dans mon lit le week end, ou le soir à mon bureau, dans un café, dans le tram… Cette organisation, qui n’en était pas une, était facilitée parce que j’écrivais des nouvelles et des haïkus.

Depuis que j’ai décidé d’écrire mon premier roman (en réalité c’est le deuxième, le manuscrit dort dans mon tiroir avant mon travail de réécriture), j’ai choisi une organisation plus rigoureuse.

Je me lève en semaine à 6h45, me douche et me prépare un café. J’écris à mon bureau de 1 à 2 heures, tout dépend de mon agenda professionnel. Sur page blanche et au stylo. Le soir en rentrant, je dicte mon texte sur mon ordi. Le week-end, j’écris dans mon lit et mon canapé, plusieurs heures d’affilée.

Ceux qui me connaissent bien savent que je déteste me lever tôt. J’ai encore du mal à bousculer mon horloge interne mais ça viendra. Mon désir d’écrire est plus important. La concentration est vive au lever, les idées s’enchaînent et ce temps pris me donne une pêche d’enfer pour partir au travail !

Il y a tellement de gens qui disent qu’ils vont écrire un jour et trouvent de bonnes raisons pour ne pas s’y mettre. Alors qu’il suffit de le décider, de s’installer et de commencer. Une page par jour, même une demi-page, mais tous les jours. Ni plus ni moins. Quand vous vous sentez le plus en forme, au moment possible dans votre emploi du temps, dans un temps défini.

Il s’agit de défendre ce temps de l’écriture, contre vents et marées, contre tout ce qui viendrait l’envahir (des pensées de découragement, vos enfants et conjoint, une lessive, l’envie de sortir…).

Roland Barthes écrivait : « Je me pose comme écrivain, dans toute l’ampleur, tout le sacré du rôle, pour m’aider à le devenir »,

ou encore

« Je ne me prends pas pour un écrivain mais je dois me prendre pour quelqu’un qui veut écrire ».

O comme… Ombre

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

C’est un mot de la littérature que j’aime beaucoup. Sa sonorité est douce, son mystère entier. Les définitions des dictionnaires vous amènent sur des chemins étonnants. Pas moins de 9 dans le Larousse !

J’aime les ombres des arbres quand la méridienne suffocante plombe les corps. J’aime les ombres des gens qui s’allongent dans le jour déclinant. Je n’ai pas aimé les ombres de Platon. Je n’ai pas beaucoup de goût pour les ombres chinoises, ni pour les ombres à paupières.

Je n’ai pas peur de la mienne, et hors de question de suivre quelqu’un comme son ombre. S’il peut m’arriver parfois d’être l’ombre de moi-même, je ne lui cours pas après. J’essaie aussi de ne faire de l’ombre à personne.

J’ai beaucoup de tendresse pour l’ombre de la prison, bien sûr ! Ce qui m’amène à évoquer la part d’ombre de tout un chacun.

Celle de mes personnages que j’interroge sans relâche dans mes histoires. Cette part qui se dérobe à tout entendement, qui fuit la raison et s’enlise dans l’oubli. S’en approcher, c’est essayer de comprendre ce qui peut bien mouvoir quelqu’un vers la violence ou le crime.

Celle des détenus hier ou des personnels aujourd’hui que j’essaie de nommer pour lui donner des couleurs. Aider l’autre à l’apprivoiser, c’est lui permettre de s’en libérer et d’accéder à une plus douce respiration au-dessus des nuages.

La mienne enfin qui soutient mon désir d’écriture. L’explorer, c’est tenter de s’affranchir des esclavages inconscients, éclairer les mouvements intérieurs parfois inattendus, grandir jusqu’aux décisions singulières, puis mettre cette aventure au service de ma plume.

Soyez à la fois tendre et exigeant avec votre part d’ombre  !

René Char écrit : « Enfonce-toi dans l’inconnu qui creuse. Oblige-toi à tournoyer ».

N comme… Noria de questions

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

Je relève le défi de mon amie auteure Elisa Tixen en participant, à mon tour, au sunshine blogger award. Il s’agit de répondre à 11 questions et envoyer 11 nouvelles questions à 11 bloggers.

  1. Pourquoi ce blog, pour qui ?

J’ai ouvert mon blog d’auteure pendant ma formation à l’Académie Anaël Verdier. Au début, c’était une façon de me parler à moi-même, de clarifier ce que j’avais envie d’écrire, de construire mon identité d’auteure. Aujourd’hui, c’est aussi aller à la rencontre de mes lecteurs et partager mon aventure dans l’écriture. C’est un rendez-vous régulier que j’aime beaucoup. L’idée d’écrire mes articles à partir des 26 lettres de l’alphabet m’est venue l’année dernière. La contrainte de la lettre est un amusement qui sert la créativité. Un petit regret cependant, ne pas avoir plus de commentaires, mais comme je suis la première à en laisser très peu sur les blogs…

  1. Quel est le livre qui t’a le plus marqué ?

Difficile de répondre, en général, j’oublie aussitôt lu. Je suis trop intensément dans l’ici et le maintenant de chaque lecture. Les livres qui me marquent sont ceux qui contiennent le plus d’émotions. Ce sont ceux-là que j’aimerai écrire aussi.

En poésie, l’œuvre de René Char m’accompagne au quotidien. J’adore lire (et écrire) des haïkus.

En théâtre, « Le malentendu » d’Albert Camus, et « Antigone » de Jean Anouilh ont mes préférences.

  1. Et quel est celui que tu ne liras jamais ?

Le genre fantasy, vampires et science-fiction ne m’attirent pas du tout.

  1. Quelle est la musique que tu écoutes en boucle en ce moment ?

J’écoute peu de musique. Comme écrivait André Gide, « je suis peuplée » et je finis par oublier que la musique passe, n’entendant même pas que le CD est terminé ! J’aime le jazz et la bossa nova. Je passe en boucle très régulièrement le bruit des vagues de l’océan, surtout sans musique, les bruits de la nature, seuls, ainsi qu’un CD de cloches. Non ne riez pas, j’adore le son des cloches, cela me donne une pêche d’enfer !

  1. Une soirée idéale pour toi, ça ressemble à quoi ?

Je ne vais pas être très originale : dans un ailleurs lointain, en amoureux autour d’un menu gourmet, au bord de l’eau. Et ici, seule dans mon canapé, un livre et une tasse de thé.

  1. Quel est le rêve que tu serais très malheureuse de réaliser ?

Aucune idée ! Mais j’ai plein de rêves que j’aimerai concrétiser.

  1. Écriture à l’instinct ou planifiée ?

Les deux Mon capitaine. A l’instinct : le matin ou le soir, dans un bar ou sur la plage, sur ma terrasse ou dans mon lit, à partir d’une idée de lieu ou de personnage ou d’histoire… En général j’écris alors par à coups et comme ça vient. Planifiée : synopsis rigoureux sous les yeux, mais qui ouvre l’espace à l’inconnu, une histoire qui connaît sa fin, des personnages travaillés en amont, des interactions réfléchies en avance, une écriture (quasi) quotidienne.

  1. Un ange te rend visite, il te dit quoi ?

Il m’encourage ! Il me rappelle que la procrastination est un vilain défaut !

  1. Resto gastro ou plutôt bistrot ?

J’aime les deux, je pense même que j’aime tous les lieux, du moment que je mets les pieds sous la table. Je déteste cuisiner ! Un vrai frein à la vie sociale et un malheur pour mon porte-monnaie !

  1. Ton endroit préféré pour écrire ?

Je n’en ai pas vraiment. Je peux écrire partout. Dès que je choisis de me mettre dans ma bulle d’écriture, le lieu importe peu. Je suis dans mon stylo, et le ciel peut me tomber sur la tête.

  1. Après toutes ces vérités, un petit mensonge ?

Je ne lis plus d’ouvrages sur l’écriture car le Prix du Polar de Cognac ou Lyon, c’est pour demain !

Voici à mon tour mes onze questions. Libre à 11 d’entre vous de vous en saisir !

  1. Depuis que tu tiens ton blog d’auteur(e), qu’est-ce qui a changé au fil de cette expérience ?
  2. Quels sont les livres qui t’ont donné(e) envie d’écrire ?
  3. Qu’est-ce qu’écrire pour toi ?
  4. Quel a été l’élément déclencheur de la première fois ?
  5. Qu’est-ce qui est le plus facile et le plus difficile à écrire ?
  6. As-tu des rituels autour de l’acte d’écrire ?
  7. En quoi ta vie et tes expériences sont-elles des sources d’inspiration ?
  8. Est-ce que tu effectues des recherches particulières avant d’écrire ?
  9. Quels messages désires-tu donner à tes lecteurs ?
  10. As-tu une organisation particulière ?
  11. Quelle est ta citation préférée ?

N comme… Noir

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

De toutes les littératures de roman noir, j’aimerai saluer le néo-polar[1], version française post soixante-huitarde, au moment nous commémorons le 40ème anniversaire du mouvement qui embrasa le pays tout entier.

Pour Jean-Pierre Manchette, le crime n’est pas un fait isolé relevant de la seule responsabilité de l’individu mais une conséquence inévitable de l’organisation sociale, économique et politique.

Pour cet auteur, « le bon roman noir est un roman social, un roman de critique sociale qui prend pour anecdote des histoires de crimes, mais qui essaie de donner un portrait de la société ».

Si leur écriture rend compte de la psychologie des personnages, elle s’intéresse bien davantage aux rapports sociaux. Ces auteurs mettent l’accent sur les violences institutionnelles et sociétales. Le crime devient un prétexte et l’enquête explore les failles d’une société bourgeoise considérée comme criminelle.

Les indices ne portent plus vers la recherche du comportement déviant de l’individu. Celui-ci est un simple rouage dans un vaste système dont il ne saisit ni l’ampleur, ni la réelle influence.

Ils révèlent les vérités masquées par les discours officiels de l’idéologie dominante. Ils dénoncent les ravages des inégalités et des injustices, les pouvoirs d’Etat et les dictatures financières.

Ces auteurs choisissent délibérément d’inscrire leurs intrigues dans un positionnement politique. Ils s’inspirent de faits réels. Jean-Pierre Manchette, « L’affaire N’Gustro » (1971) basé sur l’enlèvement de Medhi Ben Barka en 1965. Didier Danickx, « Meurtres pour mémoire » à partir des manifestations d’Octobre 61 et sur la déportation des Juifs pendant l’Occupation. L’auteure Dominique Manotti, dans « Lorraine Connection » s’inspire de l’affaire Daewoo.

C’est mon côté assistante sociale qui s’intéresse à cette écriture. Les personnes fragiles et en difficultés ne le sont pas seulement parce que leur histoire singulière est compliquée. Elles le sont aussi parce que la société ne leur ouvre pas toujours une place au soleil.

C’est le paradoxe de ma fonction : instrument du pouvoir en place pour appliquer les politiques publiques, il n’en demeure pas moins salutaire et essentiel de se révolter lorsqu’elles broient l’individu. Je m’y emploie au quotidien. L’impertinence est une valeur du travail social.

Côté lectrice, je suis une fan de cette littérature engagée. Côté auteure, c’est une piste que je n’ai pas encore explorée. Mes textes abordent davantage le chemin singulier de mes personnages, le contexte social n’est pas franchement travaillé même s’il en surgit parfois des éléments.

Qui sait, un jour, j’y viendrais peut-être ?

 

 

[1] Eléments de mon article in Véronique DESNAIN « Style et idéologie dans le roman noir ». Revue Itinéraires. Janvier 2015.

M comme… Mastermind

A partir des 26 lettres de l’alphabet, à compter de février 2017, j’ai décidé de vous écrire mon Dictionnaire Amoureux afin de vous inviter à découvrir mon univers et mon identité d’auteure. J’évoquerai ma relation à l’écriture et à la lecture, partagerai mes doutes et mes joies, mes questions et mes convictions, vous informerai de mon actualité…

 

Après l’Académie de 2013 à 2015, j’ai intégré une nouvelle formule proposée par Anaël Verdier (cf ses blogs multiples en tapant son nom dans une barre de recherche). Il a toujours mille projets sur le feu.

Cette année, il a mis en place un nouvel atelier, appelé Mastermind, qu’il définit comme « un espace de progression accélérée pour les auteurs ». Nous sommes 4.

Ceux qui me connaissent savent que je ne suis pas très fan de vie de groupe. C’est toujours pour moi un effort mais le challenge vaut d’être relevé.

Nous nous voyons deux soirées par mois en vidéoconférence, via nos ordi à domicile, et un week-end par trimestre sur Bordeaux, (9 rue du Hâ).

Deux objectifs : produire et promouvoir. L’écriture et la promotion sont deux moments distincts de toute vie d’auteur. L’alternance n’est pas toujours simple à gérer !

Chacun de nous en est à des étapes différentes. La force du groupe rend solides nos tâtonnements. Nous osons des conseils, posons des questions, échangeons des astuces… Nous interrogeons nos blocages, nous partageons nos défis, nous nous enthousiasmons de nos progrès…

Si l’écriture est une aventure personnelle, elle peut aussi devenir plurielle.

L’accompagnement d’Anaël est sans concession, mais tout en générosité. Il fouille nos résistances, nous oblige à tournoyer dans nos peurs, nous invite à expérimenter. Ses questions précises aident à clarifier nos questionnements, à formuler nos propres réponses, à avancer dans nos brouillards…

Chacun d’entre nous a des objectifs précis à atteindre d’une fois sur l’autre. Ce cadre sécurisant et ses contraintes de dates me conviennent bien. Cela me permet d’être plus régulière en matière de production et plus à l’aise en matière de promotion !

J’ai presque fini mon troisième recueil de nouvelles et mes dernières dédicaces ont bien marché. Les effets de nos rencontres sont réels ce dont je me réjouis.

Et par-dessus tout… l’atelier me permet de me lancer dans l’écriture… d’un roman !

 

M comme… qui M’aime me suive

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Samedi 15 et dimanche 16 avril, je serai en dédicace à la Librairie Kukuxka, 3 rue de la Citadelle, à St-Jean-Pied-de-Port.

10h30 – 12h30 et 15h – 18h

Vous avez aimé « Eclats de rage » ? Venez découvrir mon second recueil « Ta mort viendra… et elle aura mes yeux ».

Vous ne connaissez ni l’un, ni l’autre ? N’hésitez pas à les lire !

J’aurai aussi mon guide touristique, pas comme les autres, sur St Jean ! Découvrez l’extrême richesse de l’Histoire de la ville et les petites histoires de ses habitants.

Je vous encourage à me suivre sur mes blogs : agnesdecize.com et saintjeanpieddeport.blog et à les faire connaître à vos proches et relations.

Ne soyez pas timide, je vous invite à laisser des commentaires sur Amazon et à réagir sur mes blogs à la parution de mes articles.

Certains d’entre vous ont eu des soucis d’inscription. N’hésitez à me le dire : agnes.de.cize@gmail.com

Vous pouvez aussi vous abonner à ma page d’auteure sur Facebook.

D’un tempérament plutôt réservé, je profite de cet article pour dire un immense MERCI à tous ceux et celles qui m’aiment déjà !